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ISBN : 2752911750
Éditeur : Phébus (16/08/2018)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Un jour comme un autre, un producteur de télévision de Johannesburg revient dans la petite ville de son enfance, perdue au coeur du veld sud-africain. Il est sur les traces d'un berger du début du dix-neuvième siècle, Daniel Steenkamp, devenu poète à la suite de l'apparition d'un ange. Mais en réalité il fuit une existence vaniteuse et mondaine et le cortège de ses déceptions d'homme. Au fil des conversations et des rencontres, il sent pourtant que le portrait du j... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
OSOLEMIO
  29 septembre 2018
Le narrateur est un producteur de TV qui vient de Johannesburg, d'une part pour prendre du recul d'avec son milieu professionnel superficiel, vaniteux et féroce ..d'autre part pour découvrir la "vérité" sur l'apparition d'un Ange au XIXiéme siècle dans le Veld , ce qui lui permet de se pencher sur son enfance passée dans le village ou son père était instituteur !
En effet, comme l'écrit Karel Schoeman " quelque chose était advenu, quelque chose dont le pasteur Heyns et J de Lange ( l'instituteur ) chacun à sa manière avaient eu conscience, bien que tous deux eussent échoué à l'exprimer, quelque chose qui avait survécu au temps, à la distance, aux hésitations, aux formules maladroites "..
C'est à partir de cette citation fondatrice du propos du livre qu'il va dresser les portraits et vies de ces deux principaux personnages.....ceux qui ont contribué à tenter d'élucider cette énigme.
En premier lieu, il présente Jodocus de Lange : un instituteur qui avait été nommé à 20 ans dans le Veld , et qui rêvait d'être poète...et qui a transcrit , publié les poèmes du berger qui a eu la fameuse apparition, il a tenté de faire ' l'oeuvre de sa vie " tout en reprenant celle du pasteur J.Th.Heynes qui 40 ans auparavant s'était intéressé lui aussi à ces écrits !
Tous deux, se sont heurtés à l'incompréhension, à la réticence, aux non-dits et c'est par leurs voix que Karel Schoeman fait une analyse détaillée,, sans concession, féroce des habitants du Veld...en effet, les intrigues, les querelles, l'hypocrisie, les dénigrements, les commérages, les arrangements des familles vont s'ajouter à la rudesse, la froideur de l 'hiver et à l'aridité de l'été..pour accentuer l'atmosphère du roman !
A ces descriptions dans le temps, se glisse l'évocation de la guerre des Boers, la Rébellion des afrikaners ( de communautés diverses et variées, assimilées ou non ) qui ne voulaient pas participer à la première guerre mondiale....mais surtout l'omni présence de l'église et son imprégnation dans les moeurs du peuple....
Enfin, après les voix des femmes ( l'épouse de Jood et la soeur du berger ), le troisième personnage du récit ( celui que nous attendions depuis le début ! )..à savoir Danie Steenkamp va délivrer sa "vérité"...pendant qu'il gardait ses moutons, il a eu l'apparition d'un Ange, et il s'est mis à écrire des poèmes , puis il est parti par le pays répandre la parole de l'Eternnel ...
"Apparition" qui est un fait "classique" dans les religions abrahamiques et qui peut-être considéré comme un phénomène " surnaturel " ou " paranormal " ...mais qui explique le caractére mystique voire symbolique qui sert de prétexte au livre et à son titre !
Je remercie la Masse Critique de Babelio, et les Editions Phebus pour leur confiance et pour ce " dépaysement " littéraire...
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Commenter  J’apprécie          30
TRIEB
  20 septembre 2018
Karel Schoeman est un auteur sud-africain capital pour la compréhension de son pays , l'Afrique du Sud .Dans trois ouvrages consacrés plus spécialement aux voix , aux souvenirs, Cette Vie, Des voix parmi les ombres , L'Heure de l'Ange , cet auteur fait revivre ce pays , en utilisant ces filtres précieux, trompeurs, mais indispensables que sont les souvenirs , les traces laissées par les personnes, leur impact sur notre propre accès au souvenir .Cependant , comme dans Des Voix parmi les ombres , l'accès à ces souvenirs , à cette mémoire sud-africaine, vu du côté des européens , et plus spécialement des Afrikaans , ces descendants de colons néerlandais , est bien laborieux, confus , incertain .C'est ce qu'évoque Karel Schoeman dans ce roman .
Le prétexte, car c'en est un, nous le verrons à la lecture du livre, c'est le retour d'un producteur de télévision de Johannesburg dans la petite ville de son enfance .Cet homme recherche des éléments biographiques d'un berger nommé Danie Steenkamp à qui serait apparu un ange au début du XIXe siècle.
Dès le début de ses recherches , notre producteur se focalise sur deux personnages : un pasteur nommé Jacob Heyns , et un instituteur Jood de Lange. Bien entendu , de nombreux personnages sont évoqués parallèlement : les habitants du Veld, cette campagne sud-africaine parsemé de buissons et d'arbuste.
Pourtant, les interrogations se pressent très vite dans l'esprit de ce producteur en mal d'évasion .Ainsi, celle sur la langue sud-africaine : « Les voix mouraient, les mots s'estompaient, seules demeuraient des intonations de plus en plus vagues, les voix d'une communauté isolée, repliée sur elle-même, dont les membres s'entretenaient à demi-mot de sujets familiers que leurs interlocuteurs comprenaient sans explication. »
Mais c'est l'interrogation, essentielle à nos yeux, de la pertinence du souvenir, de son caractère judicieux que pose Karel Schoeman .A propos du pasteur Jood de Lange : celui-ci se demande pourquoi il se remémore les habitants pauvres de sa paroisse : « Pourquoi ai-je gardé ces choses en mémoire ? (…) Mais ce n'est pas non plus de cela que je voulais parler .Quels étaient les souvenirs que je voulais évoquer ».
Il y a aussi dans ce roman une description très fouillée des moeurs de l'époque, de celle des paroissiens, des villageois, parfois rétifs aux sermons trop élaborés du pasteur Heyns. Cette évocation nous fait penser au Journal d'un curé de campagne de Bernanos .Sans oublier , bien sûr , la présence de l'histoire ,de la guerre des Boers que les Afrikaners appellent « la guerre » , comme pour la démarquer des autres , ou encore le rappel de la Rébellion, ce mouvement opposé à la mobilisation des soldats sud-africains durant la première guerre mondiale au côté de l'adversaire britannique .Ce roman restitue très bien le côté aléatoire du souvenir, sa fragilité, son caractère fragile et sélectif. Il aidera à comprendre la psychologie de ces habitants Afrikaners, leurs univers mentaux, leurs quotidiens .Un concours précieux à la connaissance de ce pays par sa littérature.
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Commenter  J’apprécie          20
Bellonzo
  20 octobre 2018
Chance exceptionnelle avec cette livraison bien agréable dont je remercie Babelio et Phébus. Je suis tombé cette fois sur la sixième traduction du géant sud-africain Karel Schoeman, disparu volontairement en 2017, et dont j'ai chroniqué tous les autres livres avec beaucoup de chaleur. Et volià pourquoi je susi un peu moins disert sur L'heure de l'ange. Ce roman est en quelques sorte le troisième volet d'une trilogie des voix, après Cette vie et Des voix parmi les ombres. A ceux qui ne connaissent pas Schoeman il faut dire que son univers est loin d'être fantaisiste. La société sud-africaine, souvent celle de Bloemfontein, décrite par l'écrivain n'est pas celle du Cap ou de Joburg. Elle est probablement plus corsetée encore et la vie y est pour la plupart d'une grande austérité.
Il était une fois un berger dans le veld, illettré et poète, et L'heure de l'ange n'est qu'une longue quête sur le passé d'une petite ville quelque part en Afrique du Sud, ce pays si particulier, à la violence insondable et multiple. Un documentariste télé envisage un reportage sur ce Daniel Steenkamp, pâtre devenu poète à la suite de l'apparition d'un ange. Suivent les témoignages, un peu longs, d'un instituteur, d'un pasteur presbytérien (il est souvent question des minsitres du culte chez Karel Schoeman et dans toute la littérature afrikaner). Celles de Daniel Steenkamp en personne et diverses "voix de femmes". J'ai mis des guillemets car les voix, les voix du passé enfoui, les bribes de souvenirs des vieillards, les rares écrits des décennies antérieures, articles, recueils, procès-verbaux, sont cruciaux dans cetet trilogie de Schoeman. C'es magnifiquement écrit et cela finit par rendre chair et sang aux personnages, nombreux, et certains très complexes.
Cependant, mais cela tient aussi à ma forme physique un peu délicate ces dernières semaines, car je crois que lire est une activité sportive quelque sorte, les tourments de tous ces gens m'ont parfois un peu fatigué, comme si j'avais vu l'intégrale d'Ingmar Bergman en dix jours. Et mon rythme s'est ralenti entre les offices et les deuils, les visites aux malades et aux indigents. La vie de la communauté blanche laborieuse et souvent désargentée a fini par me peser un peu. C'est pourtant somptueusement élaboré par un écrivain immense que j'imaginais un jour Prix Nobel. Mais les immenses sont immenses et moi, cette fois, j'étais un peu petit. Les références bibliques sont si fréquentes, si belles et un peu épuisantes.
"Pourquoi pas un berger du veld, aussi bien qu'Elisée qui labourait derrière douze paires de boeufs, que David qui faisait paître son troupeau, ou qu'Amos, l'un des bergers du Tekoa; pourquoi pas ici aussi bien qu'au mont Carmel ou au mont Horeb, pourquoi pas bégayant et bredouillant dans notre langue maternelle aussi bien que dans n'importe quelle autre langue humaine?"
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keisha
  12 octobre 2018
Quand ce livre est apparu dans la liste de Masse critique, je n'ai pas hésité, il me le fallait! Oui, encore un auteur chouchou, encore un manque certain d'objectivité. Encore le récit de vies où il ne se passe pas grand chose, encore des coins paumés du veld. Mais le charme opère encore toujours.
En 1838 un gardien de moutons, Daniel Steenkamp, a la vision d'un ange. Cet homme peu lettré est capable d'enflammer les assemblées par des discours, et de composer des poèmes. Ceux-ci, recopiés, seront recueillis par le jeune pasteur Heyns, puis édités par l'instituteur Jood de Lange au fil du siècle qui suivra.
Après une brève évocation de ces faits, le lecteur découvre, à l'époque actuelle, un producteur de télévision originaire de la petite ville où vivaient les personnages précédents, se souvenant d'une visite de classe chez Jood alors très vieux, et menant une sorte d'enquête au sujet de Danie-poète, aidé par la responsable du musée. Tout est d'un remarquable flou, est-ce imagination, rêve, souvenirs réels? Peu importe, les voix se mêlent.
Ensuite, dans une chronologie à l'envers, s'expriment Jood l'instituteur, drôle de type un peu amer, un poète lui aussi, un peu raté. L'on devra deviner la raison de son arrêt de l'enseignement, de sa quasi réclusion chez lui. J'ai rarement lu plus beau, pathétique et poignant que ces dernières pages à l'approche de sa mort.
Le pasteur Heyns aura ceci de commun avec Jood qu'il arrivera tout jeune célibataire dans la ville, et sera incapable d'échapper au mariage avec une fille du coin. Lui aussi aura le projet d'écrire une histoire de la communauté, mais il faut croire que la ville retient toute velléité de projet et de fuite.
Puis brièvement Daniel Steemkamp raconte sa vie.
Ensuite, au tour des deux épouses de ces hommes de s'exprimer (enfin! car ce n'étaient que des ombres jusque là) , éclairant donc l'histoire, et elles auront pu quitter la ville (une fois veuves).

Je raconte tout cela, non pour divulgâcher, de toute façon l'intérêt de la lecture n'est pas que là, mais déjà pour montrer la belle construction du roman. Il m'est difficile -sauf pour ceux ayant déjà lu l'auteur- de donner idée d'une ambiance où reviennent des sensations, des événements. Par ailleurs je garantis qu'on ressent absolument les choses comme les personnages, sous ce ciel tellement lumineux qu'il en est blanc, dans un coin où la terre sèche réclame et attend la pluie, un coin chaud et poussiéreux.
Sans parler d'une langue magnifique (merci sans doute au traducteur!!!) idéale pour rendre ces frémissements et évoquer à la fois une part de l'histoire sud africaine et la vie dans ces petites villes et le veld aux alentours il y a un siècle ou plus.
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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critiques presse (1)
LeMonde   10 septembre 2018
Porté par une véritable grâce dans la langue, le rythme, les images, L’Heure de l’ange est un roman sublime où les voix passées et présentes s’entrechoquent et révèlent ce qui demeure à vif dans l’Afrique du Sud contemporaine.
Lire la critique sur le site : LeMonde
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