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EAN : 9782957999705
410 pages
MS Books Editions (15/11/2021)
4.53/5   16 notes
Résumé :
Le monde rend malade. A vingt-huit ans, Stanley Ellington se débat dans un océan de traumatismes. Il sort le nez de l’hôpital psychiatrique sans savoir s’il est prêt à affronter la vie, telle qu’elle l’attend. Au fond de son cerveau se tapissent toujours ses pires ennemies : sa dépression, et ses capacités médiumniques. Ce don qui n’en est pas un, cette malédiction qui suscite fascination, terreur ou envie.
Pour Allison Griggs, cette envie a depuis longtemps... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Stanley n'est pas mort, certes, mais on ne peut pas dire qu'il tienne la grande forme. Il faut dire que Stanley, qui est le principal narrateur de cette histoire, est un jeune homme transgenre, autiste, dépressif, anxieux social, victime de maltraitances et j'en passe (au passage, l'auteur fait un listing détaillé des TW dans le livre, et il y en a BEAUCOUP). Mais Stanley est aussi hypersensible (normal vu son profil) au surnaturel (ah. moins normal, d'un coup), puisqu'il est capable de voir et de communiquer avec le frère décédé d'une « amie ». Paradoxalement, malgré ses ténèbres intérieures, il irradie d'une espèce de pureté lumineuse pour les autres.

Et il se trouve que Stanley, avec sa psyché atypique, est un narrateur en focale interne, en « je ». Et ce qui est très fort avec la narration, c'est qu'elle retranscrit ladite psyché par des choix d'écriture particuliers (qui peuvent rendre d'ailleurs la lecture difficile par moments, mais en même temps, j'aime beaucoup ce principe), écriture qui est très sensible, mais surtout très viscérale, vu les émotions particulières qui assaillent Stanley. C'est pour ça que je parlais d'expérience de lecture, parce que c'est vraiment une lecture qui se vit.

Et si vous trouvez que c'est trop joyeux… Là je n'ai parlé que du narrateur, mais pas de ce qu'il y a autour. Les autres personnages ne respirent pas non plus la joie de vivre, et surtout, nous avons Allison. Allison, gourou de secte complètement « allumée » : la Lumière, qui n'a pas son pareil pour torturer les gens, secte avec du racisme dedans, parce que oui, c'est toujours possible de plonger plus profondément.

Pour l'instant, j'ai un peu de mal à cerner le fond surnaturel et où tout ça va nous mener, mais on n'est qu'au premier tome. Et au-delà de l'intrigue Fantastique, c'est surtout Stanley que je trouve fascinant et marquant, et j'espère que ça ira mieux pour lui dans les suites… (mais je sais pas pourquoi, j'ai un doute…). Attention quand même, c'est pas pour tout le monde, on a pas mal de sujets graves et perturbants touchant à la santé mentale ou aux abus de toutes sortes, même si c'est peu graphique.

Bilan

Hurlements noyés fait partie de ces romans marquants que je trouve pourtant difficile de conseiller, aussi atypique que son personnage principal. C'est une expérience de lecture parfois éprouvante, toujours viscérale, portée par la psyché perturbée et profondément sensible de son narrateur.
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Un résumé qui annonce bien la lecture !
J'ai apprécié l'avertissement au début. Vous pouvez d'ailleurs retrouver la liste des éléments sensibles soit par thème ou chapitre, personnellement je préfère par thème. Nous faisons la connaissance de Stanley Ellington, qui envoie un message à sa psy… juste avant l'enfer. Que peut-il lui arriver de pire que l'arrivée de Vicky, la nièce de Roxanne ? Croiser Freddy, discuter avec Chuck ou songer à Steph ? S'accrocher à la voix, peut-être bien. La Famille n'est pourtant jamais loin, et – no spoil c'est dans le résumé – Allison patiente. Préserve donc tes yeux bleus Stanley et fais attention à ta langue. Parlera-t-il ou pas ? Et que se passera-t-il si Allison lui met la main dessus ?

Côté univers, c'est sombre, peut-être angoissant pour certaines personnes, seulement les thèmes abordés, les lieux, les personnages nous transportent. Cet ouvrage est inclusif. Cela ne m'a posé aucun problème à la lecture. J'ai demandé à mon compagnon, DYS, même s'il préfère les apostrophes, les points, sur une page de lecture, n'ont pas posé de problème. Certains passages peuvent être difficiles, remonter certains souvenirs, et tout de suite, la scène d'après sera légèrement plus douce. Oui dans le sens des « hurlements noyés » quand même. Quand Allison torture on sait qui, on espère qu'elle ne tombe jamais sur Stanley, on espère presque que sa mort arrive. Pourtant, la « mort » que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur (petit clin d'oeil ) existe-t-elle vraiment ? Peut-être n'est-elle qu'une hallucination, une crise qui passera…

Côté personnage, je ne cache pas mon admiration et affection pour Stanley. Ce n'est pas possible de ne pas l'aimer. À moins que l'empathie soit derrière tout ça… J'ai eu un peu de mal finalement avec Allison, dont on se doute des plans, la prévisibilité ! Sally est fidèle à elle-même, l'évolution de Vicky est perceptible, bien que Nietzche soit présent avant aussi. J'ai détesté le personnage de Roxanne, hyper réaliste (oui c'est un compliment) ainsi que celui de Freddy (certain'e's diront peut-être caricatural, je ne suis pas d'accord, j'ai connu des Freddy, et entendu parler...). Je ne cite pas tout le monde, vous aurez l'occasion de croiser la famille, de savoir qui dirige tout ce petit monde et qui sera détrôné… oui. À un moment donné faut sortir du bar et affronter la meute.

Côté histoire, le fil rouge est dévoilé assez tôt, on se rend vite compte de qui est Allison, qui est la Lumière, quels sont les dons présents dans l'ouvrage, entre convoitise et verre sur planche… Ce n'est pas linéaire, peut-être prévisible à certains moments, par exemple Sally et Allison ou même avec Stanley. Non, il n'est pas mort, c'est le titre et j'ai dit no spoil ! Stanley peut-il fuir comme Chuck ? Va-t-il affronter pour de bon Freddy ? Ne parlons pas d'Allison, elle se régale des souffrances.

J'ai aimé, l'univers. Déjà, l'univers, quand on se pose pour le révéler, pour capter chaque élément, des yeux bleus aux chiens, à cet océan d'horreurs finalement qui vient balayer parfois le moindre soupçon d'espoir. Puis, on continue d'espérer. Stanley. Stanley c'est le protagoniste qu'il fallait, l'histoire n'aurait pas eu la même saveur avec Allison mise en avant ou même Freddy. Nope. Pas eux. Même Sally par exemple, vu son lien avec Allison. le fait qu'on suive Stanley, jusque dans ses réflexions, j'apprécie. Bien sûr les thèmes abordés, c'est d'une justesse impressionnante et je vous invite à regarder la liste d'ailleurs. C'est intéressant.
J'ai moins aimé, certaines phrases trop longues où je m'y perdais, et l'impersonnalité des ça en abondance.
La suite sur ma pageeeeee !
Lien : https://www.facebook.com/mar..
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Une lecture unique.
Avant tout et si je ne devais résumer mon avis qu'à ça, Malone Silence a une des plumes les plus poignantes que j'ai pu lire. À travers ma lecture, j'ai senti tout l'amour et l'attachement de l'auteur envers ses personnages et, je le crois, aussi des personnages envers l'auteur.
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Ensuite, je dois l'avouer, je ne suis pas immédiatement rentrée dans l'histoire au début. J'ai analysé et noté l'effet que cela m'a fait. Voilà : je suis rentrée dans Les Hurlements Noyés comme j'aurais atterri au milieu d'une conversation. Une conversation dans laquelle je n'avais pas été invitée et donc, je ne me suis pas imposée. Puis, je suis revenue. J'ai lu les Hurlements Noyés comme je me serais assise sur le canapé, dans un coin de la pièce, discrète, et j'ai écouté. À mon sens, on sent réellement ce "glissement de voix" à partir de la page 152. Dès lors, on est pris dans cette conversation entre le personnage principal et cette voix. le genre d'échange qui n'est pas vraiment une dispute, mais pas absolument amicale non plus. D'un coup, on prend conscience que ces personnes qui parlent entre elles se connaissent depuis si longtemps, depuis toujours, et d'une façon si intime, où l'essentiel de la conversation n'est pas dit parce que chacun sait, on sait très bien.
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Je me suis attachée à Stanley malgré mon envie de le secouer. Je me suis rendue compte que j'avais envie de lui crier dessus parce que je voyais en lui ce que lui-même s'épuise à éviter. Stan, c'est une personne profondément gentille, et malheureuse. Son coeur énorme est tout à la fois sa force et son fardeau. du reste des personnages, ils sont tous cassés.
Et comme des os brisés, ils se sont réparés un peu n'importe comment, en créant un excès de cartilage par endroits et en restant fragiles par d'autres.
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Enfin, Les Hurlements Noyés a aussi cette particularité de nous proposer des images très picturales. Quelques scènes décrites prennent des dimensions fantasmagoriques qui m'ont rappelé Lovecraft, ou des dimensions plus oniriques, étranges et sombres comme des peintures de Böcklin.
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Pour ma part, Les Hurlements Noyés m'a appris et forcée à m'asseoir, à ne pas intervenir, à rester à l'écart, à ne pas intervenir, et à écouter.
Et j'ai hâte d'entendre la suite de cette histoire.
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Ce roman est une claque -au sens propre du terme.
🔸🔸🔸
Je n'ai jamais lu un livre comme celui-là. Il y a beaucoup de choses à dire sur ce 1er tome.
Je ne peux pas ne pas parler du travail sur la forme qui est incroyable. Nous avons à plusieurs reprises une suite de mots, sans ponctuation, sans souffle. C'est la voix de Stanley, parfois des autres personnages, qui apparaissent sous forme de "vomi" de mots, de voix essoufflées. Et nous, lecteurices, sommes tout aussi essouflé.es. Par ce qui se passe, par ce qui est dit. Les mots défilent, parfois j'en ai saisi le sens, et ces mots font mal. La plume est vraiment percutante et forte.
🔸🔸🔸
L'intrigue est très particulière, nous sommes à la frontière des genres et sous-genres: contemporain, drame, fantastique, horreur. Pour ce qui est de l'histoire elle-même, j'avoue avoir pataugé au début. Je ne comprenais pas bien ce que je lisais. Je sentais que c'était fort, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt sur le/les sens. Et au fur et à mesure, je crois que j'ai mieux saisi, tout explose, même s'il reste une part de mystère. Ca parle avant tout d'émotions et de sens. le plus fort reste l'ambiance, une sorte de huis clos sans tous les codes du huis clos. le tout est très imagé et visuel, entre réalité et cauchemar.
🔸🔸🔸
Stanley est touchant, percutant, déstabilisant. C'est un concentré d'émotions fortes, de douleurs, et de cris. le titre prend tout son sens à travers ce personnage torturé, ainsi qu'à travers les autres. Ils tentent de survivre et de ne pas se noyer.
🔸🔸🔸
Malone délivre beaucoup de messages et traite de sujets essentiels: santé mentale (anxiété, trauma, dépression...), deuil, transphobie... Tous les TW sont explicités à la fin de son livre. Je conseille grandement d'y jeter un oeil.
🔸🔸🔸
Cette chronique a été très difficile à écrire, parce que je peine à trouver les mots justes. Mais c'était une expérience de lecture incroyable. Je pense qu'il est nécessaire de lire ce type de roman, et que tant qu'on ne l'a pas fait, on ne peut pas comprendre pour quelles raisons.
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Un premier roman prometteur aux personnages complexes et attachants. L'histoire de Stanley vous prend aux tripes et les fils qui se déroulent tout au long de l'histoire n'ont pas fini de nous surprendre.

Dans la ville anglaise Sheffield, Stanley Ellington essaye de récupérer les bouts épars de sa vie en compagnie de sa psy, Roxane, et de la nièce de cette dernière, Vicky. le problème, c'est qu'en vrai Stanley essaye surtout de trouver une raison de s'accrocher à une vie qui l'écorche sans cesse. Parce qu'il a le malheur d'avoir un don, celui de ressentir les pensées des gens et aussi les émotions piégées dans l'environnement autour de lui. Autant dire que sa vie à Stanley, c'est juste génial. C'est ce qui le rend d'ailleurs attachant, cette sensibilité à fleur de peau et cette acharnement à essayer de se trouver une raison de rester quand il se sent un poids.
De l'autre côté, il y a Lumière et la Famille. Lumière est en chasse. Déjà elle cherche Chuck qui lui a échappé, comme, bien avant, Sally Parkins et sa soeur Ariane. Mais elle ne va pas s'arrêter là, parce que Lumière son truc c'est le pouvoir et le contrôle.

Le roman en lui même est sans concession, dans sa façon de vous entrainer dans les pensées et les ressentis des personnages et dans sa façon de nommer les choses. C'est de l'horreur psychologique, mais pas que. On sent que derrière ça parle aussi de résilience et de reconstruction et que les bases sont posées pour la suite. Stanley et les autres vous attrapent par la main et vous entrainent dans leurs pensées, ce qui rend le récit encore plus percutant et prenant. C'est aussi un texte qui a le mérite d'intégrer l'inclusivité dans son écriture sans jamais gâcher l'écriture ou gêner la lecture. le roman se lit rapidement, de façon fluide et il est assez difficile de décrocher avant la fin tellement on est entrainé par le récit et les personnages. Vivement le T2 !

En attendant, ne suivez pas la Lumière mais suivez les chiens (parce que oui, il y a des chiens, comme sur cette magnifique couverture. Des tas de chiens).
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
L'adolescence, c'était l'être humain dans toute son énergie, dans toute sa force, dans toute sa rébellion face à l'injustice généralisée. C'était la période où naissait ce qu'une personne pouvait avoir de meilleur en elle. C'était un éveil brutal, une claque dans la gueule, et chacune des réponses à ce choc prouvait que la foi en l'humanité avait une raison d'être. L'enfant grandissait et devait apprendre à se battre, ou bien rendre les armes et rentrer dans ce fameux et étouffant moule dont on avait cette conscience aiguë, quitte à se tordre en tous sens jusqu'à se broyer les os.
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Le moral s'érodait sans doute moins sous les arbres dont le feuillage touffu vous protégeait des pleurs du ciel, mais il s'érodait tout de même. Le gris des nuages, ou cette teinte vide qui piquait les yeux lorsque le temps était si triste qu'il oubliait l'existence du bleu, coulait sur les feuilles. Leur vert cessait de briller, il pleurait, lui aussi, il virait au gris, gris foncé, gris vert.
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- Ne te mêle pas de ça.
Elle ne dit pas "ce sont des affaires d'adultes", mais Vicky l'entendit, ou l'inventa. Petite Vicky, petite enfant, trop minuscule pour être une personne à part entière, œuvre inachevée, quantité négligeable.
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Ils s'étaient dit leurs noms. Steph avait raconté son histoire - pourquoi pas ? - et Stanley avait tu la sienne, comme il aurait aimé la tuer - il n'avait pas dit cela non plus.
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Stanley était un gosse, une toile blanche suppliant qu'on en fasse quelque chose, qu'on donne un sens à son existence, à son être, qu'on lui offre enfin une signification.
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