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ISBN : 2203057750
Éditeur : Casterman (29/05/2013)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Émilie, jeune suicidée mélancolique, explore ses nouvelles limites fantomatiques dans son immeuble, habité de personnes étranges : magicien, petite fille prisonnière d'un sortilège, artiste mélancolique. Dont elle fut autrefois la muse et dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse.
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  22 mai 2014
Les flocons tombent dru dans la cour de l'immeuble, le chat, de la fenêtre d'en face, observe cette jeune femme, Emilie, dans la salle de bain. Elle se déshabille, fait couler l'eau du bain et s'y plonge. Quelques cachets avalés, elle vient de mettre fin à ses jours. Alors qu'elle aperçoit l'ambulance emporter son corps, elle se rend compte qu'elle est devenue un fantôme. Ainsi, elle peut se promener dans tout l'immeuble, à l'insu de ses voisins. Elle croise tout d'abord un jeune couple, dont le mari artiste-peintre dessinait la jeune femme, qui se déchire pour une histoire de meubles, la femme de ménage qui ne cesse de râler, une femme et son amant qui se moque du mari trompé, une petite enfermée dans un placard depuis des années et qui ne comprend pas pourquoi ses parents ne sont jamais venus la chercher ou bien encore le chat. Contre toute attente, il la voit et parle même avec elle. Elle découvre ainsi l'intimité de chacun et explore l'âme et le comportement humains...
A travers les yeux d'Emilie, l'on traverse les dédales de cet immeuble et, tel un voyeur, l'on est plongé dans l'intimité de chacun. Les rencontres sont pour la plupart farfelues, étranges ou bien désespérées. Empli de poésie, de sensualité et d'onirisme, cet album est surtout envoûtant, surréaliste et étonnant. Empruntant des strophes à Baudelaire ou Rimbaud, Guillaume Sorel joue sur la corde sensible. Les mots sont justes et passionnels, le dessin au lavis est saisissant, le noir et blanc ajoute une part de mystère, les traits sont expressifs et mélancoliques. J'ai bien failli me perdre dans les couloirs de cet hôtel..
Hôtel particulier... très particulier...
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trust_me
  05 juin 2013
Émilie met fin à ses jours dans sa baignoire. Une fois morte, son âme va hanter le vieil immeuble où elle habitait. Naviguant d'appartement en appartement, elle découvre le quotidien et le vrai visage de ses voisins. Des gens seuls, perdus, au bord du gouffre, des couples infidèles, une sorcière acariâtre qui tue les animaux, un peintre voyeur mais aussi de drôles de personnages, comme cette petite fille enfermée dans un placard ou cet homme organisant des orgies avec de célèbres héroïnes de romans qu'il fait sortir de sa bibliothèque. Émilie se demande pourquoi elle doit subir un tel sort, elle se demande si sa situation est appelée à durer éternellement. Un vieux chat va devenir son confident. Ils peuvent se parler, l'animal est le véritable maître de l'immeuble, celui qui sait tout sur tout le monde. Pour Émilie, c'est une nouvelle vie qui commence…
Un album totalement inclassable, à l'ambiance envoûtante, et parsemé de magnifiques citations littéraires (Rimbaud, Pouchkine, Lewis Caroll, Baudelaire…). le fantôme de la jeune femme flotte sur un monde étrange, en apesanteur, nimbé de mélancolie. La narration peut sembler décousue mais Sorel a construit son histoire comme une succession de nouvelles se déroulant dans le vase clôt de l'immeuble et dont le fil conducteur serait cette âme qui traverse les murs. L'occasion pour lui de dresser quelques portraits inquiétants, troublants ou réalistes. Hommage aux contes fantastiques de Poe et Maupassant, Hôtel particulier entretient une sorte de doute permanent, entre rêve, folie, surnaturel et réalité, le tout saupoudré d'une belle dose de sensualité. Difficile pour le lecteur de s'y retrouver mais a-t-on toujours besoin d'explications rationnelles ? N'est-il pas délicieux de se laisser mener par le bout du nez dans ce halo d'étrangeté qui nous enveloppe dès les premières pages ?
Pour ce qui est du dessin, c'est tout simplement sublime. Sorel est depuis longtemps un de mes dessinateurs préférés. Ici, il a travaillé au lavis, usant d'un noir et blanc vaporeux rehaussé de nombreuses nuances de gris. Son art du cadrage et l'attention particulière donnée à la lumière fait de chaque planche un petit bijou de fluidité et d'équilibre. J'aime par ailleurs beaucoup les personnages qu'il met en scène, notamment les femmes, qui sont tout sauf des pin-up. le visage marqué, le cheveu filasse et des courbes parfois un peu trop généreuses, elles sont justes réelles et non fantasmées.
Un album empreint d'une sombre poésie et d'un esthétisme aussi rare que fascinant. Ai-je vraiment besoin de vous dire que j'ai aimé ?

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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alouett
  24 juillet 2013
Aimeriez-vous habiter-là ? Dans ce petit hôtel particulière trèès… particulier ?!
Au troisième étage, je vous présente la jeune Emilie, trentenaire, belle comme un printemps… et célibataire Messieurs ! Un coeur à prendre !!… si ce n'est qu'elle s'est suicidée…
Au premier, un célibataire d'une autre trempe. Un homme, la petite quarantaine, celui à qui on-ne-la-fait-pas et coureur de jupons invétéré. Il vit seul avec un gros matou mateur.
Plus bas, un couple. Elle est jeune, lui est vieux et pendant qu'elle est au lit avec un autre, lui se cache dans le placard pour prendre des photos. Complicité malsaine des conjoints face à laquelle l'amant n'est pas dupe !
Plus haut, on trouvera une vieille « sorcière », mégère aigrie, vieille fille qui passe son temps à râler après tout et tout le monde et à dépecer les chats pour en faire des ragoûts.
Sous les combles vit un jeune artiste qui vient d'essuyer une rupture cuisante. de la séparation houleuse, il n'a pu conserver qu'une chaise, une table, sa paillasse et un miroir magique… Il a perdu sa muse, la ravissante voisine du troisième. Elle était sa source d'inspiration, surtout quand elle se promenait nue au milieu des fleurs qu'elle disposait abondement en bouquets pour décorer sa salle-de-bain.
Emilie est morte mais depuis son suicide, elle hante les étages de ce petit hôtel particulier, découvre les habitudes de chacun et prend un plaisir certain à rendre visite à l'habitant qui vit là-haut, sous les combles, au milieu des nombreux portraits qu'il a fait d'elle.
Plus besoin de présenter Guillaume Sorel. Ses albums et séries ont déjà fait le bonheur de nombreux lecteurs : "Les contes de l'Ankou", "Algernon Woodcock", "Les derniers jours de Stefan Zweig", "Mens Magna"… Depuis des années, il fait preuve d'un réel attrait pour les mondes fantastiques. Il crée ainsi des univers étranges dans lesquels le fantastique côtoie la réalité de façon troublante. le lecteur se plaît à explorer ces ambiances propices au voyage imaginaire.
"Hôtel particulier" ne déroge pas à la règle.
On démarre notre voyage dès le visuel de couverture où l'on voit une jeune femme assise sur une cheminée, elle semble profiter de la brise rafraichissante qui souffle à ce moment-là. Puis, on ouvre l'ouvrage et on plonge dans un univers en noir et blanc, intrigante ambiance graphique qui déstabilise. le temps semble y être suspendu sans que l'on puisse en percevoir la raison. Un flocon de neige tombe doucement dans la cour. Derrière une fenêtre, un chat scrute le moindre signe de vie extérieur. Il fait froid dehors, on se camoufle dedans. On prend connaissance de l'héroïne qui se prélasse dans son bain. On est bien. On contemple tout en profitant de la lenteur de ses mouvements, on l'observe, on se familiarise avec elle. Elle sera notre guide puis… temps d'arrêt… elle est morte… on marque un mouvement de recul, surpris qu'autant de vie émane d'elle !
Je dois dire aussi que j'ai débuté cette lecture avec une légère appréhension. En effet, cet auteur ne m'a pas habituée à se passer de la couleur. "D'habitude", je pouvais m'appuyer sur des teintes sombres, pastel ou vives pour étayer ma compréhension et mon ressenti. Ce nouvel album nous force à nous reposer entièrement dans les mains d'Emilie et à tenir compte d'un ressenti plus instinctif. Passer au travers des murs, observer d'un autre oeil les gens qui vivent là, découvrir leur intimité. On gère naturellement l'excitation inhérente à la situation atypique du personnage, sans réelle appréhension. Les éléments fantastiques du récit créent une ambiance tout à fait sereine et pire encore, Guillaume Sorel nous permet d'y croire. C'est si inhabituel que cela en devient crédible !! du moins, j'ai eu envie d'y croire et je n'ai pas eu de mal à me laisser porter par cette intrigue.
Les illustrations en noir et blanc vont ainsi permettre au lecteur de s'approprier pleinement cet univers. Les subtils lavis de gris s'effacent finalement rapidement sous les projections imaginaires de couleurs que le lecteur fait inconsciemment. Vêtements, accessoires, teintures murales… sous l'effet des propres projections du lecteurs, ce monde coloré prend du relief. C'en est presque bluffant de constater la facilité que l'auteur a de nous faire admettre l'existence de phénomènes paranormaux et de telles habitudes de vie.
L'équilibre entre réalité et surnaturel est parfaitement géré. On profite ainsi d'un univers à la croisée de deux mondes et on avance ainsi sur la fine frontière qui les sépare. Guillaume Sorel peut ainsi puiser ses éléments narratifs dans ces deux registres sans se restreindre. L'auteur s'appuie également sur des traits de personnalités légèrement caricaturaux. Il garde pourtant une forme de retenue à l'égard des scènes qu'il montre à voir ; avec délicatesse, il étale les travers de ses personnages. L'ensemble permet au lecteur de profiter sans vergogne de cette fiction. Dans cet huis-clos, on se surprend à scruter ce qui se passe chez le voisin, une sorte de voyeurisme mondain qui n'a rien de malsain ! En compagnie d'Emile, on prend goût à ce jeu curieux, on en deviendrait presque espiègle.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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Bene31
  11 septembre 2013
Un artiste désargenté un peu voyeur plaqué par sa femme. Son voisin obsédé sexuel qui a le pouvoir de donner vie à des personnages littéraires. Une enfant enfermée dans une pièce mystérieuse que personne ne peut voir sauf elle. Voici les voisins que le fantôme d'Emilie observe, accompagné par un chat malicieux très bavard.
Hôtel particulier fait resurgir les souvenirs des nouvelles fantastiques De Maupassant, Gautier ou Poe, lorsque des évènements surnaturels font irruption dans l'univers quotidien.
Le trait, le lavis noir et blanc de Sorel confèrent une atmosphère évanescente, sensuelle à ce récit empreint de mystère et de références littéraires.
Cet album est encore une bonne surprise qui me donne envie de suivre Guillaume Sorel dans son univers.

Lien : http://bene31.canalblog.com/..
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beatriceferon
  04 mai 2015
Inquiets de voir ouvertes les fenêtres de l'appartement de la belle Émilie en dépit des rigueurs de l'hiver, des voisins préviennent les autorités. On découvre la jeune fille dans sa baignoire, telle une « princesse des glaces ».
Mais Émilie n'a pas disparu pour autant. Désormais invisible, elle hante ce bizarre hôtel particulier dont sa nouvelle condition lui permet de traverser les murs. Son seul compagnon est un chat doué de parole, le seul vivant pour qui elle soit restée visible.
Très vite, elle va découvrir des êtres bien singuliers : un peintre possesseur d'un miroir magique, un épicurien, capable de faire sortir des pages de ses livres toute une galerie de personnages, une petite fille prisonnière d'un cabinet noir ou encore une affreuse sorcière qui transforme les félins en civets. Ce qui ne lui portera pas bonheur...
Le découpage des planches est assez classique, pourtant, cette BD superbe ne manque pas d'originalité. Les dessins sont vraiment somptueux. le décor est, la plupart du temps minimaliste, mais les personnages sont minutieusement dessinés.
La technique utilisée est un lavis à l'encre de Chine, parfois rehaussé de quelques touches de blanc.
Le texte est parsemé de citations littéraires empruntées à Rimbaud, Baudelaire et quelques autres. Il y a beaucoup d'allusions à la littérature (miroir magique, personnages qui sortent des pages d'un livre pour se matérialiser, chat du Cheshire...)
Tout cela fait que j'ai adoré cette BD sublime que j'ai lue avec, en tête, les notes de la mélodie de Gainsbourg (« Hôtel particulier » sur l'album «Melody Nelson ». En plus, ce livre ne manque ni « d'Aphrodite » ni de « seins bombés »!)
Je la recommande chaleureusement.
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critiques presse (3)
BulledEncre   03 mars 2014
Une belle réussite, entre noirceur et blancheur, à la force poétique envahissante.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
BullesEtOnomatopees   18 juin 2013
Guillaume Sorel écrit, à travers le récit de cette morte, une œuvre fantastique d’un classicisme élégant. On y retrouve nombre d’histoires, des objets surnaturels, des êtres charismatiques et de la passion. Les dessins sont sublimes.
Lire la critique sur le site : BullesEtOnomatopees
ActuaBD   30 mai 2013
Un album qui s’ouvre par un suicide, c’est plombant. Et pourtant, Guillaume Sorel transforme cette funeste entrée en matière en une fable poétique et apaisée.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   03 janvier 2016
"J'arrive les gars ! je suis non violent ...
Mais, j'ai une barre de fer ... Vous m'en direz des nouvelles !"
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marina53marina53   22 mai 2014
Les miroirs nous renvoient une réalité bien plate... pour ceux qui ne savent pas voir la magie du monde.
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LatuluLatulu   06 octobre 2015
L'huissier est le meilleur ami de l'homme... Il le ramène à une vie simple dépourvue de superflu.
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alouettalouett   24 juillet 2013
Si je veux me voir vivante, il me suffira de passer ici. Muse… C’est pas mal comme… nouvelle vie !
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LatuluLatulu   06 octobre 2015
[à propos d'une peinture que l'artiste est en train de réaliser]
- La courbe d'une hanche qui frémit ne s'écrit pas en langage binaire !
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Videos de Guillaume Sorel (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guillaume Sorel

Dialogues, dédicace de Guillaume Sorel
http://www.librairiedialogues.fr/livre/6323552-le-horla-guillaume-sorel-rue-de-sevres Dédicace du dessinateur Guillaume Sorel à la librairie Dialogues à Brest, à l'occasion de la parution...
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