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Elisabeth Suetsugu (Traducteur)Akiyama Yutaka (Préfacier, etc.)
EAN : 9782877305624
104 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (18/10/2001)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Si Sôseki le romancier est de longue date traduit et commenté chez nous, une part plus secrète et à la fois plus familière de son oeuvre nous est encore inconnue. Sôseki a écrit plus de 2500 haikus, de sa jeunesse aux dernières années de sa vie: moments de grâce, libérés de l'étouffante pression de la réalité, où l'esprit fait halte au seuil d'un poème, dans une intense plénitude. Ce livre propose un choix de 135 haikus, illustrés de peintures et calligraphies de l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  06 avril 2018
Je ne cesse de m'émerveiller devant la puissance d'évocation que peuvent avoir des poèmes de seulement trois petites lignes, capables de battre à plate couture des poèmes qui en possèdent 14. Bien composés, ces quelques mots nous emportent directement au coeur d'une émotion ou d'une sensation.
Les haïkus de Soseki, écrivain japonais de la fin du dix-neuvième siècle, tentent de capter l'instant, celui de la feuille qui tombe ou celui du silence, le temps d'un baillement partagé entre deux amis qui vont se quitter, le mouvement d'une hirondelle en plein vol, un changement de lumière quand le soir arrive ou que le jour se lève.
La mort, aussi, est présente, celle à laquelle il a échappé, celle, bien réelle, de sa belle-soeur pour qui il entretenait des sentiments complexes. La mort et le miracle d'être encore en vie quand l'aube arrive.
D'autres haïkus sont plus mystérieux voire hermétiques, malgré la préface et la postface, toutes les deux bien fournies.
Ce n'est sans doute pas le recueil de haïkus le plus abordable mais j'y ai fait de belles découvertes.
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rosulien
  06 août 2019
Un livre pour la vie. Toujours à portée de main. Un livre pour tous les instants , les bons et les moins bons. La quintessence du raffinement et la poésie. Souvent mystérieux, quelquefois difficile à comprendre , un livre d' une richesse infinie dont jamais je ne me lasserai
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mh17
  11 octobre 2019
Ce recueil est d'abord un merveilleux livre d'art au format de poche. Il propose une sélection de 135 haïkus illustrés de peintures délicates, de calligraphies et de sceaux de l'auteur. Une préface explique dans un langage simple l'art du haïku en général et chez Sôseki en particulier. La dernière partie du volume met en regard les poèmes et les événements biographiques, ajoute des explications sur les choix de traduction et sur les us et coutumes japonais. Les haïkus de Sôseki sont des concentrés d'émotions dans lesquels nous pouvons tous nous reconnaître.
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IreneAdler
  05 décembre 2013
Surtout connu pour ses romans, Soseki écrivit des haïkus toute sa vie. Certaines périodes sont plus prolixes, mais il n'y eu guère d'interruption. Hormis ses impressions sur les saisons, le temps qui passe, ils lui ont permis de surmonter quelques épreuves : une maladie qui faillit lui coûter a vie, la mort de son ami d'enfance. Ses vers sont alors plus évocateurs qu'allusifs, un peu à contre-courant des règles de composition (de même la traduction ne respecte pas toujours le rythme 5-7-5, préférant le fonds à la forme.)
Les haïkus sont présentés par ordre chronologique. Ils sont illustrés par des estampes et des peintures de l'auteur. le résultat est vraiment très agréable à lire et à regarder. Comme toujours avec la poésie, chacun sera plus ou moins sensible à chaque poème, mais tous sont finement ciselés et parlent à notre imaginaire.
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Pirouette0001
  01 janvier 2019
De l'auteur de Je suis un chat que j'avais adoré, ces haikus sont à la fois fort plaisants mais également déroutants tant ce style est éloigné de notre poésie formelle. Une autre manière d'aborder la beauté du monde.
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   20 mars 2016
Jeunes pousses de fougère

Ouvrant leurs petits poings

Enfin le printemps
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manU17manU17   28 février 2015
Aujourd'hui je sais l'automne
Ruissellement de la pluie
Qui ne connaît pas de fin
Commenter  J’apprécie          340
Myriam3Myriam3   06 avril 2018
Je l'ai mis en terre
Là où le vent d'automne
N'atteindra pas son oreille.
Commenter  J’apprécie          241
pyrosthapyrostha   10 janvier 2011
Sous mes yeux près de mon pinceau
Une libellule rouge s'est posée
Quelle âme accompagnait elle?
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sterster   08 janvier 2013
Ah l'amertume des kakis
Étrangers l'un pour l'autre
Comment espérer d'autres rapports
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Video de Natsume Soseki (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Natsume Soseki
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de la mort?
« Il cessa de pleurer, et, le visage tourné vers le mur, il se mit à réfléchir, l?esprit obsédé par cette unique pensée : Pourquoi, pourquoi cette chose épouvantable ? Mais quoi qu?il fît, il ne trouvait aucune réponse. Et quand l?idée qu?il n?avait pas vécu comme on doit vivre se dressait devant lui, il chassait cette idée bizarre en se rappelant aussitôt la parfaite correction de son existence. Presque toujours le visage tourné vers le mur, il souffrait, seul, de ses souffrances insolubles, il se plongeait, seul, dans ses pensées insolubles. « Qu?est-ce donc ? Est-ce vraiment la mort ? » Et la voix intérieure répondait : « Oui, c?est la mort ». ? « Mais pourquoi ces souffrances ? » Et la voix intérieure répondait : « Comme ça, pour rien. » Tolstoï, La mort d?Ivan Illitch.
Comme tous les êtres vivants, nous allons mourir un jour. Mais à la différence des autres êtres vivants, nous en sommes conscients. Ce qui fait dire à Woody Allen : « Depuis que les humains se savent mortels, ils ont du mal à être tout à fait décontractés ». Alors, pour nous décontracter, nous nous efforçons de ne pas trop y penser : « L?homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée », écrit Paul Valéry.
Mais la mort parfois nous tire par la manche. Nous sommes impliqués de loin, par la disparition d?une connaissance ou d?une célébrité ; nous sommes en présence du corps sans vie d?un ami, près d?un cercueil, à côté d?une tombe? Ou, plus déstabilisant encore, nous sommes impliqués dans notre propre chair, au travers d?une maladie menaçante diagnostiquée chez nous.
Alors, nos illusions s?envolent. le temps de l?insouciance et des fausses croyances est terminé : nous ne pouvons plus faire comme s?il nous restait un temps illimité à vivre. Non, le temps qu?il nous reste n?est pas illimité. Pire, il est incertain, et peut-être serons-nous morts demain.
Face à la mort et au cortège de peurs qu?elle pousse devant elle, c?est notre vie intérieure qui peut nous donner force et lucidité. Sans un salutaire travail de l?âme, notre crainte de la mort influence et parasite notre vie. Les recherches scientifiques ont montré qu?en activant la peur de la mort, on pousse les humains à plus de matérialisme, plus d?égoïsme, plus de rigidité psychologique. A l?inverse, s?entraîner à un abord lucide, apaisé et réaliste, de l?idée de sa mort apporte peu à peu une forme d?apaisement et d?équanimité, envers une perspective qui ne réjouit, tout de même, personne ! C?était le conseil de Montaigne : « Otons-lui l'étrangeté, pratiquons-la, accoutumons-la, n'ayons rien si souvent en la tête que la mort. »
Alors, de notre mieux, accueillons les irruptions de la mort dans nos vies : devant les faire-part de décès, à l?écoute du glas de l?église voisine? Immobilisons-nous, et laissons toutes les images, les pensées et les souvenirs liés à la mort se répandre en nous ; efforçons-nous, simplement, de rester reliés à notre respiration, au souffle de la vie en nous et autour de nous.
Rendons-nous, de temps en temps, dans les cimetières ; prenons le temps d?y marcher dans les allées, de nous y asseoir ; et là encore, sans rien chercher, sans rien poursuivre, laissons-nous habiter par ces instants, observons cet environnement de vie et de mort mêlés. Restons là, à écouter le chant des oiseaux, le pas des visiteurs sur le gravier? J?ai souvent fait cet exercice avec certains de mes patients qui souffraient d?une anxiété de la mort, et nous en avons gardé, eux et moi, des souvenirs d?expériences très fortes, et paradoxalement très douces.
Connaissez-vous ce haïku du poète japonais Natsume Sôseki ? « Sans savoir pourquoi / J?aime ce monde / Où nous venons pour mourir. ». le contraire de la mort, c?est la naissance. Nous sommes entrés, nous allons sortir. Et entre les deux il y a la vie. Vous ne trouvez pas qu?elle est belle ?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
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