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Hélène Morita (Traducteur)
ISBN : 2253933562
Éditeur : Le Livre de Poche (20/11/2002)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 20 notes)
Résumé :

"Si je devais considérer ma fugue comme la première station dans la trajectoire de mon autodestruction, la contrée floue où je me trouvais à présent était certainement peu éloignée du terminus, même si je ne savais pas combien d'arrêts il y aurait encore." Un étrange jeune homme, sans visage et sans nom, fuit la chaleur et la lumière de Tôkyô. Il lui faut s'enfoncer dans le noir et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Reminoushka
  24 janvier 2014
Murakami (Haruki) et 'Kafka sur le rivage' m'a amené à aller du coté de la littérature japonaise, et là un livre comme je les aime! Une histoire pleine de réalisme, d'autres repères culturels, et une atmosphère singulière qui m'a emmené au fond de cette mine... Comme si cela allait de soi, j'ai suivi ce jeune héros dans un monde souterrain, surprenant, oppressant, un peu absurde... Super agréable à lire surtout quand on découvre l'auteur en plus. Donc, Natsume Soseki : je recommande vivement.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Clio1989Clio1989   09 décembre 2017
Les seuls évènements passés dignes de mémoire sont les rêves, et les rêves seulement et, parce que la saveur exquise de ces réminiscences tient à leur nature onirique, il faut que ces évènements passés gardent en eux-mêmes un je-ne-sais-quoi de nébuleux et d'ambigu pour pouvoir jouer sur le mode fantasmagorique.
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DylouDylou   12 juin 2014
On prétend que les larmes accompagnent toutes sortes d'émotions. Pour ma part, je crois que tant que coulent les larmes, la peine n'est pas trop grave. Car si l'on peut encore pleurer, on peut également rire.
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DylouDylou   11 juin 2014
Dès que l'on dort, le temps n'existe plus. Pour qui l'écoulement du temps est douloureux, rien n'est meilleur que de dormir. Peut-être mourir. Mais mourir n'est pas si facile qu'il y paraît.
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Clio1989Clio1989   28 novembre 2017
Dès que l'on dort, le temps n'existe plus. Pour qui l'écoulement du temps est douloureux, rien n'est meilleur que de dormir. Peut-être mourir. Mais mourir n'est pas si facile qu'il y paraît.
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Clio1989Clio1989   28 novembre 2017
Le profane croit qu'une expérience écrite sur les lieux mêmes et dans le feu de l'action est plus véridique. C'est tout à fait inexact. Portée par la fougue de l'instant, la transcription immédiate d'une situation risque de propager de graves erreurs. Ainsi, lors de mon voyage à la mine, si j'avais rédigé un journal intime en notant tels quels mes sentiments du moment, il est certain que j'aurais obtenu un rapport puéril, maniéré, bourré de mensonges.
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Video de Natsume Soseki (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Natsume Soseki
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de la mort?
« Il cessa de pleurer, et, le visage tourné vers le mur, il se mit à réfléchir, l?esprit obsédé par cette unique pensée : Pourquoi, pourquoi cette chose épouvantable ? Mais quoi qu?il fît, il ne trouvait aucune réponse. Et quand l?idée qu?il n?avait pas vécu comme on doit vivre se dressait devant lui, il chassait cette idée bizarre en se rappelant aussitôt la parfaite correction de son existence. Presque toujours le visage tourné vers le mur, il souffrait, seul, de ses souffrances insolubles, il se plongeait, seul, dans ses pensées insolubles. « Qu?est-ce donc ? Est-ce vraiment la mort ? » Et la voix intérieure répondait : « Oui, c?est la mort ». ? « Mais pourquoi ces souffrances ? » Et la voix intérieure répondait : « Comme ça, pour rien. » Tolstoï, La mort d?Ivan Illitch.
Comme tous les êtres vivants, nous allons mourir un jour. Mais à la différence des autres êtres vivants, nous en sommes conscients. Ce qui fait dire à Woody Allen : « Depuis que les humains se savent mortels, ils ont du mal à être tout à fait décontractés ». Alors, pour nous décontracter, nous nous efforçons de ne pas trop y penser : « L?homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée », écrit Paul Valéry.
Mais la mort parfois nous tire par la manche. Nous sommes impliqués de loin, par la disparition d?une connaissance ou d?une célébrité ; nous sommes en présence du corps sans vie d?un ami, près d?un cercueil, à côté d?une tombe? Ou, plus déstabilisant encore, nous sommes impliqués dans notre propre chair, au travers d?une maladie menaçante diagnostiquée chez nous.
Alors, nos illusions s?envolent. le temps de l?insouciance et des fausses croyances est terminé : nous ne pouvons plus faire comme s?il nous restait un temps illimité à vivre. Non, le temps qu?il nous reste n?est pas illimité. Pire, il est incertain, et peut-être serons-nous morts demain.
Face à la mort et au cortège de peurs qu?elle pousse devant elle, c?est notre vie intérieure qui peut nous donner force et lucidité. Sans un salutaire travail de l?âme, notre crainte de la mort influence et parasite notre vie. Les recherches scientifiques ont montré qu?en activant la peur de la mort, on pousse les humains à plus de matérialisme, plus d?égoïsme, plus de rigidité psychologique. A l?inverse, s?entraîner à un abord lucide, apaisé et réaliste, de l?idée de sa mort apporte peu à peu une forme d?apaisement et d?équanimité, envers une perspective qui ne réjouit, tout de même, personne ! C?était le conseil de Montaigne : « Otons-lui l'étrangeté, pratiquons-la, accoutumons-la, n'ayons rien si souvent en la tête que la mort. »
Alors, de notre mieux, accueillons les irruptions de la mort dans nos vies : devant les faire-part de décès, à l?écoute du glas de l?église voisine? Immobilisons-nous, et laissons toutes les images, les pensées et les souvenirs liés à la mort se répandre en nous ; efforçons-nous, simplement, de rester reliés à notre respiration, au souffle de la vie en nous et autour de nous.
Rendons-nous, de temps en temps, dans les cimetières ; prenons le temps d?y marcher dans les allées, de nous y asseoir ; et là encore, sans rien chercher, sans rien poursuivre, laissons-nous habiter par ces instants, observons cet environnement de vie et de mort mêlés. Restons là, à écouter le chant des oiseaux, le pas des visiteurs sur le gravier? J?ai souvent fait cet exercice avec certains de mes patients qui souffraient d?une anxiété de la mort, et nous en avons gardé, eux et moi, des souvenirs d?expériences très fortes, et paradoxalement très douces.
Connaissez-vous ce haïku du poète japonais Natsume Sôseki ? « Sans savoir pourquoi / J?aime ce monde / Où nous venons pour mourir. ». le contraire de la mort, c?est la naissance. Nous sommes entrés, nous allons sortir. Et entre les deux il y a la vie. Vous ne trouvez pas qu?elle est belle ?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
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