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ISBN : 225922279X
Éditeur : Plon (12/02/2015)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Un jour, un ancien petit ami passe la porte de la boutique de Susanna, c'est Nicholas Slopen. Vingt ans ont passé, elle a du mal à le reconnaître. Lorsqu'il quitte les lieux, Susanna, curieuse, tape son nom dans Google. Surprise: Nicholas Slopen est mort l'année passée, laissant derrière lui une femme et deux enfants. Il revient. Et il fait alors à Susanna le récit d'une extraordinaire aventure, celle qui lui permet de continuer à exister dans un autre corps. Nichol... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Charybde7
  29 mai 2015
Et si la mort n'était qu'un début ? Une réactualisation tragicomique et rusée du mythe de Frankenstein.
Puisque le Professeur Slopen est mort en 2009, qui est donc cet individu, enfermé en 2010 dans l'unité pour malades difficiles d'une institution psychiatrique, et qui affirme avec tant d'insistance, et tant de souvenirs crédibles, être ce même homme ?
«Je m'appelle Nicholas Patrick Slopen. Je suis né à Singapour le 10 avril 1970. Je suis mort le 28 septembre 2009, broyé par le passage de roue d'un camion devant la station de métro Oval.
Ce document est mon testament.
Comme on le comprendra bientôt, je dispose d'un laps de temps indéterminé mais assurément bref pour expliquer les événements menant à ma mort, et pour établir la continuité de mon identité depuis. En raison des contraintes qui me sont imposées, j'espère que le lecteur ne m'en voudra pas de renoncer aux subtilités habituelles d'une autobiographie.»
Interpellé et enfermé après avoir pénétré par effraction dans le domicile de Slopen, cet homme rédige donc le témoignage-testament de celui qu'il prétend être : Nicholas Slopen, universitaire relativement médiocre et spécialiste quasiment obsessionnel de l'écrivain britannique Samuel Johnson (1709-1784).
La vie plutôt routinière de Slopen a basculé après qu'il ait été appelé par un certain Hunter Gould, excentrique magnat de l'industrie musicale, pour expertiser des lettres attribuées au Dr Samuel Johnson. Lorsque Slopen, qui a initialement reconnu l'authenticité des lettres, a compris en manipulant les originaux qu'elles étaient l'oeuvre d'un faussaire, il a été embarqué dans une aventure aussi inattendue que vertigineuse.
Imbroglio parfaitement maîtrisé, où s'entremêlent les obsessions littéraires, les personnages ambigus, un idiot prostré et faussaire de génie ou une fascinante boiteuse, le programme expérimental de savants soviétiques né des affrontements de la guerre froide et récupéré par le capitalisme, «Corps variables», cinquième roman de Marcel Theroux paru en 2013, et traduit en français en 2015 par Stéphane Roques pour les éditions Plon, forme une oeuvre littéraire hybride passionnante, un thriller fantastique, miroir de notre époque où la technologie qui envahit le corps questionne la nature de l'identité humaine, et hommage aux écrivains qui suggère en filigrane que les écrits littéraires contiennent l'essentiel de la personnalité de leur auteur.
«Parfois je me réveille à l'hôpital avec une douleur dans la poitrine qui me donne l'impression que mon coeur se brise. Oui, que mon coeur se brise. Ma description manque de valeur médicale ou littéraire mais ça n'arrange rien de savoir que ma maison de souffrance est murée et barrée de clichés. Larmes, coeur brisé, pitoyables illusions de ciels larmoyants et de crépuscules sanglants : ces choses ne sont pas d'insignifiantes approximations d'expériences vécues, elles sont le nerf et la fibre même de la vie humaine. Je n'ai jamais été whorfien, et pourtant j'ai fini par m'apercevoir que nous sommes faits de mots.»
«Johnson a trouvé la phrase parfaite. Dans une de ses lettres, il écrit que, « dans la mort de ceux qui nous sont proches, la continuité de l'être est lacérée ». La continuité de l'être. La personnalité humaine n'est pas un objet, c'est un processus, un état en constant devenir, soumis à un réseau d'interdépendances, nous liant les uns aux autres par d'invisibles filaments, à notre époque, à nos souvenirs et possessions, aux évolutions de notre moi. Même cette métaphore exagère probablement la solidité et l'intégrité de la personnalité humaine.»
Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/05/29/note-de-lecture-corps-variables-marcel-theroux/
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Garoupe
  09 octobre 2015
Voilà un livre qui par son histoire sublimée par l'écriture de l'auteur vous prend de la première à la dernière page, sans vous lâcher un seul instant. Et pourtant, ce n'est ni un polar, ni un thriller, ni un « page turner »,… C'est un peu un livre hybride dans lequel on retrouver à la fois une histoire qui a de forts accents de science-fiction ou de roman d'anticipation (quand bien même il se passe en 2009-2010) et aussi une vraie réflexion sur la mort, l'immortalité, l'âme et la conscience, l'identité, le pouvoir des mots.
L'histoire est somme toute simple : un homme, anglais, professeur d'université, spécialiste de Samuel Johnson, découvre qu'un groupe de personnes ont découvert comment « encoder » la personnalité de n'importe qui, à travers les mots de chaque individu, et surtout comment l'intégrer dans un autre corps. Une sorte d'immortalité intellectuelle et spirituelle.
Ce qui l'est beaucoup moins (simple), c'est la narration de Marcel Theroux, sans toutefois en faire un truc totalement alambiqué et incompréhensible, loin de là. Il part du récit autobiographique que fait Nicholas Slopen, le professeur universitaire mentionné précédemment, lors de son internement dans l'unité des malades dangereux de l'hôpital de Bedlam. S'il est interné, c'est que le professeur Nicholas Slopen qu'il dit être est mort dans un terrible accident de circulation plusieurs mois avant.
A partir de là et à travers le récit de Slopen, le lecteur est invité à découvrir sa personnalité, la manière dont il est entré en contact avec les instigateurs de cette technique d'encodage de la personnalité, les ramifications tentaculaires de l'organisation en charge de l'exploitation de ce procédé, des méthodes coercitives de cette organisation, des efforts et vaines tentatives de Slopen pour contrecarrer les plans de l'organisation, mais aussi des réflexions éthiques sous-jacentes (place du « donneur », place et libre-arbitre du « récepteur », rapport et cohabitation entre les « complexes essentiels » et les « complexes auxiliaires », existence de l'original et de la copie, confrontation de ces entités, interactions,…). Rendons aussi grâce à Marcel Theroux pour ce titre, « Corps variables », qui au final contient toutes les nuances de son histoire, toutes les variations de son propos, et à Stéphane Roques pour l'excellence de sa traduction.
Marcel Theroux construit un récit particulièrement intelligent : brillamment agencé pour dévoiler les éléments de l'histoire petit à petit, savamment agrémenté de nombreuses références littéraires, notamment aux auteurs russes, précurseurs pour Marcel Theroux de cette capacité à refléter l'âme humaine et la personnalité de leurs personnages (ou d'eux-mêmes) dans leurs écrits. Ce roman inclassable tient de tellement de choses disparates et pourtant Marcel Theroux parvient sans fausse note à les relier et à les allier pour un résultat époustouflant de maîtrise et passionnant autant que troublant. D'ailleurs, suis-je moi-même moi-même ou une copie ?
Un gros gros coup de coeur pour ce livre paru en février 2015. Il n'est pas trop tard pour rattraper votre retard !

Lien : http://wp.me/p2X8E2-vH
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MD68
  14 juin 2016
Revenu d'entre les morts, il doit convaincre qu'il est vivant et pas la proie de la folie.
"Mais Nicky n'était pas mort et il semblait que lui et moi étions les seuls à le savoir"
Un homme, officiellement mort et enfermé dans un hôpital psychiatrique, prétend être Nicholas Slopen, érudit spécialiste du fameux poète anglais Samuel JOHNSON. C'est le récit de ce qui a précédé cet enfermement et de ce qui l'a suivi que nous délivre ce roman qui m'a happée et intriguée dès le départ (et jusqu'au bout) avec des indices distillés tout au long permettant d'essayer de résoudre ce mystère. Il nous entraîne jusqu'en Europe de l'Est dans le sillage de sombres scientifiques ayant en projet l'amélioration de l'être humain.
On est du côté de Frankenstein le personnage de Jack proche de la créature du docteur.
Il est question de la permanence des choses, de l'individualité, de l'essence de la vie.
Est- ce qu'on peut faire mentir son corps ? Apparemment, c'est beaucoup plus difficile et c'est cette image que les autres gardent de chacun.
A l'inverse, c'est ce mélange d'éléments très concrets, enregistrés par nos corps et encapsulés dans les mots qui constitue notre individualité, et ce que nous gardons en mémoire.
"Et quand il m'a appelée par mon nom, sa bouche l'a formé comme elle l'avait toujours fait"
La permanence du souvenir du lien physique avec ses enfants ou sa femme illustre ce constat. D'ailleurs, Nicky, à plusieurs reprises éprouve ce manque quand il pense aux siens qu'il ne voit plus.
"L'inconnu qui est en moi est une créature pareille à toutes les autres : obsédée par les limites de son existence, hantée par le spectacle de son passage à travers le temps et la détérioration de ses relations avec les autres, l'indicible tristesse de la finitude de la vie sur une belle planète "
Et pourtant, ce sont les mots qui sont à la base de la technologie employée par l'entreprise scientifique. Ce sont eux qui servent à l'encodage d'un cerveau passant d'un individu à l'autre.
"Et ce livre est – au lieu de mon corps
Et le livre est -au lieu de mon âme (Grégoire de Narek, le livre des lamentations)"
Comme dans les romans de Philip K DICK, on assiste à l'envahissement du monde d'un individu par un autre. La parano entretenue tout au long du livre nous fait douter de la santé mentale de Nicky.
"Toutes nos certitudes tremblotent et pourtant : C'est là le paradoxe. Alors que je ne suis plus moi – même, je ne me suis jamais autant senti moi même. Aussi grandiloquent que cela puisse être, je me sens plus proche qu'à aucun moment de ma vie de percevoir la vérité de l'univers- la pénombre de sentiment sacré qui sonne le vrai.Sans quoi nous ne sommes que de la chair et des os qui filent dans l'espace."

C'est donc un livre à la frontière du fantastique et qui m'a laissé un parfum de demeure anglaise néo gothique 19è siècle.
Lien : http://litterature.calice68...
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Sandrion
  15 mai 2016
J'avais fait d'un des titres de Marcel Théroux, "Au nord du monde", un de mes coups de coeur en 2013, jugez si j'ai sauté sur ce nouveau roman quand je l'ai aperçu qui m'attendait sagement sur le présentoir de la médiathèque ! Même si j'ai mis un peu de temps à entrer dedans, je n'ai pas été déçue… Je vous suggère de ne pas lire (comme je l'ai fait malheureusement) la 4e de couverture, qui en dit trop. Cela dit, l'auteur m'a réservé quand même de belles surprises !
« Je m'appelle Nicholas Patrick Slopen. Je suis né à Singapour le 10 avril 1970. Je suis mort le 28 septembre 2009, broyé par le passage de roue d'un camion devant la station de métro Oval. Ce document est mon testament. » : magnifique situation initiale ! Ce personnage, universitaire spécialiste d'un écrivain du XVIIIe, Samuel Johnson, se retrouve à l'hôpital psychiatrique et revient sur l'incroyable aventure qui lui est arrivé… Tout commence lorsqu'il est amené à donner son avis d'expert sur un « idiot savant » capable d'imiter à la perfection les écrits de Johnson : il découvre alors un être manifestement dans une grande détresse, et dont les textes qu'il lit semblent véritablement émaner de ce philosophe anglais ! Sa curiosité et sa persévérance le mèneront vers la mystérieuse « Procédure Malevine » et lui feront emprunter de bien étranges chemins… Ce roman épouse des formes diverses avec beaucoup d'habileté et propose une réflexion étonnante autour de l'identité, de la force des mots, du lien entre le corps et l'esprit, de la capacité à changer, du mystère des sentiments. Une réussite !
Lien : https://dautresviesquelamien..
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GeorgiaLit
  19 octobre 2015
J'ai laissé tomber le livre un peu après la moitié, très, très déçue (j'avais beaucoup aimé "Au Nord du monde" du même auteur). Là, les prémisses à la K. Dick m'avaient bien plu, et je me suis retrouvée à lire les malheurs d'un prof d'université, un genre de David Lodge en moins drôle.
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Les critiques presse (1)
Telerama   06 mai 2015
Un conte vénéneux à la frontière de la science-fiction. Une réflexion sur le langage et ce qu'il forge en nous.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (1) Ajouter une citation
AifelleAifelle   22 mai 2015
Patient Q. Interné pour évaluation le mois dernier. Admis à l'UMD avec une psychose paranoïde et de graves troubles conceptuels. Nom et identité inconnus. Soutient être un universitaire du nom de Nicolas Slopen, mort l'an dernier dans un accident de la route. Hospitalisé par procédure d'urgence suite à des faits de harcèlement et de menaces dirigés contre l'épouse du défunt".
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