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ISBN : 226402805X
Éditeur : 10-18 (27/08/1998)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 289 notes)
Résumé :
Publié en 1971, Las Vegas Parano est un véritable monument de la littérature subversivo-psychédélique américaine. S'attaquant aux valeurs fondamentales de l'American Dream, ce récit frénétique met en scène un journaliste indépendant et son avocat, lancés dans une course folle vers Las Vegas où ils doivent couvrir une compétition automobile pour un magazine new-yorkais. Mais pas question d'abo... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
17 juillet 2013
« Fear and Loathing in Las Vegas » a été écrit par Hunter S. Thompson en 1971. Publié en 1972 aux éditions Paladin en Grande-Bretagne, « Fear and Loathing in Las Vegas » est l'histoire d'une virée sauvage au coeur du rêve américain. Brillamment illustré par Ralph Steadman, dédicacé à Bob Geiger (journaliste américain ayant largement décrit les problèmes de réinsertion des anciens combattants du Vietnam) et à Bob Dylan pour son « Mister Tambourine Man » (une chanson invitant à l'évasion par la drogue), « Fear and Loathing in Las Vegas » a été adapté au cinéma dans un film sorti en 1998, « Las Vegas Parano ». C'est d'ailleurs sous ce titre qu'est connu en France l'ouvrage écrit par Hunter S. Thompson.
L'histoire du livre ? Comme indiqué en 4ème de couverture, « Hunter S. Thompson is driving to Las Vegas with his attorney, the Samoan, to find the dark side of the American dream. Roaring down the desert highway from Los Angeles, they realise there's only one way to go about such a perilous task, getting very, very twisted. Armed with a drug arsenal of stupendous proportions, the duo engage in a manic, surreal tour of the sleaze capital of the world ». Nous sommes dans les années 1970. le lecteur est parachuté dans un casino à Las Vegas, puis dans le désert, dans la poussière, le sable et les cactus, un paysage sans fin et quasi-irréel ; la drogue et la bière faisant leur effet, notre lecteur, comme nos deux héros, se trouve plongé ensuite en pleine hallucination : lézards géants, chauves-souris et autres bestioles traversent son champ de vision. Enfin, en pleine défonce, notre lecteur traverse un cauchemar effrayant et répugnant (d'où le titre du livre), au volant de sa Cadillac blanche décapotable ; tentant de finaliser un reportage sur les 400 miles de Las Vegas - une course de motos aux allures de kermesse populaire - notre lecteur saute de beuverie en beuverie et de prise de drogues en prise de drogues, s'engluant dans un univers désordonné et chaotique dont il ne peut s'évader.
L'intérêt de « Fear and Loathing in Las Vegas » ne réside pas dans la découverte des différentes substances (cannabis, marijuana, LSD, mescaline, amphétamine, éther, adrénochrome, etc.) avalées par nos héros ou par les phases hallucinatoires qu'ils traversent, baignant dans l'alcool (bière, Gold téquila, rhum, cuba libres, Chivas Regal, etc.) qu'ils ingurgitent en grande quantité et à tout bout de champ. le livre se veut une « représentation fidèle d'une époque, d'un endroit et de gens particuliers ». Au-delà de la chronique provocatrice de ce couple de drogués et de l'apologie de leur défonce, le livre est un « flashback » nostalgique et plein de désillusions sur ce que fut le rêve de nombreux hippies américains. Rappelez-vous : dans les années soixante, l'Amérique - en pleine autarcie - est confrontée à de dures réalités, à commencer Nixon et sa guerre du Vietnam, la difficile réinsertion des anciens du Vietnam, la marchandisation croissante des biens et des individus, les excès de la société de consommation, le fric facile et la montée irréversible de la violence. Cette dure réalité s'oppose fortement à l'idée que se faisait chaque Américain selon laquelle toute personne vivant aux États-Unis pouvait, par son travail, son courage et sa détermination, devenir riche, être reconnu et trouver la gloire. Dénonçant ce monde qu'ils exècrent, rejetant les valeurs traditionnelles et le mode de vie légué par leurs parents, les hippies font leur apparition : ils se veulent pacifistes, refusent la guerre et toute forme d'autorité (notamment policière), adoptent des tenues vestimentaires incroyables (voyez les lunettes extravagantes du héros de « Las Vegas Parano »), militent pour une grande liberté sexuelle (jusqu'à essayer de faire dépénaliser le viol ?) et recherchent de nouvelles perceptions sensorielles (n'ont-ils pas absorbé des tranquillisants pour chevaux ?). Mais le mouvement hippie a vécu ! Regardant dans le rétroviseur, ayant mauvaise conscience de son passage comme rebelle dans un univers défoncé qui lui a procuré bien des plaisirs, Hunter S. Thompson, surfant sur une vague moralisatrice et mélancolique, se livre dans « Fear and Loathing in Las Vegas » à une révolte, réelle ou de façade : coincé entre un monde réel - qui envoie le citoyen américain dans le mur et dans lequel l'auteur considère ne plus avoir sa place - et un monde plus attrayant mais imaginaire et qui va disparaître à tout jamais, Hunter S. Thompson déroule pour nous le film cauchemardesque, nauséeux, débraillé, sans queue ni tête, déjanté et outrancier du côté obscur de ce rêve américain. La virée tourne au drame : ce rêve impossible conduira Hunter S. Thompson à se suicider en se tirant une balle dans la tête, à son domicile, au Colorado, en février 2005.
Hunter S. Thompson avait inventé et développé une nouvelle forme de journalisme, le journalisme « gonzo » (en argot irlandais, le « gonzo » est le dernier homme à être encore debout après une nuit entière à boire de l'alcool); cette nouvelle forme de journalisme préférait - en réaction contre la déontologie du journalisme traditionnel – l'enquête ultra-subjective, de 1er jet et lucide : fait de récits à la première personne, de rencontres, de beuveries et de prises de drogues, le produit de ce journalisme de terrain est caractérisé par une plume trempée dans le vitriol, un style surréaliste et un fort engagement politique. Hunter S. Thompson disait d'ailleurs que « le reportage gonzo allie la plume d'un maître-reporter, le talent d'un photographe de renom et les couilles en bronze d'un acteur ».
Avec « Fear and Loathing in Las Vegas », vous disposez d'un exemple frappant de ce journalisme « gonzo ». Jugez plutôt. Les raisons de la virée de nos deux héros ? En page 6 : « We're on our way to Las Vegas to find the American Dream. This is a very ominous assignment-with overtones of extreme personal danger ». Leur démarche ? En page 12 : « The only way to prepare for a trip like this was to dress up like human peacocks and get crazy, the screech off across the desert and cover the story. The only cure is to load up on heinous chemicals and then drive like a bastard from Hollywood to Las Vegas and move out with the music at top volume, and at least a pint of ether ». Pourquoi ne pas couvrir la course de motos en faisant du journalisme ordinaire ? En page 39 : « This idea was absurd : It was like trying to keep track of a swimming meet in an Olympic-sized pool filled with talcum powder instead of water ». du gros délire ? En page 154 : « The guy said: Those tires want 28 in the front and 32 in the rear. Hell, 50's dangerous, but 75 is crazy. They'll explode! I replied: I want to see how they corner with 75. He chuckled. You won't even get to the corner, Mister. We'll see, I said ». Des incidents pendant leur virée ? En page 13, le loueur de voiture leur fait observer: « You just backed over that two foot concrete abutment and you didn't even slow down! Forty-five in reverse! And you barely missed the pump! ». Et que fait la police ? En page 14 : « Cops are good vicious Catholics. Can you imagine what those bastards would do to us if we got busted all drugged-up and drunk in stolen vestments? Jesus, they'd castrate us! ». Les hallucinations de nos deux héros ? En page 24 : « Terrible things were happening all around us. Right next to me a huge reptile was gnawing on a woman's neck, the carpet was a blood-soaked sponge, and lizards were moving around in this muck ». En page 85 : « Jesus, bad waves of paranoia, madness, fear and loathing-intolerable vibrations in this place ». En page 133 : « I couldn't move. Total paralysis now. Every muscle in my body was contracted. I couldn't even move my eyeballs, much less turn my head or talk. I needed artificial respiration, but I couldn't open my mouth to say so. I was going to die ». de la violence ? En page 146 : « What did they do to her? Jesus Christ man. They chopped her goddam head off right there in the parking lot! Then they cut all kinds of holes in her and sucked out the blood! ». Une certaine idée de la femme ? En page 118 : « First you kidnap the girl, then you rape her, and now you want to have her locked up! He shrugged. It just occurred to me that she has no witnesses. Anything she says about us is completely worthless ». de l'engagement politique ? En page 74 : « Muhammad Ali had been sentenced to five years in prison for refusing to kill « lopes ». « I ain't got nothin' against them Viet Congs, he said ».
Arrivé au terme de ma lecture, je suis groggy et un rien songeur. Sous une apparence amusante, déboutonnée, folle, obscène et corrosive, « Fear and Loathing in Las Vegas » est probablement un témoignage psychédélique, engagé et désespéré sur ce que fut l'expérience de gens qui croyaient au rêve Américain. Et Hunter S. Thompson était de ceux-là ! A lire, à moins que vous ne supportiez pas la vulgarité, l'alcool, les drogues et les excès de toutes sortes …
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MonsieurO
12 novembre 2010
1971 est une année charnière pour la génération des 60's. A l'euphorie d'une décennie sous acide succède le cynisme et l'amerture face à l'inéluctable victoire des "forces du mal et du vieillissement".
Un petit préambule, c'est 5 étoiles pour le bouquin, mais s'il avait fallu noter la traduction, j'aurai bien dit 1...
Oubliée l'innocence et la naïveté de la contre culture hippie, l'ambiance au début des années 70 est à la gueule de bois. Tout commence là. Ou plutôt tout commence le 29 août 1970 lorsque Ruben Salazar, journaliste mexicain-américain du L.A. Times est tué par la police lors de la marche nationale du Chicano Moratorium contre la guerre au Vietnam. Hunter S. Thompson est chargé par la rédaction du Rolling Stones magazine d'écrire un article qui paraîtra le 29 avril 1971 sous le titre : Strange Rumblings in Aztlan. Son principal témoin dans l'affaire est un avocat engagé dans la cause chicano : Oscar Zeta Acosta, dont il fera en 1977 la description suivante :
"Oscar was not into serious street-fighting, but he was hell on wheels in a bar brawl. Any combination of a 250 lb [113 kg] Mexican and LSD-25 is a potentially terminal menace for anything it can reach – but when the alleged Mexican is in fact a profoundly angry Chicano lawyer with no fear at all of anything that walks on less than three legs and a de facto suicidal conviction that he will die at the age of 33 – just like Jesus Christ – you have a serious piece of work on your hands. Especially if the bastard is already 33 1/2 years old with a head full of Sandoz acid, a loaded .357 Magnum in his belt, a hatchet-wielding Chicano bodyguard on his elbow at all times, and a disconcerting habit of projectile vomiting geysers of pure blood off the front porch every 30 or 40 minutes, or whenever his malignant ulcer can't handle any more raw tequila."
L'affaire allait faire grand bruit. Par crainte des représailles, tant du côté de la police que de la communauté Chicano qui pourrait accuser Oscar de se compromettre avec l'establishment, Thompson décide de filer vers le Nevada profitant d'une pige pour Sports Illustrated qui lui proposait de couvrir en 250 mots la course des 400 miles de Las Vegas. le premier jet atteignait la bagatelle de 2.500 mots et fut violemment rejeté, mais Jann Wenner, l'éditrice de Rolling Stones fut d'accord pour le publier tel quel sans vraiment savoir où elle pourrait bien le caser. L'accord suffit en tout cas à Thompson pour en poursuivre l'écriture. Las Vegas Parano est le résultat de ce trip halluciné à la poursuite du rêve américain d'Horatio Alger. Un ovni dopé aux acides, pur produit du style "gonzo" dont Thompson était l'inventeur.

"- Notre voyage se devait d'être différent. Ce serait une affirmation classique de tout ce qui est juste et vrai dans la psyche collective nationale. Un hommage physique et grossier aux fantastiques opportunités offertes par cette nation, mais uniquement pour ceux qui en ont…
- Et on en a comme des melons, mec !"
"On avait 2 sacs bourrés d'herbe, 75 plaquettes de mescaline, 5 feuilles complètes d'acide en buvards, une salière à moitié pleine de cocaïne, une galaxie multicolore de remontants, sédatifs, hilarants, larmoyants, criants, plus une bouteille de téquila, une bouteille de rhum, une caisse de bière, un demi litre d'éther pur, et deux douzaines de Poppers. Non qu'on ait eu besoin de tout ça pour le voyage, mais quand on démarre un plan drogue, la tendance, c'est de repousser toute limite."
Dans Las Vegas Parano, ce sont les doubles qui entrent en jeu. Raoul Duke, Docteur en journalisme, et son avocat "samoan", le Dr Gonzo se rendent dans le Nevada pour couvrir les 400 miles de Las Vegas. Défoncés H24 à grand coup de cannabis, mescaline, LSD, cocaïne et autres psychotropes, leur voyage sonne le baroud d'honneur de la contre culture camée des sixties. Judas dans le temple du matérialisme, du consumérisme et de l'excès, en bref, de tous ce qu'ils exècrent Duke et Gonzo ravagent, à grand coup d'hallucinations, tous les symboles de la culture mainstream des années 70. Officiellement, le décès de la contre culture hippie est prononcé fin 70, début 80, mais pour Thompson, 1971 est l'année rupture. Il tente, avant qu'il ne s'évapore de capturer le zeitgeist des sixties, l'esprit du temps et l'élan qui avait poussé toute une génération à sortir du rang :
"Etrange souvenir dans cette nuit tendue de Las Vegas. Cinq ans ont passé déjà, six ans ? Ca paraît plutôt une vie entière, le genre de zénith qui ne se reproduit jamais. Être à San Francisco dans les sixties, signifiait vivre à une époque et dans un lieu bien particulier. Mais aucune explication, aucun mélange de mots ou de musique ne peux restituer ce que c'était d'être et de vivre dans ce coin du temps et de l'espace, quoi que ça ait pu vouloir dire.
Rendre compte de l'histoire n'est jamais évident, probablement à cause de toutes les conneries qu'e l'on peut raconter après coup; et même sans être certain de ce que fut "l'histoire" elle même, il est indéniable qu'en certains instants précis du temps, l'énergie de toute une génération puisse jaillir dans un éclair fulgurant, pour une raison que personne ne peut réellement comprendre sur le coup, et qui, rétrospectivement, n'explique jamais ce qui s'est réellement passé.
Il y avait de la folie dans tous les sens, à toutes heures, on pouvait allumer des étincelles partout, il y avait ce sentiment extraordinaire que quoi que nous fassions, c'était juste que nous étions en train de gagner, et ça je crois c'était la force qui nous poussait, cette sensation de victoire inévitable sur les forces du vieillissement et du mal, pas au sens militaire du mot victoire, on en avait pas besoin, notre énergie déborderait par dessus tout, nous avions un élan formidable, nous surfions sur la crête d'une vague très haute et très belle. Alors maintenant, moins de cinq ans après, vous pouvez aller au sommet d'une colline escarpée de Las Vegas regarder vers l'ouest et si vous avez le regard qu'il faut, vous pouvez voir la ligne de partage des eaux et de la terre, l'endroit où la vague a fini par déferler, et opérer son reflux…"
Ce qui semble avoir frappé la presse lors de la sortie du livre, ce n'était pas tant, l'écriture de Thompson, ou le récit en lui même, mais cette capacité de sentir ce qui se jouait début 70 dans la société américaine. le testament des sixties, l'avènement d'une Amérique "bien dégueulasse" comme il l'écrivait en conclusion. Et peu importe finalement que le récit soit pleinement autobiographique, peu importe les excès, les drogues quand on touche de si près une telle vérité.
"Maintenant nous sommes tous branchés sur un trip de survie. Finie l'énergie qui alimentait les sixties. C'était ça le défaut dans la cuirasse du trip de Timothy Leary. Il a rebondit à travers l'Amérique vendant l'expansion des consciences sans même réfléchir aux réalités bien dégueulasses qui attendaient tous ceux qui l'avait pris au sérieux…
Tous ces tristes défoncés à l'acide qui croyaient s'offrir la paix et la compréhension à 3$ la dose. Mais leur égarement et leur faillite sont les notre aussi. Ce que Leary a emporté dans sa chute, c'était l'illusion centrale de tout un mode de vie qu'il avait aidé à promouvoir…
…une génération d'infirmes à vie, d'explorateurs ratés qui n'ont jamais assimilé le mensonge mystique originel de la culture psychédélique : l'assomption désespérée que quelqu'un, ou au moins une force, entretient la lumière au bout du tunnel."
La vraie conclusion du livre est à chercher plus loin, en 1972 lorsqu'à propos de l'inévitable élection de Nixon, Thompson écrit ces quelques mots :
"The ugly fallout from the American Dream has been coming down on us at a pretty consistent rate since Sitting Bull's time – and the only real difference now, with Election Day '72 only a few weeks away, is that we seem to be on the verge of ratifying the fallout and forgetting the Dream itself."
America, America…
Lien : http://monsieur-o.fr/2007/08..
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Woland
07 novembre 2010
Fear and Loathing in Las Vegas: A Savage Journey to the Heart of the American Dream
Traduction : Philippe Mikkriamos
Publié pour la première fois sous forme de "feuilleton" dans "Rolling Stone" et tout au long du mois de novembre 1971, "Las Vegas Parano" est le récit fou, fou, fou de la virée à Las Vegas de deux hommes, le journaliste Raoul Duke, nom d'emprunt de Hunter S. Thompson, et son avocat, Oscar Zeta Acosta, rebaptisé pour la circonstance "Docteur Gonzo." Si l'identité réelle de Thompson est citée dans le livre, jamais on n'évoque celle d'Acosta, lequel est appelé à demeurer à jamais le Dr Gonzo, en tous cas pour les adeptes du romancier américain.
A l'origine, ce voyage mouvementé vers Las Vegas et le séjour qu'y font nos anti-héros ont pour but de couvrir la Mint 400, fameuse course qui se déroule dans le désert et qui, jusqu'en 1977, était ouverte exclusivement aux véhicules à deux roues. (De nos jours, les quatre-roues de tous types, ou presque, sont admis.) En d'autres termes, tout est réglé, et confortablement réglé, par un journal dont on est en droit de supposer qu'il s'agit de "Rolling Stone". Par la suite, abandonnant la course de motos et ses bikers, Duke et Dr Gonzo sont assaillis par l'impérieux besoin de couvrir une Convention de procureurs venus débattre à Vegas des mille-et-un dangers représentés par la drogue et plus encore par ceux qui en consomment.
Quand vous saurez que Raoul Duke, comme le Dr Gonzo, est chargé à bloc d'alcools forts, d'amphétamines, de mescaline, de coke, de nitrite d'amyle (ou poppers, si vous préférez) et même d'éther et d'extraits d'hypophyse humaine (!!!) et qu'il remet ça dès qu'il sent sa forme faiblir, vous comprendrez toute l'ironie de pareille participation à une si honnête Convention ...
Ceux qui s'imagineraient trouver ici une glorification des drogues et de leur consommation seront déçus : les hallucinations hideuses, comportements violents et inadaptés ainsi que les phénomènes divers observés tant chez Duke que chez le Dr Gonzo - chez celui-ci surtout, d'ailleurs - et fidèlement rapportés par un Hunter S. Thompson qui, on ne sait trop comment, réussit à préserver tout au fond de son cerveau la part de lucidité qui lui permettra de mener à terme ses articles, incitent plutôt le lecteur à vider dans ses toilettes tout produit un tant soit peu addictif, de l'innocente tablette de chocolat jusqu'aux flacons de Valium, avant de rayer définitivement de son vocabulaire le mot "drogue" et tout terme s'y rapportant.*
Dans ce tourbillon d'explosions psychédéliques qui métamorphosent le monde réel en le distordant à l'extrême, quand elles n'ouvrent pas les fameuses portes de la perception dont parlait Huxley sur des Angoisses épouvantables, insupportables, terrifiantes, il y a, en définitive, très peu de joie pure. Duke et Dr Gonzo se défoncent la tête, c'est là en fait leur seule joie - et elle est de nature sado-masochiste. Thompson ne l'exprime pas ainsi mais leur quête dans le dépassement de leurs limites physiques et mentales les a avant tout rendus accros à ces jouissances glauques et auto-destructrices qu'on trouve dans la douleur qu'on s'inflige de son propre chef. Et si c'est tel est le prix de leur quête, alors, il doit en être ainsi pour tous ceux qui se sont égarés dans la même voie.
Analyse lucide - eh ! oui, lu-ci-de ! - d'une époque en pleine mutation et du mal de vivre de ses contemporains, "Las Vegas Parano" est un récit brillant, drôlatique et féroce. A ne conseiller cependant qu'aux inconditionnels de Hunter S. Thompson et aux amateurs de second degré. Les autres feraient mieux de passer au large car tout ce qu'il y a ici de technique ébouriffante, de jubilation acide et aussi, malgré tout, de compassion pour l'Etre humain, risque fort de leur échapper.
* : Bon, d'accord, il y aura toujours des fêlés pour tomber en admiration devant l'attirail de drogues pas possible exhibé par nos deux compères. Mais il est impossible que, tout fêlés qu'ils soient, ils ne se rendent pas compte que la douleur - et elle seule - une douleur que Thompson décrit comme flamboyante, intense, corrosive, est toujours au rendez-vous. Cela observé, chacun détruit son cerveau comme il l'entend ... ;o)
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LBluue
16 octobre 2016
Un simple article qui devait couvrir le Mint 400 (course de moto dans le désert à Las Vegas) qui se transforme en roman autobiographique, étrange ? Pas tant que ça quand en en connait l'auteur. Hunter Thomson célèbre journaliste américain est l'un des précurseurs du style Gonzo. le quoi ?! le gonzo est un mouvement journalistique se basant sur l'écriture automatique. Alors qu'un journaliste standard se concentrera sur les faits et uniquement les faits, et n'écrira que sur le sujet qu'on lui a demandé, le journaliste gonzo lui va se mettre en scène et devenir le héros de son histoire pour raconter tout ce qu'il ressent, tout ce qu'il voit, tout ce qu'il entend. Très subjectifs, les textes gonzo ne cherchent pas à donner un point de vue général, un point de vue sobre. Se rapprochant plus du roman que de l'article, c'est sûrement ça qui me plait le plus dans le style Gonzo. Alors que les articles se proclament « objectifs », les journalistes Gonzo affirment ouvertement qu'ils n'écrivent uniquement que ce qu'ils pensent. Or un article, du moment qu'il est écrit par un être humain, quelqu'un doté d'une conscience et de sentiments, peut-il réellement écrire de manière objective ?
Dans son roman, Thomson fait une très bonne entrée en matière en nous racontant son périple pour arriver jusqu'à Las Vegas en décrivant tous les effets qu'ont les drogues sur lui. Chauve-souris en plein jour dans le désert, chaleur intense, tous les ingrédients y sont pour entrer dans l'histoire. En véritable témoin de cette débauche sans limite, le lecteur peut même y participer grâce à la précision avec lesquelles les choses sont décrites. Aucun détail n'est laissé de côté et chaque émotion, chaque pensée est posée sur le papier et romancée de façon dynamique et fluide. Même si lui ne savait pas vraiment ce qu'il faisait quand il était drogué il est très facile de s'imaginer à côté de lui dans sa Whale blanche parcourant les rues de Las Vegas complètement stone !
Le livre est une leçon de vie à double tranchant : il faut profiter de la vie et aller au bout des choses en les vivants intensément. Ne pas se demander si ce que l'on fait est bien ou non, juste foncer, faire ce que l'on a envie. Thomson a transformé ce voyage au départ professionnel en raod trip à la recherche du rêve américain. Alors qu'il aurait pu suivre les règles en se rendant au Mint 400, écrire son article et repartir, il a décidé de mettre un peu de piment (ou plutôt de l'éther, de l'amphétamine….) dans son expédition. Même si quelque chose parait ennuyeux au départ il y a toujours moyen de la rendre plus intéressante et surtout plus distrayante. Alors bien sûr, se droguer n'est sûrement pas la meilleure des solutions. C'est d'ailleurs le revers de cette leçon, trop d'excès peut vite transformer un rêve en cauchemar. Nombre de fois dans le livre où Thomson en a fait l'expérience, notamment quand il se fait menacer par son avocat armé alors que celui-ci est complètement déchirer. Toutes les bonnes choses ont des limites. Trouver cette limite et ne pas passer au dessus c'est le moyen le plus sûr de s'éviter de graves ennuis. Mais comment la trouver ? En expérimentant ! En prenant son sac et en partant découvrir le monde qui nous entoure, en rencontrant de nouvelles personnes, en n'ayant pas peur de tester de nouvelles choses.

A lire absolument si vous êtes fans du style Gonzo (bien évidement) mais aussi des surréalistes et de la Beat Generation, les trois étant je trouve similaires. Les spécialistes me contre diront sûrement mais je les trouve très proche par leur façon de voir le monde et de s'exprimer. On retrouve cette volonté de totale liberté dans les trois mouvements, mais aussi cette façon d'écrire ce qu'ils pensent sans enjolivure, sans ornement ni rien. C'est du brut, du spontané, pas de révision, peu de relecture. On pense on écrit. Après tout, le surréalisme a vu le jour pendant l'entre-deux guerres, une période où l'on voulait profiter de la vie après les horreurs survenues quelques années avant, et la Beat Generation juste après la seconde guerre mondiale. le Gonzo lui suit de près cette dernière avec le mouvement hippie qui se voulait sans règle mis appart celle de vivre sa vie comme on le souhaite !
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Nonivuniconnu
14 novembre 2012
Hunter S. Thompson, je l'admire depuis que j'ai dévoré Gonzo Highway, un recueil de la correspondance de l'écrivain américain fervent pratiquant du journalisme gonzo. Ce type de journalisme, pour l'expliquer brièvement, est particulier dans le sens où il est ultra subjectif : le journaliste fait partie intégrante du reportage et considère que l'objectivité est un mythe. Par conséquent, les récits issus des reportages sont quasi de type fictionnel : inutile de tenter d'être objectif si l'objectivité n'existe pas. Si, à la manière de Thompson, le journaliste est justement sous l'emprise de drogues diverses, la réalité peut prendre alors une forme très particulière à travers les yeux du reporter, et aboutir à cette espèce de road-trip hallucinatoire que constitue Las Vegas Parano.
Bref, je ne veux pas pondre une note sur le journalisme gonzo, je maîtrise de toute façon trop mal le sujet, mais vous partager mes impressions sur cet ouvrage ouvrage de Thompson paru en 1972 aux Etats-Unis sous le titre original de Fear and Loathing in Las Vegas: a Savage Journey to the Heart of the American Dream (que l'on peut traduire par Peur et Dégoût à Las Vegas : un Parcours Sauvage au coeur du Rêve Américain). Thompson tente d'y raconter le plus fidèlement possible la période passée par lui-même (sous le surnom de Raoul Duke) et son avocat, Oscar Zeta Acosta (dit Dr Gonzo), à Las Vegas. Objectif avoué : trouver le Rêve Américain. Tout un programme.
Pour faire court, ce Fear and Loathing est le récit, raconté sous l'influence de la prise quasi constante de drogues diverses (de mémoire : mescaline, LSD, éther, alcool, marijuana, etc, etc), de ce qui à l'origine devait être la simple couverture d'une course de motos située en plein désert aux alentours de Las Vegas. Les péripéties autour de cette course, le Mint 400, constituent la première partie de l'ouvrage (la course en question n'est qu'un prétexte pour d'autres expériences impliquant notamment une baignoire, des pamplemousses ou encore un casino), tandis que la deuxième a un côté encore plus épicé car elle consiste en la couverture de la « convention nationale des procureurs sur les narcotiques et drogues dangereuses », ce qui ne manque pas de piquant. Prenez deux minutes pour tenter d'imaginer le risque pris par deux cinglés roulant dans une voiture de luxe louée à crédit dont le coffre est bourré de stupéfiants en tout genre lorsque qu'ils pénètrent dans un hôtel rempli à ras-bord de policiers dont l'objectif est d'éradiquer la drogue de l'Amérique : plutôt corsé n'est-ce pas ?
J'ai retrouvé dans Las Vegas Parano les mêmes thèmes que dans Gonzo Highway, avec comme toile de fond une espèce de dégoût profond de l'Amérique de Nixon et de la guerre du Vietnam, dont le récit constitue finalement une critique au vitriol, et une forme de nostalgie du début des sixties. Je ne peux pas prétendre avoir tout compris, j'ai eu à la lecture du roman une espèce d'impression constante d'irréalité, tout simplement parce-que je ne suis ni américain, ni sous l'emprise permanente de drogues, ni issu de l'époque en question, et encore moins spécialiste de la « culture de l'acide », je n'ai donc pu qu'au mieux tenter de comprendre ce que Thompson relate. L'impression d'irréalité est accentuée par le fait que les deux protagonistes semblent pouvoir tout se permettre et jouir d'une liberté totale, laquelle semble se payer par une sérieuse paranoïa soulignée selon les drogues utilisées.
Toujours est-il que le Las Vegas de Thompson m'évoque plus un cauchemar américain qu'un quelconque rêve. Est-ce que cela m'a dérangé ? Pas du tout ! J'avais adoré le style d'écriture de Thompson dans Gonzo Highway, je m'en suis régalé dans Fear and Loathing in Las Vegas. Pour conclure, il y a vraiment quelque-chose de jouissif dans cette manière d'écrire. Cela provient peut-être du fait que l'auteur ne prend pas de gants, il ne cherche pas à nous balader mais simplement à nous raconter les faits, ses faits tel que lui-même les perçoit ou les provoque, en se contrefichant puissamment de notre avis ou de celui qui éditera son récit.
Lien : http://nonivuniconnu.be/?p=611
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia15 mai 2014
Vous vous étalez sur une vieille chaise en bois, vous baissez le store pour ne pas voir la circulation, et vous faites finement sauter la capsule de cinq ou huit Budweisers...vous vous fumez un paquet de King Marlboros, vous mangez un sandwich au beurre de cacahuète, et finalement vers le soir, vous vous avalez une boulette de bonne mescaline...puis un peu plus tard, vous poussez jusqu'à la plage.
Et de brume en brisants, vous barbotez sur vos pieds engourdis de froid à une dizaine de mètres des flots...clopinant à travers les tribus d'oiseaux de mer...les picoreurs de sables, les cavaleurs, les coureurs de femelle, stupides petits oiseaux, crabes et suceurs de sel, avec ici ou là un grand pervers ou un rejeté total qui boitille à distance et se morfond tout seul derrière les dunes et le bois flottant...
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WolandWoland07 novembre 2010
[...] ... [Le Docteur Gonzo] étouffa un rire : "En tant qu'avocat, je te conseille de ne pas t'en faire." Il montra la salle de bains de la tête : "Sers-toi un coup de ce qu'il y a dans le petit flacon marron qui est dans ma trousse de toilette.

- C'est quoi ?

- De l'adrénochrome," fit-il. "Il ne t'en faut pas beaucoup. Juste une pincée de rien du tout."

Je pris le flacon et y trempai la tête d'une allumette.

- "Il n'en faut pas plus," reprit-il. "La mescaline non coupée a l'air d'être du soda au gingembre à côté de ce truc-là. Tu deviens complètement dingue si t'en prends de trop."

Je passai le bout d'allumette sur ma langue.

- "Où as-tu trouvé ca ?" demandai-je. "On ne peut pas en acheter.

- Te tracasse pas ; c'est absolument pur."

Je hochai la tête tristement : "Seigneur, quel monstre de client as-tu dû dénicher ce coup-ci ? Ce truc ne peut provenir que d'une seule source ..."

Il opina de la tête.

- "La glande médullo-surrénale d'un corps humain vivant," dis-je."Ca ne vaut rien si ça vient d'un cadavre.

- Je sais bien," répliqua-t-il. "Mais le type n'avait pas d'argent en espèces. C'est un de ces mabouls branchés sur le culte de Satan. Il m'a offert du sang humain - m'a assuré que ça me défoncerait plus que je ne l'ai jamais été dans ma vie." Il riait. "J'ai cru qu'il blaguait, et je lui racontai que je préfèrerais autant avoir une petite trentaine de grammes d'adrénochrome pur - ou alors simplement une glande médullo-surrénale à mâcher !"

Je sentais déjà la camelote me travailler. La première vague me fit l'impression d'une combinaison de mescaline et de méthédrine. ... [...]

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moraviamoravia12 mai 2014
Après avoir fait la queue dix minutes derrière ce petit trou du cul bruyant et ses amis, je sentis la bile monter. Comment cette espèce de FLIC -- et surtout un flic -- avait-il le culot de discuter avec quelqu'un au nom du Droit et de la Raison ? J'avais eu affaire à ces petites têtes pleines de merde qui font floc-floc --et l'employé de la réception aussi, à ce qui me sembla. Il avait l'air d'avoir été refait comme un cochon lui aussi, un jour ou un autre, par une assez jolie brochette de flics mesquins et fanatiques des règlements...
Alors à présent, il leur renvoyait leur argument : peu importe qui a raison ou tord, mec...ou qui a payé la note et qui n'a pas...ce qui compte en ce moment, c'est que pour la première fois de ma vie , je peux enfiler ça à un porc de policier : " Je vous la fous où je pense, SERGENT, parce que c'est moi qui suis responsable ici, et je vous dis qu'il n'y a pas de place pour vous."
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WolandWoland07 novembre 2010
...] ... Les rédacteurs m'avaient également donné trois-cents dollars en liquide [dollars de 1971, bien entendu] que nous avions déjà presque entièrement dépensés pour acheter des drogues extrêmement dangereuses. Le coffre de la voiture ressemblait à un labo ambulant de la brigade des stupéfiants : nous avions deux sacoches d'herbe, soixante-quinze pastilles de mescaline, cinq feuilles d'acide-buvard carabiné, une demi-salière de cocaïne, et une galaxie complète et multicolore de remontants, tranquillisants, hurlants, désopilants ... sans oublier un litre de tequila, un litre de rhum, un carton de Budweiser, un demi-litre d'éther pur et deux douzaines d'ampoules de nitrite d'amyle.

On s'était levé ce gentil petit arsenal la veille au soir, en courant frénétiquement aux quatre coins du district de Los Angeles - de Topanga à Watts, on a raflé tout ce qui nous tombait sous la main. C'est pas qu'on avait besoin de tout ça pour notre petit voyage, mais une fois qu'on commence sérieusement une collection de drogues, on a tendance à vouloir la pousser jusqu'au bout.

La seule chose qui m'inquiétait vraiment, c'était l'éther. Il n'est rien au monde de plus désemparé et de plus irresponsable et de plus dépravé qu'un homme qui est dans l'éther jusqu'aux mirettes. Or, je me doutais bien qu'on ne tarderait pas à passer à cette saleté - dès la prochaine station-service, probablement. Nous avions goûté presque tout le reste et, ma foi ! l'heure était venue de se renifler un bon coup d'éther. Après, on ferait les cent-soixante bornes qui nous restaient dans un abominable état d'abrutissement entrecoupé de spasmes et de coulées de bave. La seule façon de rester éveillé à l'éther, c'est de s'envoyer un tas d'amyles - pas tout d'un seul coup, mais régulièrement, juste assez pour pas bouger du 140 en traversant Barstow. ... [...]
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moraviamoravia10 mai 2014
A présent, la boisson commençait à couper l'acide et mes hallucinations étaient redevenues tolérables. Le garçon de service avait bien dans les traits du visage un vague aspect reptilien, mais j'en avais fini de voir d'énormes ptérodactyles patauger dans les couloirs au milieu de mares de sang frais.
Le seul problème restant était une gigantesque enseigne au néon à l'extérieur de la fenêtre qui nous bloquait la vue sur les montagnes -- des millions de boules de couleurs qui filaient en tous sens selon un tracé extrêmement compliqué, un filigrane d'étrange symboles émettant un fort bourdonnement...
- Regarde dehors, fis-je.
- Pourquoi ?
- Il y a un énorme...engin dans le ciel...une sorte de serpent électrique...qui nous fonce droit dessus.
- Et bien, tire ! répliqua mon avocat.
- Minute. Je veux étudier ses mœurs.
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Bande annonce de 'Las Vegas Parano', adaptation du roman de Hunter S. Thompson.
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