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EAN : 9782253105213
320 pages
Préludes (02/03/2022)
3.8/5   232 notes
Résumé :
Alice, jeune mère divorcée, décide après dix ans d’absence de revenir à Perros Guirec, la ville de son enfance. Elle espère en profiter pour retrouver sa famille, des paysages familiers, et laisser derrière elle un passé douloureux. Mais dans ce coin de Bretagne chargé de souvenirs, l’angoisse s’installe rapidement : ses parents sont devenus des étrangers, son amour de jeunesse est obsédé par l’enlèvement de sa sœur, qui a eu lieu vingt-cinq ans plus tôt, et les v... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (120) Voir plus Ajouter une critique
3,8

sur 232 notes

Cancie
  09 mars 2022
Un message de cinquante mots de Sophie informant Alice du décès d'un vieil ami réussit à décider celle-ci à revenir à Perros-Guirec, la ville de son enfance et de son adolescence, et ce, après des années d'absence, des années à communique brièvement avec ses parents à travers Skype ou WhatsApp, à louper les réunions d'anciens élèves, les mariages…
Officiellement Alice n'a pas d'excuse, si ce n'est qu'avec Lucas, son fils autiste, il est toujours un peu compliqué de le sortir de son environnement familier, mais surtout, une boule d'angoisse lui plombe le ventre car ce passé est chargé de mauvais souvenirs.
En revenant auprès de sa famille et dans ces paysages familiers, elle espère pouvoir souffler un peu et partager avec son fils de neuf ans ces beaux sites du département des Côtes d'Armor qu'elle aime.
Quand Lucas a été diagnostiqué TSA (trouble du spectre autistique), Alice et Greg l'ont ressenti comme une injustice insurmontable. Alice préparait une thèse de psychiatrie et a dû abandonner, incapable d'assumer son impuissance à communiquer avec son propre fils. Quant à Greg, son mari, qui travaillait dans une société de conseil en informatique et à qui son patron avait fait miroiter une belle promotion, il a dû quitter son job pour pouvoir s'occuper de Lucas la journée. Ils ont réussi cependant avec Lucas à inventer un langage qui leur est propre et Alice a pour cela le coeur qui déborde de gratitude. Mais, depuis peu, Alice et Greg sont séparés.
En arrivant dans la maison familiale, tout en se rafraîchissant, elle a soudain le sentiment de relâcher neuf ans de tension nerveuse, de stress, de colère, d'échec, neuf ans qui ont érodé irrémédiablement leur amour à Greg et à elle…
Mais, rapidement, le souvenir de sa meilleure amie, Victoire, qui a disparu sans laisser de trace, il y a vingt-cinq ans se rappelle à sa mémoire, surtout quand elle revoit le frère de celle-ci, Teddy, son premier amour. Teddy est hanté par la disparition de sa soeur et n'a pas renoncé à retrouver le coupable, car pour lui, les résultats de l'enquête ne sont pas convaincants.
D'autre part, le comportement de son père, la fragilité de la santé de sa mère angoissent Alice.
Bientôt, un vent de panique secoue toute la ville quand une autre fillette disparaît. le cauchemar recommence pour Alice à nouveau plongée dans ce passé si douloureux. Alice et Teddy vont joindre leurs efforts, à la recherche d'indices pour tenter de retrouver la fillette et élucider cette disparition.
Ils se retrouvent embarqués dans une enquête à double vitesse, entre passé et présent.
Au fil de la lecture, le sentiment de malaise va en s'intensifiant créant une atmosphère oppressante, de plus en plus angoissante, d'autant que le récit est entrecoupé de retranscriptions de séances de thérapie d'un enfant dont nous ignorons l'identité, et qui, pour le moins, font froid dans le dos.
Anna Tommasi nous offre un thriller machiavélique avec une intrigue savamment ficelée qui va crescendo, dans lequel, Lucas, ce petit garçon autiste, très attachant, choyé et adoré par sa mère, tout comme la toile de fond du roman, ce magnifique territoire Perrosien, apportent la beauté et la sensibilité.
La nuit des anges est également un roman psychologique qu'il est difficile de lâcher une fois commencé et dont la fin inimaginable laisse le lecteur abasourdi.
Un premier roman prometteur que j'ai pu découvrir grâce à Babelio et les éditions Préludes que je remercie.
Une auteure à suivre…
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Kirzy
  12 avril 2022
Le point de départ n'est pas mauvais : un cold case vieux de vingt-cinq ans ( l'enlèvement d'une fillette avec la certitude qu'elle a été assassinée mais sans que son corps n'ait été retrouvé ni l'identité de son tueur ) est réactivée par une nouvelle disparition du même type. La sensation de déjà lu et vu ne me dérange pas en soi – les auteurs de thriller ne peuvent pas tous être des génies renouvelant le genre – du moment que l'ensemble est divertissant et surtout bien mené.
Et c'est là que ça coince. Durant toute ma lecture, j'ai eu l'impression de lire un scénario plutôt médiocre de téléfilm multipliant les poncifs, les maladresses et les invraisemblances. La liste est longue de qui m'a dérangé, fait relevé le sourcil ou soupiré :
- une héroïne psy qui s'intègre à une enquête avec un responsable sécurité d'une entreprise privée ( certes ex-gendarme ) au point d'intervenir sur une scène de crime aux côtés des forces de l'ordre
- une romance feel good ultra téléphonée
- un enfant autiste dont le trouble neuro-développemental n'apporte rien en soi à l'intrigue et ne fait que souligner une relation mère-fils très improbable si on part du principe que ce type d'enfant a besoin de prévisibilité et de rituels rassurants
- un coupable qui aurait pu être très intéressant mais tout ce qui gravite autour de lui ( à commencer par la personne dont il est le plus proche ) n'est absolument pas crédible
- un témoin qui sait tout mais se taisent sans qu'on comprenne vraiment leurs motivations en mesurant l'écart entre les crimes commis et la protection qu'il apportent au tueur
- des fausses pistes qui clignotent tellement elles sont grosses
Ce premier roman m'a semblé d'autant plus bleu qu'il est porté par une écriture plate qui ne relève à aucun moment l'intérêt que j'aurais pu trouvé dans ma lecture. L'auteure s'attache à des détails ou des descriptions très factuelles plutôt que de creuser la psychologie de ses personnages ou l'ambiance qui aurait pu être étouffante dans une petite ville où tout le monde se connait et où se cache forcément le coupable en mode Broadchurch. C'est très mou durant deux tiers.
En fait, le seul élément que j'ai trouvé très réussi, ce sont les retranscriptions de séances thérapeutiques qui entrecoupent le récit. Glaçantes, elles mettent en scène un enfant sociopathe interrogé par un psychiatre. le fait qu'il n'y ait aucune mention de son sexe, de son âge ou de date met en branle le cerveau du lecteur et trouble, là, réellement.
Bref pas une lecture pour moi ...
Lu dans le cadre du club VIP Bepolar.fr
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sylviedoc
  19 mars 2022
Merci à Babelio ainsi qu'aux éditions Préludes pour ce premier roman d'Anna Tommasi, reçu dans le cadre d'une Masse Critique privilégiée.
Je suis assez partagée concernant mon ressenti, et je crains d'être un peu sévère envers une romancière débutante, mais je vais tâcher de bien étayer mon point de vue. D'ailleurs je ne le fais pas souvent, mais j'avoue que cette fois j'ai lu quelques autres critiques avant de rédiger la mienne, parce que j'ai du mal à exprimer mes réserves, alors même que l'histoire m'a plutôt séduite.
Le résumé évoque un thriller mené à un "rythme effréné", alors que j'ai plutôt l'impression d'avoir lu un roman psychologique où on trouve effectivement une enquête sur de mystérieuses disparitions d'enfants. Et quant au rythme, je l'ai trouvé plutôt tranquillou, excepté sur les 100 dernières pages (sur 312...). L'héroïne, Alice, prend quand même le temps de faire du tourisme, de faire des siestes, et d'aller s'envoyer en l'air avec le petit ami qu'elle a retrouvé vingt-cinq ans après leur rupture. D'ailleurs sur ce dernier point, j'ai trouvé que le hasard faisait vraiment bien les choses : ils sont tous deux libres, même si Alice est venue avec son fils autiste de 9 ans (ses parents peuvent s'en occuper), ils se croisent presque dès son arrivée, et ça "matche" immédiatement comme si leur idylle ne s'était jamais interrompue. Bon, après tout, pourquoi pas ? Mais le petit ami, Teddy, m'a également posé question. Après avoir fait pas mal de bêtises dans sa jeunesse, il est devenu gendarme (pendant peu de temps, il s'est fait virer), puis responsable de sécurité pour un magasin d'électronique. Ce qui ne l'empêche pas de solliciter à tout bout de champ ses anciens collègues pour obtenir des renseignements détaillés sur les enquêtes en cours concernant les disparitions de fillettes. (Il est vrai qu'il se sent concerné, sa propre soeur Victoire ayant été la première à s'évaporer 25 ans auparavant. Un coupable avait bien été trouvé, mais il s'était fort opportunément suicidé. Et le corps de l'enfant n'avait jamais été retrouvé). J'ai trouvé que les éléments de l'enquête étaient trop facilement divulgués (et partagés ensuite avec Alice).
Venons-en ensuite aux relations qu'entretient Alice avec sa famille. Elle n'a pour ainsi dire pas vu ses parents depuis son départ de Perros-Guirrec, et pourtant ils semblent pouvoir s'occuper à merveille de leur petit-fils, alors qu'un enfant autiste ne s'accommode en général pas si vite d'un nouvel environnement et de nouvelles habitudes de vie (j'en ai connu quelques-uns). Et les prétextes invoqués pour ne pas avoir maintenu le lien familial m'ont semblé un peu faibles. Alice a fait des études de psychiatrie, mais s'est finalement installée en tant que généraliste, ce qui aurait déçu les parents...
Je ne vous en révélerai pas plus sur l'intrigue, ce serait dommage, parce qu'il y a aussi de très bons côtés dans cette histoire. j'ai notamment bien aimé l'idée d'insérer le compte-rendu de séances de thérapie entre un enfant et un certain Dr Schreiber, ne mentionnant ni époque, ni sexe ou âge de l'enfant. Ces chapitres coupent l'histoire régulièrement, mais induisent un questionnement intéressant, surtout que le contenu des séances est assez glaçant.
L'intrigue en elle-même, bien que classique, est intéressante, et une fois que l'histoire est enfin sur les rails, le suspens va monter rapidement et donner envie d'en connaître le fin mot. Dommage que j'aie compris trop vite ! Et la fin est semi-ouverte, ce qui risque d'en agacer quelques-uns, mais pour moi ça a "passé" cette fois. Il y a quand même pas mal d'éléments de compréhension qui nous sont donnés dans l'épilogue et au-delà, à ne surtout pas zapper !
Résultat des comptes, j'ai hésité pour la note, mais je souhaite encourager cette jeune auteure qui ne peut que se bonifier dans ses prochains romans, et j'ai finalement pris du plaisir à lire cette histoire. Je lui attribue 3,5, sachant que j'aurais été plus sévère avec un auteur confirmé. Par souci d'honnêteté, je précise que la critique de @biblioroz m'a aidée à mettre des mots sur ce qui me dérangeait dans le récit, mais je ne pense pas avoir plagié !
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HundredDreams
  13 mars 2022
« La nuit des anges » d'Anna Tommasi m'a été proposé en masse critique privilégiée.
Sans cette invitation, avec tous les livres qui m'attendent, certains depuis très longtemps, je ne pense pas honnêtement que je l'aurais lu. Mais je l'ai accepté car il se passe en Bretagne, plus exactement à Perros-Guirrec, un endroit où j'ai de merveilleux souvenirs d'enfance.
Je tiens à remercier l'auteure, les éditions Préludes et Babélio pour cet agréable moment de lecture et la découverte d'une jeune auteure prometteuse.
*
Dès les premières pages, j'ai été happée par cette enquête singulière :
après dix ans d'absence, Alice, une trentenaire divorcée, mère d'un enfant autiste, revient à Perros Guirec, la ville de son enfance pour assister à l'enterrement d'un vieil ami.
En même temps qu'elle retrouve sa famille, ses anciens camarades de classe, son amour de jeunesse, lui reviennent des souvenirs de jeunesse douloureux autour de la disparition de sa meilleure amie, Vic.
Le malaise s'installe très vite lorsqu'une nouvelle petite fille disparaît.
*
Ce thriller se lit à une vitesse étonnante tellement le suspens monte en puissance au fil des pages.
Jouant sur les apparences souvent trompeuses et des secrets habilement enfouis sous de belles couches de vernis, l'auteure installe très rapidement un climat dérangeant.
Le récit, entrecoupé de comptes rendus de consultations psychiatriques avec un enfant dont nous ne connaissons pas l'identité, donne la chair de poule. Particulièrement bien réussies, ils nous mettent face à un enfant sociopathe, violent, meurtrier, totalement dénué d'empathie, incapable de ressentir la souffrance des autres et d'éprouver du remords.
« Dansez, fillettes du village,
Chantez vos doux refrains d'amour :
Trop vite hélas ! un ciel d'orage
Vient obscurcir le plus beau jour. »
Le lecteur est totalement pris dans la dynamique insufflée par des chapitres courts et ces retranscriptions du suivi psychiatrique de l'enfant.
Les suspects sont nombreux et convenablement développés. Plus on s'enfonce dans l'histoire et plus les personnages, même forts sympathiques au départ, deviennent louches et leurs comportements étranges.
« Les loups les plus dangereux sont ceux qui attaquent près de leur tanière. »
Face à cet individu particulièrement dangereux, l'étau se resserre autour de la jeune femme qui se trouve entraînée, bien malgré elle, dans une enquête qui lie le passé au présent.
« Alice Malice, protège-moi
Avant que le monstre ne m'attrape.
Quand il sent qu'on ne l'aime pas,
Il ne veut pas qu'on lui échappe… »
L'écriture, fluide et agréable, s'amuse à entretenir le mystère autour des personnages dont la psychologie se révèle lentement.
L'auteure multiplie les suspects, on pense s'approcher de la vérité et l'auteure par un pirouette nous lance dans une autre direction et un autre suspect, jusqu'aux dernières pages et à l'ultime rebondissement qui m'a prise par surprise.
*
J'ai tout de même deux petites réserves qui n'entachent pas les qualités du roman. J'espère que l'auteure ne m'en voudra pas de mon honnêteté.
Je trouve la psychologie des personnages pas assez approfondie, et surtout le passé de l'assassin n'est pas assez exploité. J'aurais aimé également comprendre les raisons de sa pathologie.
Ensuite, mais c'est moins important, le cadre géographique est tellement beau qu'il aurait pu être davantage mis en valeur et participer à l'ambiance de plus en plus anxiogène.
*
Dans ce premier roman de facture classique, Anna Tommasi donne un rythme très intéressant à ce thriller dans lequel les rebondissements sont savamment dosés et restent crédibles jusqu'à la divulgation finale.
Une découverte plaisante qui laisse présager d'autres romans, je l'espère, encore meilleurs.
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Biblioroz
  13 mars 2022
Ce roman me paraît s'adresser aux aficionados des séries télévisées dont on retrouve ici tous les ingrédients : retrouvailles avec l'amour de jeunesse qui resurgit dès le premier jour, divorce, différents familiaux, disparition, pédophilie, soupçons de tueur en séries, tableaux de liège avec articles de journaux.
Ne faisant pas partie de ce public, je tente l'aventure malgré tout, séduite à l'idée de découvrir le regard porté sur une région que je connais particulièrement bien. J'active donc ma suspension volontaire d'incrédulité en « mode plus plus » et en voiture Simone !
Alice, après dix ans d'échanges avec sa famille par écrans interposés, se décide à revenir en Bretagne, ayant reçu un message lui annonçant le décès d'un de ses amis d'enfance.
Ses parents se sont installés à Ploumanac'h, quittant Sète, alors qu'elle avait 6 ans. La Bretagne, elle l'a subie, désespérée d'avoir quitté Sète. Divorcée, elle se rend chez eux avec son fils Lucas, neuf ans, qui souffre d'autisme.
Dès la descente du train, à Lannion, nous comprenons que la promotion de la région n'est pas une priorité, du moins au début.
« En descendant du train à Lannion, je suis saisie par une chaleur étouffante inhabituelle pour la région, et surtout par une odeur âcre de plastique brulé, caractéristique quand le vent du nord souffle et apporte les effluves d'une des usines phares de la ville. » Depuis quand Lannion est-elle devenue une ville industrielle avec d'innombrables usines nauséabondes ? Et lorsque dans le Trégor le vent du Nord souffle il amène un air bien frais et en aucun cas une chaleur étouffante !
À la plage de Tourony « Les enfants pataugent dans l'eau, indifférents à sa couleur verte qui, personnellement, ne m'inspire pas beaucoup. » Plus loin dans le texte, l'eau sera devenue limpide… Quant au château de Costaérès qui n'en a soi-disant que le nom, je laisse les curieux se faire leur propre opinion pour conforter ou pas celle de l'auteure.
« Je décide d'emmener Lucas en ville manger une galette, histoire de cocher cette case dans notre liste des figures imposées des vacances en Bretagne. » Quel cliché, totalement surprenant venant de la part d'une personne ayant grandi dans la région ! C'est plutôt le genre de réflexions d'un touriste qui voyage comme on remplit un tableau de chasse.
Ensuite, la région devient magnifique mais sa description reste plate comme une carte postale.
Durant le trajet entre la gare et la maison familiale, des souvenirs d'enfance resurgissent dont la disparition de sa meilleure amie, Victoire, alors qu'elles avaient neuf ans.
Arrivant à destination, elle constate que sa mère est malade mais son père la rassure et elle s'en satisfait sans poser aucune question alors qu'elle est médecin, étonnant.
Au cimetière, elle rencontre Teddy, le frère de Victoire sur la tombe de laquelle elle était venue se recueillir. Les images de leur ancienne liaison affluent et, miraculeusement, il est célibataire et encore plus beau, musclé et bronzé que dans ses souvenirs, c'est à nouveau la passion qui les emporte instantanément.
Forte des préconisations émises par l'éducatrice spécialisée de Lucas, elle n'hésite pas à confier son fils à ses parents de longues soirées afin d'assouvir sa féminité exacerbée dans les bras de Teddy.
Alice partira tout de même en pèlerinage sur les lieux de son enfance. Son fils la suit docilement sur un trajet d'environ 12 km aller-retour sur le sentier des douaniers jusqu'au centre-ville de Perros-Guirec, espérons qu'ils n'étaient pas partis en tongs. La chaleur oppressante et la sueur semblent beaucoup préoccuper notre héroïne qui était venue, semble-t-il, chercher de la fraîcheur dans les Côtes d'Armor.
N'ayant aucune référence sur les troubles liés à l'autisme, je me limiterai à aborder la relation mère-enfant qui m'a particulièrement exaspérée lorsqu'elle s'adresse à lui en disant « Maman est fâchée ! » « Maman ne sera pas là ce soir » « Maman a mal à la tête » L'enfant a tout de même neuf ans !
L'intrigue démarre enfin, après un bon tiers du livre, lorsque Teddy apprend qu'une petite fille a disparu. Aussitôt il se démène pour s'informer et participer aux recherches, et l'on se rend compte que retrouver sa soeur est une obsession.
Afin de ne pas spoiler le dénouement de l'intrigue, je me limiterai à témoigner de ma sidération face aux facilités que Teddy rencontre pour être informé en premier lieu de tout ce qui touche à cette nouvelle enquête de disparition alors qu'il est juste responsable de la sécurité dans une entreprise privée. J'ai le sentiment que ce sont plutôt les invraisemblances qui s'enchaînent à un rythme effréné. Cependant, si je devais retenir une chose positive de cette lecture ce serait l'idée originale de la saupoudrer de retranscriptions de séances de thérapie sur des notions de mensonges, remords et respect des règles de vie en société.
La fin de l'épilogue est-elle une ouverture sur un second opus ? La question se pose...
Je suis désolée mais je ne peux museler mon incrédulité, elle a murmuré à mon oreille tout au long de cette lecture. Et si j'osais pinailler sur un dernier détail, il n'y a pas de coquillages sur la plage de Trestraou pour se remplir les poches !
Je remercie bien sûr Babelio et les éditions Préludes pour leur confiance.
+ Lire la suite
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
HundredDreamsHundredDreams   13 mars 2022
L’enfant : Je veux voir ma mère.
Dr Schreiber : Nous en avons déjà parlé. Il est encore un peu tôt pour voir tes parents. Tu sais pourquoi ?
L’enfant : Parce qu’ils ne veulent pas me voir.
Dr Schreiber : Et pourquoi est‐ce qu’ils ne voudraient pas te voir ?
L’enfant : Je ne sais pas.
Dr Schreiber : Réfléchis, je suis sûr que tu as une idée.
L’enfant : Non. Je ne sais pas. Je veux un bonbon.
Dr Schreiber : Tu ne peux pas avoir de bonbon pour le moment, nous n’avons pas terminé. J’aimerais que tu me dises pourquoi, à ton avis, tes parents n’ont pas envie de venir te voir.
Note : L’enfant lève enfin les yeux et sourit.
L’enfant: Parce qu’ils ont peur de moi.

Note : L’enfant ne parle pas davantage et reprend son dessin.
Note : Depuis son arrivée, l’enfant dessine uniquement des personnages décédés de mort violente.
Cf. dessins référencés en annexe au dossier.
Note : La séance est arrêtée à 11 h 07.

(Prologue, extrait du premier compte-rendu du psychiatre)
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CancieCancie   07 mars 2022
Les souvenirs, on apprend ça en psychiatrie, sont des éléments fascinants. Ils sont partiels et partiaux, évoluent avec le temps, et il est difficile de savoir pourquoi on se souvient d'un point plutôt que d'un autre.
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morinmorin   11 mars 2022
"- Je l'ai lu dan un livre.
- A la maison ? Je ne me souviens pas qu'on ait des livres sur les légendes bretonnes...
- Chez Papi et Mamie. Dans la bibliothèque. Première étagère, deuxième rangée à partir du bas ou quatrième rangée à partir du haut. Douzième livre à partir de la gauche ou vingt-troisième livre à partir de la droite. La légende des morts, Anatole Le Braz. Ça s'écrit L-E espace B-R-A-Z. Chapitre 2.
- OK, OK. Lucas, qu'est-ce que je t'avais dit à propos des livres dans la bibliothèque de Papi et Mamie ?"
Lucas baisse les yeux et ne répond rien.
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iris29iris29   28 juin 2022
Si tu savais ce qu'ils me pompent l'air, avec leurs bouquins de bien-être : la recette du bien-être, c'est de bien manger, bien boire et bien rire. Le reste , c'est du flan !"
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AllilyAllily   26 mars 2022
Quand nous avons emménagé à Perros-Guirec, j'avais six ans. J'étais horrifiée de quitter Sète, mon école, mes amis, ma prof de danse, tout ça pour habiter dans une vieille maison à retaper qui faisait de l'oeil à mon père quand on venait voir sa famille en Bretagne. Juste avant ma rentrée au CE1, Papa nous a annoncé qu'il avait trouvé un nouveau job vers Saint-Brieuc, qu'il commençait tout de suite, qu'on partait à l'autre bout de la France et qu'on allait vivre dans les travaux pendant quelques mois. Je l'ai haÏ pendant des semaines. Je détestais la campagne, je détestais devoir aller à l'école en bus et je détestais vivre en mode camping dans la maison le temps que tout soit désinfecté, consolidé et repeint.
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