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EAN : 9782352213277
112 pages
Editions Guérin (14/01/2021)
4.32/5   36 notes
Résumé :
Il y aura 60 ans, l'été 2021... Le récit poignant de la tragédie du Frêney ou la lutte pour la survie d'un groupe d'alpinistes soudés parmi lesquels l'Italien Walter Bonatti et le Français Pierre Mazeaud.

Au milieu de l'été 1961, sept jeunes alpinistes ambitieux unissent leurs forces pour s'attaquer au dernier problème du moment : le pilier central du Frêney, dans la paroi sud du mont Blanc.
Un orage dantesque les frappe alors qu'ils sont tout... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Cannetille
  02 septembre 2021
A l'été 1961, profitant d'une fenêtre météorologique, deux équipes d'alpinistes chevronnés, l'une italienne, l'autre française, se lancent ensemble dans l'ascension du pilier central du Frêney, dernière paroi encore vierge du Mont Blanc. L'orage qui les frappe près du sommet les contraint à interrompre leur progression, puis, la tempête s'installant durablement, à entamer une retraite dans les conditions les plus extrêmes. L'expédition n'est plus désormais qu'une lutte sans merci pour la survie...

Il y a soixante ans, ce que la presse appela « la grande tragédie du Pilier Central du Frêney » fit grand bruit. Les hommes qui s'engagèrent dans cette première, manquée à quelques dizaines de mètres près, étaient tous expérimentés, pour certains même, comme Walter Bonatti et Pierre Mazeaud, des légendes de l'alpinisme. Personne n'avait vu venir cette tempête dantesque qui, en plein mois de juillet, balaya le pays, tuant à Paris et sur la Côte Atlantique. Coupée du monde, la cordée commença par patienter, attendant l'accalmie qui ne vint jamais. Il fallut bientôt se résoudre à affronter une dangereuse et épuisante descente sur un parcours méconnaissable, couvert de neige et de glace, dans des conditions devenues polaires : un calvaire de cinq jours et cinq nuits dont ne réchappèrent, in extremis, que trois des sept hommes.

Originaire des Alpes et passionnée de montagne, Virginie Troussier nous livre un récit dense et haletant, reconstruisant fidèlement les faits, jour après jour, mais nous donnant aussi à ressentir au plus près ce qu'ont vécu, physiquement et mentalement, ces naufragés du Mont Blanc. Au-delà du drame, son texte se fait aussi une ode vibrante à l'amitié et à ce si ardent désir de vivre, qu'à condition d'une certaine hauteur d'âme, il peut vous faire quitter confort et sécurité pour tutoyer quelques sommets.

Récit vivant, prenant et sans pathos, d'une aventure sportive transformée en tragédie, ce livre dont l'élégance se retrouve jusque dans le titre, joliment détourné de Camus, est aussi une vertigineuse occasion de toucher du doigt le curieux mélange de grandeur et de vulnérabilité humaines, en jeu dans la recherche du dépassement de soi et de la sensation ultime. Un bien bel hommage à ces sept hommes : Walter Bonatti, Robert Gallieni et Pierre Mazeaud pour les survivants, Andrea Oggioni, Antoine Vieille, Robert Guillaume et Pierre Kohlman pour les autres.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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blandine5674
  21 février 2021
Un grand merci aux éditions Guérin, Masse critique et à l'auteur Virginie Troussier de m'avoir transplanté dans cet affreux fait divers de l'été 1961. Sept alpinistes français et italiens s'attaquent au pilier central du Fréney (accès par Courmayeur). Trois en ressortiront vivants : Walter Bonatti et son client ainsi que Pierre Mazeaud. Sept jours à affronter la montagne et ses mauvaises conditions climatiques. L'écriture donne la sensation d'escalader la montagne avec eux, d'y vivre les moments forts. Épilogue de Dino Buzzati, rédigé cinq jours après le dénouement.
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karkarot
  05 avril 2021
Je me dois de l'avouer, si le titre m'a tout de suite plu et dit quelque chose, jamais je n'aurai pensé à Camus. Et pourtant je l'ai lu, ce Camus, et ce texte là, c'est un de mes favoris en plus ! L'auteur nobélisé parle de trouver l'été dans les moments les plus tristes, froids, durs, comprendre ce qui en nous, permet toujours et à jamais de ne jamais désespérer.
Virginie Troussier elle inverse la citation, sans l'expliciter nulle part dans son livre, et donne à voir dans un bel été 1961, un épisode horrible qui coûte la vie à quatre alpinistes jeunes, beaux, forts et pleinement épanouis.
Ce drame, que tout montagnard un peu passionné connaît (mais sans doute pas l'homme de la rue, qui ne connaît plus Bonatti le merveilleux esthète de l'Alpe, et ne sait de Mazeaud que le parcourt politique, au mieux) se déroule en effet sur le pilier du Freney, au coeur du Mont Blanc, durant une semaine d'orages démoniaques et de temps hivernal.
De la passion, des morts, une succession d'évènements tragiques, une médiatisation très importante pour l'époque, tels sont les ingrédients de ce livre.
Mais plus qu'une suite de faits froidement analysés, comme a pu le faire Messner sur d'autres drames ou épisodes phares de l'alpinisme, Virginie Troussier ose et se lance dans une création, qu'elle revendique comme telle, des sentiments et mots que peuvent avoir ressentis les personnages de cette tragédie. En peu de pages, sans fioritures mais avec une poésie certaine, elle distille les sentiments, le soleil qui rend heureux, la montagne et son air pur qui exaltent les émotions, l'ouverture qui passionne, les amitiés qui se renforcent, se créent, les milles détails qui font de la montagne un des lieux les plus magiques au monde.
Elle rappelle aussi, à travers les quelques détails qui conduisent au drame mortel, qu'en ces lieux l'homme est peu de chose, humble créature face aux éléments, et que l'été cache toujours un terrible hiver, qu'une corde qui vrille peu entraîner la mort quand on est épuisé, etc, ...
Un très beau récit, magnifiquement conclut par Dino Buzzati qui dédouane entièrement Bonatti, si tant est qu'il l'eut fallu...
Sombre livre, par les évènements qu'il narre, mais lumineux dans ses mots et son émotion à fleur de rocaille, un bel équilibre trouvé là par l'autrice !
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motspourmots
  23 janvier 2021
Ce titre magnifique qui bouscule Camus avec grâce est le premier échantillon du talent de Virginie Troussier. Ce récit est celui d'une passionnée mais aussi d'une écrivaine qui transforme la lecture en une expérience sensorielle et émotionnelle rarement vécue. Capable de décrire et de transmettre la moindre sensation. Par le regard qu'elle pose sur les hommes. Par sa fine appréhension de l'univers dans lequel ils sont plongés. Par son envie de donner à ressentir plutôt que de raconter. Faut-il être amateur d'alpinisme pour savourer ce livre ? Je ne le suis pas et pourtant j'ai vibré, frissonné. Il suffit d'apprécier l'idée de l'exploit sportif, de la passion vécue pleinement. Et quand même d'aimer un peu la montagne. Mais le propre de l'écrivain est de parvenir à vous transporter dans des univers qui ne vous sont pas familiers. Et quand on a goûté à l'écriture de Virginie, comme ce fut mon cas la première fois avec Pendant que les champs brûlent, on la suit dans tous ses périples, fut-ce pour atteindre le sommet du Mont-Blanc.
En ce mois de juillet 1961, deux groupes d'alpinistes ont la même idée : profiter d'une fenêtre météo favorable pour s'attaquer à la dernière voie d'accès au Mont-Blanc encore vierge : le pilier central du Frêney, "la plus haute escalade d'Europe, le dernier rempart du Mont-Blanc, le "dernier problème des Alpes", qui excite l'élite de l'alpinisme européen". le premier groupe est italien, mené par Walter Bonatti qui connait le massif par coeur pour y avoir ouvert des dizaines de voies et tracé maints itinéraires. Il est accompagné de Roberto Gallieni (son client) et Andrea Oggioni, compagnon de nombreuses cordées. le second groupe est français, mené par le chevronné Pierre Mazeaud entouré de Pierre Kohlmann, Antoine Vieille et Robert Guillaume. Tous sont expérimentés, organisés, prévoyants. Les deux groupes se rencontrent au refuge de la Fourche et décident de coopérer pour tenter d'accomplir cette première. La photo du bandeau de couverture montre les quatre français, la veille du départ, heureux, confiants. Trois d'entre eux ne reviendront pas. Au moment d'attaquer l'escalade de la dernière partie du pilier, les sept alpinistes vont être victimes d'un orage dantesque, pris au piège de ce pilier qui est "le plus bel arc-boutant du "Toit de l'Europe", la dernière verticale du ciel des Alpes. Il est coiffé par la Chandelle, un obélisque massif de granit rouge : un paratonnerre. Quand l'orage éclate sur le versant italien du Mont-Blanc, la foudre frappe ici, fatalement". Ce n'est pas pour rien que le pilier central est "l'obstacle ultime".
Jour après jour, nuit après nuit, Virginie Troussier nous fait vivre d'abord la préparation, la beauté de l'avancée dans des paysages grandioses, l'allégresse de la montée vers l'exploit, puis l'enfer de ces hommes, entraînés et aguerris mais confrontés à une violence des éléments totalement imprévue. Il est en principe exclu qu'à cette période de l'année un orage dure plus d'une journée. Et pourtant. le vent glacial qui fouette les corps pendant des heures interminables, les flocons qui recouvrent tout et noient les repères, la foudre qui fera griller l'appareil auditif de l'un des hommes, les organismes soumis à une épreuve que le commun des mortels ne supporterait pas plus de quelques minutes. Au milieu émerge la figure de Walter Bonatti, d'une constitution et d'une résistance hors normes, travaillée pendant des décennies. Un colosse qui jette toutes ses forces dans la bataille et tente jusqu'au bout de ramener tous ses compagnons vivants. Puis vivra le restant de ses jours avec le poids des quatre disparus.
Dans ces pages, la montagne est belle et cruelle, les hommes qui s'y aventurent le font avec une humilité qui ne suffit pas toujours à les faire revenir. Et ceux qui reviennent tels Mazeaud et Bonetti finissent par comprendre que "seuls les lieux restent à la fin, à la fin de tout, ils continuent, ils persévèrent avec les âmes de ceux qui les ont traversés, ceux qui y sont restés". La parole est aux vivants, encore emplis du souvenir de ceux qui ne sont pas rentrés. Et les pages qui s'inspirent de l'entretien entre l'auteure et Pierre Mazeaud, toujours en vie, sont sublimes dans ce qu'elles disent des joies et des chagrins mêlés, emprisonnés dans un même souvenir, celui de l'amitié et de ces "heures passées à tutoyer la vérité d'un être, d'un paysage".
Ce que nous raconte Virginie Troussier, c'est la fulgurante beauté d'une aventure humaine. Et c'est à pleurer d'émotion.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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magalibertrand
  04 mars 2021
Participer à une Masse Critique Babelio, c'est prendre le pari exaltant de tomber soit sur un os, soit sur une pépite que les ornières de certaines habitudes de lecture auraient pu vous faire manquer. Avec son titre sublime, qui n'usurpe en rien ses origines camusiennes, et la radieuse photo en noir et blanc de son bandeau de couverture, il ne pouvait que retenir mon attention, précédé qu'il était des chaudes recommandations de l'un de mes phares de la blogosphère, Nicole Grundlinger. Et quelle pépite, en effet, arrachée à la plus haute de nos montagnes, à la lueur vacillante de l'existence de ses derniers conquérants par Virginie Troussier, journaliste et écrivain dont la plume, aussi assurée et gracieuse que le pas d'un marcheur aguerri sur un sentier alpestre, mène son lecteur sans faillir sur les traces de cette cordée mortelle.
L'histoire commençait bien, pourtant, et aurait pu être si belle. Deux groupes d'amis, alpinistes de toujours, passionnés, lucides, raisonnables, au meilleur de leur forme et de leurs aptitudes, tous reconnus par leurs pairs pour leurs indéniables talents de grimpeurs, tous prêts à en découdre respectueusement avec le Mont-Blanc pour lui arracher son dernier secret, résoudre son « dernier problème » : atteindre son sommet par le pilier central du Frêney. Ils partent chacun de leur côté de montagne, les Italiens Andrea Oggioni et Roberto Gallieni, guidés par Walter Bonatti, une pointure. Les Français, Pierre Kohlmann, Antoine Vieille et Robert Guillaume derrière Pierre Mazeaud. Réunis par les hasards de la grimpe et de leur projet dans le dernier refuge avant l'ascension, dans un magnifique esprit sportif, ils décident de partager et leurs pas, et leur expérience, et l'exploit à venir. de ces dernières heures euphoriques et fraternelles sous le magnifique soleil de ce mois de juillet 1961, il reste l'éclat de leurs sourires posés en noir et blanc sur des photos que certains ne verront jamais. Il reste également, désormais, grâce au magnifique récit qu'en fait ici Virginie Troussier à mots comptés, à mots posés avec une justesse infinie, le plus vibrant des hommages à leur souvenir et à leur courage.
Merci à Babelio, aux éditions Guérin…et à Nicole !! pour cette formidable découverte !
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critiques presse (1)
LeFigaro   14 mai 2021
Avec une écriture puissante, l’auteur offre un récit poignant de la tragédie du Frêney durant laquelle quatre hommes sur sept ont perdu la vie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
motspourmotsmotspourmots   23 janvier 2021
Bonatti sait toutes les lignes d'ascension du versant italien du Mont-Blanc. Il sait la minéralogie des parois, l'équilibre des séracs suspendus. Il a gravi toutes les faces, les arêtes, les piliers. Dans ce versant intimidant, il a tracé des itinéraires inoubliables, Grand Pilier d'Angle, pilier Rouge du Brouillard... Il reste une dernière ligne vierge, la plus belle : le pilier central du Frêney, la plus haute escalade d'Europe, le dernier rempart du mont Blanc, le "dernier problème des Alpes " qui excite l'élite de l'alpinisme européen.
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CannetilleCannetille   02 septembre 2021
Revenir ne signifie pas seulement reconnaître les siens, reprendre la place que l’on occupait avant. Être de retour, c’est autre chose : c’est être pour toujours, à la fois ici et là-bas, maintenant et hier.
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karkarotkarkarot   04 avril 2021
Esprit de compétition ? Pas seulement. Les premières attirent. Faire une première en montagne, c'est passé où personne n'est passé, où personne n'a réussi à passer, toucher ce que personne n'a touché. Éprouver au plus intense le froid, la peur, la variété de la lumière, s'affranchir de tout ce qui est connu, sûr, topographié, aller vers le paysage pareil à de l'os, attraper la matière des pics, leur froncé, leur grain.
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CannetilleCannetille   02 septembre 2021
Le montagnard s’accepte vulnérable, il mise tout sur une hauteur qui l’a saisi. Attiré par la peau de la Terre, l’épiderme des sommets, il s’engage pour le plaisir de se fondre dans les éléments, le ciel, le jour et la nuit, les gestes continus, la paroi striée de lignes qu’il faudra suivre comme les lignes de la vie même. Ce qu’il engage avec la montagne n’est plus seulement combat ou possession, mais étreinte, corps-à-corps et dialogue. Il visualise une ligne, un mouvement, une trajectoire, une expérience. Il sculpte le sommet à son image. Là-haut, en orbite, on prend la lumière autrement.
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motspourmotsmotspourmots   23 janvier 2021
Nous vivons avec nos disparus, et cette relation est l'une des choses les plus profondes qu'il nous soit donné de vivre.
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