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Philippe Jaccottet (Traducteur)
ISBN : 2070322025
Éditeur : Gallimard (05/03/1981)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 30 notes)
Résumé :
"Les raisins sont mûrs, le champ labouré,

La montagne se détache des nuages.

Sur les miroirs poudreux de l'été
L'ombre est tombé,

Entre les doigts incertains
Leur lumière est claire
Et lointaine.

Avec les hirondelles s'enfuit
Le dernier déchirement."
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
michfred
  04 avril 2016
Ce qui m'a attirée d'abord dans ce recueil d'un poète que je ne connaissais pas encore, c'est la qualité des traductions: Pierre Jean Jouve, Jean Lescure, André Pieyre de Mandiargues, Francis Ponge ...et, chapeautant le tout, Philippe Jacottet, dont j'ai dit ailleurs tout le bien que je pensais de ses poèmes et de sa traduction en alexandrins de l'Odyssée. Il est rare qu'un poète soit traduit par ses pairs: Giuseppe Ungaretti a visiblement attiré les plumes de ses collègues..
On comprend pourquoi: une poésie concise, brillante, d'une apparente simplicité et toute en raccourcis, en images vibrantes qui, comme un caillou jeté dans l'eau, tracent, longtemps après leur lecture, des cercles concentriques dans nos mémoires..
Parfois ce n'est qu'une image qui s'imprime et le message reste énigmatique, comme dans ce poème Léda, écrit en 1925:.
La très pâle les dents
Lumineuses l'éteignent.
Et dispersé dans le présage de l'oubli
J'en serre de mes bras glacés
La dépouille gorgée de reflets,
Chaude encore,
Et qui déjà tressaille,
Dans un nouveau pullulement caché
De vagues.
Mais parfois c'est une joie, une douleur, une émotion - et elles sont immédiatement partagées, dans l'éclair d'une formulation étincelante:
Le soir venu
Je reposais dans l'herbe monotone,
Et je pris goût
A ce désir interminable,
Cri trouble ailé
Que retient la lumière quand elle meurt.
Le recueil de gallimard s'appelle "Vie d'un homme" et on suit chronologiquement celle de Giuseppe Ungaretti. Il perd un fils, et cette mort cruelle le laisse désolé, abandonné, ...orphelin:
Si, vivant, tu revenais à ma rencontre,
La main tendue, Je pourrais de nouveau,
Dans un élan d'oubli, serrer, Frère, une main.
Mais rien de toi, de toi plus ne m'entoure
Que rêves, que lueurs,
Les feux sans feu du passé.
la mémoire ne déploie rien que des images,
Et moi déjà
Je ne suis plus pour moi
Que le néant annihilant de la pensée.
Il perd les siens, et il se perd: les derniers poèmes parlent aussi de la vieillesse, hantée par la peur de la mort, mais veillée par les tendres mots de l'amour:
Dors à présent, coeur inquiet,
Dors à présent, va, dors.
Dors, l'hiver
T'a envahi, menace,
Crie : "Je te tuerai,
Tu n'auras plus sommeil."
Ma bouche, dis-tu, donne
Paix à ton coeur,
Dors, dors en paix,
Écoute, va, ton amoureuse
Pour triompher de la mort, coeur inquiet.
J'ai doucement voyagé entre ces énigmes et ces paroles fraternelles, et je me suis fait un ami. Ungaretti fait maintenant partie de ces voix que l'on aime retrouver, de ces mots que l'on se prend à relire, à redire...
+ Lire la suite
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Pirouette0001
  21 février 2015
Le livre regroupe des poèmes pris dans différents recueils de l'auteur sur l'ensemble de son oeuvre et de sa vie.
Belles poésies, qui effleurent la vie, la mort, la religion, l'amour. Ce n'est pas désagréable, mais j'aurais aimé plus de rythme, plus de lyrisme.
Découverte plaisante, mais sans plus.
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Lenora
  16 décembre 2015
Un recueil qui m'a laissé un sentiment mitigé.
D'un côté, la brièveté et la simplicité tranchante des poèmes m'ont assez plu. le style est efficace et sans fioritures. Les thématiques du désert, de la montagne, des saisons, de la guerre, de la vie, du temps sont certes des sujets souvent repris, mais il agréable de lire sous la plume d'Ungaretti une marque à la fois personnelle et touchante. Cependant, d'un autre côté, la voix monotone qui parcourt la lecture des poèmes ne m'a pas emporté plus loin. Toutefois, je ne peux en retirer un souvenir négatif.
Je laisse à d'autres la subjectivité et la sensibilité d'en parler mieux que je n'ai pu le faire ici...
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   24 janvier 2015
SOLILOQUE


1
Longtemps je t’ai cherchée en moi,
Jamais je ne te trouvais,
Puis ce qu’est vivre et le monde
M’ont été en toi révélés.

Ce jour-là je fus heureux,
Mais la jubilation du cœur
Frémissant m’avertissait
Qu’elle jamais ne m’assouvit.

Ce ne fut qu’égarement bref,
Déjà tes doigts de sommeil,
Comble de compassion,
Me caressent les yeux.

Attentive, tu m’as donné
Alors cet immense calme
Envahissant après l’amour
Qui en a connu la fureur.

2
Le soleil refulgure en toi
Avec l’aube resurgie.
Pareille gaieté de la mer
Me ramènera-t-elle à croire?

C’est le leurre aujourd’hui de chair
Qui va dévastant mon cœur
Usé par le délire.

Toute visée le trompe,
Le miracle ne revient plus
Que factice, aveuglant.

Janvier-février 1969
p.322-323
+ Lire la suite
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patrick75patrick75   11 septembre 2014
SOLILOQUE
3

L'amour que j'ai pour toi,
Amour, fait des miracles,
Et quand tu crois m'avoir fui,
Je te surprend, mon amour, qui te leurres,
La pureté revenue
M'illuminer les yeux.
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michfredmichfred   27 mars 2016
Reste d'enfance.

De l'enfance me reste encore.

Ma façon d'y céder,
C'est courir ainsi hors de moi,
Gorge serrée.

Serait-ce le destin de l'exilé?

C'est pour calmer mon malheur,
Ces courses d'aveugle,
Cette irruption de cris sans trêve
Étranglés par la souffrance;
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patrick75patrick75   09 septembre 2014
PAIX

Les raisins sont murs, le champ labouré,

La montagne se détache des nuages

Sur les miroirs poudreux de l'été
L'ombre est tombée,

Entre les doigts incertains
Leur lumières est claire
Et lointaine

Avec les hirondelles s'enfuit
Le dernier déchirement.
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patrick75patrick75   07 septembre 2014
SIRENES

Pensée funeste,
Toi qui embrases et qui troubles l'amour
Afin que je me tourne inlassablement vers le haut,
Tu modifies, impatiemment, les apparences
Et, avant même que je touche au but
Et me détrompe,
A d'autres songes déjà tu m'enchaînes.
Semblable à cette mer inquiète et flatteuse
Qui offre et cache au loin
L'île fatale,
Multipliant tes leurres,
Tu mènes qui encore espère
A la mort.

1923
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Video de Giuseppe Ungaretti (3) Voir plusAjouter une vidéo

Giuseppe Ungaretti : 1ère émission
Portrait du poète italienGiuseppe UNGARETTI.Traducteur d'Ungaretti, Jean LESCURE présente le poète et situe son oeuvre en France où elle reste peu connue. Il définit Ungaretti comme "un mâcheur de mots". UNGARETTI lit un de ses poèmes en italien , puis , en français, il évoque ses souvenirs : ses débuts en poésie alors qu'il était écolier (des poèmes écrits pour un camarade de...
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