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EAN : 9782213717210
192 pages
Fayard (28/10/2020)
3.7/5   5 notes
Résumé :
Les services de renseignement fascinent autant qu’ils souffrent d’une image d’un autre temps. Les films, séries et romans qui mettent en scène des agents secrets façonnent leur légende : ils apparaissent comme d’austères bureaucrates ou de charismatiques James Bond... autant de fantasmes éloignés de la réalité.

Pierre Gastineau et Philippe Vasset sont allés à la rencontre des maîtres-espions des grandes puissances du renseignement et ont recueilli des... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ce livre fait suite à une série d'émissions diffusées sur France Culture. Sur la base notamment d'entretiens avec d'anciens responsables de services secrets, les auteurs décrivent le fonctionnement des services de renseignement aux Etats-Unis, au Royaume Uni, en Russie, en Allemagne, en Chine, en Israël, en Algérie et en France.
L'ouvrage met surtout l'accent sur les relations entre les services et le pouvoir politique et sur le poids de ces services dans l'exercice du pouvoir. On n'y trouvera pas de révélation fracassante mais une mise en lumière intéressante des différences culturelles entre les pays. D'un côté, les pays où la communauté du renseignement occupe une place prédominante ou au minimum très importante (Russie, Chine, Algérie) et de l'autre les pays où les services ont moins de pouvoir (France, Allemagne). Pour chaque pays, une carte permet de synthétiser les priorités stratégiques en matière de renseignement.
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J'avais écouté le podcast de radio France, à l'été 2019, je me suis régalée à la lecture de ce récit où Pierre Gastineau et Philippe Vasseur nous racontent, comme de l'intérieur, les spécificités et moments de gloire des principaux services secrets. 

De l'aristocratie britannique où le Premier Ministre est régulièrement informé des affaires en cours, aux multiples services secrets américains qui ont nécessité la mise en place d'un organe de reporting regroupant leurs avis, en passant par la Russie (où le FSB actuel n'a rien à envier à ses prédécesseurs), à la Chine (où tout voyageur hors des frontières est un espion potentiel !), à l'Allemagne qui n'a toujours pas fini d'expier ses errements nazis puis son passé divisé et les abus de l'est), à l'Algérie (qui vit encore aujourd'hui dans l'ombre de la guerre d'indépendance), et pour finir la France, ses barbouzes, ses opérations foireuses et son Bureau des Légendes. 

J'ai apprécié que chaque chapitre s'achève avec des suggestions de livres et de films, et j'ai déjà glissé dans ma liseuses deux ouvrages du John le Carré russe : Julian Semenov

A suivre, donc ! 
Lien : http://les-lectures-de-bill-..
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Une approche originale du renseignement contemporain, à partir d'entretiens avec des praticiens, centrée sur le rapport au politique sans négliger les représentations culturelles.

Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2020/12/09/note-de-lecture-conversations-secretes-le-monde-des-espions-pierre-gastineau-philippe-vasset/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Ces « conversations secrètes » nous ont permis d’esquisser une géopolitique mondiale du pouvoir des espions. Ainsi, aux États-Unis, l’élection de Donald Trump a profondément dégradé les relations entre la Maison Blanche et la communauté de l’espionnage, le nouveau Président remettant régulièrement en cause les analyses de ses propres services qui, de leur côté, n’hésitent plus à enquêter sur lui, et plus particulièrement sur ses liens avec la Russie. Les fuites émanant des services se sont multipliées dans la presse ces dernières années, sapant les initiatives les plus controversées de la Maison Blanche. Jadis prompts à soutenir, voire à susciter, les coups d’État en Amérique latine ou en Afrique, les hommes de la CIA se vivent aujourd’hui comme les vigies de la démocratie à un moment où celle-ci serait menacée par le Président élu.
À l’inverse, en Russie, les espions sont le pouvoir. Vladimir Poutine et son entourage ont, dans une très large mesure, commencé leur carrière dans les services de renseignement, au point que ce sont bien souvent les espions qui commandent aux politiques, et non l’inverse. C’est tout particulièrement vrai dans le domaine de la diplomatie : intervention en Syrie, pénétration de l’Afrique, stratégie d’influence en Europe de l’Est… Toutes les interventions de la Russie hors de ses frontières sont pilotées par des espions, et plus par des diplomates. Il en est de même en Chine, où Xi Jiping a rénové et musclé en quelques années un appareil de renseignement colossal. Celui-ci est devenu à la fois le fer de lance de la mise en coupe réglée du pays et l’instrument au service de l’expansion économique de la future superpuissance mondiale.
Ouvrir largement le micro aux professionnels permet également de rendre manifestes les travers de chaque nation dans l’action clandestine. Car même en matière d’espionnage, chaque pays a ses forces, ses faiblesses et ses tabous, souvent hérités de l’histoire. Les États-Unis accordent ainsi un très grand pouvoir aux parlementaires sur les questions de renseignement – l’ancien directeur de la CIA David Petraeus nous a raconté ses dîners avec les membres du Congrès et du Sénat – quand la France, sans parler de l’Allemagne, est nettement plus timide en la matière. Invisibles quand on considère les services d’un strict point de vue national, ces traditions deviennent criantes quand on procède à des comparaisons internationales. Elles influent même sur les questions directement opérationnelles. Les services allemands sont d’une prudence extrême en matière de collecte d’informations personnelles, quand la Chine et les États-Unis sont clairement plus décomplexés sur ces questions.
Enfin, ces « conversations secrètes » ont porté sur des aspects plus sociaux du monde de l’espionnage, parce que ces usages censément anodins nous paraissent utiles pour mieux comprendre son fonctionnement. Savoir que le renseignement est, au Royaume-Uni, une filière d’excellence qui recrute dans les meilleures universités est un paramètre important pour envisager la place et le rôle des espions anglais.
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Héros paradoxaux de l’ère de la transparence, les agents secrets sont la dernière parcelle d’opacité dans notre monde ultra-connecté. À ce titre, ils fascinent : du Bureau des légendes à Homeland en passant par Hatufim, on ne compte plus les séries, et les films, récemment consacrés au phénomène. Mais les abonnés de Netflix ne sont pas les seuls à être séduits par l’espionnage : de la Chine à la Russie en passant par les démocraties occidentales, les dirigeants s’appuient de plus en plus sur leurs services de renseignement, que ce soit pour s’insérer dans des conflits dont ils ne sont pas, officiellement, partie prenante, ou bien pour guerroyer sur le front économique.
Acteurs majeurs de notre monde contemporain, les services de renseignement restent cependant prisonniers d’une image d’un autre temps. Opérant à 99 % hors des frontières de leur pays, ils sont, à domicile, des mythes intégralement sanctuarisés. Les Américains connaissent leur CIA, les Français leur DGSE et les Allemands leur BND, mais tous ces services donnent l’impression de batailler à l’aveugle contre des entités anonymes. Durant la guerre froide, les blocs soviétiques et occidentaux ne cessaient de dénoncer les tentatives d’espionnage, heureusement déjouées, dont ils étaient victimes : CIA et KGB y avaient gagné une célébrité mondiale, et Washington et Moscou grouillaient de spécialistes des services rivaux. Aujourd’hui, chacun reste dans son couloir national. Par exemple, unanimement dénoncés par les pays de l’Ouest, les services secrets chinois restent, pour la majorité du public occidental, une nébuleuse.
C’est pour remettre de la perspective dans ces angles morts que nous avons entrepris ce livre, issu d’une série réalisée à l’origine pour France Culture et diffusée au cours de l’été 2019. Pendant plusieurs mois, nous avons été à la rencontre des maîtres-espions des grandes puissances du renseignement, chaque fois avec le même objectif : comprendre comment, dans chaque pays, les fonctionnaires du secret informent le pouvoir exécutif. Il était important pour nous de ne pas procéder de manière abstraite, comme c’est souvent le cas en matière d’espionnage, mais de donner la parole aux praticiens pour qu’ils racontent, au quotidien, leur rapport avec les gouvernants.
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Dans ce même but, nous nous sommes aperçus qu’il était absolument nécessaire d’élargir ce tour d’horizon mondial de l’espionnage à la fiction. Cachés derrière la double enceinte du secret, les services de renseignement sont un objet de fantasme, et le sujet récurrent de films, séries, romans. Souvent dédaignée par les spécialistes comme un brouillard masquant les réels enjeux, la fiction participe en réalité pleinement de la sphère de l’espionnage. D’abord, parce qu’il s’agit d’un outil de renseignement puissant : la CIA, la première, a compris l’intérêt de collaborer avec Hollywood pour attirer les jeunes recrues. Pendant longtemps, le MI6 a couvé John Le Carré et Ian Fleming, dont les exploits sur papier célébraient, en creux, les capacités du service de renseignement britannique, et attiraient les défecteurs tentés par le passage à l’Ouest. Ensuite et peut-être surtout, parce que la fiction est bien souvent la seule vitrine des services de renseignement, et que scénaristes et romanciers sculptent durablement les mythes nationaux en matière d’espionnage. Le mépris dont ont longtemps souffert les fonctionnaires du secret dans la haute administration française a été largement alimenté par une certaine tradition de comédie sur l’espionnage, depuis Les Barbouzes jusqu’à Opération Corned-Beef en passant par Le grand blond avec une chaussure noire.
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En Russie, les espions sont le pouvoir. Vladimir Poutine et son entourage ont, dans une très large mesure, commencé leur carrière dans les services de renseignement, au point que ce sont bien souvent les espions qui commandent aux politiques, et non l'inverse. C'est tout particulièrement vrai dans le domaine de la diplomatie : intervention en Syrie, pénétration de l'Afrique , stratégie d'influence en Europe de l'Est... Toutes les interventions de la Russie hors de ses frontières sont pilotées par des espions, et plus par des diplomates. Il en est de même en Chine, où Xi Jinping a rénové et musclé en quelques années un appareil de renseignement colossal. Celui-ci est devenu à la fois le fer de lance de la mise en coupe réglée du pays et l'instrument au service de l'expansion économique de la future superpuissance mondiale.
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la CIA, la première, a compris l’intérêt de collaborer avec Hollywood pour attirer les jeunes recrues. Pendant longtemps, le MI6 a couvé John Le Carré et Ian Fleming, dont les exploits sur papier célébraient, en creux, les capacités du service de renseignement britannique, et attiraient les défecteurs tentés par le passage à l’Ouest.
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Videos de Philippe Vasset (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Vasset
Lassé du silence de l'écriture, le narrateur s'improvise parolier et submerge de textes une star dont il admire la voix. Mais malgré son désir, et ses efforts, sa langue peine à devenir sonore, l'entraînant dans une exploration de plus en plus obsessionnelle de la voix, et en premier lieu de la sienne, qu'il a passé sa vie à assourdir. Parviendra-t-il à s'entendre ? À l'occasion de la parution de son nouveau roman A cappella, dans lequel Philippe Vasset explore à la première personne les liens entre texte et voix, l'auteur propose dans le cadre du festival une expérience d'écoute immersive consacrée aux mutations du timbre d'une seule personnalité, présence sonore familière et terriblement lointaine. L'écoute dans le noir, d'une durée de trente minutes, sera suivie d'un entretien avec l'auteur.
Philippe Vasset est journaliste et écrivain. Il a publié dix livres aux éditions Fayard, dont Un livre blanc (2007), Journal intime d'un marchand de canons (2009), Journal intime d'une prédatrice (2010), La Conjuration (2013), et plus récemment La Légende (2016) et Une vie en l'air (2018). A cappella est son premier ouvrage aux éditions Flammarion.
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