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EAN : 9782213637716
321 pages
Fayard (20/08/2008)
1.62/5   4 notes
Résumé :
L'Italie la nuit restitue les voix et les jours d'une poignée d'habitants du Sud italien, des gens de peu que ces dernières années ont à peine enrichis. Ils habitent la région la plus solaire de la Péninsule, les Pouilles, où pourtant l'ombre du passé, de la dernière guerre comme des années de plomb, s'allonge plus qu'ailleurs. Mais ils voudraient tellement sortir de la nuit de leurs origines, être enfin modernes, présentables. Leurs voix, recueillies par Giovan, ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
le-mange-livres
  20 février 2012

Une interpellation dans la grande gare de Termini, et voici que les Pouilles surgissent dans tout leur éclat brutal et leur poésie chantante, dans la douleur de l'exil et de l'abandon.

"Chez nous à Foggia, les gens parlent lent, c'est sûr, et bien long, infini dans leurs phrases, leurs histoires : la chute, la clef d'une anecdote, on les repousse au lendemain, à la semaine, à la saison. Mais personne ne noie ses petits mots, ne trempe ses voyelles - des belles filles, blanches et brunes, blondes et dorées, dans l'écume sale, la moiteur saumâtre de la mer épaisse, brouillée. Ce qu'on parle ici ressemble à de l'italien vif et clair, tout de même, et se comprend mieux que le romain rugueux, sonore, des Borghetti, ou le napolitain nasillard, ricaneur".
Foggia, son locale avec "patron-bedaine" et habitués, ses querelles de campaniles, sa galerie de personnages plus vrais que nature qu'on entend parler au sens propre, et les Pouilles, les Pouilles, les Pouilles sous toutes leurs coutures, "la lumière, ce ciel bleu sombre, cet éblouissement grec", ses "routes rectilignes, des droites infinies, irréelles".
Une petite déception, avec une lecture qui se termine sur un sentiment mitigé, pour ce bouquin pourtant repéré de longue date.
Il y a d'abord ce titre époustouflant. Il y a ensuite le style, éblouissant, le prodige d'une langue inventive et qui restituerait presque l'italien - on a quasiment l'impression d'une traduction - j'en retrouve mon père ! La réussite de l'écriture tient à la transcription littérale de l'oralité gouailleuse du Sud, évoquant les gourmandes traductions de Camilleri par Quadruppani.
Pourtant, l'affaire est plutôt déroutante ; une difficulté à démarrer véritablement la lecture, puis finalement à y entrer tout à fait, du fait d'une structure éclatée, fragmentaire, qui perd un peu son lecteur dans les méandres d'un récit décousu, qui a le charme de l'anecdote où l'on croise aussi bien Visconti que Benedetto Croce ou Antonio Gramsci (quels raconteurs d'histoires que ces Italiens !), mais pas celui de la cohérence et du livre "bon compagnon de lit".
Ce qui n'empêche pas de se régaler des sublimes descriptions d'un Mezzogiorno qui me manque déjà ... "Matera se souvient de ses saints, de ses ermites au rocher. C'est la seule ville d'Italie qui n'a pas besoin de curés, de cardinal à Mercedes noire et pompons violets, de bonnes soeurs en jupon et cornettes pour faire ses prières, son rosaire : les ruines chantent ! Puisque les bonshommes ne sont plus capables de rien, les sassi, les murs cassés, le pierrier des rues abandonnées soufflent des bouts de sainteté, bribes fortes, répétées, et la rivière bouillonne, siffle, gronde, mouline son murmure grave ou fait tinter ses clarines froides, argentines, envolées. Une grâce, cette ville, cette rocaille !"
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
le-mange-livresle-mange-livres   20 février 2012
Une certitude pourtant, dans ces apparitions, ces figures sans nom, lentes et presque froides qui tournent et traînent près de l'eau, sous les arbres : une autre image, bien plus brûlante, une lueur vive, souple, jamais retouchée ni glacées par les années, l'oubli ou les rêves, se glisse toujours entre les visions de la rivières, les scènes de foule grise, troue la lumière étale et terne, ranime la cendre triste, éteinte du souvenir, fait resplendir devant Nardo un détail, un instant rayonnant que la mémoire veule, infidèle, la traînée, la putain voulait broder grossier, recoudre de fils grisâtres, épais, crins sales et trompeurs ...
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le-mange-livresle-mange-livres   20 février 2012
Matera se souvient de ses saints, de ses ermites au rocher. C'est la seule ville d'Italie qui n'a pas besoin de curés, de cardinal à Mercedes noire et pompons violets, de bonnes sœurs en jupon et cornettes pour faire ses prières, son rosaire : les ruines chantent ! Puisque les bonshommes ne sont plus capables de rien, les sassi, les murs cassés, le pierrier des rues abandonnées soufflent des bouts de sainteté, bribes fortes, répétées, et la rivière bouillonne, siffle, gronde, mouline son murmure grave ou fait tinter ses clarines froides, argentines, envolées. Une grâce, cette ville, cette rocaille !
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le-mange-livresle-mange-livres   20 février 2012
Gorio se redresse d'un coup. Une raideur, une froideur inattendues face à Beppé. Pas du tout le Gorio affable, ni le Sud bavard, ni Foggia qui jase : une brusquerie, une immobilité gelées ... Un Lombard soudain, ou un Suisse, un Germain, un gars qui vit sous le blizzard, la neige, les glaciers.
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le-mange-livresle-mange-livres   20 février 2012
Chez nous à Foggia, les gens parlent lent, c'est sûr, et bien long, infini dans leurs phrases, leurs histoires : la chute, la clef d'une anecdote, on les repousse au lendemain, à la semaine, à la saison. Mais personne ne noie ses petits mots, ne trempe ses voyelles - des belles filles, blanches et brunes, blondes et dorées, dans l'écume sale, la moiteur saumâtre de la mer épaisse, brouillée. Ce qu'on parle ici ressemble à de l'italien vif et clair, tout de même, et se comprend mieux que le romain rugueux, sonore, des Borghetti, ou le napolitain nasillard, ricaneur.
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Vidéo de Jean Védrines
Jean Védrines vous présente son ouvrage "Âge d'or" aux éditions Fayard.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2348497/jean-vedrines-age-d-or
Notes de musique : Youtube Audio Library
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