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EAN : 9782746751385
Éditeur : Autrement (18/03/2020)
3.91/5   22 notes
Résumé :

Tynesqyn avait élevé Tynenne, sa fille unique, comme un garçon. Quand elle était petite fille, pour ne pas s'ennuyer seule, il l'emmenait ramasser sur la grève ce que la mer avait rejeté. Elle l'accompagnait aussi lorsqu'il allait chercher du bois. Sur le chemin du retour, il portait sa fille fatiguée sur l'épaule avec sa charge. C'était un homme vigoureux et très véloce capable de rattraper à la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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MELANYA
  23 juin 2021
Un tout petit livre, mais le nombre de pages n'est pas synonyme de qualité : la preuve avec ce livre de Valentina Veqet (Валентина Кагъевна Вэкэт), une écrivaine Tchouktche ( née dans un village sur de détroit de Béring), et qui écrit dans la langue de son pays. Elle fabrique aussi des objets artisanaux (avec des peaux ou des fourrures de mammifères marins).
C'est son livre « Peaux de phoque » ( Tanoïgaïkotlat) que je voudrais évoquer en quelques lignes. Livre paru aux « Éditions Autrement Littérature » - « Les Grands Romans », un département de Flammarion, en 2020 pour la traduction française.
Charles Weinstein en a assuré la traduction et la postface : du beau travail.
*****
Nous allons donc faire un beau voyage dans ce Grand Nord et on rencontre Tyrenne, une mère volontaire, qui a bien du mal à élever ses trois garçons (Ooï – Atioké - Aarong) . Mais c'est une battante et prête à tout pour eux. Ils vivent dans une tente spécifique dans leur pays : elle est composée d'une première tente extérieure, une jaran'e et ensuite, d'une petite tente intérieure : le joron'e où la famille Alaloïnyn y est déjà bien à l'étroit mais les visiteurs y sont bien accueillis.
« Les éleveurs nomadisent continuellement et leur tente intérieure n'est pas très grande : ainsi on peut la transporter plus aisément sur les traîneaux de charge. » Ils se déplacent souvent car ce sont des chasseurs de rennes et les suivent à la trace.
Quant aux chiens de Tyrenne, ils sont aussi affamés qu'elle, son mari handicapé et leurs enfants. Elle les nourrit de bouillon quand, par chance, on peut attraper un phoque (ou un morse et parfois, plus rarement, un ours), utilisés comme nourriture mais aussi pour la graisse qui permet également de donner un peu de lumière. Et puis dans de telles régions au froid extrême, la « graisse » est très recherchée. On suit les différents personnages au fil des saisons – on voit grandir les fils qui s'occupent comme ils peuvent puisqu'ils n'ont pas assez de vêtements pour affronter le froid. Ils s'entraînent aussi avec « la pierre d'exercice » pour augmenter leur force. D'ailleurs, Valentina se souvient avoir vu son père le faire lui aussi.
Valentina Veqet nous décrit cette lutte pour la survie dans ce milieu hostile. C'est un beau témoignage avec de la sociologie et un grand nombre d'aventures humaines -
C'est un hommage à ce peuple Tchouktche que l'on ne connaît pas. Elle nous démontre, ainsi, combien l'homme est petit face à l'immensité du monde.
Dépaysement sûr et certain et même garanti donc avec Valentina Veqet et son livre « Peaux de phoque. » Mais également récit initiatique avec un de ces « peuples du Nord » de la Russie qui a sa propre culture et sa propre langue, comme, par exemple, ses voisins, des Evènes et des Esquimaux.
Pas d'hésitation pour le lire d'autant plus que ce livre est tout petit : seulement 184 pages avec la Postface.
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Bazart
  17 mars 2020

Peaux de phoque” c'est le surnom donné en Alaska aux plus démunis, à ceux qui n'ont pas les moyens de dormir sous une peau de renne.
C'est l'histoire familiale de Tynenne (élevé comme un garçon par son père pour qu'elle puisse se débrouiller dans la vie), de son époux et de leurs trois garçons que nous raconte Valentina Veqet..
Ce qui frappe c'est l'extrême pauvreté dans laquelle grandissent les trois enfants, connaissant la faim et le froid et la pugnacité de leur mère qui n'a de cesse de se démener et de les rendre fort en les incitant à porter de lourdes pierres, courir ou sauter. C'est aussi le contraste entre l'immensité du Grand Nord et l'espace très réduit dans lequel ils vivent.
Le dépaysement n'est pas que dans le décor mais aussi dans le quotidien. Alors que les parents occidentaux se sont transformés en gentils organisateurs remplissant au maximum l'emploi du temps de leurs enfants où l'ennui n'a aucune place, ici la seule distraction est le tambour et le chant du père lorsqu'il rentre à la maison.
Les jours sont organisés autour de la chasse qui sert à se nourrir mais aussi à fabriquer des outils, à recouvrir le toit des tentes (côté récup et anti-gaspi, on peut dire qu'ils sont en avance sur leur temps !).
Au delà d'une routine qui ressemble à de leur survie, il est aussi question dans Peaux de phoque de l'éducation à donner aux enfants, de la place de la femme de cette société très traditionnelle, du regard porté sur la pauvreté.
On aime la description de cette vie quotidienne très loin de la nôtre et qui montre que la notion de confort est très relative.
C'est rude, atypique et formidablement écrit par Valentina Veqet, la première écrivaine d'origine tchouckche publiée (et tout aussi formidablement traduit par Charles Weinstein).
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Acerola13
  11 mai 2020
Quelques mots pour commencer sur l'auteur de ce petit récit : Valentina Veqet écrit en tchouktche, cette langue du peuple homonyme dont près de 15 000 représentants vivent encore à l'extrême-Orient de la Russie, aux environs du Kamtchatka et près des rivages arctiques.
Traduit par Charles Weinstein, Peaux de phoque met en scène une femme tchouktche et ses trois enfants. La temporalité du récit m'a surprise au début : on passe presque d'une génération à une autre en quelques pages, avant que l'histoire ne reprennent un rythme propre à celui de l'Arctique, calqué sur la chasse au veau marin et sur les humeurs du vent...Tynenne, son mari infirme et ses trois enfants en bas âge tentent de lutter contre le froid, la faim et le dénuement ; la dureté de leur vie tranche avec leur acceptation de leur sort, où la survie tient à si peu : quelques peaux pour se couvrir et aller chasser, la connaissance des trous d'eau où poser ses filets, et de la force pour tracter les prises une fois ces derniers relevés.
On y suit une difficile initiation à la vie du Grand Nord, faite de solidarité et de moqueries, de croyances et de respect pour la nature et pour la mer toute puissante. Une fois la chasse terminée, on s'immisce dans le quotidien dans le jaran'e, où l'isolement est parfois rompu par l'hospitalité accordée à un voyageur, et où les rassemblements entre nomades et sédentaires, ou du village même, sont toutes minutieusement ritualisées.
Loin de notre cacophonie de débats et de sujets complexes, Veqet nous entrouvre la porte d'un univers où les problèmes sont plus concrets, plus dangereux ; les personnages, loin de tomber dans une naïveté béate face à la nature, affichent au contraire une grande humilité faite de travail quotidien.
Une jolie histoire, dont on ressort le nez rougi par le froid !
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MartineAb
  10 février 2021
C'est à l'occasion du dernier festival Vo-VF (à Gif-sur-Yvette) que j'ai, lors d'une rencontre avec Charles Weinstein et sa femme, elle-même tchouktche, entendu parler de ce livre, à la fois mince et magnifique, qu'il a traduit.
MERCI à ce passeur de nous faire découvrir le talent de Valentina VEQET, l'auteure qui narre le quotidien d'une famille très pauvre de son peuple. le récit nous place au coeur de la cellule familiale, dans la tente intérieure, auprès d'une mère qui se bat au quotidien pour la survie de ses enfants. C'est une vie tellement loin de la notre, tellement dure, qu'elle nous fascine.
Le titre se réfère aux vêtements peu protecteurs dont la famille est équipée, ne pouvant s'offrir des peaux de rennes ou d'ours.
Mais aucun misérabilisme, juste des efforts quotidiens de la mère pour grappiller quelque nourriture, du mari infirme qui part quémander dans les camps voisins, des enfants qui participent comme ils peuvent, soucieux en grandissant d'apporter leur aide.
La faim est omniprésente, ainsi que le froid ; la survie n'existe que par le sens de la communauté, que l'on ressentait déjà très fort dans le beau livre de pierre et d'os de Bérengère Cournut.
Je suis sortie de cette lecture pleine d'admiration pour la ténacité de ces personnes... et renvoyée à un peu plus d'humilité devant mes "problèmes"!!!!
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chocobogirl
  11 février 2011
Cette histoire nous plonge en pleine sibérie chez le peuple Tchouktche. Nous allons suivre une famille désesperement pauvre qui se bat pour survivre.
Tyrenne est la mère de 3 garçons. Son mari est hélas handicapé depuis une chute dans l'eau gelée qui a tordu ses membres et l'empêche désormais de chasser pour sa famille. le père n'a d'autre solution que d'aller quémander de la nourriture dans les campements voisins. Ses absences sont nombreuses et laissent Tyrenne seule pour élever les enfants. Cette dernière se bat pour les nourrir, elle propose ses services dès qu'elle peut en espérant quelque cadeau de nourriture en remerciement.
La famille est tellement pauvre qu'elle s'habille de peaux de phoques au lieu des chaudes peaux de rennes ou d'ours. Les enfants sont même condamnés à rester enfermés sous la tente pendant plusieurs années, faute de vêtement extérieur assez chaud. La vie est rude, très rude et parfois plusieurs jours se suivent sans manger. Pourtant les enfants vont grandir et peu à peu libérer la famille de son dénuement, au grand mépris des envieux qui continuent de les traiter de "peaux de phoques".
Cependant un évènement dramatique se profile. Les Peaux de phoques sauront-ils prouver leur force et leur valeur ?
C'est un récit extrêmement poignant dont il est question ici. Ecrit par une femme tchouktche d'une soixante d'années qui se bat pour la préservation de sa culture, le roman est de forte inspiration autobiographique.
Nous découvrons tout d'abord le mode de vie de ce peuple, obligé de s'adapter aux conditions difficiles. La chasse et les animaux sont leurs seuls moyens de subsistance. Selon le lieu, certains élèvent des rennes, d'autres chassent les animaux marins. Les échanges entre communautés permettent de faire du troc et d'obtenir les denrées manquantes. Les chiens et le traineau, seul moyen de locomotion, sont le bien le plus précieux de la famille, lui permettant ainsi de naviguer d'un campement à l'autre. La vie familiale se fait dans la Yaranga, tente composée de perches dressées et recouvertes de peaux et chauffée par un poele.
Ce texte est aussi le roman de la survie et de la revanche. Ces trois fils qui sont le bien le plus précieux de leurs parents, qui supportent sans rien dire la faim, le froid, les quolibets des autres villageois vont faire preuve d'une bonté et d'une générosité infinies. Elevés à la dure par leur mère, ils ne leur en sont que plus reconnaissant. C'est un monde difficile où exprimer ses émotions n'est pas primordial. On pourra regretter parfois la dureté ou la froideur du propos. Mais l'âpreté du quotidien ne laisse place à aucune faiblesse.
Un roman sobre à prendre comme une grande leçon de vie !
Découvrez donc ce peuple méconnu qui est aujourd'hui menacé de disparition !
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MELANYAMELANYA   23 juin 2021
Les éleveurs nomadisent continuellement et leur tente intérieure n'est pas très grande : ainsi on peut la transporter plus aisément sur les traîneaux de charge.
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nuitet0ileenuitet0ilee   05 juin 2020
L'existence a plusieurs faces. Peut-être vivons-nous bien aujourd'hui, mais qui peut savoir comment vivrons nos descendants !
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Acerola13Acerola13   13 mai 2020
Ils ne sortaient qu'en été, mais faute d'habits ils ne se déplaçaient pas ensemble. Les gens les connaissaient mal et ne savaient pas combien ils étaient. Aarong avait beaucoup forci. Du second, Atioké, qui avait le teint clair, on eût dit qu'il n'avait pas de sang, d'où le nom que le père lui avait donné : Atioké le Sans Veine.
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nuitet0ileenuitet0ilee   05 juin 2020
Les épreuves que l'on traverse sont précieuses pour qui veut vivre sans connaître le besoin.
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