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EAN : 9782221100417
224 pages
Éditeur : Robert Laffont (04/11/2004)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 454 notes)
Résumé :
Sylvain Tesson a refait le long voyage de la Sibérie au golfe du Bengale qu'effectuaient naguère les évadés du goulag. Pour rendre hommage à ceux dont la soif de liberté a triomphé des obstacles les plus grands, seul, il a franchi les taïgas, la steppe mongole, le désert de Gobi, les Hauts Plateaux tibétains, la chaîne himlayenne, la forêt humide jusqu'à la montagne de Daarjeling. A pied, à cheval, à vélo, sur six mille kilomètres, il a connu le froid, la faim, la s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  30 décembre 2016
Pour L'Axe du Loup, Sylvain Tesson nous prévient qu'il n'a pas voulu jouer au détective pour savoir si Slavomir Rawciz a dit vrai dans son livre A Marche Forcée, relatant son évasion, avec d'autres prisonniers du goulag, les zeks, près du cercle polaire et gagner l'Inde, à pieds. Livre très controversé et le but de l'auteur est de seulement refaire le chemin lui aussi pour en étudier les conditions mais il va également y relever quelques contradictions.
Mais qu'importe, il est bien décidé à suivre la route de la Sibérie à l'Inde. Pour cela, il le fera à pieds, à cheval et en vélo. Il connaîtra aussi la faim et le froid, et pendant ces 6 000 kilomètres, il fera aussi quelques rencontres mais refusera, presque tout le temps, l'aide de moyens motorisés.
Ce voyage de huit mois est un hommage à tous ces prisonniers qui n'ont pas hésité à traverser des lieux très hostiles et des conditions plus que précaires, pour ne pas dire inhumaines. Mais tout vaut mieux que l'enfer du goulag…
Dans ce récit, l'auteur nous décrit jour après jour, tout ce qu'il endure (volontairement) et fait preuve d'un grand courage mais également de beaucoup d'humour.
Il va commencer par prendre le Transsibérien et traverse des paysages grandioses. Puis, il passe par la taïga (moins jolie en réalité que vue du train), le lac Baïkal, la forêt sibérienne, la steppe mongole, le désert de Gobi et la chaîne himalayenne car son but est d'arriver à Calcutta.
Ce qu'il désire, c'est conquérir le Far East où de nombreuses épreuves l'attendent. Mais il garde toujours le moral et ne renonce jamais à arriver au terme de son long et dangereux voyage. Pendant celui-ci, il nous parle de la politique si sévère des pays traversés, méfiants à l'égard de cet étranger hirsute.
Par chance, dans ces pays miséreux, des personnages vivant simplement (des forestiers ou des pêcheurs), n'hésitent pas à lui offrir le gîte et le couvert (en puisant dans leurs maigres ressources) et il y a toujours de la vodka : on va dire qu'elle le réchauffe bien.
Mais ce qui ressort de ce récit, c'est, non seulement les descriptions de ce voyage, mais aussi la poésie des mots, la sensibilité de l'auteur et sa farouche volonté.
C'est un ouvrage émouvant qui ne peut pas laisser le lecteur insensible. de plus, nous les Occidentaux, peuple privilégié, nous y apprenons quantité de choses ignorées et cachées par ces États dictatoriaux.
Quant au choix du titre : L'Axe du Loup, ce n'est pas un hasard car il a une signification que l'on trouvera dans le livre mais je la donnerai aussi dans une de mes citations : il est très symbolique.
Encore un livre de Sylvain Tesson à dévorer du début à la fin, comme les autres récits de cet écrivain – aventurier de l'extrême, qui ne se laisse pas abattre par les douleurs aussi bien physiques que morales. C'est grâce à cela qu'il arrive toujours à atteindre son but car peu importe l'hostilité quand elle se présente.
Bravo Sylvain Tesson et merci pour ce beau témoignage !
J'ai ainsi réparé mon oubli de ce livre dans ma bibliothèque où il se trouvait depuis quelques années.
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Lune
  01 mai 2014
« A Marche forcée » de Slavomir Rawicz.
Voilà le point de départ et fil conducteur de l'aventure qu'entreprit de vivre et de nous narrer Sylvain Tesson.
Dans ce récit, nous l'accompagnons « De la Sibérie à l'Inde sur les pas des évadés du goulag ». Il y flotte ce parfum de liberté qui devait soutenir la volonté des échappés, des zeks et autres brisés par la folie des procureurs rouges : hommage vivant rendu à ces laissés-pour-compte de l'Histoire.
Tout au long de sa traversée des différents pays, nous vibrons devant cet Inconnu dont nous connaissons seulement quelques bribes.
Sylvain Tesson nous y emmène, autant par la géographie que la géologie, autant dans la description qu'il fait des paysages, de la nature, de la flore et de la faune que de la rencontre avec « l'autre » : l'homme que parfois l'on peine à imaginer au centre d'une telle hostilité environnementale et climatique.
On perçoit l'auteur dans ses souffrances tant physiques que morales éveillant en nous, à travers lui, un questionnement.
Il y a toujours, chez Sylvain Tesson, ces petites phrases qui font mouche en ses observations lucides, ironiques, humoristiques parfois ou interpellantes sans l'ombre d'un jugement.
Juge-t-on l'universalité de l' horrible laideur humaine ? Inutile de se fourvoyer dans des discours pontifiants, stériles et répétitifs : ici, l'homme est au pied de sa vérité.
Une force s'élève du chemin parcouru, enveloppé de solitude salvatrice et de poésie scandée au rythme des pas.
Avec lui, nous grimpons sur des sommets, non seulement de l'Himalaya, mais aussi dans ceux du dépassement de soi par la seule détermination que rien ne peut détourner.
Nous avons l'impression de grandir avec lui ; il nous fait relativiser nos préoccupations quotidiennes qui souvent nous rétrécissent.
Merci Monsieur Tesson.
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joedi
  21 juin 2012
Sylvain Tesson, globe trotter, comme dans tous les récits de ses voyages, se révèle être un écrivain et un très bon conteur. Une fois de plus, il a réussit le pari qu'il s'était fixé, un long voyage de la Sibérie au golfe du Bengale.
Un livre très instructif dans lequel il décrit les paysages, le comportement et la nature – l'âme - des hommes rencontrés.
J'ai aussi apprécié les références à Alexandra David-Neel dont j'ai achevé la lecture Voyage d'une Parisienne à Lhassa avant d'entamer celle de L'axe du Loup de Sylvain Tesson.
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Iboo
  20 mars 2016
Difficile pour moi de noter objectivement ce livre car je ne suis pas vraiment adepte des récits de voyage et si ce n'était l'enthousiasme communicatif d'une amie, je ne serais, sans doute, jamais allée vers ce livre.
Je reconnais, d'ailleurs, avoir éprouvé une certaine lassitude générée par ces répétitives descriptions de paysages... Lesquels, paysages - tenant compte que notre voyageur se déplace à pieds - ne varient pas beaucoup dans cette partie du globe.
Et, il faut bien admettre que la taïga, un fleuve, des rivières, des gués, la pluie, la boue... même cent kilomètres plus loin, ça reste la taïga, un fleuve, des rivières, des gués, la pluie, la boue. Par conséquent, après deux mois de marche, arrivée au tiers du bouquin, j'avais l'impression d'avoir lu plusieurs fois la même chose.
C'est d'autant plus regrettable que, durant son périple, notre marcheur, quelque peu misanthrope, a croisé des tas de personnes. Que dis-je, des personnes ? Des personnages ! Et de ces hommes et femmes hors du commun, il ne nous dit rien, ou si peu... Trois ou quatre lignes par ci par là, perdues dans des pages et des pages de descriptions d'un même paysage et de la pénibilité de son périple.
Mais j'ai été bien inspirée de persister car les deux derniers tiers se sont révélés plus intéressants et ont retenu mon attention.
Bilan positif, finalement. Même s'il n'a pas modifié mon sentiment sur ce genre littéraire. Et je ne pense pas, d'ailleurs, que Sylvain Tesson soit en mesure de me faire changer d'avis. Un peu trop centré sur lui-même, le "voyageur"...
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mariech
  21 janvier 2012
Première découverte de cet auteur dont j'ai envie de lire ' Dans les forêts de Sibérie ' pour avoir un avis plus nuancé .
J'ai beaucoup apprécié le voyage en Sibérie dans ce livre , où il décrit sans concessions mais avec semble-t -il beaucoup de vérités ces habitants , rongés par le fléau de l'alcoolisme mais aux cent dernières pages mon attention s'est fort émoussée et même certains passages m'ont déplu .
Je trouve que l'auteur manque parfois de nuance , je prends comme exemple cette phrase ' La différence entre l'animal et l'homme quand ils sont tous les deux emprisonnés c'est que le premier reste beau alors que le second devient une bête ' ; je ne suis pas d'accord avec cette affirmation .
Ce qui m'a dérangé aussi , c'est que l'auteur n'aime pas les rencontres , qu'il soit solitaire c'est bien sûr son droit mais c'est dommage pour le lecteur car la retranscription des rencontres dans des lieux si lointains auraient apporté un peu de dynamisme au livre .
Conclusion : je suis assez déçue par cette lecture qui manque de descriptions et d'échanges humains , il m'a semblé que l'auteur avait privilégier le nombre de kilomètres parcourus au détriment de l'humain .
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Citations et extraits (150) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   25 janvier 2018
Pour faire passer le temps, je récapitule les conseils en tout genre qu’on m’a donnés en cas de rencontre avec l’ours :
Se transformer en tronc d’arbre, silencieux comme la souche.
Ne pas y penser.
Lui parler.
Ne rien dire.
Ne pas le regarder.
Le regarder sans crainte car il attaque ceux qui ont peur.
Frapper un arbre avec son bâton.
Ne pas faire le moindre bruit.
Et ce dernier avis d’un des bûcherons de Delgey :
Essayer de ne pas en rencontrer.
P.56
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mcd30mcd30   13 décembre 2019
À pied, à cheval, à bicyclette. Je trouve déloyal de se présenter devant la géographie armé d'un moteur, et je sais que le pas humain, la foulée du cheval sont les meilleurs instruments pour mesurer l'immensité du monde. Voilà dix ans que je trouve la paix en battant les chemins et que rien ne me met plus en joie qu'un horizon fuyant lentement mes tentatives de le rejoindre. Parfois, comme les mongols qui sont les fils du vent, je pense que la terre est dure et le ciel lointain, mais j'apprécie tellement que celle-là me serve de paillasse et celui-ci d' auvent que je suis prêt à leur sacrifier les misérables plaintes de mes articulations.
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IbooIboo   20 mars 2016
Natalia se souvient soudain que nous sommes le 22 Juin.
- C'est l'anniversaire de l'opération Barberousse !
- Il faut boire à nos soldats !
- Et contre le fascisme !
- A l'armée !
Les quatre grâces d'Artemov se lèvent alors d'un même mouvement et, verres brandis, entonnent L'Internationale. La vraie. Dans le décor déglingué de ce bout du monde, l'hymne terrible de la grande révolution sonne plus grandiose que quand il est gueulé sous les banderoles à slogans par les petits bourgeois syndiqués de France (qui ne supporteraient pas une seule journée les conditions d'existence de mes bienfaitrices...). Elles sont staliniennes, mes amies de ce soir, ce qui est tout de même plus élégant que d'être communiste.
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mcd30mcd30   19 janvier 2020
Leur arrivée dans les villages de la taïga fit à ces terres deshéritées l'effet d'un coup de fouet. Partout où ils vécurent, les décebristes ( révolte de décembre 1825 contre le tsar Nicolas 1er fomentée par des nobles et des gradés de Saint-Pétersbourg ) apportèrent leur lumières. Ils tombèrent amoureux de leur terrain d'exil. Étant de la race des bâtisseurs, ils ne purent s'empêcher de bâtir. Ils se consacrèrent donc au développement de la Sibérie et on reconnaît encore aujourd'hui la trace de leur passage dans l'élégance d'une maison, dans une silhouette d'une église dréssée au milieu d'une clairière, dans la présence d'une bibliothèque au milieu d'un hameau...
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nadiouchkanadiouchka   15 septembre 2020
(…) le soleil est aussi chaud ici que l’hiver est glacial. Les températures dépassent 42° et la taïga, restée en arrière, plus au nord, ne dispense plus son ombre. A Oulan-Bator, on passe un seuil bioclimatique où disparaissent les influences humides balkaïques. Au lieu des forêts de borée,, c’est ici le royaume des steppes horriblement désolées. Un relief de Normandie sous un ciel sahélien (c’est-à-dire, finalement, ce que prévoient les climatologies pour le monde tempéré dans les années qui viennent).
P.118
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Videos de Sylvain Tesson (89) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvain Tesson
Le 27 juin 2015, pour son émission “Carnet nomade” diffusée tous les samedis sur France Culture, Colette Fellous s'entretenait avec deux écrivains qui ont fait du voyage un élan vital : Sylvain Tesson et Tristan Savin. Né le 26 avril 1972 à Paris, Sylvain Tesson est le fils du journaliste Philippe Tesson. C'est au lycée Passy-Buzenval à Paris qu'il fait la connaissance d’Alexandre Poussin. Les deux compères commencent à escalader des monuments la nuit avec quelques camarades. En 1993, ils partent avec un budget très restreint pour un tour du monde à bicyclette qu’ils relatent dans “On a roulé sur la terre” (1996). En 1997, un DEA de géographie en poche, Sylvain part (toujours avec Alexandre) faire un pèlerinage de six mois en Himalaya. L’année suivante, le duo présente et anime un magazine mensuel sur France 3, “Montagne”. En 2001, c'est à cheval et avec la photographe Priscilla Telmon que Sylvain Tesson repart pour un périple dans les steppes d’Asie centrale. Inspiré par le récit de Slawomir Rawicz - “La Longue Marche” -, il marche (de mai 2003 à janvier 2004) sur les traces des évadés du Goulag, de Iakoutsk en Sibérie jusqu’à Calcutta. Aventurier renommé, son ouvrage “Dans les forêts de Sibérie”, récit de son expérience d'ermite pendant six mois dans une cabane au bord du lac Baïkal, est couronné du prix Médicis essai. En mai 2013, le globe-trotter publie - avec le photographe Thomas Goisque -, un album sur la guerre en Afghanistan, “D’ombre et de poussière”, témoignage sur le quotidien des soldats français sur place et réflexion plus large sur ce conflit qui s'enlise depuis de nombreuses années.
Tristan Savin, né le 10 octobre 1963, est un journaliste et écrivain français. Il est chroniqueur littéraire au magazine “Lire” depuis 2004 et signe, chaque mois, “L'Esprit des lieux”. Il collabore aussi à “Géo”, “L'Express”, “Styles” et “lexpress.fr”. En tant qu'auteur, Tristan Savin a publié une nouvelle dans la revue “Le Journal des lointains” (Buchet Chastel), et présenté deux anthologies parues au Mercure de France : “Le Goût de l'Abyssinie” (2009) et “Le Goût de Tahiti” (2012). Il est désormais rédacteur en chef de la revue “Long Cours”, dans laquelle il a publié des textes inédits de Blaise Cendrars, Jean-Christophe Rufin, Sylvain Tesson, Luis Sepúlveda, Mark Twain, Douglas Kennedy, Alaa El Aswany, Erri De Luca, etc.
Livres : “Berezina” de Sylvain Tesson (Guérin, 2015) “Esprit des lieux” de Tristan Savin (La Table Ronde, 2015)
Sources : France Culture et Wikipédia
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