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ISBN : 2221100417
Éditeur : Robert Laffont (04/11/2004)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 238 notes)
Résumé :
Sylvain Tesson a refait le long voyage de la Sibérie au golfe du Bengale qu'effectuaient naguère les évadés du goulag. Pour rendre hommage à ceux dont la soif de liberté a triomphé des obstacles les plus grands, seul, il a franchi les taïgas, la steppe mongole, le désert de Gobi, les Hauts Plateaux tibétains, la chaîne himlayenne, la forêt humide jusqu'à la montagne de Daarjeling. A pied, à cheval, à vélo, sur six mille kilomètres, il a connu le froid, la faim, la s... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
30 décembre 2016
Pour L'Axe du Loup, Sylvain Tesson nous prévient qu'il n'a pas voulu jouer au détective pour savoir si Slavomir Rawciz a dit vrai dans son livre A Marche Forcée, relatant son évasion, avec d'autres prisonniers du goulag, les zeks, près du cercle polaire et gagner l'Inde, à pieds. Livre très controversé et le but de l'auteur est de seulement refaire le chemin lui aussi pour en étudier les conditions mais il va également y relever quelques contradictions.
Mais qu'importe, il est bien décidé à suivre la route de la Sibérie à l'Inde. Pour cela, il le fera à pieds, à cheval et en vélo. Il connaîtra aussi la faim et le froid, et pendant ces 6 000 kilomètres, il fera aussi quelques rencontres mais refusera, presque tout le temps, l'aide de moyens motorisés.
Ce voyage de huit mois est un hommage à tous ces prisonniers qui n'ont pas hésité à traverser des lieux très hostiles et des conditions plus que précaires, pour ne pas dire inhumaines. Mais tout vaut mieux que l'enfer du goulag…
Dans ce récit, l'auteur nous décrit jour après jour, tout ce qu'il endure (volontairement) et fait preuve d'un grand courage mais également de beaucoup d'humour.
Il va commencer par prendre le Transsibérien et traverse des paysages grandioses. Puis, il passe par la taïga (moins jolie en réalité que vue du train), le lac Baïkal, la forêt sibérienne, la steppe mongole, le désert de Gobi et la chaîne himalayenne car son but est d'arriver à Calcutta.
Ce qu'il désire, c'est conquérir le Far East où de nombreuses épreuves l'attendent. Mais il garde toujours le moral et ne renonce jamais à arriver au terme de son long et dangereux voyage. Pendant celui-ci, il nous parle de la politique si sévère des pays traversés, méfiants à l'égard de cet étranger hirsute.
Par chance, dans ces pays miséreux, des personnages vivant simplement (des forestiers ou des pêcheurs), n'hésitent pas à lui offrir le gîte et le couvert (en puisant dans leurs maigres ressources) et il y a toujours de la vodka : on va dire qu'elle le réchauffe bien.
Mais ce qui ressort de ce récit, c'est, non seulement les descriptions de ce voyage, mais aussi la poésie des mots, la sensibilité de l'auteur et sa farouche volonté.
C'est un ouvrage émouvant qui ne peut pas laisser le lecteur insensible. de plus, nous les Occidentaux, peuple privilégié, nous y apprenons quantité de choses ignorées et cachées par ces États dictatoriaux.
Quant au choix du titre : L'Axe du Loup, ce n'est pas un hasard car il a une signification que l'on trouvera dans le livre mais je la donnerai aussi dans une de mes citations : il est très symbolique.
Encore un livre de Sylvain Tesson à dévorer du début à la fin, comme les autres récits de cet écrivain – aventurier de l'extrême, qui ne se laisse pas abattre par les douleurs aussi bien physiques que morales. C'est grâce à cela qu'il arrive toujours à atteindre son but car peu importe l'hostilité quand elle se présente.
Bravo Sylvain Tesson et merci pour ce beau témoignage !
J'ai ainsi réparé mon oubli de ce livre dans ma bibliothèque où il se trouvait depuis quelques années.
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Lune
01 mai 2014
« A Marche forcée » de Slavomir Rawicz.
Voilà le point de départ et fil conducteur de l'aventure qu'entreprit de vivre et de nous narrer Sylvain Tesson.
Dans ce récit, nous l'accompagnons « De la Sibérie à l'Inde sur les pas des évadés du goulag ». Il y flotte ce parfum de liberté qui devait soutenir la volonté des échappés, des zeks et autres brisés par la folie des procureurs rouges : hommage vivant rendu à ces laissés-pour-compte de l'Histoire.
Tout au long de sa traversée des différents pays, nous vibrons devant cet Inconnu dont nous connaissons seulement quelques bribes.
Sylvain Tesson nous y emmène, autant par la géographie que la géologie, autant dans la description qu'il fait des paysages, de la nature, de la flore et de la faune que de la rencontre avec « l'autre » : l'homme que parfois l'on peine à imaginer au centre d'une telle hostilité environnementale et climatique.
On perçoit l'auteur dans ses souffrances tant physiques que morales éveillant en nous, à travers lui, un questionnement.
Il y a toujours, chez Sylvain Tesson, ces petites phrases qui font mouche en ses observations lucides, ironiques, humoristiques parfois ou interpellantes sans l'ombre d'un jugement.
Juge-t-on l'universalité de l' horrible laideur humaine ? Inutile de se fourvoyer dans des discours pontifiants, stériles et répétitifs : ici, l'homme est au pied de sa vérité.
Une force s'élève du chemin parcouru, enveloppé de solitude salvatrice et de poésie scandée au rythme des pas.
Avec lui, nous grimpons sur des sommets, non seulement de l'Himalaya, mais aussi dans ceux du dépassement de soi par la seule détermination que rien ne peut détourner.
Nous avons l'impression de grandir avec lui ; il nous fait relativiser nos préoccupations quotidiennes qui souvent nous rétrécissent.
Merci Monsieur Tesson.
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Iboo
20 mars 2016
Difficile pour moi de noter objectivement ce livre car je ne suis pas vraiment adepte des récits de voyage et si ce n'était l'enthousiasme communicatif d'une amie, je ne serais, sans doute, jamais allée vers ce livre.
Je reconnais, d'ailleurs, avoir éprouvé une certaine lassitude générée par ces répétitives descriptions de paysages... Lesquels, paysages - tenant compte que notre voyageur se déplace à pieds - ne varient pas beaucoup dans cette partie du globe.
Et, il faut bien admettre que la taïga, un fleuve, des rivières, des gués, la pluie, la boue... même cent kilomètres plus loin, ça reste la taïga, un fleuve, des rivières, des gués, la pluie, la boue. Par conséquent, après deux mois de marche, arrivée au tiers du bouquin, j'avais l'impression d'avoir lu plusieurs fois la même chose.
C'est d'autant plus regrettable que, durant son périple, notre marcheur, quelque peu misanthrope, a croisé des tas de personnes. Que dis-je, des personnes ? Des personnages ! Et de ces hommes et femmes hors du commun, il ne nous dit rien, ou si peu... Trois ou quatre lignes par ci par là, perdues dans des pages et des pages de descriptions d'un même paysage et de la pénibilité de son périple.
Mais j'ai été bien inspirée de persister car les deux derniers tiers se sont révélés plus intéressants et ont retenu mon attention.
Bilan positif, finalement. Même s'il n'a pas modifié mon sentiment sur ce genre littéraire. Et je ne pense pas, d'ailleurs, que Sylvain Tesson soit en mesure de me faire changer d'avis. Un peu trop centré sur lui-même, le "voyageur"...
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joedi
21 juin 2012
Sylvain Tesson, globe trotter, comme dans tous les récits de ses voyages, se révèle être un écrivain et un très bon conteur. Une fois de plus, il a réussit le pari qu'il s'était fixé, un long voyage de la Sibérie au golfe du Bengale.
Un livre très instructif dans lequel il décrit les paysages, le comportement et la nature – l'âme - des hommes rencontrés.
J'ai aussi apprécié les références à Alexandra David-Neel dont j'ai achevé la lecture Voyage d'une Parisienne à Lhassa avant d'entamer celle de L'axe du Loup de Sylvain Tesson.
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mariech
21 janvier 2012
Première découverte de cet auteur dont j'ai envie de lire ' Dans les forêts de Sibérie ' pour avoir un avis plus nuancé .
J'ai beaucoup apprécié le voyage en Sibérie dans ce livre , où il décrit sans concessions mais avec semble-t -il beaucoup de vérités ces habitants , rongés par le fléau de l'alcoolisme mais aux cent dernières pages mon attention s'est fort émoussée et même certains passages m'ont déplu .
Je trouve que l'auteur manque parfois de nuance , je prends comme exemple cette phrase ' La différence entre l'animal et l'homme quand ils sont tous les deux emprisonnés c'est que le premier reste beau alors que le second devient une bête ' ; je ne suis pas d'accord avec cette affirmation .
Ce qui m'a dérangé aussi , c'est que l'auteur n'aime pas les rencontres , qu'il soit solitaire c'est bien sûr son droit mais c'est dommage pour le lecteur car la retranscription des rencontres dans des lieux si lointains auraient apporté un peu de dynamisme au livre .
Conclusion : je suis assez déçue par cette lecture qui manque de descriptions et d'échanges humains , il m'a semblé que l'auteur avait privilégier le nombre de kilomètres parcourus au détriment de l'humain .
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Citations & extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
IbooIboo20 mars 2016
Natalia se souvient soudain que nous sommes le 22 Juin.
- C'est l'anniversaire de l'opération Barberousse !
- Il faut boire à nos soldats !
- Et contre le fascisme !
- A l'armée !
Les quatre grâces d'Artemov se lèvent alors d'un même mouvement et, verres brandis, entonnent L'Internationale. La vraie. Dans le décor déglingué de ce bout du monde, l'hymne terrible de la grande révolution sonne plus grandiose que quand il est gueulé sous les banderoles à slogans par les petits bourgeois syndiqués de France (qui ne supporteraient pas une seule journée les conditions d'existence de mes bienfaitrices...). Elles sont staliniennes, mes amies de ce soir, ce qui est tout de même plus élégant que d'être communiste.
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nadiouchkanadiouchka05 janvier 2017
Ici, on a mis la steppe en cage. Krouchkine me conduit au cimetière, l’ultime lieu d’Oulan-Bator où s’est réfugiée l’âme russe.
(…)
- Vous voyez ici, à cet endroit, étaient enterrés les déportés politiques qui, en 1950, ont construit la route de Kiakhta à Oulan-Bator. C’était le chantier numéro 505. Soljenitsyne le mentionne dans ses livres. Ces zeks-là n’ont jamais été réhabilités, ils n’y a même pas de plaque à leur mémoire. P.145
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nadiouchkanadiouchka02 janvier 2017
Je comprends au cours de ces heures passées à ouvrir ma voie, à forcer mon chemin dans la forêt ou au long de la rive, pourquoi les bagnards parlaient parfois de l’évasion comme du passage devant le procureur vert : le procureur vert c’est la Nature, et ses fourches caudines furent plus redoutables pour bien des fugitifs que les condamnations des procureurs rouges !
P.38
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IbooIboo05 mars 2016
Pour faire passer le temps, je récapitule les conseils en tout genre qu'on m'a donnés en cas de rencontre avec l'ours :
Se transformer en tronc d'arbre, silencieux comme la souche.
Ne pas y penser.
Lui parler.
Ne rien dire.
Ne pas le regarder.
Le regarder sans crainte car il attaque ceux qui ont peur.
Frapper un arbre avec son bâton.
Ne pas faire le moindre bruit.
Et ce dernier avis des bûcherons de Delgey :
"Essayer de ne pas en rencontrer."
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nadiouchkanadiouchka31 décembre 2016
En voyage, on devrait fermer les yeux.
Blaise Cendrars

Que ma patrie soit la Russie
est une des grandes et mystérieuses certitudes dont je vis.
Rainer Maria Rilke

Les pendus sont pendus, mais le bagne, c’est horrible.
Pouchkine
Préface
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