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Mathias Sandorf tome 0 sur 3

Léon Benett (Illustrateur)
EAN : 9782010054730
474 pages
Hachette (07/10/1992)
3.94/5   171 notes
Résumé :
On ne s'échappe pas du donjon de Pisino dont les murs plongent dans un abîme. Et pourtant, cette évasion impossible, elle va être tentée par le comte Mathias Sandorf, patriote hongrois, condamné à mort par les Autrichiens.
Avec un compagnon de captivité, Mathias Sandorf parvient à desceller un barreau de sa cellule, et tous deux commencent à descendre le long de la tige du paratonnerre. Mais l'orage éclate, la foudre frappe, et les deux évadés tombent dans le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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D'emblée, dans la préface de Mathias Sandorf, son auteur Jules Verne admet avoir été fortement influencé par Alexandre Dumas, auquel il dédie ce roman. Et, après l'avoir lu, on ne peut qu'être en accord. C'est l'histoire d'un homme trahi qui revient quinze ans plus tard pour se venger et rétablir sa situation. Verne voulait écrire un grand roman social à la manière du Comte de Monte-Cristo. Les parallèles sont indéniables. On y mêle amour, aventure, action, tous les éléments qui font le succès de ces oeuvres.

Mathias Sandorf et deux complices préparent le soulèvement de la Hongrie contre l'occupant autrichien. Malheureusement, ils sont dénoncés par deux êtres cupides : Sarcany et le banquier Silas Thorental. Bon, dans l'oeuvre de Dumas, Edmond Dantès est victime d'une machination inventée de toutes pièces, alors que, ici, Sandorf et ses amis préparaient réellement un soulèvement. Mais bon, on pardonne toujours aux hommes luttant pour l'indépendance de leur pays, ils considérés comme des héros.

Toutefois, l'intrigue mise à part, les deux romans diffèrent sur plusieurs points. D'abord, un roman ne saurait être de la main de Jules Verne sans voyages. L'intrigue commence à Triste, puis se déplace Raguse. de là, les complots et la quête de vengeance amènent les protagonistes en Sicile, au Maroc, en France, en Tunisie et en Lybie. (Ceci dit, je suis un peu déçu de ne voir que la partie croate de la Hongrie, je m'attendais à ce que l'histoire s'y passe essentiellement, peut-être voir des hussards ou des châteaux lugubres.) Ensuite, les épisodes d'action et de rebondissement sont nombreux. Je pense à l'envahissement de la Casa Inglese, à la lutte contre les cavaliers Arabes dans le désert, même à une bataille navale, que des moments forts, palpitants. On ne doute pas un instant de la réussite des protagonistes mais, malgré tout, l'émotion est au rendez-vous.

J'ai lu beaucoup de Jules Verne quand j'étais jeune. Maintenant adulte, et grand lecteur, je suis plus à même de voir venir ces rebondissements. Surtout, à remarquer les opinions de l'auteur. Je sens sa main qui guide le lecteur et qui ne la lâche pas, qui indique ce qu'il doit ressentir et quand le ressentir. Et il prépare tellement le terrain aux rebondissements et aux surprises que, quand elles arrivent, ce n'en est plus. Évidemment, un jeune lecteur n'y verra que du feu, mais, pour les moins jeunes, cette intrusion est un peu moins la bienvenue. Heureusement, la nostalgie prend le dessus et permet à tous de jouir d'un roman comme Mathias Sandorf.
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Jules Verne, en exergue à son roman, dédicace ainsi son ouvrage à Alexandre Dumas fils :
« Je vous dédie ce livre en le dédiant aussi à la mémoire du conteur de génie que fut Alexandre Dumas, votre père. Dans cet ouvrage, j'ai essayé de faire de Mathias Sandorf le Monte-Cristo des VOYAGES EXTRAORDINAIRES. Je vous prie d'en accepter la dédicace comme un témoignage de ma profonde amitié ».
Jules Verne
C'était certes une politesse littéraire, mais c'était aussi, venant de Jules Verne, un acte de reconnaissance vis-à-vis d'Alexandre Dumas (le père) qui lui avait mis le pied à l'étrier, professionnellement et personnellement, au début de sa carrière ; Alexandre Dumas fils, qui n'avait rien à envier à son père en matière d'esprit et de répartie chevaleresque, lui répondit en ces termes :
« Je suis très touché de la bonne pensée que vous avez eue de me dédier Mathias Sandorf, dont je vais commencer la lecture dès mon retour, vendredi ou samedi. Vous avez eu raison, dans votre dédicace, d'associer la mémoire du père à l'amitié du fils. Personne n'eût été plus charmé que l'auteur de Monte-Cristo, par la lecture de vos fantaisies lumineuses, originales, entraînantes. Il y a entre vous et lui une parenté littéraire si évidente que, littérairement parlant, vous êtes plus son fils que moi. Je vous aime depuis si longtemps, qu'il me va très bien d'être votre frère.
« Je vous remercie de votre persévérante affection, et je vous assure une fois de plus et bien chaudement de la mienne ».
A. Dumas
Si ça ce n'est pas de la confraternité !
En tous cas, voilà qui place bien Mathias Sandorf dans le sillage du Comte de Monte-Cristo. Mais il serait trop facile, et particulièrement injuste de ne voir dans le roman de Verne qu'un succédané de celui de Dumas. Mais avant d'étudier les points communs et les différences entre les deux romans, faisons un rapide résumé :
Trieste, 1867. Mathias Sandorf, Etienne Bathory et Ladislas Zathmar sont trois nobles hongrois, révolutionnaires, qui conspirent pour délivrer leur pays du joug autrichien. Un message secret, codé, est intercepté par deux aventuriers, Sarcany et Zirone alliés au banquier Toronthal, leur vaut d'être dénoncés et incarcérés dans la forteresse de Pisino. Ils arrivent à s'évader, mais seul Mathias Sandorf réussit à s'échapper. Les deux autres, repris, sont fusillés.
Quinze ans plus tard, Pierre Bathory, le fils d'Etienne, est amoureux de Sava la fille de Toronthal que ce dernier a promis à son complice Sarcany. Ce dernier blesse grièvement Pierre, qui est soigné par le mystérieux docteur Antekirtt. La veille de ses noces, Sava apprend qu'elle n'est pas la fille de Torontal, et refuse de se marier. Pierre devient l'ami et le bras droit du docteur, ils sont rejoints par deux saltimbanques français Pointe Pescade et Cap Matifou. A partir de là le roman raconte la longue vengeance de Mathias Sandorf (le docteur c'était lui !), assorti de la reconquête de Sava (la fille de Sandorf, c'était elle !).
Les points communs d'abord : ils concernent le fil général de l'intrigue : un homme injustement dénoncé et condamné, s'évade et entreprend de se venger.
Les différences, en revanche sont nombreuses, et importantes : dans « Mathias Sandorf », le propos est délibérément politique. Sandorf n'est pas un jeune homme mais un homme mûr, père d'une petite fille. La puissance qu'il acquiert ne vient pas d'un trésor mais d'un héritage. Les personnages des deux saltimbanques sont des créations verniennes.
Si Jules Verne a pensé à Alexandre Dumas, il s'est aussi auto-inspiré : Sandorf / Antekirtt ressemble plus au capitaine Nemo qu'au comte de Monte-Cristo, et les deux saltimbanques sont des avatars de Passepartout. Et nous ne serions pas chez Jules Verne si celui-ci ne glissait pas quelques spécialités : le document codé, les communications électriques, la circulation sous-marine… Et la géographie n'est pas oubliée « Mathias Sandorf » est LE roman de la Méditerranée que nos héros parcourent en tous sens.
Un Jules Verne de très bon cru, sans temps morts, varié, particulièrement inventif, bref du Jules Verne « à la Dumas » ! Qui oserait s'en plaindre ?

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Le richissime comte Mathias Sandorf et ses acolytes, Pierre Bathory et Ladislas Zathmar, fomentent une rébellion pour libérer la Hongrie du joug de l'Autriche. Mais ils sont dénoncés par Silas Thorontal et Sarcany, un notable et un profiteur qui n'y voient que leur intérêt. Les trois traitres sont condamnés à mort. Mais la veille de leur exécution, ils apprennent à qui ils doivent leur arrestation et sont mûs d'un inaltérable désir de vengeance qui les pousse à vouloir s'échapper de leur lieu de détention. Bien que Bathory et Sandorf parviennent à fuir, les choses se gâtent par la suite et tous périssent. Quinze ans plus tard, un mystérieux docteur Antékirtt apparaît : il semble vouloir poursuivre les desseins de ses anciens amis morts pour la Hongrie...

Mon premier Jules Verne, et certainement pas le dernier ! Certes, "Mathias Sandorf" ne devrait pas prendre la tête de la lecture de l'oeuvre de Verne, ne répondant pas entièrement à l'idée de science-fiction qu'on se fait de cet auteur, mais il gagne vraiment à être reconnu, entre tous les "Voyage au centre de la terre", "20 000 lieues sous les mers" et autre "Tour du monde en 80 jours"...
En écho au "Comte de Monte-Cristo" de Dumas, Verne nous plonge dans une fiction romantico-aventuro-vengeresque sur fond d'avancées technologiques et de poursuites à travers la Méditerranée. le lecteur en a pour son argent, sauf que c'est quand même diablement long ! Verne est une Encyclopédie a lui tout seul et le fait savoir ! Alors on se perd, souvent, dans les méandres de précisions géographiques, historiques, scientifiques dont on n'a cure ou presque, qui ne font pas le moins du monde avancer l'histoire et qui ne ménagent même pas le suspense à défaut de la patience du lecteur.
La première partie est passionnante, la deuxième la plus ch----- (faites rimer) et enfin la troisième devient captivante. Une nouvelle baisse de régime survient au début de la quatrième partie, mais visiblement le prosateur aime prendre son temps, il va falloir faire avec. L'attaque des Senoûsistes était en revanche franchement de trop.
En définitive, c'est une belle histoire de vengeance née d'une plume de talent.

Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Sarcany et Zirone dénoncent un complot destiné à libérer la Hongrie du joug autrichien.
Le comte Mathias Sandorf, Ethienne Bathory et Ladislas Zathmar sont condamnés à mort.
Ils laissent respectivement une fille en bas-âge, un fils et un domestique dévoué.
Sandorf s'enfuit et change d'identité.
Plusieurs années plus tard, il entame la réalisation de sa vengeance et retrouve les siens.
Ce roman n'est pas sans faire penser à un certain "comte de Montecristo", c'est un récit dense avec une multitude de personnages où les rebondissements sont nombreux et font parfois la part belle au hasard.
Jules Verne, pour ce récit, s'est fait en quelque sorte un peu "feuilletonniste populaire" et c'est, grâce à son style et à sa verve, une grande réussite.
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Ce roman m'a beaucoup plu, même si l'histoire est assez classique pour un Jules Verne : ca commence par un coup d'état que veulent fomenter les 3 personnages au début de l'histoire mais qui échoue assez rapidement à cause de la dénonciation des projets du compte Mathias Sandorf. Je m'arrête là de ce résumé afin de vous laisser le plaisir de découvrir le reste de l'histoire.
Le roman a de très nombreux rebondissements, plus ou moins attendus, une histoire assez plaisante à lire et des personnages attachant. J'ai bien aimé les personnages de pointe pescade et cap matifou qui apporte un peu de fantaisie à l'histoire.

Ce roman de Jules Verne est un peu différent de ceux que j'ai lu jusqu'à maintenant sur plusieurs points :
- le découpage du livre : 5 parties pour un peu plus de 800 pages. Les romans de Jules verne qui sont en multi-volume sont souvent découpés en parties plus longues (250-300 pages par partie), là ca représente à peine 150 pages par partie.
- L'histoire : dans ses romans de "voyage" Jules Verne nous a habitué à des carnets de voyage avec une histoire qui retrace le voyage extraordinaire de son héros suivant un itinéraire facilement identifiable. Là c'est le premier roman où le héros voyage beaucoup mais de façon assez anarchique : il se rend rapidement d'un point à un autre, revient à sa première destination puis repart ailleurs.
- La narration : pour une fois Jules Verne ne se place pas dans la peau de ses personnages mais nous narre l'histoire d'un point de vue extérieur.

Ces quelques différences de style dans ce roman apporte une certaine originalité par rapport à ces précédents romans.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Cependant, ce jour là, 18 mai 1867, peut-être eût-on remarqué, au milieu de ces nomades, deux personnages un peu mieux vêtus. Qu'ils dussent jamais être embarrassés de florins ou de kreuzers, c'était peu probable, à moins que la chance ne tournât en leur faveur. Ils étaient gens, il est vrai à tout faire pour lui imprimer un tour favorable.
L'un s'appelait Sarcany et se disait tripolitain. L'autre, sicilien, se nommait Zitrone. Tous deux, après l'avoir parcouru pour la dixième fois, venaient de s'arrêter à l'extrémité du môle.
De là, ils regardaient l'horizon de mer, à l'ouest du golf de Trieste, comme s'il eût dû apparaître au large un navire qui portait leur fortune !
(extrait de l'édition de poche paru en 1967)
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La suite-
Les années ont passé. Sur les quais du port de Raguse, le fils d'Étienne Bathory rencontre Pointe Pescade et Cap Matifou, deux inséparables Français qui essaient vainement de gagner de quoi manger en faisant des démonstrations d'acrobatie et d'hercule de foire. Le jeune homme est amoureux de la fille de l'ancien banquier Silas Toronthal. Ce que le jeune Bathory ignore, c'est que Toronthal est responsable de la mort de son père. Malheureusement, Silas Toronthal a promis sa fille à Sarcany. Par piété filiale, elle accepte ce mariage, faisant le désespoir de Pierre Bathory. Celui-ci est grièvement blessé par son rival, Sarcany. Le médecin Antékirtt, alias Sandorf, lui sauve la vie mais laisse croire à tous que Pierre Bathory est mort. Le jeune homme devient le bras droit de Sandorf. Juste avant son mariage avec Sarcany, Sava apprend qu'elle n'est pas la fille des époux Toronthal et refuse donc de l'épouser.
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Trieste, 1867 : deux drôles affamés, Sarcany et Zirone, interceptent un message chiffré sur le pigeon voyageur qu'ils s'apprêtent à dévorer, découvrant un complot pour libérer la Hongrie du joug autrichien. Ils s'acoquinent avec le banquier véreux Silas Toronthal pour livrer les conspirateurs à la police moyennant récompense. Les chefs des conjurés, le riche comte Mathias Sandorf, Étienne Bathory (de la célèbre famille Bathory) et Ladislas Zathmar, sont jugés et condamnés à mort. Le premier est veuf et laisserait une fille en bas âge ; le second est marié et a un enfant, Pierre ; le troisième a un domestique qui lui est tout dévoué. Les condamnés tentent de s'enfuir en utilisant le câble d'un paratonnerre mais Ladislas Zathmar ne peut les suivre. Sandorf et Bathory trouvent refuge chez le Corse Ferrato mais ils sont dénoncés par l'Espagnol Carpena qui veut la récompense et souhaite se marier avec la fille du Corse. Cette fois, seul Sandorf arrive à s'enfuir. Il va survivre, en changeant d'identité, grâce à ses talents de médecin et d'hypnotiseur. Il acquiert une certaine réputation et de grandes richesses qui lui permettent de se rendre propriétaire d'une île au large de l'actuelle Libye, Antekirtta. Il se fait désormais appeler Antékirtt, comme son île.
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"Peut-être eût-il été préférable que Cap Matifou portât la mule, au lieu que la mule portât Cap Matifou !"
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Vidéo de Jules Verne
In the same year that Jules Verne published Around the World in 80 Days, Henri Cernuschi set foot in Asia – the ultimate goal of a journey that would give rise to one of the most impressive collections of Asian art in Europe. Starting in Japan before moving on to China, Indonesia, Ceylon and India, our traveller was struck by the artistic wealth of the countries he visited. In a matter of months, he collected several thousand objects, particularly bronzes, whose value he was the first to understand.
Upon returning to Paris, Cernuschi immediately exhibited his collection. Artists and craftsmen of the time were quick to view his Chinese and Japanese pieces as extraordinary sources of inspiration. The range of shapes and patterns and the technical innovation showcased in Cernuschi's collection became models for an entire generation of creators. True to his visionary intuitions, Cernuschi had an hôtel particulier built, which he designed as a museum space from the get-go. This property would go on to become the City of Paris' museum of Asian arts by the end of the 19th century.
This exhibition celebrates the 150th anniversary of Cernuschi's return from Asia and invites the public to rediscover the traveller's journey and the collector's contributions to the revolution in taste that would become known as “Japonisme”. From the start of the tour and throughout the exhibition, a projection and five audio stations punctuate the display, with each step painting a portrait of this outstanding collector.
New for this anniversary, this summer the museum's permanent collections will unveil restored Japanese sculpted dragons, which have not been exhibited in their entirety since 1930.
En savoir plus sur l'exposition : www.parismusees.paris.fr/en/exposition/return-from-asia
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