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David Fauquemberg (Traducteur)
ISBN : 2226173595
Éditeur : Albin Michel (27/09/2006)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 25 notes)
Résumé :

Ce matin-là, en voyant les bras raidis du gosse sur la banquette arrière, j'ai tout de suite compris que la malchance nous était tombée dessus, mon frère et moi.
Alors, nous, on l'a prise et on y a planté nos pieds comme dans du béton. On a fait ce qu'il pouvait y avoir de pire. Nous avons pris la fuite. On est montés dans la vieille Dodge déglinguée, modèle 74, et on est partis. "

Une nuit, en état d'ivresse, Jerry Lee Flannigan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Stockard
  30 janvier 2018
♫ There is a winding road across the shifting sand
And room for everyone living in the Promiseland ♪♪
Sûr que le rêve américain, comme on ne l'ignore pas, tout le monde peut le vivre, tout le monde ! Suffit juste de le vouloir. C'est d'ailleurs ce qui fait la grandeur des États-Unis d'Amérique (America, the beautiful...)
Mais bien sûr, faut voir à pas faire son vilain chameau et y mettre de la mauvaise volonté. Parce qu'il semblerait que c'est le cas de 94% de la population qui n'aurait qu'à se baisser pour cueillir la réussite offerte à tous mais qui ne fait aucun effort... Voilà ! Je vois que ça pour expliquer pourquoi cette notion à la con tombe encore moins souvent que la foudre sur la cafetière de ceux qui ont crû que si on en parle autant de ce foutu rêve, c'est forcément qu'il existe.
Du coup, fatalement, y'a des exclus.
Et pas besoin de lire plus de trois pages de Motel Life pour comprendre que Frank et Jerry Lee Flannigan, frères dans la petite vingtaine, en font partie. Deux chouettes gars, dans le genre doux et sympas mais qui prennent un mauvais départ dès l'adolescence en perdant leur mère et unique parent, se retrouvant seuls au monde, sans réelles ambitions, arrêtant l'école, vivotant de petits boulots ingrats, buvant de la bière et du whisky bon marché à longueur de journée et couchant dans les motels les plus minables qui soient.
Et puis, quand on a la poisse... Voilà que par une nuit glacée, Jerry Lee écrase un gamin surgit de nulle part, et, d'un moral déjà pas brillant, on assiste carrément à sa descente aux enfers. Il pourra bien sûr compter sur son petit frère chéri pour l'aider et le soutenir mais comment supporter le poids d'une culpabilité que quatre épaules ne suffisent pas à porter ? Alors Frank, narrateur de Motel Life plutôt indolent quand il s'agit de raconter le quotidien, s'exalte au récit d'histoires qu'il invente pour lui et Jerry Lee qui les adore et les réclame, et soudain les problèmes paraissent secondaires et l'avenir moins sombre. Malheureusement toutes ces fables ont une fin, souvent heureuse, antinomique de leurs vies.
Avec ce premier roman, Willy Vlautin nous offre un instantané d'une Amérique qui cache sa misère sous le tapis, véritable hymne à tous les oubliés de l'american dream qui auraient pourtant mérité, eux aussi, d'avoir une part du gâteau et pas la plus petite.
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trust_me
  24 juin 2012
Reno, Nevada, une nuit d'hiver. Alors qu'il conduit en état d'ébriété, Jerry Lee Flannigan renverse un ado à vélo. Constatant la mort du jeune homme, il camoufle le corps sur sa banquette arrière et file chez son frère Frank. Ce dernier le convainc d'abandonner la victime devant un hôpital et tous deux partent pour le nord, décidés à faire disparaître la voiture. Commence alors une fuite sans buts, de motels en motels, pour ces hommes désespérément seuls et en totale perdition.
Célèbre chanteur et compositeur du groupe Richmond Fontaine, Willy Vlautin mène en parallèle une belle carrière d'écrivain. Dans ce 1er roman, il met en place les éléments qui caractériseront son oeuvre par la suite, à savoir une plongée dans le quotidien des paumés de l'Amérique et une écriture essentiellement descriptive, très cinématographique. A l'évidence, Raymond Carver l'a beaucoup influencé, tout comme le behaviorisme, ce genre littéraire où les auteurs bannissent toute trace de psychologie au profit de la description pure. En France, Manchette a été le chantre du behaviorisme tandis qu'aux Etats-Unis, parmi les écrivains actuels, on pourrait citer Paul Auster où Georges Pelecanos. Personnellement, j'aime beaucoup cette écriture, ce qui est loin d'être le cas de tout le monde.
Vlautin cherche avant tout la sobriété et la justesse. Ses deux anti-héros, losers pathétiques sans aucune perspective d'avenir, ont quelque chose d'attachant. le texte, traversé par une insondable tristesse, se termine de façon forcément tragique. Un premier roman qui, malgré quelques maladresses, sacre une nouvelle voix de la littérature américaine sur laquelle il va à l'évidence falloir compter.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Booksmoodsandmore
  28 décembre 2017
Jerry Lee et Franck Flanningan sont deux frères, orphelins de mère et abandonnés par leur père, qui vivent de motel en motel, de petits boulots journaliers en job harassant à la cimenterie de la ville, et passent leur temps libre à descendre des packs de bière et du whisky bon marché. Jerry Lee et Franck sont des garçons gentils, au vrai sens du terme, mais ils sont tirés vers le bas dans leur vie sans repères depuis que leur mère est morte prématurément. L'aîné a continué à travailler, et Franck a finalement très vite arrêté le lycée. Tout pourrait être tranquille dans leur petite vie sans prétention à Reno, malgré l'accident idiot qui un jour a coûté à Jerry Lee un bout de sa jambe, mais lors d'une nuit d'ivresse de trop, celui-ci renverse avec sa voiture un jeune garçon, qu'il tue sur le coup. Cédant à la panique, il s'est enfui emportant le corps désarticulé du garçon sur le siège arrière de sa vieille Dodge, pour aller chercher de l'aide auprès de son frère Franck. Sans réfléchir longtemps, les garçons décident de s'enfuir, se débarrassant d'abord du corps et continuant leur chemin, sous la neige qui tombe en rafales, vers le Montana pour se débarrasser de la voiture. Mais au cours de leur périple, Jerry Lee abandonne Franck qui rentre désoeuvré à Reno, sans savoir s'il reverra un jour son frère dévasté par l'acte irréparable qu'il a commis…
On retrouve dans ce roman tous les codes de Plein Nord : des jeunes gens paumés, les packs de bière, le Jim Beam, Reno et ses casinos, l'errance, les destinées auxquelles on essaie d'échapper sans vraiment avoir de plan, la figure paternaliste qui vient guider le protagoniste.
Franck et Jerry Lee sont des personnages extrêmement attachants, foncièrement gentils malgré leur vie compliquée. Leurs épreuves familiales les ont soudés, et ils sont installés dans une relation d'amour forte, quasi gémellaire. L'un raconte des histoires pour faire plaisir aux personnes qui l'entourent, des histoires pour s'endormir, des histoires pour rêver et s'échapper de son ordinaire. L'autre dessine, et raconte sa ville et ses rêves à travers ses dessins. Lorsque Jerry Lee tue le jeune garçon, il ne s'apitoie pas seulement sur son sort et sa peur de passer son existence en prison, même si c'est ce qui le pousse à fuir. Non, le pire pour lui, c'est de devoir continuer à vivre, alors que le garçon avait peut-être plus de raisons que lui de continuer à vivre.
Jerry Lee pourra-t-il surmonter la peur d'être arrêté, et le chagrin incommensurable qu'il éprouve ?
Ce que j'aime, dans ce deuxième roman comme dans le premier, c'est qu'il y a toujours des personnages bienveillants pour aider le protagoniste, et moi, j'aime ça la bienveillance ! Franck et Jerry Lee ne méritent pas la méchanceté, et les personnages que l'auteur met sur leur chemin le leur rendent bien. Et en cela, malgré toute la noirceur que ce roman peut dégager, il fait du bien, et nous donne à croire en la bonté d'âme, aux rencontres fortuites qui peuvent changer les choses.
Je n'aurais qu'un reproche à faire, et c'est à moi-même que je l'adresse : je n'aurais pas dû enchaîner directement de Plein Nord à Motel Life. Trop de déjà vu entre les deux romans –ce qui est en fait l'essence-même du style de Willy Vlautin, mais qui pour moi s'est un peu transformé en bis repetita.
Toutefois, je peux affirmer que j'aime définitivement et viscéralement Willy Vlautin, qui a une place de choix dans mon idée de la littérature américaine. A noter un petit «plus » dans le roman : les croquis qui parsèment le début de chaque chapitre, réalisés par le dessinateur Nate Beaty, dont on comprendra rapidement la raison d'être dans le roman.

Lien : https://booksmoodsandmore.com
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Zephyrine
  24 mai 2018
Très beau roman, très belle découverte grâce au Picabo River Book Club.
L'auteur a une très belle écriture, pleine de sincérité. Il réussit à nous faire quitter la réalité pour nous retrouver aux côtés de ces deux garçons. On est aspirés avec eux dans cette spirale descendante, on a peur pour eux....Vraiment très beau roman....
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Loutre_des_Rivieres
  18 avril 2013
Willy Vlautin est un incroyable auteur américain, trop peu reconnu, qui décrit, entre force et finesse, la vie des oubliés du rêve américain.
Dans Motel Life, Vlautin évoque la relation entre deux frères, blessés par la vie, blessés par leur enfance partie trop vite.
Une nuit, l'un deux, après une énième dispute avec sa petite amie et quelques canettes de trop, renverse un jeune ado. Mort. Fuite.
C'est parti, les deux frères prennent la route : les motels comme les souvenirs s'enchaînent, l'alcool comme la neige est omniprésente, la culpabilité et la peur deviennent obsessionnelles.
Un roman parfois glauque, souvent triste mais qui décrit merveilleusement l'amour fraternel.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   18 août 2018
On est des mecs foireux, Frank. C'est pour ça qu'on rencontrera toujours des gens qui sont foireux. Et moi, ça, je peux le comprendre. Mais ça n'en fait pas pour autant de mauvaises personnes, t'es pas d'accord ? Si t'as jamais eu de chance, ça veut pas dire que tu en auras jamais, pas vrai ? Y a des gens malchanceux, eh ben, ils finissent par avoir de la chance. Tout le monde peut pas être maudit, enfin, je crois pas, Et puis, tu as besoin de quelqu'un. S'il y a un gars sur terre qui a besoin de quelqu'un, c'est bien toi. Tu es le mec le plus seul que je connaisse. Tout le monde le dit.
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le_Bisonle_Bison   06 mai 2018
"Peut-être qu'on devrait s'installer au fond des bois. Louer une cabane, un truc dans le genre. Dans la forêt, il n'arrive jamais rien de bizarre. Pas de gamins qui se font écraser par des voitures."
Jerry Lee s'est redressé sur la banquette. Il a ramassé une bière qui traînait par terre, et il l'a ouverte.
"Bon dieu, j'ai pas envie de penser à ça, pas maintenant. Remets pas ça sur le tapis. Et puis en ce qui concerne la forêt, y a rien à y faire et c'est encore pire, tous ces gosses qui se font déchiqueter les bras par des engins agricoles. Pour aller à la ville, ils sont obligés de conduire avec les pieds. Y a des arbres qui tombent sur les gens, des tronçonneuses, un tas d'horreurs comme ça. Tu peux me croire, il se passe des choses terrifiantes en forêt. Tu n'as jamais entendu parler des familles qui se font assassiner au fond des bois ? Y a des ours, des rongeurs, des serpents, y a plus d'insectes que nulle part ailleurs ici-bas, des vétérans du Vietnam complètement barjots, et des bouseux comme s'il en pleuvait.
- Tu exagères.
- Sans doute pas tant que ça, a rétorqué Jerry Lee, et il a eu une quinte de toux. Ça ne te dérange pas de mettre la cassette de Willie Nelson ?"
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le_Bisonle_Bison   15 avril 2018
Ma mère m'a appris à survivre en ce bas monde. Ma mère disait que chacun de nous est comme une pépite de chocolat dans un mixer de crème glacée. Nous essayons tous de ne pas finir broyés. On ferait presque n'importe quoi pour ne pas être broyés, mais au bout du compte, la plupart d'entre nous finiront écrasés et, alors, nous ne serons plus guère que des particules de milk-shake. Plus de différence, plus de volonté propre, le monde tout entier fait pression sur nous pour nous écraser, pour nous rendre pareils à tous les autres. Mais, moi, je refuse d'abandonner. Ma mère m'a enseigné les quatre mots essentiels de l'existence. Savoir Manier Un Flingue. Et tu peux me croire, ça aide vraiment une fille à s'en sortir.
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le_Bisonle_Bison   22 avril 2018
Annie avait consulté un psychologue, puis elle avait emménagé toute seule, et avait fait une nouvelle tentative, avec des lames de rasoir. J'ai senti dans l'obscurité les cicatrices au creux de son poignet. Je la serrais contre moi, pendant qu'elle parlait, et ensuite elle m'a embrassé. Elle a enlevé sa culotte, puis mon caleçon, et elle s'est allongée sur moi. Nous étions comme ça, enlacés dans le noir, ses larmes se mêlaient à notre salive tandis qu'on s'embrassait, et je la serrais contre moi aussi fort que j'ai pu. Je la serrais comme si, elle et moi, nous allions disparaître dès l'instant où je relâcherais mon étreinte.
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le_Bisonle_Bison   12 avril 2018
La nuit où c'est arrivé, j'étais ivre, complètement sonné, quand un oiseau s'est écrasé en plein vol sur la fenêtre de ma chambre, au motel. Je le jure devant Dieu. Dehors, il devait faire moins dix et, d'un seul coup, l'oiseau s'est retrouvé par terre, au milieu des éclats de verre. Un canard, ou quelque chose comme ça. Il avait dû se tuer en frappant la vitre. Ça m'aurait sans doute fichu une sacrée frousse, si je n'avais pas été si saoul. Tout ce que j'ai pu faire, c'est me lever, allumer la lumière, et jeter l'oiseau par la fenêtre. Il s'est écrasé sur le trottoir, trois étages plus bas. J'ai réglé au maximum ma couverture chauffante, et je me suis recouché.
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