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Michèle Gazier (Traducteur)
EAN : 9782264011121
283 pages
Éditeur : 10-18 (24/08/2005)
3.57/5   41 notes
Résumé :
Jauma, manager d'une multinationale, est retrouvé assassiné dans les environs de Barcelone. La police trouve vite un coupable pratique et clôt l'affaire. Sa veuve, peu convaincue, engage Pepe Carvalho, qui a connu la victime aux États-Unis. Dans une Catalogne en pleine ébullition après la mort de Franco, Pepe mène l'enquête auprès des anciens amis de Jauma et de ses employeurs. Il se heurte à des intérêts q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Colchik
  08 juin 2021
L'âpreté est une caractéristique des romans de Montalbán, qui se conjugue paradoxalement avec une certaine exubérance du style, comme si la critique sociale faisait bon ménage avec la luxuriance de la langue.
L'âpreté, ici, est tout d'abord celle de la Vallée de la Mort, entrevue par le hublot d'un avion, puis lors d'un voyage en voiture entre San Francisco et Las Vegas réunissant Pepe Carvalho – encore agent de la CIA – et deux cadres de la multinationale Petnay, Antonio Jauma et Rhomberg. Cette brève rencontre est le préambule de l'affaire confiée quelques années plus tard au détective : élucider le meurtre de Jauma, trop rapidement attribué à un proxénète par la police.
L'Espagne sort tout juste du franquisme, les Ramblas à Barcelone connaissent des affrontements quotidiens entre manifestants de gauche, groupuscules d'extrême-droite et brigade Antimanif, et les milieux économiques s'interrogent sur la transition démocratique. Cependant, les jeux sont faits pour Carvalho et l'affairisme reprend derechef en utilisant l'opacité des organisations capitalistes. La célèbre citation du prince de Salina dans le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa pourrait l'illustrer à merveille : « Il faut que tout change pour que rien ne change ».
Le passé colle aux semelles du détective, avec son lot de désillusions et de fidélités, ce qui en fait un témoin désabusé de son époque, sauvé par sa gourmandise et sa générosité envers les laissés-pour-compte.
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Charybde2
  28 avril 2020
Une plongée à contre-courant dans les sinuosités du pouvoir économique en Espagne à la chute du franquisme, en compagnie du privé le plus pénétrant, le plus gourmet et le plus désabusé du roman noir contemporain. Un grand roman.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2020/04/28/note-de-lecture-la-solitude-du-manager-pepe-carvalho-2-manuel-vazquez-montalban/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Isamax56
  12 février 2015
Je dois l'avouer, je n'ai pas tout à fait compris le pourquoi du comment de l'enquête en elle même, par contre j'ai beaucoup apprécié le personnage de Pépe Carvalho, croustillant, et de tous les personnages qui l'entourent. Il doit falloir être espagnol pour comprendre toutes les subtilités, mais l'ensemble reste malgré tout plaisant à lire
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kfd
  30 avril 2017
. Une histoire assez désolante de corruptions multiples, de solitudes et de fatalités. L'impuissance et le cynisme l'emportent trop à mon goût pour que je persévère dans la lecture des ouvrages de Montalban.2/5
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critiques presse (1)
BDGest   03 juillet 2020
Même si l'ensemble est carré et bien construit, il manque singulièrement d'éclat.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ColchikColchik   08 juin 2021
Parfois il en était arrivé à douter de la réalité de ce quartier-là. Dans son souvenir il ressemblait à une ville pauvre et plongée dans un sirop doux-amer. Humiliés et vaincus, dans leur obligation quotidienne de demander pardon pour être nés. La première fois que Carvalho abandonna ces rues, pendant un certain temps il pensa s’être libéré pour toujours de sa condition d’animal noyé dans la tristesse historique. Mais il la portait sur lui comme l’escargot porte sa coquille, et lorsque bien plus tard, il prit le parti de tout accepter, ce qui l’avait fait, ce qu’il était et qui il était, alors il revint dans le théâtre de son enfance et de son adolescence.
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Charybde2Charybde2   28 avril 2020
Quelque chose, cependant, empêchait qu’il ne jouisse comme à l’accoutumée de son vice secret et solitaire. Quelque chose qui se passait près de lui et qui fonctionnait comme un parasite de transmission radio. Quelque chose que l’on disait, ou la manière dont on le disait. L’onde de perturbation était toute proche, à ses côtés. Ses deux voisins immédiats parlaient de l’Espagne, et l’un d’eux dans un anglais à l’accent de toute évidence catalan.
– C’est curieux qu’en huit ans sur la base de Rota vous n’ayez pas appris à parler l’espagnol.
– Les bases ont une vie autonome. Nous n’employons des gens du coin que pour le nettoyage et pour…
Dans un éclat de rire complice, l’Américain fit un geste évocateur sans doute appris dans un bar de Cadix. Le Catalan ne releva pas l’impertinence et poursuivit une conversation d’homme d’affaires. L’Américain était à la tête d’une petite usine de matériel sportif et passait en revue ses concessionnaires. Pour lui, le monde se divisait entre ceux qui achetaient chez lui et ceux qui n’y achetaient pas. Même les Chinois communistes lui semblaient être des gens exceptionnels parce qu’ils lui achetaient du matériel d’excursion par le biais de Hong Kong. En revanche, il ne pouvait supporter ni les Cubains, ni les Brésiliens, ni les Français. Il n’arrivait même pas à leur vendre une gourde. Lorsqu’il faisait l’éloge des qualités éthiques et marchandes d’une quelconque communauté, l’Américain, outre le jugement pertinent qu’il formulait, battait des mains en criant : olé !, rendant ainsi un hommage linguistique évident au pays de son interlocuteur. Ce dernier résuma rapidement de manière correcte ses activités. Il était manager à la Petnay, une des multinationales les plus importantes du monde. Il avait sous sa responsabilité l’Espagne et une zone d’Amérique latine, mais il voyageait très souvent aux USA pour s’entretenir avec la maison mère et se mettre au courant des techniques de marketing.
– Nous les Américains, nous savons vendre.
– Je ne dirais pas ça. En réalité vous avez le pouvoir politique de faire acheter les autres.
– C’est la loi de l’Histoire, mon ami. Vous aussi, vous avez eu un empire et qu’en avez-vous fait ? Et l’empire romain ? Les Apaches, par exemple, possédaient un authentique empire, alors vous voyez. Peut-être qu’un de ces jours la civilisation américaine disparaîtra et tout notre pays avec.
De l’avion, l’Américain signala la géologie aride du Désert de la Mort.
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SachenkaSachenka   30 juin 2011
C'était la troisième fois que Carvalho allait jusqu'au haut plateau de terre rouge d'où l'on voyait, à portée de main, les mourantes ondulations blanches et mauves d'un Zabrinskie Point au soleil couchant. Des montagnes pour se suicider lorsqu'on part à la recherche d'un point de non retour, le lieu de l'oubli total, la condition d'une étincelle de vie dans ce monde inhabité, une étincelle libérée de la peur des territoires usurpés pour le corps et pour l'âme. Traînées noires, jaunes, bleues, vertes, rouges dans le fond de la vallée battue par les vents et poursuivie par les premières pénombres.
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Charybde2Charybde2   28 avril 2020
Jauma raconta sa vie à Carvalho de manière brève et efficace. Études de droit. Un voyage d’étudiant aux USA au cours duquel il dut se consacrer à faire des routes et à vendre des hot-dogs dans des cafeterias du Bronx. Il épouse une ancienne camarade de classe. Situation précaire.
– Le soir nous partagions souvent une omelette nature et un doigt de whisky.
Soudain, par un parent de sa femme, militaire détaché à l’ambassade à Washington, Jauma obtint une place à la Petnay. Quelques mois plus tard, il en devenait le représentant en Espagne.
– Et comme le dirait Groucho Marx, c’est ainsi qu’a commencé ma carrière, de la pauvreté la plus absolue au néant.
– Au néant ?
– Au néant. Un manager ne s’enrichit jamais assez pour pouvoir dire : salut et bye-bye. D’autre part, il est toujours dépendant des bilans annuels et des merdes mensuelles de l’entreprise. Je suis saturé. Hier au soir j’ai dû assister à un dîner fraternel des délégués du monde entier. Imaginez le spectacle d’une Amérique en fête. Tous les bijoux des femmes mis bout à bout auraient ridiculisé les richesses de la grotte d’Ali Baba. Bien. D’un côté les huiles, de l’autre la pression des travailleurs. Vous ne savez pas ce que c’est que de travailler en tant que P.D.G. dans la réalité ouvrière espagnole ou latino-américaine. Il faut avoir une santé de fer.
– Comment vous en tirez-vous ?
– Pour le moment bien. L’entreprise paye des salaires un peu supérieurs aux salaires locaux, et obtient des bénéfices américains. Mais je redoute une chose : une crise et qu’on exige de moi une attitude de contremaître. Vous comprenez ? – Vous avez une moralité de gauchiste.
– Ça vous gêne ?
– Ça ne m’importe guère. Moi aussi j’ai eu mes idées, à présent il ne me reste plus que quelques viscères en très bon état.
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SachenkaSachenka   25 juin 2011
Les Américians savent pousser les gens à bout et une minute avant l'effondrement ils savent les stimuler pour qu'ils se reprennent et continuent à produire. C'est le principe psychologique fondamental du taylorisme et du fordisme. Je me le prescris à moi-même. Sans ça je ne pourrais pas vaincre mon naufrage quotidien dans la solitude. La solitude du manager.
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