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Michèle Gazier (Traducteur)Georges Tyras (Traducteur)
EAN : 9782267007688
244 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (01/06/1990)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 74 notes)
Résumé :
" Quand il n'était encore qu'un poète admirateur d'Ezra Pound et de T.S.Eliot, Manuel Vasquez Montalban fit un jour le pari d'écrire en quinze jours un polar à l'américaine.

Pari gagné : la première aventure de Pépé Carvalho venait de naître. C'est aussi la plus simple et la plus belle.

Parce qu'il tire son nom d'une vieille complainte de marin et qu'il nous parle d'un jeune homme mort d'avoir tatoué sur son dos " Né pour révolutionne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  08 novembre 2019
Ce polar , il démarre plutôt bien , quand on y pense...C'est l'été , sur une plage ...Madame barbouille de crème le petit qui risque d'attraper des coups de soleil et d'entamer prématurément son capital génétique. Monsieur , lui , " brassote " lentement dans l'onde bleue .. Quel homme , cet homme attentionné qui attend patiemment l'arrivée auprès de lui de " la femme de sa vie " et du " fruit de leur amour "...Oui , bon , ca va , hein , faut pas " déconner " , on rembobine le film et on détourne le regard des âmes prudes .On reprend : monsieur " brassote " en yeutant la jeune femme à la plastique irréprochable qui saute à l'eau depuis son canot pneumatique ....On l'a tous fait un jour, ça non, les gars , hein ? Quoi ? Mais sauter du canot pneumatique, bien sûr ."Yeuter" une belle fille , non mais ça va pas ?Avec l'eau dans les yeux ? Faudrait être fort...Et la morale , elle est où dans tout ça, hein?
Ce qu'on a pas tous fait , c'est voir le canot pneumatique poussé par un individu qui , une fois retourné, présente un visage ...détruit par d'improbables prédateurs de la mer ...Son dos , quant à lui , livrera à votre sagacité un mystérieux tatouage.. qui dit que ...ben mince , je m'en souviens plus L'âge , sans doute...ou la mauvaise foi .Et c'est parti .Qui est cet homme ?
La mission de Pépé est lancée. de Barcelone à Amsterdam , toutes les suppositions sont bonnes mais doivent être vérifiées.
Des amis , des faux - amis , de curieux anciens " complices " , des " intimidateurs "se manifestent .
Alcool , drogue , sexe , décrits , évoqués , enviés, espérés , redoutés , voilà Pépé lancé dans une recherche plus compliquée qu'il n'y paraît.
Le rythme de ce roman est lent , parfois anesthésiant , on y avance avec force descriptions de "nourritures terrestres "parfois fastidieuses, longuettes , voire un peu obscures . C'est un roman bien construit , bien écrit ( traduit ) mais qui n'a pas pour vocation de nous donner des palpitations cardiaques ou des claquages dus à un rythme trop rapide .
Mis à part le cadavre du " beau mec " découvert dès le début, pas de sensationnel , non , du millimétré. Une fine analyse , certes , mais un peu ennuyeuse au final , ce qui n'est , bien entendu , que mon modeste avis .
Bref , vous l'aurez compris , ce roman ne m'a pas emballé mais il faut dire aussi que le challenge prenait " de l'altitude " après les formidables lectures précédentes que j'ai partagées avec vous , du reste .
Voilà, j'ai terminé ma lecture et mon commentaire . Je ne sais pas pourquoi , mais ni l'un ni l'autre ne me satisfont vraiment .Il me manque ce petit " quelque chose " qui m'envoute , qui me " scotche", qui m'embarque quoi ...,Enfin , si c'est pour m 'embarquer et faire de moi un cadavre au visage rongé , avec un tatouage dans le dos , ça me " gagne " pas trop non plus .Je passe mon tour , je rejoins " la dame qui badigeonne de crème son fils sur la plage ". Ben quoi , j'ai bien le droit , non ? Son mari , il ne se gêne pas pour " mater " la belle " nana " qui nage gracieusement auprès d'un cadavre....Je ne suis pas certain de continuer à enquêter avec Pépé , C'est un bon " mec" , pourtant....Et puis , " dans l'port d'Amsterdam y'a ...."
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Marple
  16 août 2013
Ce livre ressemble à Barcelone en été, et mes sentiments sont à l'image de ceux que j'éprouve pour la ville, c'est-à-dire très partagés. J'adore parce que c'est intéressant, vivant, surprenant... et je déteste parce que c'est écrasant (de chaleur), pas toujours ragoûtant et (un peu) déprimant.
Pépé Carvalho est la déclinaison barcelonaise du détective privé atypique : pas débordé, obsédé à l'idée de bien manger (et de bien baiser), évidemment célibataire mais partageant ses nuits avec une pute au grand coeur, plutôt bagarreur, avec un passé trouble fait de communisme et de CIA... Dans Tatouage, il mène l'enquête pour identifier un noyé assassiné porteur d'un tatouage infernal... Si l'univers est poisseux et glauque, l'enquête est relativement basique; d'ailleurs, si on retire toutes les scènes où Pépé mange, prépare à manger, pense à ce qu'il va manger, parle de ce qu'il aime manger, ainsi que les épisodes coups de poing, il ne doit pas rester plus d'une centaine de pages. Pas mal de négatif donc, et pourtant j'ai dévoré ce roman comme Pépé son ragoût de la mer : vite, bien et avec plaisir. Il m'a donné faim, de spécialités catalanes, de 'vrai', de vie, de tout.
En bonne alsacienne que je suis, je continue à préférer les polars plus 'propres' des Scandinaves et des Américains... si tant est qu'un polar puisse être 'propre'... Mais je rendrai volontiers de petites visites à Pépé Carvalho dans les bas-fonds de Barcelone pour les vacances !
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Ambages
  20 août 2019
Un corps retrouvé dans la mer. Des descentes de flics dans la ville. Un patron coiffeur qui demande à Carvalho de trouver le nom de ce cadavre qui porte un tatouage sur le dos, seul indice capable de permettre son identification. Pepe laisse sa dulcinée et se fend d'un petit voyage à Amsterdam. Bon.
Des liens pas vraiment compréhensibles entre les personnages, eux-mêmes sans grande consistance. Une histoire qui donne l'impression d'être faite de bric et de broc. C'est un peu léger, mais j'aime bien ce privé de Vazquez Montalban, alors je me laisse bercer par cet aseptique, ex-trotskiste, ex-flic et fin gourmet. Je ne savais même pas qu'il avait passé quelques années aux States… le quintette de Buenos Aires reste mon préféré.
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saigneurdeguerre
  04 juillet 2019
Drôle de pêche ! Qui est ce grand blond repêché à côté d'un pédalo et dont le visage a alimenté les poissons au point de le rendre quasi impossible à identifier ? Heureusement, il porte sur lui un signe distinctif peu courant : un tatouage dans le dos. Plutôt commun, non ? Dans les années '70 ? Pas si commun que cela. Surtout avec le slogan : « Né pour révolutionner l'enfer. » Rien que ça !
Monsieur Ramon, qui a un petit bureau au-dessus d'un salon de coiffure charge Pepe Carvalho d'identifier ce mystérieux cadavre. Quel intérêt monsieur Ramon peut-il bien porter à ce drôle de poisson ? Pour notre détective, qui n'a pas trop de travail en ce moment, le plus important c'est la somme de cent mille pesetas que monsieur Ramon est prêt à verser à Pepe.
Il faut préciser que la police est dans tous ses états depuis que ce cadavre a été repêché ! Ce qui se traduit par une agitation peu commune des pandores qui n'hésitent pas à arrêter les prostituées par dizaines. Sur les traces de la victime, Pepe s'embarque pour les Pays-Bas. Il y débarque en pleine période hippie, de libération sexuelle et de vente libre de drogues dites « douces ». Va-t-il y trouver les réponses qu'il est venu y chercher ?
Critique :
Roman policier ou guide gastronomique ? A moins que ce ne soit un guide touristique ? On est en droit de se poser la question tant Manuel MONTALBAN passe de temps à décrire tout ce qui fait saliver notre détective gastronome, à moins qu'il ne décrive Amsterdam ou Barcelone…
C'est la première aventure du célèbre détective que je lis et je ne suis pas pressé d'en lire d'autres. Je lisais le polar dans le bus en me rendant au travail car il ne nécessitait pas une grande concentration. C'est pour moi un typique roman de gare…
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Aline1102
  04 janvier 2013
Près de Barcelone, un jour de grande chaleur, le corps d'un homme est repêché dans la mer. Il semble jeune et sur son dos, un tatouage insolite est encore visible : « Je suis né pour révolutionner l'enfer ».
Quelques jours plus tard, Pepe Carvalho, un enquêteur privé, est contacté par Monsieur Ramón, un commerçant qui a bien réussi dans les affaires. Celui-ci demande à Carvalho d'enquêter sur le mort : il veut connaître son nom, d'où il vient, ce qu'il faisait en Catalogne ; bref, tous les détails que Pepe pourrait glaner à son sujet et que Monsieur Ramon est près à payer cher.
Carvalho commence son enquête sur place mais, très vite, les faits l'amènent jusqu'aux Pays-Bas. Là, il découvre l'identité du jeune homme noyé et tente d'en apprendre plus sur ses relations, en particulier celles qu'il entretenait avec les femmes.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Carvalho est un enquêteur très particulier. le trait le plus remarquable de sa personnalité réside sans doute dans le fait qu'il entretient une relation avec une prostituée, qu'il essaye d'ailleurs de mener à la baguette, comme il le fait avec toutes les femmes. Car notre ami Pepe est légèrement macho et ne semble penser qu'au sexe dès qu'il aperçoit un être humain de sexe féminin !
Une autre caractéristique du personnage, c'est la passion qu'il entretient pour la gastronomie. Carvalho est un fin gourmet et un amateur de grands crus, ce qui émaille le récit d'extraits alléchants sur le menu de ses différents repas.
Du côté des points positifs de sa personnalité, on peut aussi relever sa ténacité. Car même alors que le Señor Ramón lui demande d'oublier l'enquête qu'il lui a confiée et le remercie pour les informations qu'il a déjà collectées, Carvalho refuse de s'arrêter. Apparemment, parce que le cas en question a soulevé de nombreuses questions auxquelles il aimerait trouver une réponse. Mais, pour ma part, j'ai également eu l'impression que, pour Pepe, c'était une question d'honneur : pas question de laisser un cas à moitié résolu.
Un gros point négatif du personnage de Carvalho, en-dehors du fait qu'il soit(comme je l'ai signalé plus haut), un macho ascendant misogyne, c'est la façon dont il alimente son feu ouvert. Carvalho aime avoir un feu qui brûle dans sa cheminée, même quand il fait 30°C dans les rues de Barcelone et il utilise, comme papier pour lancer ses jolies flambées, des livres ! Sale type !
Si j'ai pu me faire une opinion assez nette (et mitigée) sur le personnage de Carvalho, je trouve par contre très difficile de parler du polar en lui-même et de l'action qui s'y déroule. L'enquête en elle-même est certes intéressante et le suspense ne manque pas, puisque la vie du jeune homme noyé ne nous est révélée que petit à petit, au fur et à mesure des investigations de Carvalho. Mais l'ambiance générale de ce polar est très (trop ?) noire, avec une sorte de misère sous-jacente qui pourrait sans doute être mieux exploitée par l'auteur si elle occupait une place plus centrale dans le récit.
On nous parle des origines modestes de Carvalho et de son oncle, agriculteur en Galice, qui a du mal à joindre les deux bouts et sollicite régulièrement la générosité de son neveu (celui-ci n'hésitant pas à répondre à cette demande, il faut le souligner). On nous parle des Espagnols qui ont quitté leur pays afin de partir travailler à Rotterdam, gagner quelques florins à envoyer à la famille restée au pays (nous ne sommes pas encore à l'époque de l'euro, Carvalho étant payé en pesetas par le Señor Ramón).
C'est tout un contexte socio-économique que l'auteur évoque sans l'approfondir, Carvalho ne faisant que constater que la misère frappe tous les Espagnols. Et l'on ne peut s'empêcher d'être légèrement frustré par la façon dont toute cette misère est passée sous silence : aussitôt remarquée, aussitôt oubliée. Dommage car ce polar, qui semblait bien plus que cela au début de par la personnalité atypique de son enquêteur, y aurait certainement gagné en profondeur.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   03 juin 2018
Carvalho descendit à la cave pour y chercher du bois. Il fit plusieurs voyages, puis nettoya la cheminée des restes de la dernière flambée qu’il y avait faite, cinq jours plus tôt. Quatre nuits de suite chez Charo, c’était trop de nuits. Carvalho était tiraillé entre des sentiments contradictoires. D’un côté, il se reprochait d’avoir abandonné sa maison et sa vie réglée, normale. De l’autre, il se rappelait le velours de la peau de Charo, la douceur de sa peau la plus secrète, certains gestes tendres qui lui avaient démontré qu’elle l’aimait.
Il chercha vainement un journal pour mettre le feu au tas de bois qu’il avait arrangé selon les règles des bons allumeurs de feu. Du petit bois à la bûche, le tas respectait la correcte hiérarchie pyramidale allant du plus léger au plus lourd. Mais il n’y avait pas de papier.
– Je devrais lire les journaux plus souvent, dit-il à haute voix.
Finalement, il s’approcha des rayonnages de livres qui recouvraient les murs de la pièce. Il hésita mais se décida pour un livre rectangulaire, vert, épais. Carvalho en lut un fragment tout en le portant au bûcher. Il s’intitulait España como problema, écrit par un certain Laín Entralgo à une époque où l’on croyait que l’Espagne était à elle-même son seul problème. Il glissa le livre – tous les feuillets, y compris la reliure qu’il avait forcée – sous le bois, puis il y mit le feu, à la fois anxieux et impatient de voir jaillir la flamme tandis que le livre se transformerait en un simple amas de mots oubliés.
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AmbagesAmbages   18 août 2019
Sans sa caricaturale crinière, Teresa retrouvait une incontestable identité de fille de la haute bourgeoisie, aux traits bien entretenus par une bonne alimentation et une hygiène de vie régulière et cette liberté dans l'expression que donne au visage la sérénité de l'acrobate travaillant sans filet. Charo travaillait sans filet depuis sa naissance et Carvalho surprenait parfois sur son visage le rictus canaille de ceux qui tuent pour se défendre ou la peur de ceux qui redoutent la chute. Le schématisme des visages prolétaires est celui des cariatides : du rire ou des larmes. Le visage de Teresa Marsé avait la placidité logique du matériau qui se sait homologué partout, par tous les temps.
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   28 juin 2019
S'il voulait faire l'amour, il devrait se résoudre à louer un corps mercenaire, ou à engager une longue escarmouche verbale au résultat incertain. L'étape de la persuasion, tout ce cérémonial préalable, l'ennuyait. Ce genre de communication devrait être automatique. Un homme regarde une femme et la femme lui dit oui ou non. Et inversement. Tout le reste n'est que culture.
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Aline1102Aline1102   04 octobre 2012
A la casa de Carvalho se llegaba por un camino ancho de tierra que reptaba entre viejas villas historiadas, de un blanco agrisado por la lluvia a lo largo de cincuenta años, salpicado por azulejos verdes o azules y los colgantes mechones de buganvilias o dondiegos que reposaban por los bordes de las tapias.
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SachenkaSachenka   24 juin 2011
Carvalho se rappela alors une vieille boutade d'un professeur de littérature française, Juan Petit : "Imaginez-vous que l'homme angoissé des oeuvres de Sartre, en pleine crise d'angoisse, entende frapper à sa porte. Il va ouvrir, c'est l'encaisseur de gaz. S'il peut payer, tout va bien. Il peut retourner à son angoisse métaphysique. Mais s'il ne peut pas payer, son angoisse métaphysique va se faire voir et il en a une nouvelle."
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