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EAN : 9782253262015
160 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (26/08/2020)
3.5/5   24 notes
Résumé :
Issue de grandes dynasties viennoises et anglaises au cosmopolitisme vertigineux, Antonia est mariée à un nanti de Palerme. Soumise et contrainte à l’oisiveté, mais lucide, elle rend compte dans son journal de ses journées-lignes et du profond malaise qu’elle éprouve. Suite au décès de sa grand-mère, Antonia reçoit quantité de boîtes contenants lettres, carnets et photographies. En dépouillant ces archives, elle reconstruit le puzzle du passé familial et de son iden... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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pompimpon
  24 juin 2021
"Je croyais avoir oublié mais tout refait surface. Ces souvenirs catapultés dans mon présent me tourmentent certes, mais me donnent aussi la sensation de finalement toucher le sol, de m'ancrer dans le réel. La brume diffuse, la confusion qui habitait ma mémoire se dissipe petit à petit. Avant, je doutais, ne sachant jamais avec certitude si mes souvenirs étaient des inventions."
Antonia est engluée dans un mariage sans amour ni même considération, un quotidien sans attrait, une maternité confisquée par une Nurse omniprésente, qui en viennent même à la rendre physiquement malade.
Nous sommes en 1965 à Palerme, et il n'y a aucune raison que sa situation évolue.
Mais ces cartons qu'elle hérite de sa Nonna, donc son oncle Ben lui a dit qu'elle ne trouverait rien là-dedans, "Il n'y a que de vieilles lettres dans ces boîtes, de vieilles photos", ces cartons dans lesquels elle va plonger vont lui restituer l'histoire de sa famille, son histoire à elle, loin des mensonges et des non-dits.
La rendre à elle-même.
De quoi prendre vraiment sa vie en main et décider seule ce qu'elle veut en faire.
Son journal raconte les quelques mois entre 1965 et 1966 qui l'amènent à décider de changer de vie, l'embarquent vers autre chose qu'elle aura choisi.
Il n'est pas exempt de retours en arrière, regrets, remords, tentatives de sauver les meubles, de rester dans cette vie qui l'étouffe lentement.
Le pas n'est pas facile à franchir.
Ce sont des fragments de vie épars, des cailloux sur le chemin de cette Poucette perdue dans une existence sans intérêt pour elle, des souvenirs qui s'invitent et l'aiguillonnent.
Se dessine le parcours d'une famille entre l'Italie, la Grande Bretagne et l'Autriche, qui s'éparpille jusqu'au Brésil et aux Bahamas au début de la Seconde Guerre mondiale. La spoliation des Juifs et l'antisémitisme, eux, éclatent au coin d'une réception ou bien d'un terrible réveil de mémoire enfantine.
Se dessine le portrait, presque en creux, d'une femme qui n'a jusque là pas eu à choisir souvent et se reproche de s'être beaucoup trompée, en se mariant et en ayant son fils si jeune, pour se retrouver dans cette impasse.
"Il paraît qu'un jour on se réveille affamé de ne pas avoir été ce que l'on souhaite."
Il lui faut du temps pour être réellement affamée mais les derniers mois, les exhortations à se saisir de sa vie et à rompre les amarres se multplient et remplacent les constats d'échec.
Les quelques photos qui parsèment ce journal expriment une forme de nostalgie, jusqu'à cette photo d'Antonia petite fille sautant/tombant/se jetant d'un petit muret, saisie dans son élan.
Dans son élan.
Elle est prête.
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Bazart
  05 février 2021
Idée originale pour ce premier roman de l'autrice italienne Gabriella Zalapi qui nous fait rentrer dans le journal intime d'un personnage de fiction, Antonia, rédigé entre 1965 et 1966 avec un ( faux) carnet de photos et des notes plus ou moins grifonnées qui semblent avoir été retrouvées telles quelles.
Antonia est une jeune italienne de trente ans qui vit à Palerme avec son mari qu'elle n'aime pas Franco et leur fils Arturo.
Face à l'indifférence polie de son mari qui semble trop accaparé par son travail, Antonia va se plonger dans l'histoire intime des grands parents afin de tenter de se reconstruire quelque peu.
Ce vrai faux journal intime nous plonge dans une Italie bourgeoise des années 60 qui ne semble pas encore prête à laisser s'exprimer les désirs d'émancipation des femmes.
Grace à une écriture sensible et délicate , Gabriella Zalapi nous fait toucher du doigt, par de toutes petites touches, comment se crée le sentiment d''enfermement d'une femme soumise à une société patriarcale bien trop prégnante .
Dommage que ce journal, qui couvre une période de deux années, est trop court ( 120 pages!) et composé de trop petits paragraphes qui donnent la fâcheuse impression de survoler les thématiques et les sentiments explorés.
L'ensemble donne l'impression d'être un peu trop superficiel et de manquer d'un peu de profondeur pour émouvoir et compatir au destin de cette jeune femme bridée et brimée.
Un roman dont l'exécution ne dépasse pas les bonnes intentions de départ.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Marie-Nel
  02 février 2021
Je ne connaissais pas du tout Gabriella Zalapi et n'avait jamais vu son roman. Je suis donc très contente d'avoir pu la découvrir et la lire avec ce prix. C'est un premier roman, et c'est plutôt réussi, en tout cas la forme est originale puisque l'histoire se présente sous forme de journal que tient la narratrice et l'héroïne du livre, Antonia.
 
Antonia est une jeune femme de vingt-neuf ans, elle est mariée à Franco et à un fils Arturo. Ils vivent à Palerme. Antonia et Franco ont eu un coup de foudre, mais celui-ci n'existe plus depuis longtemps, Antonia n'aime plus son mari et cela semble réciproque, son mari est froid et distant, il rabaisse tout le temps sa femme et ne lui trouve aucune qualité. Antonia se pose des questions sur son mariage, elle se demande même si elle aime son fils, surtout depuis que la gouvernante s'occupe de lui et domine totalement Antonia. Son histoire familiale personnelle est très riche. du côté de sa mère, les origines juives et allemande et du côté de son père, de riches anglais installés en Sicile. Un jour, Antonia reçoit en héritage de sa grand-mère paternelle, Nonna, des cartons qui contiennent plein de photos, de documents, de lettres lui racontant la jeunesse de ses parents, l'histoire de sa famille. le père d'Antonia est mort très jeune à la seconde guerre mondiale, sa mère sera presque toujours absente pour elle, elle se remariera et aura un autre enfant. Antonia va trouver dans ces cartons des réponses à ses questions sur sa famille, sur le comportement de sa mère, qui lui ouvriront les yeux sur sa propre situation personnelle.
 
Suivre Antonia de février 1965 à novembre 1966 a été fort intéressant. On est dans le milieu des années 60, avant mai 68, la condition féminine, surtout en Italie, est difficile et compliquée. Elle est souvent rabaissée par son mari, qui la cantonne à bien tenir sa maison, bien se tenir à table, toujours être bien soignée et toujours honorer son mari. Une sorte d'esclavage qui n'est pas vieux, et lire cela est révoltant. Lorsqu'elle se confiera à son grand-père maternel, croyant trouver un appui, celui-ci au contraire sera irrité de sa façon de penser et se fâchera même contre elle. C'est ce mal-être qui la fait se décider à tenir un journal où elle se confie, où elle réfléchit à sa situation.
 
Je me suis attachée à Antonia, mais je dois bien avouer qu'il m'a manqué un peu de densité pour ressentir encore mieux les émotions. le livre est très court, à peu près 150 pages au format poche, le texte est très aéré, parfois une page ne comporte que quelques phrases, des photos viennent étayer le récit. Tout cela fait que j'ai trouvé le texte trop court et pas assez profond. Néanmoins, j'ai apprécié le style de Gabriella Zalapi, très doux, très subtil, tout en délicatesse, avec une poésie des mots et des phrases qui font que le texte a lire est très beau et sensible. J'ai vraiment beaucoup aimé l'écriture de cette jeune auteure. La fin est porteuse d'espoir, comme on dit, c'est une fin ouverte, où le lecteur s'imagine lui-même ce qui peut se passer. Je n'aime pas toujours ce genre de final, mais là, j'ai trouvé qu'il allait très bien avec le reste de l'histoire et de la pudeur des mots et des sentiments. Mon attachement pour Antonia vient surtout du fait que le choix narratif de l'auteure est celui que je préfère pour ressentir au mieux les émotions, puisque tout est raconté à la première personne du singulier, ce qui est tout à fait logique, puisqu'il s'agit d'un journal. Ce « je » me permet de me mettre à la place de l'héroïne, de rentrer dans sa tête et de ressentir au plus près la moindre de ses émotions.
 
J'ai apprécié cette lecture, que j'ai lu rapidement, du fait du texte très aéré, des chapitres parfois très courts. Mais ma lecture a été rapide aussi, car j'avais envie de savoir ce qui allait se passer pour Antonia, connaitre son passé, et savoir comment cela allait se terminer. Mon seul regret est de ne pas savoir les événements après novembre 1966, savoir comment elle finirait sa vie. C'est un personnage dont j'aimerais avoir des nouvelles.
Les points forts de ce roman sont les messages que fait passer l'auteure au travers d'Antonia, sur les femmes, leurs conditions de vie, sur l'après-guerre, sur les différents problèmes entre les peuples.
Ses points faibles seront sûrement le manque de profondeur. Pourtant, j'avoue que je n'oublierai pas Antonia, elle a su me marquer, et saura rester dans ma mémoire. Peut-être l'auteure prévoit-elle de la retrouver dans les années suivantes, il y aurait matière pour faire une belle suite de son journal.
 
J'ai aimé découvrir la plume de Gabriella Zalapi, et je serais ravie de la retrouver dans un autre roman, pour voir quel serait le sujet et comment elle le traiterait. Sa plume douce et sensible est prometteuse et donne envie de lire plus de livres d'elle. Je vais donc la suivre, afin de la lire à nouveau.
Je ne peux que vous conseiller ce roman, pour toutes les valeurs qu'il véhicule, pour Antonia, sa vie, ses joies et ses peines. La lire, c'est rendre hommage à toutes ces femmes qui ont dû supporter des maris ou des hommes trop durs. Quand on lit ça à notre époque, on ne peut qu'être en colère, et surtout ne pas avoir envie de vivre de cette façon, et pour cela, il faut toujours rester vigilante…

Lien : http://marienel-lit.over-blo..
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ClaudineB
  16 février 2021
« J'attends comme un rat aveuglé par une torche que quelque chose, un accident, un évènement fasse exploser ce tableau idyllique dans lequel je survis. Je négocie, je négocie, je négocie avec mon envie de tout détruire, mais serais-je capable de bâtir quelque chose ? ».
« Antonia » nous ouvre les pages du journal intime d'une jeune femme de 30 ans dans les années 60 .
Mariée à un homme riche de Palerme, Antonia s'ennuie, prisonnière d'une vie dans laquelle elle se sent à l'étroit, réduite au silence en tant qu'épouse, femme et même mère, dont l'éducation du fils est régie par la nurse. Elle nous décrit ces « journées-lignes » dans lesquelles elle étouffe prête à exploser sans jamais trouver la force de se libérer de son carcan.
La mort de sa grand-mère dont elle hérite va lui offrir une échappatoire dans laquelle elle va s'atteler 2 ans durant à reconstruire, à partir de lettres, de photos et de documents, le puzzle de cette famille cosmopolite qui a connu les douleurs de l'exil.
Un court récit, pour une lecture rapide et une attention furtive, je l'avoue (peut-être parce que je l'ai lu à une heure très tardive de la soirée, je ne sais pas…). Plus sérieusement, la vie de cette bourgeoise qui s'ennuie ne m'a plus émue que ça, peut-être aussi parce que le sujet est un sujet régulièrement abordé en littérature. Je n'ai pas ressenti non plus d'empathie (ni même de sympathie) pour l'héroïne.
J'ai survolé cette lecture avec le sentiment que les sujets abordés l'étaient tout autant : un approfondissement plus poussé de la personnalité de l'héroïne ou une immersion plus détaillée dans l'histoire familiale aurait réussi à capter mon attention et me faire apprécier ce roman, à sa plus juste valeur.
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Flo_herisson
  30 juillet 2021
Palerme 1965. Antonia, jeune femme presque trentenaire s'ennuie à mourir dans un ménage où elle se sent enfermée, désoeuvrée, méprisée.
C'est dans un journal qu'elle se livre, qu'elle avoue ses déceptions, ses peines, ses doutes, ses rancoeurs.
Ce sont parfois de simples pensées, parfois des flashbacks poignants où, sans chronologie, elle évoque ses souvenirs d'enfance souvent douloureux. Des souvenirs ravivés par l'exploration méthodique de lettres et de photos héritées de sa grand mère, seule personne à l'avoir réellement aimée.
.
Tranche de vie, portrait d'une époque, ce livre délicat dresse un tableau sensible de la condition féminine dans les années 60. C'est la voix d'un « desesparate housewife » de la bourgeoisie sicilienne qui, à peu de mots, par touches subtiles, décrit la profonde solitude de ces femmes dont l'unique horizon était d'être de parfaites épouses, oisives et entièrement dévouées à des maris insipides et méprisants.
Ce journal intime est aussi le portrait d'une femme forte. Une femme qui pour s'opposer au poids des conventions, àvl'emprise d'une famille toxique, à la vacuité d'une existence monotone va puiser au plus profond d'elle pour combattre et se libérer.
En quelques mots on est plongé dans l'intimité de cette femme d'une grande modernité. Par bribes, on l'accompagne dans sa prise de conscience, avec intensité mais aussi avec pudeur. J'ai aimé cette construction, comme un puzzle subtil vers l'émancipation, où le vide de certaines pages fait écho au vide de ses « journées lignes » comme elle aime à les qualifier.
Cependant il m'a manqué un peu de densité pour avoir un vrai coup de coeur. J'aurais aimé un peu plus de détails, de profondeur et finalement trop d'ellipses m'ont laissé un peu sur ma fin.
.
Très belle première lecture cependant, toute en finesse et en subtilité
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
pompimponpompimpon   23 juin 2021
Grandir à toute vitesse et sortir de là. Je ne sais pas par où commencer. Je m'égare, je rature, je réduis, je construis, je compresse, je colle, je rêve éveillée, je crache sur l'injonction "Soyez heureux". Seule la nuit je suis honnête.
Commenter  J’apprécie          80
CelineChaixCelineChaix   29 janvier 2021
Je m'égare, je rature, je réduis, je construis, je compresse, je colle, je rêve éveillée, je crache sur l'injonction Soyez heureux. Seule la nuit, je suis honnête.
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cathfdcathfd   01 mai 2021
Ce matin, lorsque j’ai ouvert les yeux, j’étais incapable de bouger. Mon corps semblait s’être dissous dans les draps et baignait dans une sueur toxique
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ClaudineBClaudineB   16 février 2021
J’attends comme un rat aveuglé par une torche que quelque chose, un accident, un évènement fasse exploser ce tableau idyllique dans lequel je survis. Je négocie, je négocie, je négocie avec mon envie de tout détruire, mais serais-je capable de bâtir quelque chose ? .
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