> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 274275833X
Éditeur : Actes Sud (2006)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 134 notes) Ajouter à mes livres
Après un long séjour à l'hôpital, d'écrivain Sidney Orr reprend goût à la vie. Mais il est accablé par l'ampleur de ses dettes et par l'angoisse de ne pas retrouver l'inspiration. Un matin, il découvre une nouvelle papeterie au charme irrésistible. Il entre, attiré par ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aaliz, le 08 novembre 2011

    Aaliz
    Après avoir été totalement conquise par La Trilogie new-yorkaise, j'avais hâte de renouer avec Paul Auster pour vérifier si je retrouvais mes sensations et mon plaisir à sa lecture.
    Eh bien ce fût le cas avec La nuit de l'oracle.
    Voilà encore un récit à la construction étonnante que je n'essaierai même pas de résumer.
    Paul Auster a ce don incroyable de balader son lecteur à sa convenance l'emmenant dans une direction pour mieux le bousculer et l'envoyer valdinguer dans une autre.
    Ici encore je me suis posée des tas de questions qui sont restées sans réponse. Auster parvient avec un talent fou à semer la zizanie dans l'esprit de son lecteur. Tout d'abord grâce à l'utilisation habile de la mise en abîme multiple. La nuit de l'oracle raconte l'histoire d'un écrivain qui nous raconte l'histoire d'un éditeur qui lit un livre, bref on se retrouve avec trois histoires imbriquées avec des similitudes volontaires entre les personnages au point qu'on en arrive à ne plus savoir dans quel récit on se trouve ! On retrouve là un procédé de Paul Auster qui, comme son narrateur, aime s'inspirer de lui-même pour créer ses personnages. (On retrouve d'ailleurs encore un anagramme de son nom …)
    Les récits sont truffés d'éléments étonnants qui éveillent la curiosité du lecteur créant ainsi une forme de suspense. Mais tout comme dans La Trilogie, pas d'issues, pas d'explications. le lecteur ne peut que se contenter des fruits de ses suppositions et de son imagination. Je pourrais vous exposer les miens ici mais je n'en ferai rien car d'une part ce serait vous dévoiler des tas d'éléments essentiels qui, ainsi sortis de leur contexte, n'auraient non seulement pour vous aucune signification mais vous gâcherait l'effet de surprise, et d'autre part pourraient influencer votre propre interprétation de ce livre.
    Je peux toutefois vous informer qu'on retrouve ici un thème cher à Auster qui est la notion de hasard. Selon lui, les évènements de la vie ne surviennent que par hasard et notre vie ne tient donc qu'à un fil. Je me demande aussi si Auster n'a pas vécu un accident sévère au cours de sa vie, peut-être est-il passé près de la mort car ce thème réapparaît assez souvent aussi. On ressent aussi beaucoup son côté humain à travers l'évocation des camps de la mort et d'un fait divers concernant un bébé qui amène le narrateur a versé des larmes. La mort d'un bébé revient souvent dans le récit ( à 3 reprises ) est-ce du vécu aussi ?
    Paul Auster décrit également très bien les questionnements relatifs au métier d'écrivain, l'inspiration subite qui permet à l'auteur d'écrire dans une totale frénésie jusqu'au blocage, la situation où l'écrivain se retrouve confronté à un obstacle qu'il ne sait pas comment résoudre. J'ai été intriguée aussi par cette notion de mots « qui tuent ». Lorsqu'un écrivain couche certaines pensées sur le papier, sont-elles amenées à se réaliser dans la réalité ? L'écrivain serait-il une sorte de medium ? J'ai lu que les horoscopes et autres prédictions de l'avenir pouvaient se révéler justes car ces prédictions conditionnent la personne et, par effet de suggestion, la pousse à agir de façon à ce que ces prédictions deviennent réalité. Serait-ce la même chose pour un écrivain ?
    En dehors de tout ceci, j'ai retrouvé aussi cet objet récurrent dans l'œuvre de Paul Auster qu'est le carnet. Rouge dans La Trilogie, il est bleu dans La nuit de l'oracle. Pourtant une scène m'a surprise (et peut-être qu'encore une fois c'est mon imagination qui s'emballe) : le narrateur se bagarre avec un libraire car il souhaite absolument acheter un carnet rouge ( le dernier en magasin) mais le libraire refuse obstinément prétextant que Le carnet rouge a déjà été réservé pour une autre personne. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cette personne en question était le narrateur de La Trilogie …
    Ce n'était donc que ma deuxième rencontre avec Paul Auster mais à force de recherches sur lui je commence à mieux le saisir. Toujours est-il que je meurs d'envie de poursuivre ma découverte de son œuvre et qui sait … peut-être faire la connaissance d'un éventuel propriétaire de carnet vert ?
    A ce propos, j'ai l'impression qu'Auster attache beaucoup d'importance aux couleurs. Je pense aux carnets mais aussi aux noms de ses personnages dans la Trilogie. Serait-ce par effet de contraste avec la grisaille du béton new-yorkais ?
    Bref, comme vous voyez, cet auteur et son oeuvre m'intriguent énormément.
    Je crois que je vais aller faire un tour à la librairie moi …


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-la-nuit-de-l-oracle-paul..
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 12 août 2011

    Malaura
    L'écrivain new-yorkais Sydney Orr se souvient d'une période étrange et difficile de sa vie où fiction et réel semblent s'être confondus pour l'entraîner aux frontières du fantastique.
    A l'époque, Sydney sort d'une grave maladie.
    Bien qu'affaibli, il tente de se remettre à l'écriture mais l'inspiration se fait attendre.
    Jusqu'au jour où il fait l'acquisition d'un carnet bleu dans une petite papeterie.
    Au contact du carnet et dans une sorte d'état second, il entame alors la rédaction d'une histoire géniale...
    Dès les premières lignes, la puissance narrative est là, présente, palpable, prodigieuse, à laquelle s'ajoutent intelligence et ingéniosité.
    Dans ce roman sous forme de "poupée russe", où les récits dans le récit, les mises en abyme et les notes de bas de pages alternent sans jamais aucune lourdeur, l'auteur s'interroge sur le pouvoir prophétique et prémonitoire des mots.
    "L'écriture comme acte prophétique", une énigme insoluble et captivante dans laquelle l'auteur nous entraîne irrésistiblement.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 13 octobre 2011

    brigittelascombe
    Sydney Orr,suite à un accident, revient de loin.
    Convalescent,sa route croise Chang,un papetier chinois de Brooklyn,dont le carnet bleu portugais lui redonne l'inspiration.
    Un chassé croisé s'en suit entre réalité et imaginaire.
    Réalité du quotidien auprès de son épouse Grace(qu'il adore) mais qui semble parfois triste, de son ami John, écrivain aussi,plus âgé, un peu trop généreux, dont le rôle est trouble vis à vis de "Graccie", dont le fils agressif se drogue, qui se bat contre deux caillots invalidants et enfin réalité des aléas de la vie(dettes,boulot peu fiable,santé précaire...)
    Imaginaire du manuscrit de Sydney,dont l'histoire se base sur le fait que "le monde est régi par le hasard", à deux secondes près une poutre tombée d'un toit peut vous tuer et dont les personnages(Nick Bowen et Rosa Leightman) s'inspirent de son entourage.
    Beaucoup de questionnements dans ce roman qui tient en haleine et dont la psychologie des personnages est très fine: Qu'est-ce que l'inspiration?Comment se monte une histoire?Qu'est-ce que la panne d'écriture?La vie s'enclenche-telle sur des hasards?Connait-on vraiment l'autre? Se connait-on vraiment soi même?L'imaginaire peut-il influer sur la réalité?
    Un roman très intéressant de Paul Auster écrivain américain connu et reconnu toujours publié chez Actes sud éditions.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 14 octobre 2011

    brigittelascombe
    La nuit de l'oracle, dont le titre est issu du manuscrit sur lequel Sydney Orr, écrivain en manque d'inspiration suite à de graves problèmes de santé, base son histoire,oscille entre réalité et imaginaire.On passe tour à tour de la vie de couple amoureux mais lourdement endettéde Sydney et Grace "aux yeux d'un bleu intense étoilé de traces de gris"à la fiction que Sydney écrit, dont "le point de départ sensationnel" lui a été donné par John l'ami de la famille un peu trop présent.
    Nick Bowen("incapable de reprendre haleine") la première fois qu'il voit Rosa, "alors qu'il n'est "ni un aventurier ni un homme à femmes", principal personnage de son roman,pénètre la vie de Sydney puis l'entraine dans l'impasse de la panne d'écriture.
    Lui faut-il acheter un carnet différent du bleu que lui a procuré le papetier chinois Chang, pour qu'ainsi que le suggèrera John, les mots recommencent à venir?
    Lui faut-il écrire de l'alimentaire holliwoodien pour effacer ses nombreuses ardoises?
    Projetons nous notre imaginaire sur la page blanche de la vie pour que s'écrive notre avenir? Sommes nous maîtres de notre destin?
    Paul Auster, sur les vagues houleuses d'une trame hautement psychologique, balance la frêle embarcation de Grace et Sydney au gré de ses envies.
    Les sauvera-t-il de toutes leurs mésaventures ou les coulera-t-il?
    L'écrivain est seul maître à bord et Paul Auster est un navigateur aguerri.Bravo!
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  • Par keisha, le 11 décembre 2010

    keisha
    Relevant d'une maladie qui l'a conduit près de la mort et ayant délaissé un peu l'écriture de romans, Sydney Orr quitte l'appartement de Brooklyn qu'il occupe avec sa femme Grace pour de courtes promenades dans le quartier ou des visites à son ami John Trause, un écrivain célèbre.

    Il découvre par hasard une toute petite papeterie tenue par un chinois, où il achète un joli carnet bleu, dans lequel il commence à écrire avec "du plaisir, un sentiment exaltant et fou de plénitude". le point de départ est une anecdote fournie par Trause, découverte dans un roman de Hammett : un nommé Flitcraft quitte tout, famille, travail, après avoir frôlé la mort. "La chute d'une poutre pouvait inopinément mettre fin à sa vie: il changerait sa vie inopinément, juste en s'en allant."

    "Les mots me venaient, rapides, en douceur, sans effort apparent. (...). Les mots suivants semblait toujours être là, prêt à sortir de ma plume. Je voyais mon Flitcraft comme un nommé Nick Bowen. "
    Ce Bowen est directeur littéraire, reçoit le manuscrit oublié d'un roman de Sylvia Maxwell, intitulé La nuit de l'oracle. Qui raconte l'histoire d'un homme qui lors de crises pouvait connaître certaines parties de l'avenir. Bref, Bowen échappe lui aussi à un accident mortel, et part à Kansas City.

    Le lecteur habitué à Paul Auster reconnaîtra avec plaisir l'intrusion d'histoires dans l'histoire, habilement narrées en parallèle, dans un style fluide qui permet de suivre facilement. Sauf que là s'ajoutent de très longues notes de bas de page, passionnantes, qui éclairent la vie passée de Sydney Orr et obligent le lecteur à décrocher (à regret) d'une histoire pour se plonger dans une autre. Dur pour les nerfs, mais vivifiant pour le cerveau!

    Nous sommes là en plein coeur du processus de création littéraire.
    En effet Sydney décide de donner à Rosa Leightman, petite fille de Sylvia Maxwell, le corps de Grace, tout en donnant à Bowen un physique éloigné du sien. Pourquoi Kansas City? Sydney découvrira qu'en fait il se rappelait un événement qui s'y était déroulé. Bowen y rencontre un type qui collectionne les annuaires (Sydney possède l'annuaire de Varsovie daté de 1937-1938). "Il y a d'autres décisions à prendre, bien entendu, une foule de détails significatifs à imaginer (...).Depuis combien de temps Rosa vit-elle à New York, par exemple? Qu'y fait-elle?..." "Je ne rédigeais pas encore l'histoire, je ne faisais que l'esquisser à grands traits et je ne pouvais pas me permettre de m'enliser dans le détail de considérations secondaires.(...) Pour le moment je ne souhaitais que foncer droit devant moi, découvrir où allaient me conduire les images que j'avais en tête." John Krause apparaît dans l'histoire de Bowen. Sydney ne découvrira pas pourquoi ce choix de Sylvia Maxwell.

    Tout commence à pas mal se mélanger... Un rêve de Grace évoque une situation critique pour Bowen. Mais "tant qu'on est dans un rêve, il y a toujours moyen de sortir". Ce qui arrive dans un roman peut-il influencer la réalité?

    Encore une fois Paul Auster bouscule son lecteur et ne lui laisse pas la possibilité de décrocher des pages de son roman. C'est éblouissant mais ce qui pourrait n'être d'artificiel est passionnant grâce au talent de conteur hors pair d'Auster. Il a vraiment l'art d'inventer des histoires parfois incroyables, mais en un paragraphe le lecteur est pieds et poings liés.


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-la-nuit-de-l-ora..
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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 12 février 2008

    Les mots sont réels. Tout ce qui est humain est réel et parfois nous savons certaines choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous n’en avons pas conscience. Nous vivons dans le présent, mais l’avenir est en nous à tout moment. Peut-être est-ce pour cela qu’on écrit Sid. Pas pour rapporter des évènements du passé, mais pour en provoquer dans l’avenir.
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  • Par pilpilip, le 07 avril 2010

    Thoreau a dit qu'il avait trois sièges dans sa maison, rappelle-t-il. Un pour la solitude, deux pour l'amitié et trois pour la société. Je n'ai que celui pour la solitude. Ajoutez-y le lit, et ça fera peut-être deux pour l'amitié. Mais il n'y a pas de société ici. Ca, j'en ai eu mon compte en pilotant mon taxi.
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  • Par songtsen, le 10 décembre 2011

    J'étais un homme perdu, un homme malade, un homme qui se débattait pour reprendre pied, mais sous tous les faux pas et toutes les sottises que j'ai commises cette semaine-là, je savais une chose que je n'étais pas conscient de savoir. A certains moments, pendant ces quelques jours, j'ai eu l'impression que mon corps était devenu transparent, une membrane poreuse à travers laquelle pouvaient passer toutes les forces invisibles du monde-un réseau aérien de charges électriques transmises par les pensées et les sentiments des autres...Le futur était déjà en moi, et je me préparais aux désastres à venir.
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  • Par brigittelascombe, le 13 octobre 2011

    Tu as de la chance de ne pas avoir d'enfants Sid.C'est gentil quand c'est petit,mais,après,ça te brise le coeur et ça fait ton malheur.Un mètre cinquante,c'est le maximum.On ne devrait pas leur permettre de devenir plus grand que ça.
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  • Par soelmaju, le 10 janvier 2009

    Je relevais d'une longue maladie. Quand arriva le jour de ma sortie de l'hôpital, c'est à peine si je savais encore comment marcher, à peine si je me rappelais qui j'étais censé être.
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