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ISBN : 2226215301
Éditeur : Albin Michel (2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.68/5 (sur 727 notes)
Résumé :
A trop désirer la mort, on y brûle son âme.
Paris, 1900.
Prisonnier de son succès, un écrivain décide de tout quitter pour entrer au plus profond de ses cauchemars, de ses abysses, explorer ce qu'il y a de pire en lui. Dans ce terreau de peurs se cache la matrice des monstres enfouis en chacun de nous.
Un Léviatemps d'ombres, un golem de violence.
Guy de Timée voulait déterrer la fange, il va rencontrer le Mal.
Des cercles ésotériq... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (126) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
lehane-fan16 janvier 2014
  • Livres 3.00/5
Guy de Timée - Chattam avait d'abord opté pour Boulée de Mars mais l'action se déroulant en février...- est un écrivain reconnu évoluant dans la haute bourgeoisie. Mari et père à la vie insipide, il décide d'abandonner soudainement femme et enfant pour finalement trouver asile au «  Boudoir de Soi « , une maison close classée cinq Durex au guide DSK, c'est dire le prestige de la boîte...de douze . Son ambition, écrire un nouveau roman à la Conan Doyle, son modèle absolu . Julie, Faustine et Milaine, autant d'amitiés se créant au fil du temps . Aussi, lorsque cette dernière est découverte sauvagement assassinée, Guy n'écoute alors que son relatif courage pour tenter de solutionner ce tragique fait divers . C'est épaulé de Faustine et de Martial Perotti, jeune flic épris de la victime et fraîchement débarqué à Paname, que ce nouveau héros des temps presque modernes décide d'investiguer au péril de sa vie .
J'ai découvert Maxime Chattam il y a bien longtemps par le biais de sa fabuleuse Trilogie du Mal que je considérais alors comme inégalable dans sa biographie . En refermant ce diptyque du Temps, les positions restent inchangées .
La vraie bonne idée, un cadre franchement atypique que ce Paris 1900 accueillant l'Exposition Universelle, formidable toile de fonds parfaitement exploitée . le lecteur se retrouve à mille lieues des enquêtes habituellement torchées sur fonds d'ADN où de méthodologie dernier AAAAAHHH, cri . Un bouquin qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'Aliéniste de Caleb Carr où l'intellect primait sur une science encore balbutiante .
L'auteur, sans véritablement se forcer, parvient cependant à intriguer et ce malgré un rythme poussif constituant ici le véritable point noir de ce thriller à la sauce ésotérique . Un bouquin livré sans biactol et qui, dès le début, assène un rythme effréné qui n'est pas sans rappeler les plus belles accélérations de l'épicurien moyen gavé au McDo, option monocycle, dans le Ventoux .
Mais le récit tient largement la route en s'appuyant habilement sur quelques passages justifiant pleinement que l'on s'y attarde .
La poisseuse rue Monjol abritant les pires déchets de l'humanité qui soient et la douce flânerie parfumée à travers les égouts de Paris participent à ce soudain regain d'intérêt lorsque celui-ci a tendance à s'étioler .
Notre trio d'enquêteurs se complète à merveille . Faustine et Martial suscitent d'emblée la sympathie alors que Guy, visiblement abonné à Réponse à Tout, a vraiment tendance à gonfler à la longue.
Bref, vous l'aurez compris, si ce Léviatemps n'est pas de ces lectures inoubliables malgré un sens certain de la narration, il constitue néanmoins un honnête dérivatif qui aura pêché par ses longueurs interminables et son final extravagant...
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SMadJ
SMadJ10 novembre 2014
  • Livres 3.00/5
Charmant ce retour au début du XXème siècle. En 1900 précisément, jonction entre un XIXeme industriel, défricheur et novateur, et un nouveau siècle qui débute plein de promesses de prospérité mais dont on sait qu'il sera sacrément horrible et meurtrier.
Les avancées technologiques ne compensant pas toujours les atrocités commises par les hommes. C'est étrange d'ailleurs cet équilibre entre le sublime et l'horreur dont est capable l'humanité. À se demander si ils ne se nourrissent pas l'un de l'autre. Cela nourrit au moins la création et c'est aussi de cela dont parle ce livre.
Le bouquin d'ailleurs situe son sujet sous le prisme de l'exposition universelle de 1900.
Ah l'exposition universelle, tant de magnificences créées par l'Homme.
Saviez-vous que le restaurant "Le Train Bleu" situé dans la Gare de Lyon fut créé cette année-là ?
Un petit bijou d'art nouveau somptueux. C'est à voir. Par contre, il ne faut pas y manger, le cuistot doit être aussi né en 1900...
C'était la minute Guide Michelin.
L'exposition universelle de 1900 donc, pleine de si belles promesses d'un futur meilleur, sera pourtant le point d'orgue et le fil symbolique, théâtre même, de crimes, de violences et de barbaries sans nom. Une métaphore de l'avancée du progrès et de la condition humaine où l'on verra que la condition humaine est loin de progresser, l'histoire étant un perpétuel recommencement...
La galerie de personnages proposée par Maxime Chattam est réussie.
Son anti-heros, Guy de Timée, délicieusement lâche et antipathique par endroit, la sublime Faustine et Perotti, le peu courageux inspecteur, vont faire battre les coeurs au tempo de meurtres peu ragoûtants.
Ils vont être confrontées à des horreurs annonciatrices de temps nouveaux, aux limites de la modernisation et du progrès, aux virus humains de la folie qui vont se multiplier tout le siècle, se propageant jusqu'à des paroxysmes jamais atteint. Bienvenue au XXeme siècle, les gars !
Comme toujours chez Maxime, le style est limpide, fluide, claque comme le fouet dans le vent. Mais surtout se déroule à une vitesse faramineuse tant le lecteur est happé par les mots. 3,5/5
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Kittiwake
Kittiwake21 mars 2016
  • Livres 3.00/5
Un polar qui flirte avec le fantastique en explorant les sources de la création littéraire.
Nous sommes au tout début du vingtième siècle alors que Paris déploie des trésors d'ingéniosité pour épater les visiteurs de l'exposition universelle. Montmartre est quasiment à la campagne. La rue Monjol est un haut lieu de la misère humaine, hanté par macs abjects et prostituées repoussantes.
A quelques rues de là, Julie règne sur le Boudoir de soi, une maison haut de gamme, même si la finalité est identique : procurer à des clients nantis quelques heures de plaisirs tarifés.
C'est là que Guy, écrivain à succès malgré lui, s'est réfugié pour fuir un destin qui ne lui convenait plus.
Tout commence lorsque le cadavre atrocement mutilé d'une des filles de la maison close est retrouvé devant l'établissement. La police ne semble pas motivée pour éclaircir l'affaire et c'est donc Guy qui va s'y coller, aidé par un jeune enquêteur qui connaissait (bibliquement ) la victime, et l'une des courtisanes.
La mise en scène macabre est impressionnante et d'emblée les pratiques sataniques sont évoquées. Ce qui conduira notre équipe d'investigation vers un cercle ésotérique pas vraiment enclin à révéler ses agissements.

Le fantastique prend place à petites touches, créant le doute chez le lecteur : de quel côté va pencher la balance, scientifique ou magique? On retourne le goût de l'auteur pour les grosses bêtes qui hantent les égouts de la ville, et le spiritisme fait partie de l'enquête .
.
Voilà un roman de bonne facture, documenté, avec des personnages plutôt intéressants, même si un peu caricaturaux. Les méthodes de déduction utilisées par l'écrivain sont un peu tirées par les cheveux, mais il est vrai qu'à cette époque, l'outil principal d'un enquêteur était son cerveau. C'est le début de l'entomologie médico-légale, utilisant les insectes pour dater un cadavre. Nos justiciers amateurs ont aussi recours à la graphologie et n'hésitent pas non plus à se référer aux théories naissantes de la psychanalyse pour comprendre le processus psychique qui a conduit aux meurtres et ainsi identifier le criminel. L'écriture est fignolée et agréable.
Cette deuxième incursion dans l'univers de Maxime Chattam, après les quatre premiers tomes d'Autre-monde, consolide mon opinion favorable pour cet auteur.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Woland
Woland20 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
ISBN : 9782266207041
Commercial ... Commercial ... Commercial ... Quelques efforts qu'il entreprenne pour mettre en valeur un talent très réel, Maxime Chattham, roi du "gore" français d'autant plus justifié qu'il a étudié la criminologie aux Etats-Unis, se voit toujours accoler cet adjectif que la fin du XXème siècle et le début du XXIème auront vénéré avec autant de tendresse et de respect que les Juifs laissés (oh ! un court instant ) à eux-mêmes par Moïse se sont à nouveau précipités sur le Veau d'Or pour lui prêter allégeance. Bon, soyons impartiaux tout de même et n'oublions pas les exigences de l'éditeur. Avec son "Âme du Mal" et son "In Tenebris", Chattam avait placé la barre très haut. Mais justement, un écrivain, dans quelque genre que ce soit, capable de pareille performance obtient d'emblée le droit qu'on lui laisse la bride un peu sur le cou. Chattam, c'est évident, déborde d'idées. D'idées où il n'y a pas que des tueurs en série à la Ted Bundy mais des idées qui enveloppent précieusement l'Idée-Reine : qu'est-ce qui les fait agir ainsi ?
Le sujet a déjà été traité, me dira-t-on - Ellroy et Shane Stevens par exemple ont étudié la question ; plus fine, plus sinueuse encore, Joyce Carol Oates, américaine elle aussi, s'est plongé à l'occasion dont "Z comme Zombi" ou "Délicieuses Pourritures" dans l'examen de diverses perversions du même type - mais côté français, très sincèrement, je ne vois rien de comparable à Chattam (le style à part, bien entendu) depuis l'originalité macabre et farfelue d'un Gaston Leroux. En Europe, nous pourrions aussi citer, avec une grande dose de fantastique qui s'affirme avec plus de naturel que chez Chattam, l'écrivain espagnol d'origine cubaine José Carlos Somoza. Mais au-delà, c'est bien creux et, si Somoza nous est plus proche dans le temps, Gaston Leroux date du crépuscule littéraire policier français du début du XXème siècle.
Chattam survient là-dedans comme un chien dans un jeu de quilles. Malgré des connaissances que Leroux eût été bien incapable de posséder, malgré un sens du fantastique infiniment parfois trop forcé et certainement plus marqué au coin du gore que l'Espagnol - dont vous nous recommandons tout spécialement "L'Appât", sorti l'an dernier en format poche - il ne parvient pas à se trouver sans retomber presque tout de suite dans ses errements : sang, éviscérations de toutes sortes, folie rampante, tueur tordu, etc, etc ...
Pourtant, quand paraît, en 2010, son premier tome du "Diptyque du Temps", intitulé "Léviatemps", le lecteur fidèle peut se dire en toute bonne foi : "Ca y est : il a trouvé sa voie !"
Déjà, et d'une et bien que conservant l'idée que le temps est en quelque sorte élastique, Chattam ne se projette plus dans le futur (et même un avenir bien lointain) mais il donne la préférence au passé, avec un héros mystérieux et séduisant, Guy de Thimée dont on ne sait pas exactement pourquoi il a quitté si soudainement une bonne situation, une femme charmante et des enfants tout aussi mignons pour aller s'enterrer dans les quartiers chauds parisiens de l'époque de la Grande Exposition coloniale.
Le style s'en trouve évidemment transmué et les poussées "gores" de l'écrivain se voient contraintes de se présenter avec, disons, plus de retenue, pour ne pas dire un certain decorum. Chattam pousse aussi l'audace jusqu'à dessiner en Thymée l'un de ses "doubles" : un écrivain qui veut écrire sur le Mal plus que sur ce que l'on ne nomme pas encore (l'action se situe cependant après les méfaits de Jack the Ripper à Londres) les "tueurs en série." Très intelligent, dissimulant en lui quelque mystère sur lequel ce premier tome ne nous révèle rien si ce n'est que, pour avoir une telle intuition du Mal Absolu, il faut bien l'avoir fréquenté quelque part, Guy de Thymée séduit d'emblée le lecteur - et certainement la lectrice. Il séduit en tous cas Faustine, un "fille de maison" protégée par Julie et qui le supplie de résoudre la mort de son amie Milaine, retrouvée morte dans des conditions affreuses - un mélange entre le tétanos au dernier stade et la peur la plus épouvantable.
Vient s'ajouter à cette demande celle de Martial Perotti, un jeune policier qui vient d'entrer dans la profession et qui constate, soupçonneux, que, selon toutes vraisemblances (mais pour quelle raisons ?) ses supérieurs hiérarchiques n'ont aucun désir de voir la vérité apparaître au grand jour. Bien au contraire. Voici donc constitué un club de Nouveaux Mousquetaires, à cela près qu'ils resteront trois et la partition de D'Artagnan n'est pas, ne sera jamais écrite.
Bien entendu, en cette époque où l'ésotérisme et spiritisme règnent en maîtres autour des guéridons de la bonne société parisienne, l'auteur fait intervenir un cercle qui aurait plu, n'en doutons pas, à Gaston Leroux, le "Cénacle des Séraphins", où Faustine et Guy se retrouvent plus ou moins initiés. de fait, l'assassin rôde bel et bien dans les parages. Son rythme d'action s'accélère et si force est de constater que, en règle générale, il s'attaque à des rebuts de la société (donc difficilement identifiables), il ne semble faire aucune différence entre les sexes et les méthodes criminelles utilisées. Ce qu'il lui faut, c'est tuer ... ou alors le Pouvoir, sentir le Pouvoir dans ses veines.
Patatras ! Ici Chattam paraît retomber dans ses travers habituels : le tueur en série que seul pousse l'instinct de se sentir comme Dieu ne fût-ce qu'une seconde, l'ombre d'une mère possessive et maltraitante, celle d'un père toujours absent ou alors n'ayant jamais été là, la certitude pour l'assassin qu'il ne plaira jamais aux femmes et que, d'ailleurs, les femmes sont repoussantes, etc, etc ... Seul ingrédient sortant de l'ordinaire : le Temps, sous toutes ses représentations, depuis la plus primitive, le cadran solaire, jusqu'à la plus sophistiquée (si l'on ose dire), le fameuxLéviatemps dont la fin sera l'Apocalypse du tueur et de ses dernières victimes.
Que dire d'autre sinon que, à la fin de cet ouvrage, l'amateur de polars fortement entachés de fantastique se laisserait bien tenter par le deuxième et dernier tome, "Le Requiem des Abysses" ? D'autant que, la fin se précipitant, les allusions au "Melmoth" de Maturin se précisent et s'affolent. Or, selon la Tradition d'Outre-Manche Melmoth est l'homme qui, pour le pouvoir et la jeunesse, aurait vendu son âme au Diable. Mais le roman de Maturin - dont il faudra bien que je le relise un jour ne serait-ce que pour vous en parler comme il se doit - reste lui-même une sorte d'OVNI du gothique anglo-irlandais. Melmoth, s'il s'est vendu au Mal, n'en a pas perdu toute parcelle de bien ... Même Satan et Beelzébuth, l'Idole des Mouches, sont susceptibles de voir glisser sous leurs sabots fendus, dans l'espoir de les faire déraper, des grains de sable qui créent un chef-d'oeuvre littéraire tout en rehaussant d'un panache supplémentaire leurs plans initiaux envers l'Âme Humaine ...
De là à vous dire que je vais me commander ou télécharger illico presto "Le Requiem des Abysses", ce serait beaucoup dire. Chattam m'a déjà beaucoup déçue d'une part et, d'autre part, ces temps-ci, j'ai besoin de littérature "solide", "classique", "sérieuse" - et pas plus gaie, il faut bien le dire, bien que moins gore que l'oeuvre de Chattam.
Chattam, dont je vous recommande cependant de faire la connaissance (si ce n'est déjà fait) en commençant par l'admirable "Âme du Mal" et, plus encore, de vous entêter à poursuivre son indéniable talent novateur aux fins fonds d'une oeuvre qui ne comptera certes pas que des volumes inoubliables (hélas ! ) mais qui tiendra toujours fort bien sa partie dans notre orchestre du polar français actuel, avec bien plus d'aisance et bien plus d'imagination, selon moi, que la grosse caisse Jean-Christophe Grangé et le piccolo Franck Thilliez.
Chattam ne se contente pas de vouloir faire du neuf avec du vieux : il veut - et il vaut - autre chose. Et j'espère très sincèrement pour lui qu'il finira par attendre son rêve : il le mérite. :o)
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Ptitgateau
Ptitgateau16 avril 2012
  • Livres 3.00/5
Guy, écrivain, s'est enfui du domicile conjugal et s'est installé dans une maison close de Paris. Puis il se trouve confronté à une épreuve : une courtisane de la maison ou il demeure, est sauvagement assassinée, la police ne semble pas chercher le meurtrier, et Guy découvre qu'il s'agit d'une tueur en série, il va donc mener lui même cette enquête....Ce que j'ai aimé de ce roman, c'est l'évolution des personnages à travers le Paris de 1900, l'exposition universelle, les quartiers, renommés ou mal famés. Un roman très bien documenté de ce point de vue.
Contrairement à beaucoup d'autre thrillers, celui-ci livre une histoire simple si on considère qu'en 1900, pas d'analyses ADN, pas de téléphone mobile, pas de satellites, pas de tout ce qui peut venir en aides aux enquêteurs, juste leur persévérance et leur esprit de déduction. Cependant j'ai trouvé que Maxime Chattam poussait un peu loin l'analyse de Guy menant son enquête : il se pose, lorsqu'il reçoit des écrits du meurtrier, en graphologue confirmé alors qu'il est écrivain, la graphologie et ce que l'on peut en tirer ne s'invente tout de même pas ! Il réitère avec la psychologie et dépeint un portrait de l'individu qu'il recherche, et par moment on croirait lire des exposés de Freud, il est très complet cet écrivain !
Sans compter que ces exposés graphologiques et psychologique sont longs et donnent envie de passer ces chapitres, d'autant plus qu'ils ne font pas vraiment avancer vers la résolution de problème.
Question suspens, c'est pas mal mais j'ai déjà vu mieux, interrompre l'écoute de ce livre audio ne m'a en aucun moment posé problème. Les situations à suspense n'avaient rien de très subtile, (tiens ??? on n'a pas vue Faustine depuis un certain temps … ???, le lecteur apprend à ce moment qu'il est temps de s'inquiéter, les héros s'engagent dans des lieux dangereux, il est évident qu'il va leur arriver des aventures…
J'ai malgré cela passé quelques bons moments dans ce Paris historique.
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Citations & extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
CoeurdecheneCoeurdechene02 décembre 2010
Elle hurlait.
Les traits déformés par la souffrance.
Ses mains froides et moites agrippèrent les poignets de Guy pour le sortir de ses rêves.
Dans le frémissement orangé d'une bougie, Faustine apparut. Ses cheveux aussi noirs que la nuit tissaient un rideau duquel sortaient son visage et ses grands yeux lumineux.
Guy cligna des paupières à nouveau pour desserrer les serres du sommeil qui le retenaient. Faustine lui parlait à toute vitesse, elle ne criait pas vraiment, mais le mal de crâne de Guy lui en donnait l'impression.
— … devons descendre. Dépêchez-vous !
— Quoi ? Quoi ? balbutia Guy en se frottant le coin des yeux. Qu'est-ce qui se passe ? Quelle heure est-il ?
Ses sens se ré-acclimatèrent à son environnement. Faustine était paniquée. Ses narines s'entrouvraient nerveusement, sa mâchoire tremblait et elle respirait fort. Guy tira sur ses draps et s'assit face à la jeune femme.
— Qu'y a-t-il ? Faustine, vous êtes toute pâle !
Il voulut tirer sur sa chemise de nuit et remarqua les traces sombres sur ses manches. Il saignait.
Le cœur battant, il inspecta son corps avant de réaliser soudainement que ce n'était pas lui. Faustine lui avait attrapé les bras.
Il saisit ses poignets et les leva vers lui, au-dessus de la bougie.
Ses paumes étaient couvertes de sang.
— Il s'est produit un drame, Guy, un cauchemar, dit-elle, le regard habité d'une inquiétante lueur.
— Quoi donc ? Êtes-vous blessée ?
Faustine ignora sa question, les mains toujours levées devant elle, le liquide luisant sinistrement sous la mince flamme. Du bout des lèvres, elle ajouta :
— C'est... l'œuvre du Diable !
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verobleueverobleue03 juillet 2011
Julie l’avait bien formée pendant ces années. Elle lui avait appris à renverser sa situation de femme, à la diriger plutôt qu’à la subir. Faustine ne voulait pas d’une existence d’épouse, obéissante à son mari, en tout point irréprochable dans la tenue de sa maison, dans le soutien à son époux, asservie et docile. Et puis les mots de Julie étaient gravés dans son esprit : « Un mari respectable est un homme fidèle, non à sa femme à qui il ne saurait imposer les caprices de sa chair que la nature lui dicte, mais à sa maison close dont il connaît les bonnes mœurs et l’hygiène, qui lui garantissent de revenir à sa femme en bonne santé, et bien préparé pour les choses nécessaires du lit conjugal ! » Julie s’inquiétait de ces politiciens qui commençaient à militer pour la fermeture des bordels, elle craignait, non pour son commerce, mais pour l’équilibre des couples, et se plaisait à répéter à qui voulait l’entendre que ce serait remplacer le bon sens par l’hypocrisie.
Faustine était sûre d’une chose : elle avait vu passer tant d’hommes à l’honneur public immaculé au Boudoir de soi qu’elle ne pouvait croire en l’amour romantique et fidèle. Elle s’était faite à l’idée qu’ils étaient ainsi constitués et ne pouvaient se contenter d’une relation tronquée. Seule plutôt que malheureuse.
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SeshetaSesheta22 août 2015
Guy en faisait parfois trop, parfois pas assez, mais il n'était jamais à l'aise, un simple regard qui croisait le sien et il se sentait honteux d'être si bien né. Lui qui vivait dans un bel appartement, lui qui ne manquait de rien avec ses deux parents. Il était une véritable éponge à émotions, un peu de temps avec un individu et il en absorbait les chagrins et les joies. Et si cela lui permit de rapidement enrichir sa palette de connaissances des sentiments, cette faculté ne le préservait pas, il encaissait de plein fouet toute la misère du monde, et cela ne faisait que renforcer son malaise quant à sa propre existence.
Avec l'âge, il s'était rendu compte qu'il n'avait que deux options possibles pour moins souffrir de ce sentiment de culpabilité : enfermer ses émotions loin, au plus profond de soi et prendre une distance certaine avec toute chose ou s'en servir comme d'un moteur pour sa vie quotidienne.
Il avait choisi le second choix.
Cette empathie lui avait ouvert les voies de l'écriture [...]

(p.220)
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MorgouilleMorgouille28 février 2011
— Alors pourquoi une telle différence entre le choix d’une victime facile et celui d’une scène de crime dangereuse pour lui ? s’étonna Perotti.
— Il veut s’assurer d’avoir sa proie, proposa Faustine. Comme un homme désireux de plaisir acceptera n’importe quelle fille pour peu qu’il ait l’assurance d’en jouir, plutôt que de risquer d’être bredouille en se montrant difficile. Ensuite, son fantasme prend le pas, lui ordonne d’exposer, son excitation est fonction du danger.
— Encore le sexe ! s’exclama Perotti. Pourquoi rapportez-vous tout à la sexualité ?
— La civilisation de toute l’humanité s’est bâtie sur la sexualité ! Nous lui devons notre survie ! C’est en nous, profondément enfoui dans nos comportements, elle est au cœur même de nos trajectoires personnelles, c’est le moteur de la vie !
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SeshetaSesheta31 juillet 2015
Tandis qu'un rayon de soleil dessine le contour de ma tasse de thé froid, je vois et j'entends mon arrière-arrière-arrière-petite-fille rire dans le jardin, entre les cyprès et la balançoire. Ses éclats résonnent, saccadés, imperturbables, comme la trotteuse fraîchement posée d'une horloge rutilante, bien avant que l'huile de ses rouages ne viennent à prendre les poussières, que ses pignons ne s'éliment, que ses mécanismes ne s'usent. Pour l'heure, tout fonctionne avec la justesse du neuf. C'est cela, je crois, l'innocence, lorsque tout opère sans fatigue ni rugosité.
Plus d'un siècle me sépare de cet ange.
Moi, le très vieux monsieur du monde.
Le cliquetis autrefois limpide de mes entrailles égrène maintenant chaque seconde avec lourdeur et insistance, la grande tocante, je le sens est à bout; et je vais m'éteindre bientôt avec ce siècle fou.

(p.11-12)
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Chronique du livre "L'âme du Mal" de Maxime Chattam.
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