ISBN : 2070377229
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.48/5 (sur 158 notes) Ajouter à mes livres
« Enfant, quand je m'efforçais de m'exprimer dans un langage châtié, j'avais l'impression de me jeter dans le vide.
Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m'aurait obligée à bien parler sans arrêt en détachant les mots. On parlait avec tou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par manu17, le 23 janvier 2012

    manu17
    Dans La place, Annie Ernaux évoque la vie de son père, ouvrier devenu petit commerçant. Bien sûr, elle nous parle d'elle à travers lui, de cette vie qui lui a permis, de faire des études, de s'élever et de devenir enseignante puis femme de lettres. Ceci en dépit de son milieu d'origine dans lequel on est obsédé par le fait de devoir toujours tenir sa place comme on dirait tenir son rang. Être à sa place, savoir garder sa place, peur de ne pas être légitime et d'être remis à sa place, "Toujours parler avec précautions, peur indicible du mot de travers, d'aussi mauvais effet que lâcher un pet". L'importance de La place et l'angoisse qui y est liée sont au coeur du récit.
    Ce qui est le plus touchant pour moi, c'est la façon dont elle fait revivre cette catégorie de gens à travers toutes ces petites expressions du quotidien tantôt désuètes, tantôt décalées et c'est ça qui, au delà du côté personnel, en fait un livre plus universel. En effet, chaque fois qu'elle met l'accent sur ces expressions, en italique dans le texte, ce sont mes grand-parents, modestes eux aussi, et des gens de leur génération que j'entends. Et c'est en ça je pense que ce livre nous parle et nous touche.
    C'est la mémoire d'une époque qu'Annie Ernaux dépeint à travers la vie de son père grâce à une écriture dont l'apparente simplicité donne encore plus d'intensité au récit. Une écriture simple au service de gens simples.

    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.com/2012/01/la-place.html
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par kathy, le 08 janvier 2012

    kathy
    Ce roman, La place, d'Annie Ernaux, raconte de manière socio-biographique l'histoire de son père : sa vie, sa mort.
    Annie Ernaux montre combien la relation entre un père et une fille peut être affectée par la distance socio-culturElle qui se « dresse » progressivement entre eux. le récit souligne d'ailleurs la prise de conscience des disparités entre les classes sociales et ce, depuis l'école.
    Alors que le père tente une ascension sociale, la narratrice, dans la mouvance des idéologies des années 1960, voit la mainmise de la bourgeoisie qui impose son idéologie. Passée Elle-même de ce côté par ses études et son mariage, Elle en mesure la trahison.
    Elle cite d'ailleurs en épigraphe de son roman la citation de Jean Genet : « Je hasarde une explication : écrire c'est le dernier recours quand on a trahi ».
    Annie Ernaux par l'intermédiaire de ce petit livre a-t-Elle voulu faire acte de « réparation » et de réhabilitation en abolissant la distance, douloureuse, survenue entre Elle, étudiante, et ce père ? Ce père auprès de qui Elle a construit son identité et qu'Elle n'a peut-être pas su aimer et « apprécier » à sa juste valeur ?
    Sans juger, ni trahir, A. Ernaux expose simplement la vie de son père, des FAITS, dans un style dépouillé, sec et sans émotion, pour dira-t-Elle, une « mise à distance des choses de l'intime ».
    Mon avis : peut-être que pour Annie Ernaux cet ouvrage a eu un rôle « psychothérapeutique »…
    En ce qui me concerne, j'avoue m'être un peu ennuyée… malgré un sujet intéressant : L'ECOLE POUR TOUS, … en tant qu'ascenseur social OU générateur de fracture sociale et/ou familiale (c'est selon !!). A vous de juger…
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par melusine1701, le 05 août 2010

    melusine1701
    A la mort de son père, la narratrice se remémore la vie qui a été la sienne, et surtout l'évolution sociale qui a marquée son enfance et sa vie familiale. Dès le début, elle annonce son intention: décrire la vie de son père de la manière la plus froide possible, la plus neutre, la plus blanche. D'ouvrier, ses parents sont devenus commerçants, une première réussite sociale. Pour autant, ils n'ont jamais cessé de "faire attention", au cas où l'argent manquerait. Et très vite, l'écart va se creuser entre ceux qui ont tout fait pour ne pas "faire ouvrier" et celle qui peut aller au lycée, fréquenter la bourgeoisie et abandonner peu à peu son patois natal.
    Difficile de résumer ce court roman. Il y a peu à en dire, sinon que cette histoire familiale est très émouvante par sa neutralité même. Bien écrit et facile à lire, il confronte en permanence la vie simple et presque archaïque aujourd'hui des parents, et la point de vue de leur fille, tantôt l'adolescente plongée dans ses livres de l'époque, tantôt la professeure de lettres qui rédige. C'est cette volonté de rester simple à la manière des parents eux-mêmes qui rend l'entreprise autobiographique si touchante: il s'agit moins de se raconter soi-même que de raconter ceux grâce à qui on est devenu ce que l'on est, jusque dans leurs faiblesses contre lesquelles on s'est construit. Ce roman a obtenu le prix Renaudot en 1984, et pour une fois, j'approuve.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 27 janvier 2012

    carre
    C'est le premier livre d'Annie Ernaux que j'ai lu, elle rend hommage à ce père qui après avoir été garçon de ferme terminera commerçant. La place débute par la mort du père ( la description est une incroyable leçon d'écriture) tandis qu'Annie Ernaux passe les épreuves du Capès.
    En s'élévant socialement, Annie Ernaux s'interroge sur cette "trahison" faite aux siens, à ces petites gens, son éloignement et son entrée dans la bourgeoisie. Elle décrit avec une grande simplicité les remords qui l'habitent de ne pas avoir su dire à cet homme simple tout l'amour qu'ele éprouvait, un père qui à travaillé toute sa vie à garder sa place, comme une fierté, pour montrer la voie à sa fille. La place nous met aussi face à nos propres blessures familiales et notre propre vécu..Un récit qui nous interpelle sur nos vies et c'est là sa très grande force. Magnifique vraiment magnifique.
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    • Livres 5.00/5
    Par yo, le 16 avril 2008

    yo
    Dès les premières pages, la narratrice perd son père. Sa mort lui permet d'évoquer dans ce livre la vie de celui-ci : comment il a voulu échappé à sa condition de paysan piuis d'ouvrier en accédant au statut de commerçant, comment elle a vécu son adolescence, tiraillée entre l'amour qu'elle a pour ses parents et les milieux bourgeois qu'elle côtoie. Car pour elle, il est très difficile de concilier les deux, et ce fossé est difficilement surmontable. Les conventions, les habitudes de ses compagnons sont en effet très différents de celles de la cellule familiale.
    Mais dans ce livre, Annie Ernaux évoque sa propre histoire : comment, fille de commerçant, elle accède au monde de la culture et du savoir à travers l'école. Et ce passage d'un monde à l'autre, cette évolution n'est pas sans tourment : elle peine à écrire son roman, en fait part au cours du récit.
    La suite ici : http://livres-et-cin.over-blog.com/article-16501952.html
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 24 avril 2010

    C'était un dimanche, au début de l'après-midi.

    Ma mère est apparue dans le haut de l'escalier. Elle se tamponnait les yeux avec la serviette de table qu'elle avait dû emporter avec elle en montant dans la chambre après le déjeuner. Elle a dit d'une voix neutre: "C'est fini." Je ne me souviens pas des minutes qui ont suivi. Je revois seulement les yeux de mon père fixant quelque chose derrière moi, loin, et ses lèvres retroussées au-dessus des gencives. Je crois avoir demandé à ma mère de lui fermer les yeux. Autour du lit, il y avait aussi la sœur de ma mère et son mari. Ils se sont proposés pour aider à la toilette, au rasage, parce qu'il fallait se dépêcher avant que le corps ne se raidisse. Ma mère a pensé qu'on pourrait le revêtir du costume qu'il avait étrenné pour mon mariage trois ans avant. Toute cette scène se déroulait très simplement, sans cris, ni sanglots, ma mère avait seulement les yeux rouges et un rictus continuel.
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  • Par Nanne, le 16 juillet 2008

    Il me conduisait de la maison à l'école sur son vélo. Passeur entre deux rives, sous la pluie et le soleil. Peut-être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence : que j'appartienne au monde qui l'avait dédaigné.
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  • Par claracambry, le 06 mars 2010

    Pour rendre compte d’une vie soumise à la nécessité, je n’ai pas le droit de prendre le parti de l’art, ni de chercher à faire quelque chose de « passionnant », ou « d’émouvant ".
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  • Par Nanne, le 16 juillet 2008

    Je voudrais dire, écrire au sujet de mon père, sa vie, et cette distance venue à l'adolescence entre lui et moi. Une distance de classe, mais particulière, qui n'a pas de nom. Comme de l'amour séparé.
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  • Par manu17, le 23 janvier 2012

    La peur d'être déplacé, d'avoir honte. Un jour, il est monté par erreur en première avec un billet de seconde. Le contrôleur lui a fait payer un supplément . Autre souvenir de honte : chez le notaire, il a dû écrire le premier "lu et approuvé", il ne savait pas comment orthographier, il a choisi " à prouver". gêne, obsession de cette faute, sur la route du retour. L'ombre de l'indignité.
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Videos de Annie Ernaux

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Vidéo de Annie Ernaux

La grande librairie 01/12/2011 sur France 5 de François Busnel, Annie Ernaux parle de son nouveau livre "Ecrire la vie"








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