ISBN : 2070377229
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.48/5 (sur 195 notes) Ajouter à mes livres
« Enfant, quand je m'efforçais de m'exprimer dans un langage châtié, j'avais l'impression de me jeter dans le vide.
Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m'aurait obligée à bien parler sans arrêt en détachant les mots. On parlait avec tou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par manu17, le 23 janvier 2012

    manu17
    Dans La place, Annie Ernaux évoque la vie de son père, ouvrier devenu petit commerçant. Bien sûr, elle nous parle d'elle à travers lui, de cette vie qui lui a permis, de faire des études, de s'élever et de devenir enseignante puis femme de lettres. Ceci en dépit de son milieu d'origine dans lequel on est obsédé par le fait de devoir toujours tenir sa place comme on dirait tenir son rang. Être à sa place, savoir garder sa place, peur de ne pas être légitime et d'être remis à sa place, "Toujours parler avec précautions, peur indicible du mot de travers, d'aussi mauvais effet que lâcher un pet". L'importance de La place et l'angoisse qui y est liée sont au coeur du récit.
    Ce qui est le plus touchant pour moi, c'est la façon dont elle fait revivre cette catégorie de gens à travers toutes ces petites expressions du quotidien tantôt désuètes, tantôt décalées et c'est ça qui, au delà du côté personnel, en fait un livre plus universel. En effet, chaque fois qu'elle met l'accent sur ces expressions, en italique dans le texte, ce sont mes grand-parents, modestes eux aussi, et des gens de leur génération que j'entends. Et c'est en ça je pense que ce livre nous parle et nous touche.
    C'est la mémoire d'une époque qu'Annie Ernaux dépeint à travers la vie de son père grâce à une écriture dont l'apparente simplicité donne encore plus d'intensité au récit. Une écriture simple au service de gens simples.

    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.com/2012/01/la-place.html
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    • Livres 2.00/5
    Par kathy, le 08 janvier 2012

    kathy
    Ce roman, La place, d'Annie Ernaux, raconte de manière socio-biographique l'histoire de son père : sa vie, sa mort.
    Annie Ernaux montre combien la relation entre un père et une fille peut être affectée par la distance socio-culturElle qui se « dresse » progressivement entre eux. le récit souligne d'ailleurs la prise de conscience des disparités entre les classes sociales et ce, depuis l'école.
    Alors que le père tente une ascension sociale, la narratrice, dans la mouvance des idéologies des années 1960, voit la mainmise de la bourgeoisie qui impose son idéologie. Passée Elle-même de ce côté par ses études et son mariage, Elle en mesure la trahison.
    Elle cite d'ailleurs en épigraphe de son roman la citation de Jean Genet : « Je hasarde une explication : écrire c'est le dernier recours quand on a trahi ».
    Annie Ernaux par l'intermédiaire de ce petit livre a-t-Elle voulu faire acte de « réparation » et de réhabilitation en abolissant la distance, douloureuse, survenue entre Elle, étudiante, et ce père ? Ce père auprès de qui Elle a construit son identité et qu'Elle n'a peut-être pas su aimer et « apprécier » à sa juste valeur ?
    Sans juger, ni trahir, A. Ernaux expose simplement la vie de son père, des FAITS, dans un style dépouillé, sec et sans émotion, pour dira-t-Elle, une « mise à distance des choses de l'intime ».
    Mon avis : peut-être que pour Annie Ernaux cet ouvrage a eu un rôle « psychothérapeutique »…
    En ce qui me concerne, j'avoue m'être un peu ennuyée… malgré un sujet intéressant : L'ECOLE POUR TOUS, … en tant qu'ascenseur social OU générateur de fracture sociale et/ou familiale (c'est selon !!). A vous de juger…
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 19 février 2012

    Missbouquin
    Écrit en 1982-1983, à la mort du père, ce court roman tente de retracer la vie de ce dernier, et son rapport avec sa fille. Mais, “Depuis peu, je sais que le roman est impossible.”
    Alors Annie Ernaux prend le parti suivant : “Aucune poésie du souvenir, pas de dérision jubilante. L'écriture plate me vient naturellement, celle-là même que j'utilisais en écrivant autrefois à mes parents pour leur dire les choses essentielles.” Et c'est bien cette fameuse écriture plate qui finit par nous toucher, tant elle dit de choses, en peu de mots. Au risque de Se perdre : “J'écris lentement. En m'efforçant de révéler la trame significative d'une vie dans un ensemble de faits et de choix, j'ai l'impression de perdre au fur et à mesure la figure particulière de mon père.”
    Pour elle, le plus difficile est de parvenir à dire le fossé qui se creuse entre son père, ouvrier puis commerçant, et elle, jeune étudiante qui découvre les livres, la musique, la culture bourgeoise (et épousera un étudiant en sciences politiques). Dire le silence entre son mari et son père. Entre elle et son père, qui est conscient de ce fossé, et l'accepte : “Les livres, la musique, c'est bon pour toi. Moi je n'en ai pas besoin pour vivre.”
    Mais au fil du temps, le fossé s'approfondit et il devient difficile de l'ignorer : “Mon père est entré dans la catégorie des gens simples ou modestes ou braves gens. Il n'osait plus me raconter des histoires de son enfance. Je ne lui parlais plus de mes études.”
    Il n'est en effet pas si facile de passer d'une culture à une autre radicalement différente, de la culture de son enfance à la sienne propre : “Je me sentais séparée de moi-même.”
    Au final, Annie Ernaux met un point final à sa quête, acceptant son passé, son enfance et son éducation : “J'ai fini de mettre au jour l'héritage que j'ai dû déposer au seuil du monde bourgeois et cultivé quand j'y suis entrée.”
    J'ai donc retrouvé avec délice l'écriture neutre et épurée d'Annie Ernaux, qui collait parfaitement au sujet : j'ai particulièrement été touchée par ce portrait d'une vie simple qu'elle brosse en quelques coups également simples, et efficaces. Enfin, ce roman a eu des échos bien plus profonds en moi puisque, même si le fossé n'est pas si radical, je me trouve parfois face au même fossé, et même si les autres peuvent bien le prendre, ce n'est pas toujours facile à gérer et accepter.
    Le roman a obtenu le Prix Renaudot en 1984.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/02/13/la-place-1983-annie-e..
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    • Livres 2.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    LiliGalipette
    L'auteure fait le récit de l'existence de son père, depuis ses premières années de garçon de ferme jusqu'à la réussite du petit commerçant. Elle raconte aussi les brisures constantes entre cet homme du passé et elle, jeUne Femme happée par la modernité.
    Moins catastrophique Les années, ce livre ne se laisse toutefois pas lire avec plaisir. L'auteure parle de son père, un être pour lequel chacun ne peut qu'éprouver des sentiments extrêmes, quelle qu'en soit la nature, avec une insupportable platitude assumée. "Depuis peu, je sais que le roman est impossible. Pour rendre compte d'une vie soumise à la nécessité, je n'ai pas le droit de prendre d'abord le parti de l'art, ni de chercher à faire quelque chose de "passionnant" ou "d'émouvant"? Je rassemblerai les paroles, les gestes, les goûts de mon père, les faits marquants de sa vie, tous les signes objectifs d'une existence que j'ai aussi partagée. Aucune poésie du souvenir, pas de dérision jubilante. L'écriture plate me vient naturellement, celle-là même que j'utilisais en écrivant auterfois à mes parents pour leur dire les nouvelles essentielles." (p. 24) Cela ne me convainc pas. J'ai l'impression de lire le résumé objectif de toute une catégorie sociale. A croire que le père d'Annie Ernaux n'est qu'un prétexte pour raconter de façon grossière toute la destinée d'une génération.
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    • Livres 3.00/5
    Par melusine1701, le 05 août 2010

    melusine1701
    A la mort de son père, la narratrice se remémore la vie qui a été la sienne, et surtout l'évolution sociale qui a marquée son enfance et sa vie familiale. Dès le début, elle annonce son intention: décrire la vie de son père de la manière la plus froide possible, la plus neutre, la plus blanche. D'ouvrier, ses parents sont devenus commerçants, une première réussite sociale. Pour autant, ils n'ont jamais cessé de "faire attention", au cas où l'argent manquerait. Et très vite, l'écart va se creuser entre ceux qui ont tout fait pour ne pas "faire ouvrier" et celle qui peut aller au lycée, fréquenter la bourgeoisie et abandonner peu à peu son patois natal.
    Difficile de résumer ce court roman. Il y a peu à en dire, sinon que cette histoire familiale est très émouvante par sa neutralité même. Bien écrit et facile à lire, il confronte en permanence la vie simple et presque archaïque aujourd'hui des parents, et la point de vue de leur fille, tantôt l'adolescente plongée dans ses livres de l'époque, tantôt la professeure de lettres qui rédige. C'est cette volonté de rester simple à la manière des parents eux-mêmes qui rend l'entreprise autobiographique si touchante: il s'agit moins de se raconter soi-même que de raconter ceux grâce à qui on est devenu ce que l'on est, jusque dans leurs faiblesses contre lesquelles on s'est construit. Ce roman a obtenu le prix Renaudot en 1984, et pour une fois, j'approuve.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    Depuis peu, je sais que le roman est impossible. Pour rendre compte d'une vie soumise à la nécessité, je n'ai pas le droit de prendre d'abord le parti de l'art, ni de chercher à faire quelque chose de "passionnant" ou "d'émouvant"? Je rassemblerai les paroles, les gestes, les goûts de mon père, les faits marquants de sa vie, tous les signes objectifs d'une existence que j'ai aussi partagée. Aucune poésie du souvenir, pas de dérision jubilante. L'écriture plate me vient naturellement, celle-là même que j'utilisais en écrivant auterfois à mes parents pour leur dire les nouvelles essentielles." (p. 24)
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  • Par Couperine, le 24 avril 2010

    C'était un dimanche, au début de l'après-midi.

    Ma mère est apparue dans le haut de l'escalier. Elle se tamponnait les yeux avec la serviette de table qu'elle avait dû emporter avec elle en montant dans la chambre après le déjeuner. Elle a dit d'une voix neutre: "C'est fini." Je ne me souviens pas des minutes qui ont suivi. Je revois seulement les yeux de mon père fixant quelque chose derrière moi, loin, et ses lèvres retroussées au-dessus des gencives. Je crois avoir demandé à ma mère de lui fermer les yeux. Autour du lit, il y avait aussi la sœur de ma mère et son mari. Ils se sont proposés pour aider à la toilette, au rasage, parce qu'il fallait se dépêcher avant que le corps ne se raidisse. Ma mère a pensé qu'on pourrait le revêtir du costume qu'il avait étrenné pour mon mariage trois ans avant. Toute cette scène se déroulait très simplement, sans cris, ni sanglots, ma mère avait seulement les yeux rouges et un rictus continuel.
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  • Par claracambry, le 06 mars 2010

    Pour rendre compte d’une vie soumise à la nécessité, je n’ai pas le droit de prendre le parti de l’art, ni de chercher à faire quelque chose de « passionnant », ou « d’émouvant ".
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  • Par Nanne, le 16 juillet 2008

    Il me conduisait de la maison à l'école sur son vélo. Passeur entre deux rives, sous la pluie et le soleil. Peut-être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence : que j'appartienne au monde qui l'avait dédaigné.
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  • Par Nanne, le 16 juillet 2008

    Je voudrais dire, écrire au sujet de mon père, sa vie, et cette distance venue à l'adolescence entre lui et moi. Une distance de classe, mais particulière, qui n'a pas de nom. Comme de l'amour séparé.
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Vidéo de Annie Ernaux

La grande librairie 01/12/2011 sur France 5 de François Busnel, Annie Ernaux parle de son nouveau livre "Ecrire la vie"








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