ISBN : 2742760180
Éditeur : Actes Sud (2006)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 467 notes) Ajouter à mes livres

L'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobe. A Montepuccio, leur village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riche. Mais ils ont fait voeu de se transmettre de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en hér... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (50)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par horline, le 24 janvier 2012

    horline
    Sous la plume de Gaudé, le récit exhume l'histoire d'une famille qui porte en héritage le sang noir et la sueur sur trois générations, les Scorta. Un nom du sud de l'Italie qui exclut insouciance et frivolité ; évoquant plutôt l'œil noir plein de gravité, le visage buriné par le soleil, la mémoire silencieuse qui garde enfouis quelques secrets. Sans oublier la fraternité clanique lorsque la disgrâce ou le malheur s'abattent sur cette famille.
    Sur cette terre aride des Pouilles, l'auteur condamne toute légèreté en décrivant une lignée de bâtards qui a traversé la vie comme un défi, forcé le destin pour abjurer le sort que le patriarche avait légué à ses descendants. Avec une plume emprunte de gravité, l'auteur laisse suggérer un bonheur rare pour les Scorta, une parenthèse de paix au milieu de la violence, la haine et la misère.
    Et pourtant. Ce ne sont que des vies saisies comme toutes par des tragédies ordinaires, des vies laborieuses soudées face à l'adversité, des drames silencieux.
    Que-ce qui pourrait retenir alors l'intérêt du lecteur ?
    Certainement la force évocatoire de la narration, maîtrisée d'un coup de maître par Laurent Gaudé. Il parvient à sublimer ces destinées maudites pour lesquelles le passé ne veut pas passer, à insuffler une puissance émotionnelle grâce à une écriture qui se veut tout à la fois dramatique et lumineuse. Doté d'une telle plume, l'auteur aurait pu épargner le lecteur de quelques facilités du langage, « le regard noir du village » ou « elle soupira comme une vierge », artificielles et parfois redondantes. Surtout au regard de la richesse des personnages auréolés d'une sincérité flamboyante et de la narration à deux voix, affirmant déjà une belle dimension littéraire.
    Avec dignité, le récit épouse le rythme, les couleurs, les odeurs de l'Italie du Sud.
    Les évènements défilent comme une brise marine, de sorte que jamais la trame du récit ne se dilue dans le sentimentalisme. Pas de lamento. Simplement le portrait d'une famille dont les membres portent leur nom comme un étendard. Et partagent, à défaut d'or et de richesse, une parole sacrée, une expérience, un secret que l'orgueil a enfermé dans les limbes de la mémoire de la vieille Carmela.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par soukee, le 20 mai 2010

    soukee
    Magnifique chronique familiale, Le soleil des Scorta ne laisse pas indifférent. Laurent Gaudé nous ouvre les portes d'un petit village italien où l'honneur prime avant tout. Les années passent, et les Scorta construisent peu à peu leur vie de misère, leur pauvreté leur rappelant sans cesse l'histoire familiale.
    Ode à l'Italie et à ses traditions, l'œuvre de Gaudé permet au lecteur de se faire voyeur et de pénétrer dans Montepuccio et de voir à travers un œilleton ce qui se passe, au fil des ans.
    L'intrigue est complexe, s'étendant de 1870 à nos jours, et chaque génération a son lot de bonheurs et de pertes. L'entraide est primordiale au sein de cette famille que les drames déchirent.
    Il fait chaud, très chaud à Montepuccio. Et la plume imagée et incisive de Gaudé entraîne le lecteur dans la touffeur de ce village du Sud... le pages défilent, très vite, comme les années, et déjà point la fin du roman. On lit, avide de poursuivre, de s'immerger dans ce petit village et ses codes. On peine à lâcher le roman avant d'en connaître la toute dernière phrase. Hypnotisé, écrasé par la chaleur que Laurent Gaudé laisse transparaître entre ses lignes, on engloutit ce Soleil des Scorta en une seule bouchée. Quel délice !

    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2010/05/20/17932996.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mimienco, le 23 juin 2009

    mimienco
    4ème de couverture: L'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobre.
    A Montepuccio, leur petit village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu'ils appellent "l'argent de New York", leur richesse est aussi immatérielle qu'une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie.
    Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer. Roman solaire, profondément humaniste, le livre de Laurent Gaudé met en scène, de 1870 à nos jours, l'existence de cette famille des Pouilles à laquelle chaque génération, chaque individualité, tente d'apporter, au gré de son propre destin, la fierté d'être un Scorta, et la révélation du bonheur.
    Mon opinion : bien. Sous l'écrasante chaleur de Montepuccio, un petit village du sud de l'Italie, la sueur coule sur le front des Scorta. De la moitié du XIXème siècle jusqu'à nos jours, le talentueux conteur Gaudé nous livre le destin de cette famille tellement mystérieuse. Marquée au fer rouge par un aïeul criminel, dépossédée par leur père, les trois enfants Scorta, Carmela, Domenico et Guiseppe se battent pour survivre et construire une vie remplie de bonheur. Bonheur de transmettre aux générations futures, un nom, une famille, une vie remplie d'expérience mais de secret également.
    Le travail à en mourir, l'amour, la famille, tels sont les éléments qui composent le bonheur et le clan des Scorta. La volonté de transmettre un patrimoine tant matériel qu'immatériel, la fierté d'être un Scorta caractérise cette fureur de vivre.
    Laurent Gaudé nous livre un roman qui "transpire" l'Italie à toutes les pages. La chaleur suffocante, l'odeur des oliviers, la symbolique de la famille, le courage de ces hommes et femmes transportent littéralement le lecteur. Grâce à cette plume si belle et si personnelle, Laurent Gaudé rend un remarquable hommage à ce pays qu'il aime tant.
    A tous les amateurs d'Italie (et à tous les autres aussi), lisez ce roman, vous allez vous régaler !!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 25 mars 2011

    Cath36
    Le privilège des pays du Sud, par ailleurs si pauvres, c'est que l'honneur n'est pas réservé à une élite. Chacun y a sa fierté, du plus pauvre au plus riche, du plus aristocrate au moins "gradé". L'honneur, c'est cette conscience aiguë de ce que l'on se doit et de ce que l'on doit aux autres. C'est à la fois le sens du devoir par rapport aux siens et la capacité à se tenir debout sous le regard des autres.
    On ne s'entre tue pas à l'épée, mais à coups de silence, de mépris ou de rejet. du reste, le silence n'a pas que cette fonction-là : dans un pays pauvre où la parole est rare, parce que le soleil tarit tout, elle prend une force quasiment virile, même chez les femmes. Seul le curé ( à condition d'être accepté par la population)a le rôle de confident, ou plutôt de témoin de toutes ces vies silencieuses. J'ai profondément aimé ce roman de Laurent Gaudé, qui sait rendre mieux que quiconque l'esprit de ces familles du sud, à la limite du système clanique, et ce dans une écriture superbe.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par clamy, le 11 octobre 2011

    clamy
    Après avoir lu "La mort du Roi Tsongor" du même auteur, je me suis englouti dans ce nouveau roman (nouveau pour moi seulement) avec la gourmandise d'un groupe de souris découvrant un morceau de gruyère tout frais. C'est un régal de la première à la dernière ligne, un style dense où chaque phrase a son importance ; un récit mené tambour battant où chaque chapitre invite immédiatement à attaquer le suivant sans délai. On imagine le village, on s'invite parmi les personnages pour mieux les cerner, on vit cette histoire comme un western moderne, sans le son, mais avec la puissance de l'imagination en plus. Un grand morceau de littérature, à lire absolument.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)

> voir toutes (35)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par glaouija, le 26 avril 2008

    Lorsque le soleil règne dans le ciel, à faire claquer les pierres, il n'y a rien à faire. Nous l'aimons trop cette terre. Elle n'offre rien, elle est plus pauvre que nous, mais lorsque le soleil la chauffe, aucun d'entre nous ne peut la quitter. Nous sommes nés du soleil, Elia. Sa chaleur nous l'avons en nous. D'aussi loin que nos corps se souviennent, il était là, réchauffant nos peaux de nourrisssons. Et nous ne cessons de le manger, de le croquer à pleines dents. Il est là dans les fruits que nous mangeons. Les pêches. Les olives. Les oranges. C'est son parfum. Avec l'huile que nous buvons, il coule dans nos gorges. Il est en nous. Nous sommes les mangeurs de soleil.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Chrys, le 16 septembre 2010

    C'est Rocco qui parle...
    P55: "J'ai fait reculer Dieu partout où j'allais. Il s'est effacé sur mon passage comme vous l'avez fait, dans les rue de Montepuccio, en serrant vos enfants contre vous. Il pleut aujourd'hui et je quitte le monde sans un regard. J'ai bu. j'ai joui. J'ai roté dans le silence des églises. J'ai dévoré avec avidité tout ce que je pouvais prendre. Aujourd'hui devrait être un jour de fête. Le ciel aurait dû s'ouvrir et les trompettes des archanges retentir avec fracas pour fêter la nouvelle de ma mort. Mais rien. Il pleut. A croire que Dieu est triste de me voir disparaître. Foutaises. J'ai vécu longtemps parce que le monde est à mon image. Tout est sens dessus dessous. Je suis un homme. Je n'espère rien. Je mange ce que je peux. Rocco Scorta Mascalzone. Et vous qui me méprisez, vous qui me vouez aux pires tortures, vous avez fini par prononcer mon nom avec admiration. L'argent que j'ai accumulé y est pour beaucoup. Car si vous crachez sur mes crimes, vous ne pouvez réprimer en vous le vieux respect puant de l'homme pour l'or."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par soukee, le 20 mai 2010

    On mange dans le Sud avec une sorte de frénésie et d'avidité goinfre. Tant qu'on peut. Comme si le pire était à venir. Comme si c'était la dernière fois qu'on mangeait. Il faut manger tant que la nourriture est là. C'est une sorte d'instinct panique. Et tant pis si l'on s'en rend malade. Il faut manger avec joie et exagération.
    Citation de qualité ? (14 votes positifs)
  • Par Neigeline, le 31 mai 2010

    Ceux qui disent que nous sommes pauvres n'ont jamais mangé un bout de pain baigné de l'huile de chez nous. C'est comme de croquer dans les collines d'ici. Ca sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse, onctueuse. L'huile d'olive, c'est le sang de notre terre. Et ceux qui nous traitent de culs-terreux n'ont qu'à regarder le sang qui coule en nous. Il est doux et généreux. Parce que c'est ce que nous sommes : des culs-terreux au sang pur.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par Seraphita, le 30 octobre 2009

    J’avance. Je suis escorté par un long banc de poulpes. Les poissons entourent ma barque et la portent sur leurs dos d’écailles. Je m’éloigne. Le soleil me montre le chemin. Je n’ai qu’à suivre sa chaleur et soutenir son regard. Il se fait moins aveuglant pour moi. Il m’a reconnu. Je suis un de ses fils. Il m’attend. Nous plongerons ensemble dans les eaux. Sa grande tête hirsute de feu fera frémir la mer. De gros bouillons de vapeur signaleront à ceux que je quitte que Donato est mort. Je suis le soleil… Les poulpes m’accompagnent… Je suis le soleil… Jusqu’au bout de la mer…
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le soleil des Scorta par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (739)

> voir plus

Quiz