ISBN : 2742752986
Éditeur : Actes Sud (2005)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 287 notes) Ajouter à mes livres
Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. Le monarque... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 16 août 2011

    meyeleb
    Une tragédie, une vraie. Qui déchire, fait souffir, violente et tue. Met en scène le désir, l'orgueil, la haine. L'Amour aussi. Ca vous transporte, véritablement !
    Deux caractères m'ont frappée et me parlent encore :
    -la fidélité « paradoxale » du guerrier vaincu devenu serviteur, Katabolonga, qui pleurera la mort du roi comme un loup hurle dans la nuit;
    -la clairvoyance d'un père qui sauve son plus jeune fils Souba, en l'envoyant arpenter les confins du royaume et construire des mausolées à sa mémoire, longtemps, très longtemps, voyage initiatique, voyage de sagesse loin des déchirements de haine.
    Et quelle écriture ! Fluide et poétique parfois, percutante et violente quand il le faut.
    Le lire, le relire.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimienco, le 23 juin 2009

    mimienco
    4ème de couverture: Dans une Antiquité imaginaire, le vieux TsongorTsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille.
    Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. le monarque s'éteint ; son plus jeune fils s'en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l'image de ce que fut le vénéré - et aussi le haïssable - roi TsongorTsongor. Roman des origines, récit épique et initiatique, le livre de Laurent Gaudé déploie dans une langue enivrante les étendards de la bravoure, la flamboyante beauté des héros, mais aussi l'insidieuse révélation, en eux, de la défaite.
    Car en chacun doit s'accomplir, de quelque manière, l'apprentissage de la honte.
    Mon opinion: très bien. C'est par ce roman que je découvre Laurent Gaudé. Et je dois avouer que je suis soufflée! J'ai adoré ce roman. Je ne sais par quoi commencer, comment exprimer ce que j'ai ressenti! L'auteur m'a emporté véritablement dans un autre monde, une "antiquité imaginaire" où se mêle une intrigue chargée d'amour, d'honneur, de guerre, de honte.
    Le roi TsongorTsongor, brillant conquérant qui réussit à bâtir un empire, décide de marier sa fille Samilia au prince des royaumes du sel, Kouame. Mais, durant son enfance, Samilia a promis sa main à Sango Kerim, un enfant élevé comme son fils par le roi TsongorTsongor. La veille du mariage, Sango Kerim vient chercher sa promise. Samilia se trouve donc déchirée entre sa promesse d'enfant à Sango Kerim et le beau prince Kouame dont elle est amoureuse. Qui qu'elle choisisse, l'un ou l'autre sera bafoué et une guerre éclatera. Son destin, celui de sa famille, de sa cité va se jouer là. Et la guerre éclate après La mort du Roi TsongorTsongor. Souba, le dernier enfant de TsongorTsongor, a promis à son père avant sa mort de lui ériger sept tombeaux en son honneur à travers tout l'empire. La veille de la guerre, il part donc sur les routes afin d'accomplir sa promesse...
    Et là, le lecteur est complètement transporté. Par un style singulier, une plume magnifique, Laurent Gaudé nous plonge dans un monde où l'honneur, le courage, l'amour des siens, de sa famille sont rois. On suit l'évolution de tous les personnages le coeur battant! On sent le sol trembler sous nos pieds lors des batailles, on entend les Cris, on ressent la solitude et le désespoir qu'éprouvent Souba pour accomplir sa tâche, la tristesse et le désarroi de Samilia dont la vie est sacrifiée...
    Vraiment ce roman est intense. Ce n'est pas un roman historique, un roman purement épique, il mêle de nombreuses thématiques, il convoque des sentiments variés... Il est tout simplement magnifique!
    Vraiment c'est un gros coup de coeur et j'ai hâte de découvrir les autres oeuvres de Laurent Gaudé!
    PS: j'adore la couverture!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par petitchap, le 22 septembre 2011

    petitchap
    Mélange de roman initiatique, de roman de guerre, de roman d'amour, de conte... conte merveilleux et cruel. Tout comme les Scorta, les Tsongor trainent une malédiction. Et elle s'abat dès que le vieux roi choisit de se donner la mort.
    L'écriture est fluide, juste, musicale. Elle parait aller de soi. Laurent Gaudé nous fait pénétrer dans une antiquité imaginaire et on le suit les yeux fermés. Il nous conte une histoire tragique et tous les personnages prennent soudainement vie : on les voit, on les entend, on les sent.
    La mort du Roi Tsongor, tout comme Le soleil des Scorta, est un pur chef-d'œuvre, un bijou de littérature. Et Laurent Gaudé est en passe de devenir un de mes auteurs fétiches...
    → Il vient d'accéder au rang d'Incontournable dans ma bibliothèque.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 30 octobre 2009

    Seraphita
    Le vieux Roi Tsongor est à la tête d'un grand empire qu'il a conquis patiemment, durant toute une vie de combats acharnés. Il est souverain de Massaba, une impressionnante cité fortifiée et père de cinq enfants. Il s'apprête à marier sa fille Samilia à Kouame, prince des terres du sel. La cité entière vit dans la liesse et les préparatifs de ce moment que d'aucuns déclareraient unique. C'est alors que surgit celui par qui adviendra le déclin de Massaba : Sango Kerim, qui a été élevé avec les cinq enfants du Roi jusqu'à l'âge de quinze ans, se présente devant le Roi Tsongor, lui demandant sa fille en mariage, arguant d'une promesse nouée avec Samilia alors qu'il était enfant. Renonçant au choix terrible qu'il devrait faire pour le bien de sa fille, le Roi décide de se donner la mort. Auparavant, il missionne son plus jeune fils, Souba, de parcourir son royaume et d'y édifier sept tombeaux monumentaux qui résumeront son existence, à la fois héroïque et haïssable.
    J'ai particulièrement aimé ce livre, de manière égale, même si l'intrigue est devenue rapidement prévisible, se nouant durant les 50 premières pages. le style de l'auteur m'a laissée ambivalente : ses phrases courtes, incisives, permettaient de donner vigueur et dynamisme à l'action, en même temps, la lecture du récit en devenait hachée. Cette histoire m'a fait penser à une épopée digne d'Homère, tant les grands héros se trouvaient exaltés.
    En bref, la chute d'un empire à découvrir à travers un style concis, efficace et dépouillé.
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    • Livres 3.00/5
    Par quenlore, le 27 octobre 2011

    quenlore
    Voici un conte, une histoire balayée par un fort souffle épique, avec des personnages denses.
    L'intrigue de ce roman est simple, mais menée de façon magistrale et soutenue par un style et un flot d'idées humanistes irréprochables. L'écriture est fluide, puissante, claire.
    Méprisé par le roi, son père, Tsongor quitte les terres de son enfance. A force de courage, de ténacité, de décennies de batailles sanglantes, d'exercice du pouvoir d'une main de fer, Tsongor va devenir roi d'un immense empire.
    Des années plus tard, aux côtés de ses fils, le roi Tsongor marie sa fille bien-aimée, la belle Samilia. Elle est promise à Kouame, le prince des terres de sel. La procession de cadeaux, d'offrandes d'une richesse inimaginable annonce son arrivée prochaine. Ce sera un grand mariage. Tous ont le coeur en joie. Mais un grain de sable entre aussi dans la danse des festivités. Il s'appelle Sengo Kerim. Longtemps, il a vécu au palais de Tsongor, accepté comme un de ses fils. Longtemps il a joué avec Samilia et un jour, l'adolescente a promis de se marier avec lui.
    Le jour où Kouame arrive devant le roi Tsongor, Sengo Kerim s'avance et annonce aussi ses prétentions sur la jeune femme. le roi va devoir choisir entre les deux prétendants. C'est inéluctable, il doit choisir. Avec son vieux et fidèle serviteur, Katabolonga, il sait que les temps heureux sont révolus. Tsongor ne peut se résoudre à choisir un mari pour sa fille. Il opte pour la mort, respectant par là un vieux pacte conclu avec Katabolonga.
    Leur espoir était que la période de deuil permette aux prétendants de reprendre leurs esprits. Mais cela ne se fera pas. le Destin enclenche sa course folle et la guerre va balayer le royaume de Massala. Aux pieds de la grande ville, des milliers de vies vont être perdues pour les beaux yeux de Samilia à qui personne n'a demandé son avis. L'orgueil, la haine entre les prétendants, leur besoin d'en découdre sont plus forts. Samalia est sacrifiée. Elle n'est plus rien, juste un enjeu que l'on finit même par oublier au milieu des morts.
    Le seul à échapper au carnage qui s'annonce est Souba, le dernier fils du roi. En effet, avant de mourir, le père somme son fils de parcourir l'empire et à construire des mausolées à son nom. Chacun sera une représentation de ce qu'il a été, une image de ses différentes personnalités. Ce sera également pour Souba un long voyage initiatique, plein de souffrance et de solitude.
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 28 février 2010

    [...] - J'ai vu aujourd'hui une foule immense apparaître à mes yeux, reprit le mort. Ils sortaient de l'ombre et se sont dirigés, lentement, vers la barque du fleuve. C'étaient des guerriers hagards. J'ai observé leurs insignes ou ce qu'il en restait. J'ai regardé leurs visages. Mais je n'ai reconnu personne. Dis-moi, Katabolonga, qu'il s'agit d'une armée de pilleurs que les troupes de Massaba ont interceptés quelque part dans le royaume. Ou de guerriers inconnus qui sont venus mourir sous nos murailles sans que personne ne sache pourquoi. Dis-moi, Katabolonga, que cela n'est pas.
    - Non, Tsongor, répondit Katabolonga. Ce n'est ni une horde de pilleurs ni une armée de mourants venus séchouer sur nos terres. Ce sont les morts de la prmeière bataille de Massaba. Tu as vu passer sous tes yeux les premiers écrochés de Souame et de Sango Kerim, mêlés les uns aux autres dans une pauvre colonne de révulsés.
    - Alors la guerre est là et je n'ai rien empêché, dit Tsongor. Ma mort n'a servi à rien.
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  • Par clarinette, le 03 novembre 2008

    D'ordinaire, Katabolonga était le premier à se lever dans le palais. Il arpentait les couloirs vides tandis qu'au dehors la nuit pesait encore de tout son poids sur les collines. pas un bruit n'accompagnait sa marche. Il avançait sans croiser personne, de sa chambre à la salle du tabouret d'or. Sa silhouette était celle d'un être vaporeux qui glissait le long des murs. C'était ainsi. Il s'acquittait de sa tâche, en silence, avant que le jour ne se lève.
    Mais ce matin-là, il n'était pas seul. Ce matin-là, une agitation fiévreuse régnait dans les couloirs. Des dizaines et des dizaines d'ouvriers et de porteurs allaient et venaient avec précaution, parlant à voix basse pour ne réveiller personne. C'était comme un grand navire de contrbandiers qui déchargeait sa cargaison das le secret de la nuit. Tout le monde s'affairait en silence. Au palais de Massaba, il n'y avait pas eu de nuit. Le travail n'avait pas cessé.
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  • Par Persepolis, le 06 octobre 2010

    A tous ces corps de braves que la vie avait quittés s'ajoutaient, en un amas putride, les cadavres de chevaux et les innombrables chiens de guerre qui s'étaient entre-déchirés et gisaient, les pattes en l'air, raidis dans la mort. Lorsque le combat cessa et que les deux armées remontèrent dans les collines, défaites, épuisées, trempées de sang et de sueur, on eût dit qu'elles avaient accouché, dans la plaine, d'une troisième armée. Une armée immobile. Allongée face contre terre. L'armée des morts qui était née après dix heures de contractions sanglantes. L'armée de tous ceux qui resteraient à jamais dans la poussière de la plaine, au pied de Massaba.
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  • Par wictoria, le 05 février 2011

    C'était à l'époque où le roi Tsongor était jeune. Il venait de quitter le royaume de son père. Sans se retourner. Laissant le vieux roi périr sur son trône fatigué. Tsongor était parti. Il savait que son père ne voulait rien lui léguer et il refusait de subir cette humiliation. Il était parti, crachant sur le visage du vieillard qui ne voulait rien céder. Il avait décider qu'il ne demanderait rien. Qu'il ne supplierait pas. Il avait décider de construire un empire plus vaste que celui qu'on lui refusait.
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  • Par ilea, le 18 octobre 2007

    "il régna sur un royaume immense qu'il arpentait sans cesse pour veiller sur les siens. Avec toujours Katabolonga qui marchait derrière lui, comme l'ombre du remords. Il était le souvenir voûté de ses années de guerre. En l'entourant de sa présence, il lui rappelait sans cesse ses crimes et le deuil. Et jamais ainsi tsongor ne pouvait oublier ce qu'il avait fait durant ces 20 années de jeunesse. La guerre était la dans ce grand corps maigre qui marchait a ses cotés. Sans rien dire. Et qui pouvait a tout moment lui trancher la gorge."
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