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ISBN : 2330028105
Éditeur : Actes Sud (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.07/5 (sur 783 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. Le monarque... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 10 juillet 2012

    lehane-fan
    Je poursuis tranquillou l'oeuvre de Gaudé...Au menu , ce coup-ci , La mort du Roi Tsongor .
    Homérien en diable dans sa trame , ce récit épique épique et colégram me conforte dans l'idée que ce Gaudé s'affirme réellement comme étant un magistral conteur !
    Le vieux Tsongor , roi incontesté et incontestable de Massaba , s'apprete à marier sa fille Samilia . Sonnez hautbois , résonnez musettes ! le récit s'annonce festif et jovial , n'était ce leger contre-temps en la personne de Sango Karim qui , fort d'une promesse lointaine échangée avec la belle , s'en revient alors , en ce jour de bombance et de ripaille , quémander sa main ! Léger hic , le prince Kouamé , nouveau prétendant attitré , ne l'entend absolument pas de cette oreille – ni de l'autre d'ailleurs . de là à dire que Kouamé n'est pas préteur , il n'y a qu'un pas...Oula , oula , m'est avis que le festin annoncé pourrait tres vite se transformer en rivalité larvée . Il y a désormais quelque chose de pourri au royaume de Massaba ! Aussi avisé que les rois Arthur et Dagobert ;) réunis , le sagace souverain décide alors de se donner la mort pensant alors annihiler toute vélléité guerriere ! Ouiinn ! Fatale erreur votre Majesté puisque les deux promis , habités par un orgueil et un égo aussi démesurés , décident finalement de conquérir Miss Maisjvousaimetouslesdeux à coups de combats et de massacres récidivants !
    Tsongor , à la veille de pousser son dernier soupir , fait mander son plus jeune fils , Souba , afin de lui exprimer ses dernieres volontés ! de tes oripeaux princiers tu te dévetiras , sept tombeaux inégalables tu construiras , chacun portant l'empreinte de ce que fut ton pere pour toi...Le sauvant ainsi lucidement d'une mort certaine...
    C'est ainsi qu'incognito , Souba missionné par son défunt pere , quitta le royaume de Massaba appelé à ne devenir que ruine et désolation . Vint donc le temps de la solitude opposé à celui du chaos . I'm pooor lonesome fils de roi qui doit le dire à persoooonne...
    Gaudé oppose une quete mystique au bruit et à la fureur !
    Deux récits concomitants de force et d'impact bien distincts . Car si l'on suit le jeune Souma avec grand plaisir dans sa recherche de vérité et de spiritualité , les combats incessants venant se fracasser telles les vagues sur la greve peuvent constituer un leger bémol , voire un petit fa diese à la longue ! La plume est toujours aussi évocatrice et immersive seulement , les affrontements se succédant inlassablement pour , au final , laisser les deux bélligérants sur leurs positions , peuvent susciter à la longue un brin de lassitude lassante . Absolument rien de rédhibitoire tant l'intensité des batailles transpire à chaque page ! Véritable cours magistral de stratégie guérriere , Gaudé inscrit son récit sur la longueur en prenant le parti de compter par le menu ce suicide collectif sur plusieurs années . Un roman dévastateur n'épargnant rien ni personne si ce n'est l'humain borné incapable de transiger avec son moi profond , n'hésitant pas à sacrifier toutes ces vies au profit d'un idéal personnel qui n'a d'autre limite que son triste égo démesuré...
    Pour toutes ces raisons et bien plus encore , je déclare Gaudé comme étant mon chouchou - sans oublier les 3 suisses , bien sur – 2012 !
    Le Roi est mort , vive le Roi !
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    • Livres 5.00/5
    Par Dionysos89, le 29 octobre 2012

    Dionysos89
    Que dire de plus sur ce petit roman parfaitement ciselé de Laurent Gaudé après une soixantaine de critiques de qualité et plus ou moins longues ? Peut-être déjà que Laurent Gaudé a réussi son coup : La mort du Roi Tsongor, on l'attend tout d'abord, on la pleure par la suite, on se la dispute pendant un moment homérique, et enfin on l'honore.
    Comme c'est son but avoué, à l'instar de la Guerre de Troie dans l'Illiade, La mort du Roi Tsongor exprime toute la force des serments, quintessences de l'honneur par-delà la mort et les combats, ces serments qui parcourent des vies, en ravagent d'autres et emportent celles qui restent. Dans ces six chapitres d'une rare intensité, Laurent Gaudé exprime la face tragique de la fidélité sous toutes ses formes : du simple conflit de palais à la guerre ouverte, du conflit psychologique en chacun de nous à la haine vivace qui dure toute une vie, la fidélité, la passion et la haine sont plus que jamais présentes dans ce roman. Court roman d'ailleurs, environ deux cents pages (cinq heures et demie d'écoute en livre audio pour ma part), La mort du Roi Tsongor brille par ses six chapitres très bien découpés, où la situation est sans cesse bouleversée, une situation qui avance vraiment et cela apparaît même dans l'enchaînement et l'alternance des personnages principaux, chacun ayant son moment de gloire, ses monologues, ses décisions à prendre.
    Merci donc aux éditions Thélème et à l'opération Masse Critique de Babelio qui m'ont permis d'acquérir ce livre audio (au passage, le petit mot qui accompagne désormais l'envoi est toujours apprécié) ; en effet, les mots de ce roman, précis et pesants (plutôt bien rendus par le voix du comédien Pierre-François Garel), expriment toute la force de l'épopée par excellence, et le fait que tout cela se déroule dans une Afrique ancestrale, pour certains imaginaire, mais somme toute plausible, n'enlève rien, bien au contraire, à l'intérêt de lire La mort du Roi Tsongor !
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 18 février 2013

    carre
    Laurent Gaudé est un grand écrivain et puis c‘est tout, « La mort du Roi Tsongor » en est une preuve évidente. le speech s'il vous plait Ardisson, pas besoin il est bien connu maintenant Carré. Alors pas la peine d'en rajouter Thierry (comme disait Maxwell qualité filtre). Pas d'excuse, pas d'hésitation lisez-le. Après cela vous enchainerez avec « Cris » et « Le soleil des Scorta », et si les symptômes persistent et que Gaudé vous laisse de marbre , et bien là on peut plus rien pour vous, reprenez vos Harlequins et puis c'est tout.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 16 août 2011

    meyeleb
    Une tragédie, une vraie. Qui déchire, fait souffir, violente et tue. Met en scène le désir, l'orgueil, la haine. L'Amour aussi. Ca vous transporte, véritablement !
    Deux caractères m'ont frappée et me parlent encore :
    -la fidélité « paradoxale » du guerrier vaincu devenu serviteur, Katabolonga, qui pleurera la mort du roi comme un loup hurle dans la nuit;
    -la clairvoyance d'un père qui sauve son plus jeune fils Souba, en l'envoyant arpenter les confins du royaume et construire des mausolées à sa mémoire, longtemps, très longtemps, voyage initiatique, voyage de sagesse loin des déchirements de haine.
    Et quelle écriture ! Fluide et poétique parfois, percutante et violente quand il le faut.
    Le lire, le relire.
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    • Livres 5.00/5
    Par lauredanse, le 01 mars 2013

    lauredanse
    Ce roman se découpe en 6 chapitres. le premier explique comment le roi Tsongor a bâti son royaume fuyant celui de son père qui ne souhaitait rien lui léguer, avec l'envie rageuse de pouvoir faire quelque chose de bien plus grand et beau que lui. Pour y arriver il partira dans des conquêtes pendant 20 ans et le sang coulera à flots dans des guerres successives. C'est à son dernier combat « aux confins du monde » qu'il rencontrera Katabolonga, celui qui scellera son destin. Cet homme deviendra le porteur du tabouret d'or, ce qui signifie qu'il sera désormais l'ombre du roi, allant partout où il irait. Il détient le pouvoir de vie et de mort sur le roi, ce que ce dernier a accepté le jour où il a détruit le peuple de Katabolonga. Fatigué de toutes ses conquêtes, désormais il vit à Massaba, les guerres sont derrière lui et il règne sur son royaume « sa quiétude en dépendait ».
    Il doit marier sa fille Samilia à Kaoume. Mais rien ne se passe comme il aurait fallu. Sango Kerim, son fils adoptif parti à l'âge de 15 ans de Massaba, arrive pour prendre son dû lors « du début de la cérémonie nuptiale, la journée des présents », dû légitime de par le serment fait entre Samilia et lui. C'est alors que le roi mourut. Au deuxième chapitre, on suit son fils Souba, dont il l'a chargé de partir parcourir le royaume afin d'ériger sept tombeaux à l'image de son défunt père, et de choisir ensuite celui qui lui serait destiné et où il pourrait enfin reposer en paix. Ainsi il le protège de ce qui va inévitablement arriver. En attendant le roi erre comme une âme en peine dans son royaume et va être témoin de la guerre qui va éclater. C'est le troisième chapitre qui en parlera. Une guerre sans merci, que Samilia aurait pu empêcher et qui va entraîner les autres fils du roi Tsongor, Sako, Liboko et Danga. En parallèle nous suivons Souba, qui porte le voile du deuil évocateur de La mort du Roi Tsongor. Je vous laisse découvrir les autres chapitres.
    Cette histoire est riche, riche d'enseignement. A travers ce récit Laurent Gaudé nous parle de l'homme, l'homme aveuglé par son orgueil et son égo, qui le pousse à la folie guerrière. Il nous amène cette hystérie et cette démence petit à petit dans ce roman. Il nous raconte d'abord la fidélité, la loyauté, la famille, l'amour secret, puis le déchirement, la guerre, la prétention, la haine, l'horreur meurtrière, la lâcheté, la vanité et la désolation. C'est d'une extrême intensité avec une écriture superbe, qui vous saisit dès les premières lignes. Laurent Gaudé est un conteur merveilleux, qu'on lit avec gourmandise. Et à côté de cette violence et de cette tourmente, il y a la quête de Souba, qui parcourt lentement le royaume, dans le calme, la solitude et le silence. Ce qui ne l'empêchera pas d'être envahi d'un grand nombre d'incertitudes et de questionnements, ainsi que de la honte.
    Ce roman soulève aussi le questionnement sur la réalité de nos liens, liens qui nous unissent à notre famille, et de ce que l'on reçoit de cette famille. Un héritage qui est au-delà du matériel, il s'agit de notre loyauté, notre fidélité, notre devoir. Mais au final quelle valeur a-t'il ? A quoi nous soumet-il ? Et pouvons-nous le contourner, le refuser ? Et dans quelle propension nous dirige-t-il ? Comment vivre avec un poids lourd qu'on ne peut éviter ?
    Deux hommes qui veulent la même femme, une femme qui n'a pas su dire non, des hommes qui veulent le pouvoir, des hommes corrompus dans leur coeur et leur âme par cette envie dévastatrice et honteuse de conquérir terre, femme et peuple, ce goût du sang. Une femme qui porte tout le poids du malheur sur elle. Un père qui voit tout ce qu'il aimait s'effondrer. Un homme qui sera toujours là, même au-delà de la mort par loyauté et amitié. Des hommes qui ont oublié qu'ils s'aimaient. Un homme écrasé par le poids d'un héritage de honte. Un énorme coup de coeur pour ce roman qui en dit long sur la nature humaine.

    Lien : http://madansedumonde.wordpress.com/2013/03/01/laurent-gaude-la-mort..
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Citations et extraits

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  • Par issablaga, le 13 juillet 2014

    Lorsque le combat cessa et que les deux armées remontèrent dans les collines, défaites, épuisées, trempées de sang et de sueur, on eût dit qu'elles avaient accouché, dans la plaine, d'une troisième armée. Une armée immobile. Allongée face contre terre. L'armée des morts qui était née après dix heures de contractions sanglantes.

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  • Par BMR, le 28 février 2010

    [...] - J'ai vu aujourd'hui une foule immense apparaître à mes yeux, reprit le mort. Ils sortaient de l'ombre et se sont dirigés, lentement, vers la barque du fleuve. C'étaient des guerriers hagards. J'ai observé leurs insignes ou ce qu'il en restait. J'ai regardé leurs visages. Mais je n'ai reconnu personne. Dis-moi, Katabolonga, qu'il s'agit d'une armée de pilleurs que les troupes de Massaba ont interceptés quelque part dans le royaume. Ou de guerriers inconnus qui sont venus mourir sous nos murailles sans que personne ne sache pourquoi. Dis-moi, Katabolonga, que cela n'est pas.
    - Non, Tsongor, répondit Katabolonga. Ce n'est ni une horde de pilleurs ni une armée de mourants venus séchouer sur nos terres. Ce sont les morts de la prmeière bataille de Massaba. Tu as vu passer sous tes yeux les premiers écrochés de Souame et de Sango Kerim, mêlés les uns aux autres dans une pauvre colonne de révulsés.
    - Alors la guerre est là et je n'ai rien empêché, dit Tsongor. Ma mort n'a servi à rien.
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  • Par clarinette, le 03 novembre 2008

    D'ordinaire, Katabolonga était le premier à se lever dans le palais. Il arpentait les couloirs vides tandis qu'au dehors la nuit pesait encore de tout son poids sur les collines. pas un bruit n'accompagnait sa marche. Il avançait sans croiser personne, de sa chambre à la salle du tabouret d'or. Sa silhouette était celle d'un être vaporeux qui glissait le long des murs. C'était ainsi. Il s'acquittait de sa tâche, en silence, avant que le jour ne se lève.
    Mais ce matin-là, il n'était pas seul. Ce matin-là, une agitation fiévreuse régnait dans les couloirs. Des dizaines et des dizaines d'ouvriers et de porteurs allaient et venaient avec précaution, parlant à voix basse pour ne réveiller personne. C'était comme un grand navire de contrbandiers qui déchargeait sa cargaison das le secret de la nuit. Tout le monde s'affairait en silence. Au palais de Massaba, il n'y avait pas eu de nuit. Le travail n'avait pas cessé.
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  • Par marina53, le 06 juin 2012

    Je n'ai rien voulu, pensait-elle, je n'ai fait qu'accepter ce que l'on m'offrait. Mon père me parlait de Kouame et avant même de le voir je l'ai aimé. Aujourd'hui, mes frères se préparent à une bataille. Personne ne me demande rien. Je suis là. Immobile. Je contemple les collines. Je suis une Tsongor. Il est temps de vouloir. Moi aussi, je livrerai bataille. Ils sont deux à me réclamer comme un dû. Je ne suis due à personne. Il est temps de vouloir.
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  • Par mlop, le 15 octobre 2012

    "Et lorsqu'il referma les yeux du roi en passant doucement la main dessus, c'est une époque entière qu'il referma. C'est sa vie à lui aussi qu'il enterrait. Et comme une homme que l'on enterre vivant, il continua à hurler jusqu'à ce que le soleil se lève sur ce premier jour où il serait seul. A jamais seul. Et plein d'effroi."

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Pierre-François Garel lit La mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé
La mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé lu par Pierre-François Garel a remporté le Prix Lire dans le Noir 2012 !








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