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ISBN : 2742752986
Éditeur : Actes Sud (2005)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.07/5 (sur 863 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. Le monarque... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 10 juillet 2012

    lehane-fan
    Je poursuis tranquillou l'oeuvre de Gaudé...Au menu , ce coup-ci , La mort du Roi Tsongor .
    Homérien en diable dans sa trame , ce récit épique épique et colégram me conforte dans l'idée que ce Gaudé s'affirme réellement comme étant un magistral conteur !
    Le vieux Tsongor , roi incontesté et incontestable de Massaba , s'apprete à marier sa fille Samilia . Sonnez hautbois , résonnez musettes ! le récit s'annonce festif et jovial , n'était ce leger contre-temps en la personne de Sango Karim qui , fort d'une promesse lointaine échangée avec la belle , s'en revient alors , en ce jour de bombance et de ripaille , quémander sa main ! Léger hic , le prince Kouamé , nouveau prétendant attitré , ne l'entend absolument pas de cette oreille – ni de l'autre d'ailleurs . de là à dire que Kouamé n'est pas préteur , il n'y a qu'un pas...Oula , oula , m'est avis que le festin annoncé pourrait tres vite se transformer en rivalité larvée . Il y a désormais quelque chose de pourri au royaume de Massaba ! Aussi avisé que les rois Arthur et Dagobert ;) réunis , le sagace souverain décide alors de se donner la mort pensant alors annihiler toute vélléité guerriere ! Ouiinn ! Fatale erreur votre Majesté puisque les deux promis , habités par un orgueil et un égo aussi démesurés , décident finalement de conquérir Miss Maisjvousaimetouslesdeux à coups de combats et de massacres récidivants !
    Tsongor , à la veille de pousser son dernier soupir , fait mander son plus jeune fils , Souba , afin de lui exprimer ses dernieres volontés ! de tes oripeaux princiers tu te dévetiras , sept tombeaux inégalables tu construiras , chacun portant l'empreinte de ce que fut ton pere pour toi...Le sauvant ainsi lucidement d'une mort certaine...
    C'est ainsi qu'incognito , Souba missionné par son défunt pere , quitta le royaume de Massaba appelé à ne devenir que ruine et désolation . Vint donc le temps de la solitude opposé à celui du chaos . I'm pooor lonesome fils de roi qui doit le dire à persoooonne...
    Gaudé oppose une quete mystique au bruit et à la fureur !
    Deux récits concomitants de force et d'impact bien distincts . Car si l'on suit le jeune Souma avec grand plaisir dans sa recherche de vérité et de spiritualité , les combats incessants venant se fracasser telles les vagues sur la greve peuvent constituer un leger bémol , voire un petit fa diese à la longue ! La plume est toujours aussi évocatrice et immersive seulement , les affrontements se succédant inlassablement pour , au final , laisser les deux bélligérants sur leurs positions , peuvent susciter à la longue un brin de lassitude lassante . Absolument rien de rédhibitoire tant l'intensité des batailles transpire à chaque page ! Véritable cours magistral de stratégie guérriere , Gaudé inscrit son récit sur la longueur en prenant le parti de compter par le menu ce suicide collectif sur plusieurs années . Un roman dévastateur n'épargnant rien ni personne si ce n'est l'humain borné incapable de transiger avec son moi profond , n'hésitant pas à sacrifier toutes ces vies au profit d'un idéal personnel qui n'a d'autre limite que son triste égo démesuré...
    Pour toutes ces raisons et bien plus encore , je déclare Gaudé comme étant mon chouchou - sans oublier les 3 suisses , bien sur – 2012 !
    Le Roi est mort , vive le Roi !
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    • Livres 5.00/5
    Par Dionysos89, le 29 octobre 2012

    Dionysos89
    Que dire de plus sur ce petit roman parfaitement ciselé de Laurent Gaudé après une soixantaine de critiques de qualité et plus ou moins longues ? Peut-être déjà que Laurent Gaudé a réussi son coup : La mort du Roi Tsongor, on l'attend tout d'abord, on la pleure par la suite, on se la dispute pendant un moment homérique, et enfin on l'honore.
    Comme c'est son but avoué, à l'instar de la Guerre de Troie dans l'Illiade, La mort du Roi Tsongor exprime toute la force des serments, quintessences de l'honneur par-delà la mort et les combats, ces serments qui parcourent des vies, en ravagent d'autres et emportent celles qui restent. Dans ces six chapitres d'une rare intensité, Laurent Gaudé exprime la face tragique de la fidélité sous toutes ses formes : du simple conflit de palais à la guerre ouverte, du conflit psychologique en chacun de nous à la haine vivace qui dure toute une vie, la fidélité, la passion et la haine sont plus que jamais présentes dans ce roman. Court roman d'ailleurs, environ deux cents pages (cinq heures et demie d'écoute en livre audio pour ma part), La mort du Roi Tsongor brille par ses six chapitres très bien découpés, où la situation est sans cesse bouleversée, une situation qui avance vraiment et cela apparaît même dans l'enchaînement et l'alternance des personnages principaux, chacun ayant son moment de gloire, ses monologues, ses décisions à prendre.
    Merci donc aux éditions Thélème et à l'opération Masse Critique de Babelio qui m'ont permis d'acquérir ce livre audio (au passage, le petit mot qui accompagne désormais l'envoi est toujours apprécié) ; en effet, les mots de ce roman, précis et pesants (plutôt bien rendus par le voix du comédien Pierre-François Garel), expriment toute la force de l'épopée par excellence, et le fait que tout cela se déroule dans une Afrique ancestrale, pour certains imaginaire, mais somme toute plausible, n'enlève rien, bien au contraire, à l'intérêt de lire La mort du Roi Tsongor !
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 18 février 2013

    carre
    Laurent Gaudé est un grand écrivain et puis c‘est tout, « La mort du Roi Tsongor » en est une preuve évidente. le speech s'il vous plait Ardisson, pas besoin il est bien connu maintenant Carré. Alors pas la peine d'en rajouter Thierry (comme disait Maxwell qualité filtre). Pas d'excuse, pas d'hésitation lisez-le. Après cela vous enchainerez avec « Cris » et « Le soleil des Scorta », et si les symptômes persistent et que Gaudé vous laisse de marbre , et bien là on peut plus rien pour vous, reprenez vos Harlequins et puis c'est tout.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 16 août 2011

    meyeleb
    Une tragédie, une vraie. Qui déchire, fait souffir, violente et tue. Met en scène le désir, l'orgueil, la haine. L'Amour aussi. Ca vous transporte, véritablement !
    Deux caractères m'ont frappée et me parlent encore :
    -la fidélité « paradoxale » du guerrier vaincu devenu serviteur, Katabolonga, qui pleurera la mort du roi comme un loup hurle dans la nuit;
    -la clairvoyance d'un père qui sauve son plus jeune fils Souba, en l'envoyant arpenter les confins du royaume et construire des mausolées à sa mémoire, longtemps, très longtemps, voyage initiatique, voyage de sagesse loin des déchirements de haine.
    Et quelle écriture ! Fluide et poétique parfois, percutante et violente quand il le faut.
    Le lire, le relire.
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    • Livres 4.00/5
    Par boudicca, le 02 août 2014

    boudicca
    Très populaire en France comme à l'étranger, Laurent Gaudé témoigne dans beaucoup de ses ouvrages d'un goût prononcé pour l'histoire (« Cris » relatait le combat des soldats de la guerre 14-18 ; « Pour seul cortège » était consacré au vol par Ptolémée Ier de la dépouille d'Alexandre le Grand...) Avec « La mort du Roi Tsongor », l'auteur renoue avec l'Antiquité, bien que celle-ci soit ici fantasmée, et nous offre le récit tragique et ô combien épique de la chute de Massaba, cité belle et prospère gouvernée par le vieux roi Tsongor dont la mort va précipiter la ruine. En l'espace d'à peine deux cent pages, Laurent Gaudé parvient à totalement happer le lecteur qui assiste, désolé et impuissant, au drame qui secoue la dynastie Tsongor. Sous un prétexte qui se révèlera bien vite fallacieux, deux camps vont impitoyablement se déchirer, incapables de retrouver la raison (par orgueil ? par vengeance ?) et inconscients du fait qu'ils soient en train de détruire ce pour quoi même ils prétendaient se battre. Mais au-delà de l'héritage et du royaume du roi Tsongor, la tragédie touche avant tout l'ensemble des protagonistes : l'un parce qu'il voit avec horreur tout ce qu'il avait construit être réduis en cendres ; l'autre parce que la vengeance à laquelle il aspirait n'a pas la saveur attendue ; une autre encore parce qu'elle ne peut qu'assister, impuissante, à la dislocation de sa famille et de ceux qu'elle aime...
    Bien que nous ayons ici affaire à un monde fantasmé et un conflit imaginaire, l'hommage au célèbre poète antique Homère et à son « Iliade » apparait vite comme évident. le siège de Massaba 'st ainsi pas sans rappeler celui de la ville de Troie par les Grecs menés par Agamemnon, de même que le sort de la belle Hélène, déchirée entre Ménélas et Pâris, n'est pas sans posséder quelques similitudes avec celui de Samilia, la fille du roi Tsongor elle aussi déchirée entre deux hommes mais qui montrera davantage de force et de courage que sa compagne d'infortune. Mais là où l'influence d'Homère se fait le plus sentir, c'est au niveau du souffle épique qui balaye tout le récit. Une chose est sûre, Laurent Gaudé a travaillé avec un soin tout particulier chaque scène d'affrontement, aboutissant ainsi à des moments de prouesses guerrières ou de bataille impressionnants. L'intérêt et la force du roman tiennent aussi à la psychologie travaillée des personnages : Katabolonga et sa position ambigüe au côté de ce roi autrefois haï et aujourd'hui aimé ; Souba, adolescent mu par sa piété filiale et qui porte sur ses épaules le poids de la tâche colossale qui lui a été confié ; et puis Tsongor, le plus ambivalent de tous, à la fois conquérant arrogant et sanguinaire mais aussi vieillard accablé par son passé et ravagé de ne pouvoir garantir la pérennité de son royaume et de sa dynastie.
    « La mort du Roi Tsongor » mérite bien sa renommée, de même que Laurent Gaudé qui nous fait don d'un récit aussi épique que tragique mettant en scène des personnages prisonniers de leurs passions. Un roman court qui se lit d'une traite mais qui laisse un souvenir vivace dans la mémoire longtemps après la dernière page tournée.
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Citations et extraits

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  • Par myriampele, le 30 octobre 2014

    Les enfants du roi Tsongor ne bougeaient pas. Devant eux défilaient, lentement, dans la pénombre et le silence, tout le royaume.

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  • Par BMR, le 28 février 2010

    [...] - J'ai vu aujourd'hui une foule immense apparaître à mes yeux, reprit le mort. Ils sortaient de l'ombre et se sont dirigés, lentement, vers la barque du fleuve. C'étaient des guerriers hagards. J'ai observé leurs insignes ou ce qu'il en restait. J'ai regardé leurs visages. Mais je n'ai reconnu personne. Dis-moi, Katabolonga, qu'il s'agit d'une armée de pilleurs que les troupes de Massaba ont interceptés quelque part dans le royaume. Ou de guerriers inconnus qui sont venus mourir sous nos murailles sans que personne ne sache pourquoi. Dis-moi, Katabolonga, que cela n'est pas.
    - Non, Tsongor, répondit Katabolonga. Ce n'est ni une horde de pilleurs ni une armée de mourants venus séchouer sur nos terres. Ce sont les morts de la prmeière bataille de Massaba. Tu as vu passer sous tes yeux les premiers écrochés de Souame et de Sango Kerim, mêlés les uns aux autres dans une pauvre colonne de révulsés.
    - Alors la guerre est là et je n'ai rien empêché, dit Tsongor. Ma mort n'a servi à rien.
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  • Par clarinette, le 03 novembre 2008

    D'ordinaire, Katabolonga était le premier à se lever dans le palais. Il arpentait les couloirs vides tandis qu'au dehors la nuit pesait encore de tout son poids sur les collines. pas un bruit n'accompagnait sa marche. Il avançait sans croiser personne, de sa chambre à la salle du tabouret d'or. Sa silhouette était celle d'un être vaporeux qui glissait le long des murs. C'était ainsi. Il s'acquittait de sa tâche, en silence, avant que le jour ne se lève.
    Mais ce matin-là, il n'était pas seul. Ce matin-là, une agitation fiévreuse régnait dans les couloirs. Des dizaines et des dizaines d'ouvriers et de porteurs allaient et venaient avec précaution, parlant à voix basse pour ne réveiller personne. C'était comme un grand navire de contrbandiers qui déchargeait sa cargaison das le secret de la nuit. Tout le monde s'affairait en silence. Au palais de Massaba, il n'y avait pas eu de nuit. Le travail n'avait pas cessé.
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  • Par marina53, le 06 juin 2012

    Je n'ai rien voulu, pensait-elle, je n'ai fait qu'accepter ce que l'on m'offrait. Mon père me parlait de Kouame et avant même de le voir je l'ai aimé. Aujourd'hui, mes frères se préparent à une bataille. Personne ne me demande rien. Je suis là. Immobile. Je contemple les collines. Je suis une Tsongor. Il est temps de vouloir. Moi aussi, je livrerai bataille. Ils sont deux à me réclamer comme un dû. Je ne suis due à personne. Il est temps de vouloir.
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  • Par mlop, le 15 octobre 2012

    "Et lorsqu'il referma les yeux du roi en passant doucement la main dessus, c'est une époque entière qu'il referma. C'est sa vie à lui aussi qu'il enterrait. Et comme une homme que l'on enterre vivant, il continua à hurler jusqu'à ce que le soleil se lève sur ce premier jour où il serait seul. A jamais seul. Et plein d'effroi."

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Pierre-François Garel lit La mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé
La mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé lu par Pierre-François Garel a remporté le Prix Lire dans le Noir 2012 !








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