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> Bernard Kreiss (Traducteur)

ISBN : 2843375312
Éditeur : Anne Carrière (2009)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.29/5 (sur 813 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison e... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Zebra, le 22 août 2013

    Zebra
    Katharina Hagena est née à Karlsruhe, en Allemagne, en 1967. Avec « Der Geschmack von Apfelkernen » (en français, « Le goût des pépins de pomme »), ouvrage paru en 2008 aux éditions Verlag Kiepenheuer & Witch, elle signe un roman gai, énigmatique, sensible, tendre, émouvant, sensuel, parfois drôle, nostalgique et un peu douloureux qui se prête à de multiples lectures. Qualifié de « pur chef-d'œuvre » par Jean-Louis Ezine, du Nouvel Observateur, le livre a suscité à ce jour 137 critiques sur Babelio !
    « Le goût des pépins de pomme » est d'abord une saga familiale. A la mort de Bertha, ses 3 filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans la maison familiale, à Bootshaven, petite ville située entre Hambourg et Berlin. On lit le testament rédigé par la défunte : Iris, à sa grande surprise, hérite de la maison familiale. Au début, étant bibliothécaire à Fribourg, ville située dans le Bade-Wurtemberg (à l'extrême sud-ouest de l'Allemagne), Iris n'envisage pas de garder la maison. Elle prend toutefois son temps pour en explorer chaque recoin. Iris (page 35) se sent comme à un inventaire et (page 37) se demande s'il faut s'acharner à tout sauvegarder. La fin est cousue de fil blanc.
    « Le goût des pépins de pomme » est ensuite une malle aux secrets. Ce sont 3 générations qui se rencontrent à l'occasion de l'ouverture de la succession. le lecteur parcoure toutes les pièces de la maison, remonte dans le temps et partage avec Iris les souvenirs, les odeurs, les sons et les goûts qui lui remontent à la mémoire. Dans ces « remontées », il y a des choses anodines (page 29 – le pavillon galvanisé était plus bas que dans mon souvenir ; page 30 – la 3ème marche à partir du bas grinçait encore plus fort qu'à l'époque), un peu de mélancolie (page 39 – du jardin d'hiver, il ne restait rien ; page 42 – au fil des ans, la végétation avait envahi les berges) et des souvenirs plutôt gênants : deuils, jalousies, cachotteries, passé très probablement nazi du grand-père, Bertha adultère, décès inexplicable de Rosemarie (fillette très liée à Inga, une des filles de la défunte). Une vraie tragédie familiale, toute en puzzle avec ses pièces et ses « trous ».
    « Le goût des pépins de pomme » est également un essai sur la mémoire, l'oubli et la vérité. La vieille Bertha est morte amnésique. Mais il n'y a pas d'âge pour commencer à oublier. Parmi les souvenirs, dont la date et le contenu s'effacent ou se modifient, Iris « pêche », compose et recompose son identité, taisant – dans un non-dit qui finit par être très présent - ou transformant les « remontées » les plus « acides ». « Dans la mémoire, il y a un faux sentiment de refuge ». Les souvenirs (page 102) sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli, mais la vérité n'est pas au rendez-vous. Iris se remémore (page 66) des choses que Bertha avait racontées, des choses qu'elle avait cru deviner ou qu'elle s'était figurées ; elle en vient à se demander (page 203) si ces histoires n'étaient pas plus vraies que ses rêveries éveillées dans la mesure où (page 203), nombre d'histoires inventent la réalité. Comment démêler alors le faux du vrai quand Iris se forge une histoire personnelle arrangée et stabilisatrice ?
    « Le goût des pépins de pomme » est enfin un roman du terroir : une vieille demeure, un verger et des plates-bandes nimbés de soleil estival, des pommes qu'on croque ou dont on fait des confitures, du jus ou de la gelée, des vêtements qu'on extirpe de vieilles malles gisant dans la poussière d'un grenier et qu'on enfile en se regardant dans un miroir un peu piqué, le bruissement des feuilles du saule, la rivière où il fait bon se baigner en pleine canicule, une discrétion toute campagnarde qui conduit chacun à respecter la vie de ses voisins tout en guettant le moindre détail de leurs vies quotidiennes …
    Katharina Hagena est habile et intelligente. Dans ce récit, et dans un style très allemand, elle crée une ambiance singulière, bien ficelée, touchante, toute en finesse et attachante. Les descriptions sont détaillées, la plume est délicate. Mais l'auteure fait également sa thérapie : « il y a un sentiment de perte contre lequel j'essaye de lutter en écrivant ; (avec ce livre) j'ai réussi à dépersonnaliser ma mémoire et à faire en sorte que ce roman ait son existence propre, indépendante ». Évidemment, pour notre plus grand plaisir.
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    • Livres 3.00/5
    Par Lorraine47, le 24 août 2013

    Lorraine47
    Le ver était dans le fruit.
    Ce roman aux accents proustiens: la pomme tenant lieu et place de la madeleine se lit facilement et c'est peut-être le hic...heu... le pépin.
    Je ne vais pas plagier les pertinentes remarques de Zébra concernant le style somme toute assez plat et contrastant avec la violence des événements relatés au sein de cette famille allemande pour qui la vie n'a certes pas été un long fleuve tranquille.
    Je retiendrai les portraits de femmes: la grand-mère et ses trois filles et cette maison, cœur vibrant d'une vie familiale faite de terribles secrets.
    Je vous invite à pousser le portail et à venir vous promener dans le jardin... Laissez-vous guider à travers les groseillers et savourez une délicieuse boscop.
    Un bon moment de lecture mais pas un chef d'œuvre !
    Pas de quoi se pâmer ni tomber dans les pommes...
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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 25 janvier 2012

    sandrine57
    A la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille se réunissent à Bootshaven, pour les obsèques. A leur surprise à toutes, c'est Iris, la petite-fille, qui hérite de la maison familiale. Mais la jeune femme a un emploi, un appartement, une vie à Fribourg. Elle s'installe néanmoins dans la maison pour quelques jours, le temps de ranger un peu et de prendre sa décision.
    Une maison de famille recèle des souvenirs, parfois doux, parfois amers, des odeurs, des sensations, des secrets, des non-dits. En s'installant dans la maison, Iris sera assaillie par la nostalgie qui accompagne les retrouvailles avec l'enfance perdue. A sa suite, on traverse les couloirs, on choisit un livre dans la bibliothèque, on essaye une robe de soirée. Et puis, sous le soleil ardent de Bootshaven, on s'égare dans le jardin, on goûte une pomme du verger, on va se rafraîchir dans la rivière. C'est l'occasion pour Iris de repenser avec tendresse à sa grand-mère, sa mère, ses tantes, ses amies perdues de vue. Cette famille, comme toutes les autres, a aussi connu le drame avec Rosemarie, trop tôt disparue. Elle a aussi ses secrets, amours contrariés, amours adultères. Et n'oublions pas que nous sommes en Allemagne, le spectre de la guerre n'est jamais loin, certains ont flirté avec le nazisme...
    Je me suis laissée emportée par ces histoires de femmes, par cette famille et je me suis glissée dans cette maison pour goûter à la nostalgie qui affleure entre les pages. Une lecture qui berce mais qui secoue aussi car elle renvoie à ses propres souvenirs d'enfance.
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    • Livres 4.00/5
    Par verobleue, le 20 septembre 2013

    verobleue
    À la mort de sa grand-mère, Iris, 26 ans, bibliothécaire à l'université de Fribourg, revient au village familial de Boosthaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament.
    À sa grande surprise, elle hérite de la maison familiale. Elle se demande si elle va garder la maison et décide de prendre quelques jours de congé dans cette propriété presque à l'abandon où enfant, elle passait ses vacances. Tout au long de son exploration ressurgissent les souvenirs du clan matriarcal. Trois générations de femmes : Bertha, sa grand-mère, Christa, sa mère, Inga et Harriet, ses tantes, Rosemarie, sa cousine, sans oublier Mira et Anna, ses amies. Et ce sont leurs histoires, leurs amours, leurs choix et leurs conséquences qui sont admirablement contées dans « le goût des pépins de pommes » de Katharina Hagena.
    L'ambiance mélancolique, insaisissable m'a demandé un certain temps d'adaptation tout comme le style long, lent, un peu déroutant. Je me suis d'abord égarée entre les personnages et les événements puis des fils, petit à petit, se sont noués, la trame s'est tissée et l'histoire a prit tout son sens. La narration semble un peu brouillonne mais digresse habilement entre le passé et le présent
    Iris redécouvre les bruits, les odeurs, les goûts, les touchers de son enfance. Elle nous fait voyager avec nos 5 sens dans le temps, nous apporte un témoignage sincère et humain. le texte est chargé d'ambiances et de sensations: l'été, la chaleur, les pommes, les odeurs du jardin, les baignades dans le lac, l'atmosphère d'une vieille maison, l'odeur du sol après la pluie, le parfum des roses quand le soleil se couche, dormir dans des draps anciens, faire de la balançoire dans le jardin un soir d'été, se rouler dans l'herbe sous le vieux pommier ...
    L'auteur, avec ce récit, traite avec justesse l'envie antagoniste d'appartenir à un clan et de s'en libérer. Iris, tout au long du récit, trie ses souvenirs, ses émotions, ce qu'il est bon de se souvenir et ce qu'il faut jeter sans regret. Les bonheurs et les malheurs de trois générations de femmes, leurs secrets de famille, leurs trahisons, leurs rivalités resurgissent dans ce voyage initiatique au sein de la propriété familiale et au cœur de son histoire personnelle: ce qu'elle a été, ce qu'elle voudrait être et ce qu'elle est réellement. Iris comprend qu'elle n'hérite pas seulement d'une maison, mais d'une histoire familiale.
    L'écriture est de qualité, le style simple, presque modeste, renoue avec de longues descriptions détaillées empreintes de délicatesse et de poésie, de retenue, de pudeur.
    C'est un livre à lire, en faisant l'effort de passer les premières pages, tout en sachant qu'il ne contient pas de rebondissement incroyable mais un texte poétique, philosophique, sans être linéaire, rempli de tendresse et de nostalgie…
    « Quiconque oublie le temps, cesse de vieillir. L'oubli triomphe du temps, ennemi de la mémoire. Car le temps, en définitive, ne guérit toutes les blessures qu'en s'alliant à l'oubli. »
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    • Livres 4.00/5
    Par Palmyre, le 01 septembre 2014

    Palmyre
    Contre toute attente, c'est Iris, la petite fille de Bertha qui hérite de la maison de famille à Bootshaven dans le nord de l'Allemagne.
    Après l'enterrement et la lecture du testament, elle décide de rester quelques jours dans cette demeure familiale pour savoir si elle décide de le garder ou non.
    Iris prend alors le temps de fureter dans chaque pièce, elle ouvre les armoires, essaie les anciennes robes de ses tantes. Les souvenirs remontent ainsi à la surface au détour d'un coin de jardin ou d'un objet.
    Bien qu'ayant trouvé une première partie de lecture un peu longue, j'ai souhaité poursuivre l'histoire jusqu'au bout et je n'ai pas été déçue par la fin où les secrets de famille sont dévoilés. Les personnages féminins sont également attachants.
    A découvrir!
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Citations et extraits

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  • Par Zebra, le 21 août 2013

    page 68
    [...] Anna aimait les boscops, Bertha les cox orange. En automne les chevelures des deux sœurs exhalaient un parfum de pommes, leurs vêtements et leurs mains également. Elles faisaient de la purée de pomme et du jus de pomme et de la gelée de pomme à la cannelle, et la plupart du temps, elles avaient des pommes dans les poches du tablier et une pomme entamée à la main. Bertha commençait par croquer rapidement un large anneau autour du ventre de la pomme, puis elle grignotait prudemment le bas autour de la fleur, ensuite le haut entourant le pédoncule, quant au cœur, elle le jetait au loin par-dessus son épaule. Anna mangeait lentement et consciencieusement, de bas en haut - tout. Les pépins, elle les mâchonnait durant des heures. Lorsque Bertha lui disait que les pépins étaient empoisonnés, Anna répliquait qu'ils avaient un goût de massepain. [...]
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  • Par veronique55, le 01 septembre 2010

    Quand nous étions encore toutes petites, c'étaient les secrets cachés sous les dalles qui nous attiraient, plus tard ce fut le soleil couchant. Cet escalier extérieur était un lieu merveilleux. Il appartenait tout à la fois à la maison et au jardin. Il était pris d'assaut par un rosier grimpant, et quand la porte d'entrée restait ouverte, l'odeur des pierres du vestibule se mêlait au parfum des roses. L'escalier n'était ni en haut ni en bas, ni dedans ni dehors. Il était là pour assurer en douceur mais avec fermeté la transition entre deux mondes. Ainsi s'explique sans doute la prédilection des adolescents pour ce genre d'endroit, leur penchant à s'installer dans des escaliers comme celui-là, à se tenir dans l'entrebâillement des portes, à s'asseoir sur les murets, à s'agglutiner à des arrêts de bus, à courir sur les traverses d'une voie ferrée, à regarder du haut d'un pont. Passagers en transit, consignés dans l'entre-deux..
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  • Par barjabulette, le 16 octobre 2012

    C'était vrai aussi, je mangeais trop. J'aimais lire et manger en même temps. Une tartine après l'autre, un gâteau après l'autre, sucré et salé en continuelle alternance. C'était merveilleux : les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventures avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fées avec des caramels mous, les romans de chevalerie avec des cookies. Dans beaucoup de livres, on passait à table quand le suspense était à son comble : boulettes de viande, gruau, pain d'épice, une rondelle de saucisson noir, et du meilleur. Parfois, lorsque j'allais fouiner dans notre cuisine,ma mère se mordait la lèvre inférieure, hochait la tête dans ma direction d'une manière bien particulière et disait que ça suffisait maintenant, que le repas du soir serait servi dans une heure et que je ferais bien de surveiller un peu ma ligne. Pourquoi disait-elle toujours que ça suffisait au moment où ça ne suffisait justement plus ?
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  • Par cicou45, le 16 mars 2012

    "L'oubli n'était donc lui-même qu'une forme de souvenir. Si l'on n'oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. Il en émerge parfois des bancs de sable qui s'agrègent autour des îles, parfois quelque chose disparaît. Le cerveau a ses marées."
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  • Par saphoo, le 26 juin 2010

    A partir d’une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. Il en émerge parfois des bancs de sable qui s’agrègent autour des îles, parfois quelque chose disparaît. Le cerveau a ses marées. Chez Bertha, les îles avaient été submergées par un raz-de –marée. Sa vie gisait-elle au fond de l’océan ?
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