A la mort de sa grand-mère Bertha, Iris revient à la maison familiale qui lui a été léguée. C'est l'été, et elle décide d'y passer quelques jours. Les souvenirs et les anciennes connaissances reviennent, la retiennent, encore quelques jours, encore un peu plus loin dans les souvenirs, entre mélancolie et bonheur perdu. Ce retour en arrière lui permet de mieux se connaître et de choisir son avenir.
C'est un très beau roman, sur la mémoire, le souvenir et l'oubli. Bertha la grand-mère a vieilli en perdant progressivement la mémoire (Alzheimer sans doute) et c'est à travers les souvenirs de sa petite fille que nous découvrons trois générations de femmes, leurs vies faites de bonheurs rustiques et de drames qui reviennent et se répondent à travers le temps. le récit progresse ainsi par flash-back jusqu'à la révélation de la tragédie passée, dont le souvenir a pesé tout au long de la narration. Pommes, groseilles et herbes aromatiques sont pour Iris autant de madeleines de
Proust qui la guident dans son exploration.
A noter que la traduction française nous prive d'une symbolique un peu appuyée à travers le myosotis, couleur des yeux de Bertha, dont le nom allemand est « Vergissmeinnicht » soit en mot à mot « ne m'oublie pas. »
Symbole aussi récurrent que les myosotis, il y a les pommiers derrière la maison, qui jouent pleinement leur rôle d'arbre du Bien et du Mal, d'arbres de la connaissance dont les révélations peuvent apporter le bonheur ou la mort.
Au niveau style, j'ai aussi beaucoup aimé les descriptions imagées et littéraires, extraordinaires de sensibilité, que nous offre
Katharina Hagena. Les sentiments et évènements les plus lourds sont évoqués avec justesse, délicatesse, par petites touches. L'humour avec lequel certains passages cocasses ou certaines situations embarrassantes sont évoquées n'en est que plus efficace.
A lire, en faisant l'effort de passer les premières pages où on s'égare un peu entre les personnages et les évènements.