Trois nouvelles composent ce recueil, chacune d'une centaine de pages, elles traitent toutes à leur manière d'un moment charnière de l'existence. Harrison est un écrivain éprouvant pour ses personnages, il les soumet inlassablement à sa propre évaluation : Chien Brun est-il bon ? Claire serait-elle seulement capricieuse ? Après quelle chimère Gwen court-elle ?
Peu importe. Comment se comporter face à une intimité mouvante ? Comment vivre malgré la perte de l'amie et du chien, ceux-là même qui vous donnaient l'exquise sensation d'exister ? Comment respecter un monde qui prend plus qu'il ne donne et qui marque en souffrance chacun des êtres qui le parcourent ?
Harrison est et restera à mes yeux comme l'écrivain qui aura le mieux parlé des femmes, peut-êre pas telles qu'elles sont vraiment, mais telles qu'on aime à penser qu'elles sont lorsqu'on les aime, subtile différence qui fait tout le sel de la relation homme-femme. Ici encore fois avec Claire et Gwen, il dresse le portrait de deux personnages à aimer, l'inflexibilité de Gwen, sa tendresse aussi, et puis la faiblesse maquillée
De Claire, grande amoureuse cachée. Toutes deux font face à une réalité qu'elles ne peuvent esquiver, Gwen parce qu'elle a toujours fait face, Claire parce qu'elle s'est toujours réfugiée mais que la situation n'est plus tenable.
Et les hommes alors ? Chien Brun ? Et cet imbécile de Donald ? Ils boivent trop, se préocuppent beaucoup d'eux-memes, oublient qu'ils partagent le monde avec d'autres, égocentriques égoistes vulgaires affamés destructeurs mais aussi parfois rêveurs exaltés et bonimenteurs. La balance d'Harrison ne penche pas vraiment du côté des hommes, mais regardant l'état du monde, qui oserait le lui reprocher ?