Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Denise Riboni (Autre)
> Bernadette Burn (Autre)
> Marcel Schneider (Autre)

ISBN : 2253022918
Éditeur : Le Livre de Poche (1979)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 288 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Roman d'initiation et de formation, Demian est l'un des chefs-d'œuvre de ce genre littéraire.
Comment l'homme peut-il échapper au monde des miroirs et parvenir à être lui-même ? Demian (au nom proche du daïmon grec, la voix intérieure) enseigne au jeune Emile Sin... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (24)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par andman, le 23 août 2014

    andman
    Lorsqu'il commence l'écriture de “Demian” en 1917, Hermann Hesse est un quarantenaire perturbé.
    Résident suisse depuis une décennie, ses positions modérées voire pacifiques l'entraînent au début de la guerre dans des polémiques traumatisantes avec les intellectuels allemands jusqu'au-boutistes. Dans le même temps, de lourds problèmes familiaux achèvent de le déstabiliser au point de l'obliger à suivre une psychothérapie au cours de laquelle il fait la connaissance de Carl Gustav Jung.
    Il y a tout lieu de croire que les échanges avec ce psychiatre de renom passionné de psychologie analytique (*) ont été, pour Hermann Hesse, source d'inspiration quant au thème de ce court roman finalement publié en 1919.
    Le lecteur fait la connaissance d'un jeune garçon, Émile Sinclair, qui au sortir de l'enfance prend pleinement conscience de la dualité du monde qui l'entoure : d'un côté le cocon rassurant d'une famille aimante et attentionnée, de l'autre une société bigarrée, faite de choses monstrueuses, attirantes et énigmatiques.
    Par craintes de réprimandes parentales, Émile subit la tyrannie de Kromer, un vaurien qui exerce sur lui un affreux chantage et l'oblige à commettre de menus larcins.
    Sa rencontre avec Max Demian, un nouveau camarade de classe à la personnalité mystérieuse, le délivre du joug de Kromer et sert de catalyseur à l'émergence de ses doutes, de son esprit critique, de son besoins de connaissances des choses de la vie.
    S'il est un message que le jeune Sinclair retient de ses longues conversations avec son ami Max Demian c'est bien la nécessité de se forger au plus vite un caractère différent de la multitude moutonnière, dût-il pour cela passer par une phase de mépris à l'égard de lui-même et du monde.
    Un changement d'établissement scolaire, loin du domicile familial, va bientôt le priver de son confident. C'est une vie de solitaire mélancolique que s'impose alors Émile, une vie parsemée de beuveries, une vie où l'absence de conquêtes amoureuses ne laisse pas de surprendre...
    Ses lectures passionnées de Novalis et de Nietzche ainsi que d'étonnantes rencontres nocturnes lui permettent néanmoins d'avancer lentement sur le chemin qui le conduit à lui-même, de laisser peu à peu son propre monde intérieur s'exprimer.
    Devenu jeune adulte, Émile retrouve avec bonheur Max Demian ainsi que la mère de celui-ci, une femme sans âge dont la beauté le fascine.
    Au contact de ces deux êtres d'exception, Emile Sinclair parviendra-t-il enfin à assumer ses choix de vie particuliers, à affirmer sans détour sa vraie personnalité ?
    Tel un grand vin que l'on sirote à petites gorgées, la prose limpide d'Hermann Hesse, à la ponctuation particulièrement soignée, se déguste sans précipitation.
    On aimerait bien sûr recommander “Demian” aux plus jeunes d'entre nous, il y a tant d'idées fortes à découvrir au sein de ce roman initiatique.
    Les moins jeunes se consoleront de cette découverte tardive en lisant les nombreux passages où magie, onirisme et spiritualité se chevauchent et se réjouiront au final d'avoir passé un moment passionnant avec ce Nobel de littérature si controversé de son vivant.


    (*) Voir la critique “Ma vie” de C. G. Jung (ISBN 978-2-07-038407-5)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 59         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Piatka, le 18 juin 2013

    Piatka
    H. HESSE - Prix Nobel 1946
    " La vraie mission de tout homme est celle-ci : parvenir à soi-même. "
    Telle pourrait être, selon moi, la phrase emblématique de ce court roman qui relate la jeunesse d'un jeune allemand, Émile Sinclair, de la sortie de l'enfance à l'âge adulte au début du XX ème siècle, ses tourments et ses questionnements d'adolescent.
    À 10 ans, Émile quitte peu à peu le monde rassurant et paisible de sa famille à la vie très ( trop ? ) codifiée pour découvrir " l'autre monde ", celui de l'extérieur, de la violence, de la souffrance, du mensonge, " le monde bruyant, aux couleurs crues, le monde sombre et violent"que ses parents avaient jusque là soigneusement contenu en dehors du cercle familial. le choc est brutal ! Il traverse, surtout avec l'aide de Demian, plus mûr et plus âgé que lui, des épreuves, plus ou moins pénibles, teste ses capacités physiques et psychologiques et finit par admettre que :
    " Ce qui me faisait du bien, c'était la lente découverte de moi-même, la confiance croissante en mes propres rêves et pressentiments, et la révélation progressive de la puissance que je portais en moi. "
    Voilà résumé le riche propos de Hesse, largement influencé sans doute par la découverte de la psychanalyse, et qui réussit à émailler le récit, probablement très auto-biographique, de réflexions philosophiques sur la connaissance de soi. C'est admirablement écrit, construit, et le plaisir de lecture est réel.
    Mais, petit bémol personnel : si j'ai trouvé très intéressant le cheminement, les excès adolescents et les réflexions du jeune Émile, ballotté entre ombre et lumière, bien et mal, j'avoue n'avoir apprécié que très modérément les références mystiques dont Hesse est assez friand en particulier dans la deuxième moitié du roman ( la marque des élus sur le front, les pouvoirs spéciaux...), elles décrédibilisent un peu pour moi...le chef d'œuvre !
    Challenge Nobel : 15 oeuvres à lire sur deux ans ! Ma première lecture !
    Grand merci à Gwen21 pour cette initiative qui m'a permis de m'orienter vers un Nobel que je ne connaissais pas et nourrir agréablement mon insatiable curiosité.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          6 36         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 29 décembre 2011

    Nadael
    J'ai découvert Hermann Hesse avec Le loup des steppes – Histoire d'un homme qui tente, en vain, tel un loup solitaire, de fuir les autres et les futilités liées à la vie quotidienne jusqu'à ce qu'il trouve un équilibre entre lui et le monde extérieur –. Cet auteur (prix Nobel de Littérature en 1946) est, je crois, peu lu de nos jours et c'est bien dommage.
    J'ai donc poursuivi mon exploration de l'oeuvre d'Hesse avec Demian, un roman d'initiation. Le lecteur suit le cheminement d'Emile Sinclair, tout au long de son adolescence, pour le laisser à l'aube de la première guerre mondiale.
    A dix ans, le garçon se rend compte que deux mondes se côtoient en permanence : le monde du bien, lumineux et doux, confortable cocon, avec une famille rassurante et aimante, et celui du mal, sombre, violent, où il faut sans cesse se battre – avec les autres et avec soi-même – pour arriver à ses fins. Sinclair sent qu'il n'est jamais entièrement dans l'un ou dans l'autre monde mais qu'il passe de l'un à l'autre à tout moment. Il s'interroge sur la place qu'il tient sur cette planète, dans ces univers distincts ; est-il utile ? Que lui réserve son avenir ?
    Il fera la rencontre de Kromer, Demian, Eve, Pittorius...chacun d'eux le guidera sur le chemin de la connaissance de soi et des autres. Introspection, psychanalyse et spiritualité sont abordés à travers des images fortes telles que le diable, Dieu, le signe de Caïn, Eve, Jacob, la figure du père, le sexe... L'adolescent a besoin de se représenter les choses, de les inventer parfois, pour donner du sens à sa quête de vérité, d'où l'accumulation d'images puissantes fantastiques, brutales parfois.
    Demian demeurera jusqu'à la fin son éclaireur, son mentor. Apparaissant à ses côtés lors d'événements pénibles, il saura ouvrir la voie dans laquelle Sinclair s'insinuera, apprenant ainsi à ne pas suivre le troupeau mais tenter plutôt de se démarquer, de se révolter, de faire des choix judicieux, d'oser se battre pour ses idées.
    Tout cela lui permettra d'affronter ses démons, d'aller de l'avant : être acteur de son existence.

    Lien : http://lesmotsdelafin.wordpress.com/2011/12/29/demian-hermann-hesse/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 30         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 10 mai 2012

    lecassin
    « Demian » paru en 1919, ou le parcours initiatique d'Emil Sinclair, un jeune garçon élevé dans une famille bourgeoise que la transition adolescent-homme perturbe et rend plus sensible aux tiraillements qui l'assaillent entre un monde sécurisant en grande partie bâti pour lui par son milieu social en général et sa propre famille en particulier, et un monde extérieur dont, finalement, il ne connait que fort peu de choses…
    Un parcours qui le mènera métamorphosé, avec l'aide de son ami Max Demian, à l'aube de la première guerre mondiale. Un développement qui s'effectuera - et le thème est très présent dans l'œuvre de Hermann Hesse - contre les conventions, plus ou moins tacitement acceptées, du milieu, mais aussi et surtout contre ses propres inhibitions et ses propres peurs, celles qu'on éprouve, souvent par veulerie ou lâcheté au moment de l'affrontement. Plus que la recherche de la voie extérieure, la quête est ici celle de la voie intérieure qui mène de l'enfant à l'homme…
    Un roman où transparaissent de larges pans autobiographiques et dont le thème fera l'objet de variations , au sens musical du terme, dans l'œuvre de Hermann Hesse jusqu'à l'apothéose finale du « Jeu des perles de verre » qui lui vaudra le Prix Nobel.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 23         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 27 novembre 2012

    Luniver
    Émile Sinclair est un petit garçon de dix ans. Sa vie est d'une précision lumineuse : au sein de sa famille, le monde est doux, propre, sage, plein d'amour ; en dehors, c'est l'effroi, le scandale, la prison, la violence. Cette vision s'écroule quand, après quelques vantardises d'enfant, Sinclair tombe sous la coupe d'un petit voyou, qui l'oblige à commettre quantité de petits délits. Comment croire encore à la toute-puissance de cette famille, qui n'a pas réussi à l'empêcher de devenir le grand criminel qu'il est devenu ?
    Sa rencontre avec Demian, un de ses camarades de classe, rétablira l'équilibre en le débarrassant de son bourreau. Les idées de son sauveur, qui tranchent singulièrement avec celles de ses parents, forcent Sinclair à se révolter pour trouver sa propre voie. Même s'ils se perdent de vue, même si le jeune homme se trouve d'autres maîtres, l'influence de Demian reste présente tout au long de son cheminement spirituel.
    J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le parcours de Sinclair enfant, mais les choses se sont gâtées à partir de son adolescence : l'apparition de spiritualité plus « exotique », comme Abraxas, synthèse du Dieu chrétien et du démon, m'a complètement perdu et a douché mon enthousiasme.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 22         Page de la critique

> voir toutes (43)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Nadael, le 19 décembre 2011

    Et elle me raconta l'histoire d'un jeune homme amoureux d'une étoile. Il tendait les bras vers elle sur le rivage et l'adorait. Il rêvait d'elle et lui consacrait toutes ses pensées. Mais il savait, ou croyait savoir, qu'une étoile ne pouvait être embrassée par un homme. Il croyait que sa destinée était d'aimer sans espoir une étoile, et, avec ces pensées, il édifia tout un poème de renoncement, de souffrance muette, d'amour fidèle, qui devaient l'améliorer et le purifier. Mais tous ses rêves étaient pleins de l'étoile. Une nuit, il se trouvait au bord de la mer, sur un rocher élevé, et contemplait l'étoile, tout consumé d'amour pour elle. Et, dans cet instant de nostalgie extrême, il fit le saut et se précipita dans le vide au-devant de l'étoile. Mais, au moment de sauter, il pensa encore, en un éclair : c'est pourtant impossible! Et il vint se briser sur le rivage. Il n'avait pas su ce qu'est aimer. Si, au moment de sauter, il avait eu la force de croire fermement à l'accomplissement de son désir, il eût voler jusqu'à l'étoile et se fût uni avec elle.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 19         Page de la citation

  • Par le_Bison, le 26 mai 2014

    Cependant, j’étais profondément misérable. Ma vie s’écoulait dans des orgies destructrices, mais, tandis qu’aux yeux de mes camarades je passais pour un chef et un damné type, pour un gaillard diablement mordant et spirituel, tout au fond de moi-même s’agitait une âme angoissée et désolée. Je me rappelle qu’un matin de dimanche, en sortant du cabaret, les larmes me vinrent aux yeux en voyant dans la rue des enfants jouer, joyeux, avec des cheveux bien peignés et en habits de fête. Et, tandis qu’assis entre des flaques de bière, à des tables malpropres d’auberges médiocres, j’égayais et souvent effrayais mes camarades par un langage d’un cynisme sans frein, au plus profond de mon cœur, j’éprouvais le respect de tout ce que je raillais et, intérieurement, je me mettais à genoux devant mon âme, devant mon passé, devant ma mère et devant Dieu.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 24         Page de la citation

  • Par Piatka, le 16 juin 2013

    Et alors, tout se métamorphosa. Autour de moi mon enfance s'écroulait. Mes parents me regardaient avec un certain embarras [...] un désenchantement faussait et affadissait les impressions et les joies habituelles. Le jardin était sans parfum ; la forêt dépourvue d'attrait. Le monde était un ramassis de vieilleries insipides et sans charme.
    C'est ainsi qu'un arbre, en automne, ne sent pas tomber son feuillage, ni couler la pluie le long de son tronc et de ses branches, ni le soleil ni le gel. La vie se retire lentement tout au cœur de lui-même, s'y ramasse, s'y condense. Il ne meurt pas ; il attend.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par Luniver, le 17 novembre 2012

    C'est à chacun de rechercher ce qui lui est « permis » et ce qui lui est « défendu », défendu en propre. On peut ne jamais rien faire de défendu et, cependant, être un grand coquin, et le contraire est possible également. En somme, ce n'est là qu'une question de commodité. Celui qui aime trop sa propre commodité pour penser par lui-même et devenir son propre juge se résigne à se plier aux interdictions telles qu'elles sont établies. Cela lui est facile. D'autres se soumettent à des ordres intérieurs. Il est des choses que chaque honnête homme accomplit quotidiennement et qui leur sont défendues, et, par contre, d'autres leur sont permises qui sont défendues à la plupart des hommes. Chacun doit répondre de soi-même.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la citation

  • Par latrace, le 30 janvier 2011

    Si nous n’étions pas autre chose que des êtres ne vivant qu’une fois, une balle de fusil suffirait en effet à supprimer chacun de nous, et alors raconter des histoires n’aurait plus aucun sens. Mais chaque homme n’est pas lui-même seulement. Il est aussi le point unique, particulier, toujours important, en lequel la vie de l’univers se condense d’une façon spéciale, qui ne se répète jamais. C’est pourquoi l’histoire de tout homme est importante, éternelle, divine. C’est pourquoi chaque homme, par le fait seul qu’il vit et accomplit la volonté de la nature est remarquable et digne d’attention.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :
4,27 € (neuf)
0,88 € (occasion)

   

Faire découvrir Demian par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (660)

> voir plus

Quiz