Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Denise Riboni (Autre)
> Bernadette Burn (Autre)
> Marcel Schneider (Autre)

ISBN : 2253022918
Éditeur : Le Livre de Poche (1979)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 197 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Roman d'initiation et de formation, Demian est l'un des chefs-d'œuvre de ce genre littéraire.
Comment l'homme peut-il échapper au monde des miroirs et parvenir à être lui-même ? Demian (au nom proche du daïmon grec, la voix intérieure) enseigne au jeune Emile Sin... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (19)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 29 novembre 2012

    Ellen-R
    Lu à quinze ans pour la première fois (merci à mon athénée et à mon prof de français de l'époque), relu à vingt ans (plus par obligation cette fois), ce roman m'est retombée dans les mains par hasard il y'a très peu de temps. Et comme pour mesurer la distance parcourue depuis mes quinze ans, il m'a semblée essentiel que je le relise à nouveau pour voir si Demian me semblait toujours aussi essentiel. Et, bonne nouvelle, l'effet produit est toujours aussi colossal.
    Sinclair est un gosse lambda vivant dans une petite ville d'Allemagne dont on ne connaîtra pas le nom. Très tôt, il a l'impression que la vie qu'il mène - celle de ses parents - est incomplète. Schématiquement, avec une vision enfantine, il lui semble que le monde est divisé en deux : le monde lumineux (celui de ses parents où l'on est honnête, gentil avec ses soeurs, respectueux de la loi et de la religion) et le monde sombre, celui des beuveries et des excès, de la folie et des larcins de toutes sortes. Et il sent qu'il est attiré par ce monde où les passions sont exacerbées. Mais sa vision enfantine du monde est bien sûr toujours incomplète, toujours trop caricaturale et trop systématique. Et il n'aura de cesse de chercher ce qui se cache à l'intérieur de lui-même, ce qui le positionne par rapport au monde et le monde par rapport à lui.
    "La vie de chaque homme est un chemin vers soi-même, l'essai d'un chemin, l'esquisse d'un sentier. Personne n'est jamais parvenu à être entièrement lui-même; chacun, cependant, tend à le devenir, l'un dans l'obscurité, l'autre dans la lumière, chacun comme il le peut."
    Phrase qui m'avait semblé essentielle à la première lecture, au point de la coucher noir sur blanc et d'en faire ma devise, elle résume à elle seule le contenu de Demian et même, serais-je tentée de dire, toute la littérature de Hermann Hesse.
    Sinclair n'aura de cesse de chercher les chemins vers lui-même, et, en chemin, il se trouvera un guide épisodique en la personne de Max Demian, élève bien singulier de son école, marqué par un signe infâmant mais invisible, une marque dans la façon d'être qui en fait un être à part, plus qu'humain, tellement singulier qu'il en paye le prix par son isolement du commun des mortels, mortels qui s'en protègent superstitieusement en lui affublant une marque indélébile et pourtant si discrète : le signe de Caïn.
    Superbe roman, Demian est une quête initiatique à laquelle le lecteur finit par participer. Quand on lit le roman à quinze ans, pétri des incertitudes liées à l'adolescence ou travaillé par d'autres incertitudes plus profondes encore, le roman trace un chemin bien fascinant auquel on finit naturellement par aspirer. Parce que Demian est plus qu'un roman, c'est une ligne de vie dont on finit par douter qu'elle soit réellement romanesque.
    Verdict de la lecture aujourd'hui ? le charme agit toujours, même si c'est d'une autre manière. Les manichéismes de l'enfance sont loin. On a depuis longtemps abandonné la subdivision du monde en monde lumineux et en monde sombre. Mais on est immanquablement rattrapé par les visions du monde qui se succèdent au fur et à mesure que le héros vieillit - ce qui montre, au passage, la force du roman, qui mûrit au fil des passages sans avoir recours à des artifices faciles -.
    Mais résumons-nous. Plus adulte et pénétrant que l'Alchimiste de Coelho, Demian est un formidable roman initiatique doublé d'un roman où Hesse fait preuve d'une maîtrise parfaite de l'écriture. En plus, vous avez, de manière détournée, droit à un peu de philo (de nombreuses références à Nietzsche).
    Je suis personnellement sûre d'une chose : je le relirai dans quelques dizaines d'années. Histoire de voir encore quel chemin j'ai parcouru.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 24         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 29 décembre 2011

    Nadael
    J'ai découvert Hermann Hesse avec Le Loup des steppes – Histoire d'un homme qui tente, en vain, tel un loup solitaire, de fuir les autres et les futilités liées à la vie quotidienne jusqu'à ce qu'il trouve un équilibre entre lui et le monde extérieur –. Cet auteur (prix Nobel de Littérature en 1946) est, je crois, peu lu de nos jours et c'est bien dommage.
    J'ai donc poursuivi mon exploration de l'oeuvre d'Hesse avec Demian, un roman d'initiation. le lecteur suit le cheminement d'Emile Sinclair, tout au long de son adolescence, pour le laisser à l'aube de la première guerre mondiale.
    A dix ans, le garçon se rend compte que deux mondes se côtoient en permanence : le monde du bien, lumineux et doux, confortable cocon, avec une famille rassurante et aimante, et celui du mal, sombre, violent, où il faut sans cesse se battre – avec les autres et avec soi-même – pour arriver à ses fins. Sinclair sent qu'il n'est jamais entièrement dans l'un ou dans l'autre monde mais qu'il passe de l'un à l'autre à tout moment. Il s'interroge sur la place qu'il tient sur cette planète, dans ces univers distincts ; est-il utile ? Que lui réserve son avenir ?
    Il fera la rencontre de Kromer, Demian, Eve, Pittorius...chacun d'eux le guidera sur le chemin de la connaissance de soi et des autres. Introspection, psychanalyse et spiritualité sont abordés à travers des images fortes telles que le diable, Dieu, le signe de Caïn, Eve, Jacob, la figure du père, le sexe... L'adolescent a besoin de se représenter les choses, de les inventer parfois, pour donner du sens à sa quête de vérité, d'où l'accumulation d'images puissantes fantastiques, brutales parfois.
    Demian demeurera jusqu'à la fin son éclaireur, son mentor. Apparaissant à ses côtés lors d'événements pénibles, il saura ouvrir la voie dans laquelle Sinclair s'insinuera, apprenant ainsi à ne pas suivre le troupeau mais tenter plutôt de se démarquer, de se révolter, de faire des choix judicieux, d'oser se battre pour ses idées.
    Tout cela lui permettra d'affronter ses démons, d'aller de l'avant : être acteur de son existence.

    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-demian-93833684.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 23         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 10 mai 2012

    lecassin
    « Demian » paru en 1919, ou le parcours initiatique d'Emil Sinclair, un jeune garçon élevé dans une famille bourgeoise que la transition adolescent-homme perturbe et rend plus sensible aux tiraillements qui l'assaillent entre un monde sécurisant en grande partie bâti pour lui par son milieu social en général et sa propre famille en particulier, et un monde extérieur dont, finalement, il ne connait que fort peu de choses…
    Un parcours qui le mènera métamorphosé, avec l'aide de son ami Max Demian, à l'aube de la première guerre mondiale. Un développement qui s'effectuera - et le thème est très présent dans l'œuvre de Hermann Hesse - contre les conventions, plus ou moins tacitement acceptées, du milieu, mais aussi et surtout contre ses propres inhibitions et ses propres peurs, celles qu'on éprouve, souvent par veulerie ou lâcheté au moment de l'affrontement. Plus que la recherche de la voie extérieure, la quête est ici celle de la voie intérieure qui mène de l'enfant à l'homme…
    Un roman où transparaissent de larges pans autobiographiques et dont le thème fera l'objet de variations , au sens musical du terme, dans l'œuvre de Hermann Hesse jusqu'à l'apothéose finale du « Jeu des perles de verre » qui lui vaudra le Prix Nobel.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 19         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 27 novembre 2012

    Luniver
    Émile Sinclair est un petit garçon de dix ans. Sa vie est d'une précision lumineuse : au sein de sa famille, le monde est doux, propre, sage, plein d'amour ; en dehors, c'est l'effroi, le scandale, la prison, la violence. Cette vision s'écroule quand, après quelques vantardises d'enfant, Sinclair tombe sous la coupe d'un petit voyou, qui l'oblige à commettre quantité de petits délits. Comment croire encore à la toute-puissance de cette famille, qui n'a pas réussi à l'empêcher de devenir le grand criminel qu'il est devenu ?
    Sa rencontre avec Demian, un de ses camarades de classe, rétablira l'équilibre en le débarrassant de son bourreau. Les idées de son sauveur, qui tranchent singulièrement avec celles de ses parents, forcent Sinclair à se révolter pour trouver sa propre voie. Même s'ils se perdent de vue, même si le jeune homme se trouve d'autres maîtres, l'influence de Demian reste présente tout au long de son cheminement spirituel.
    J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le parcours de Sinclair enfant, mais les choses se sont gâtées à partir de son adolescence : l'apparition de spiritualité plus « exotique », comme Abraxas, synthèse du Dieu chrétien et du démon, m'a complètement perdu et a douché mon enthousiasme.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Mimimelie, le 11 avril 2013

    Mimimelie
    Un roman sur l'adolescence, sur la construction de l'identité, une sorte de "Petit Prince" pour adulte et adolescent.
    Lecture à conseiller sans retenue, car elle peut constituer un déclic dans une vie, telle une bonne fée qui nous dit que nous ne sommes pas seul, qu'il faut essayer, jamais renoncer face à l'adversité et que la plus grande des récompenses est celle d'être un homme, que l'avoir n'est qu'illusion.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la critique

> voir toutes (36)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Nadael, le 19 décembre 2011

    Et elle me raconta l'histoire d'un jeune homme amoureux d'une étoile. Il tendait les bras vers elle sur le rivage et l'adorait. Il rêvait d'elle et lui consacrait toutes ses pensées. Mais il savait, ou croyait savoir, qu'une étoile ne pouvait être embrassée par un homme. Il croyait que sa destinée était d'aimer sans espoir une étoile, et, avec ces pensées, il édifia tout un poème de renoncement, de souffrance muette, d'amour fidèle, qui devaient l'améliorer et le purifier. Mais tous ses rêves étaient pleins de l'étoile. Une nuit, il se trouvait au bord de la mer, sur un rocher élevé, et contemplait l'étoile, tout consumé d'amour pour elle. Et, dans cet instant de nostalgie extrême, il fit le saut et se précipita dans le vide au-devant de l'étoile. Mais, au moment de sauter, il pensa encore, en un éclair : c'est pourtant impossible! Et il vint se briser sur le rivage. Il n'avait pas su ce qu'est aimer. Si, au moment de sauter, il avait eu la force de croire fermement à l'accomplissement de son désir, il eût voler jusqu'à l'étoile et se fût uni avec elle.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la citation

  • Par Luniver, le 17 novembre 2012

    C'est à chacun de rechercher ce qui lui est « permis » et ce qui lui est « défendu », défendu en propre. On peut ne jamais rien faire de défendu et, cependant, être un grand coquin, et le contraire est possible également. En somme, ce n'est là qu'une question de commodité. Celui qui aime trop sa propre commodité pour penser par lui-même et devenir son propre juge se résigne à se plier aux interdictions telles qu'elles sont établies. Cela lui est facile. D'autres se soumettent à des ordres intérieurs. Il est des choses que chaque honnête homme accomplit quotidiennement et qui leur sont défendues, et, par contre, d'autres leur sont permises qui sont défendues à la plupart des hommes. Chacun doit répondre de soi-même.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par latrace, le 30 janvier 2011

    Si nous n’étions pas autre chose que des êtres ne vivant qu’une fois, une balle de fusil suffirait en effet à supprimer chacun de nous, et alors raconter des histoires n’aurait plus aucun sens. Mais chaque homme n’est pas lui-même seulement. Il est aussi le point unique, particulier, toujours important, en lequel la vie de l’univers se condense d’une façon spéciale, qui ne se répète jamais. C’est pourquoi l’histoire de tout homme est importante, éternelle, divine. C’est pourquoi chaque homme, par le fait seul qu’il vit et accomplit la volonté de la nature est remarquable et digne d’attention.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par ZetaZeta, le 04 avril 2010

    L'homme que vous voudriez tuer n'est pas monsieur Untel ; il n'est qu'un déguisement. Quant nous haïssons un homme, nous haïssons dans son image quelque chose qui réside en nous. Ce que nous ne portons pas en nous, ne peut nous toucher.

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la citation

  • Par Ellen-R, le 29 novembre 2012

    La vie de chaque homme est un chemin vers soi-même, l'essai d'un chemin, l'esquisse d'un sentier. Personne n'est jamais parvenu à être entièrement lui-même; chacun, cependant, tend à le devenir, l'un dans l'obscurité, l'autre dans la lumière, chacun comme il le peut.

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :
4,27 € (neuf)
0,88 € (occasion)

   

Faire découvrir Demian par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (405)

> voir plus

Quiz