> Rosie Pinhas-Delpuech (Traducteur)

ISBN : 2070440966
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres

Une adolescente obèse et dépressive, internée dans un hôpital psychiatrique, consacre sesjournées à faire le portrait des autres patients. Elle cache sous le formica du placard de sa chambreson journal intime, chronique d’un... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par ATOS, le 16 mai 2012

    ATOS
    "La douleur est la déesse de la laideur -Je suis le cocon de la chenille que je ne serai jamais, jamais". Gali est enfermée. Enfermée dans le dehors, claquemurée en elle même. Elle a rompu. Pas avec elle même mais avec ce qui aurait pu être elle. Avec ce que d'autres auraient voulu qu'elle soit.
    Le milieu psychiatrique : ses bruits, ses odeurs, ses mensonges, la lumière de ses couloirs, l'infatigable harcèlement de la normalité, ses armes chimiques, ses armes électriques, et puis ses moments poétiques et plein de lucidité. Aimer le Journal de Berlin est impossible. le ressentir, le comprendre, l'écouter, l'entendre voilà ce qui devra être. Ne rendez pas visite à Gali, elle s'en fout ! Écoutez la vous dire Berlin et laissez la s'endormir.

    Astrid SHRIQUI GARAIN
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    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 28 mai 2011

    Zazette97
    "Journal de Berlin" est une nouvelle extraite du recueil "Moi, Anastasia" publié en 1996 et traduit en français en 2008. Elle est signée Alona Kimhi, écrivaine israélienne d'origine ukrainienne, également auteure des romans "Suzanne la pleureuse" et "Lily la tigresse".
    Placée dans un service psychiatrique, Gali est une jeune femme mal dans sa peau qui n'aspire plus qu'à se tenir éloignée du monde extérieur.
    Les médicaments, les séances d'électrochocs et les autres patients rythment ses journées, lorsqu'elle ne pense pas à Jay, son mari irlandais rencontré lors d'un voyage à Berlin et dont le souvenir se trouve consigné dans son journal.
    "Journal de Berlin". Un titre pareil, rédigé de surcroît par une auteure israélienne, pourrait facilement évoquer un énième récit sur le régime nazi et la seconde guerre mondiale.
    Or il n'en est rien ici (bien qu'il y ait quelques allusions grinçantes ici et là) !
    "Journal de Berlin" est centré sur l'histoire de Gali, présentée selon ses propres mots.
    Le récit de la jeune femme se décline en deux temps. Si le lecteur commence par s'immiscer dans le quotidien de Gali au sein d'un service psychiatrique, il découvre par la suite des extraits de son journal rédigé durant un séjour à Berlin avec son frère Alon.
    Gali pose un regard à la fois dur et amusé sur l'environnement qui l'entoure, allant jusqu'à relativiser les pratiques du "service" censées ramener les pensionnaires à des êtres humains équilibrés.
    Volontiers grande gueule, la jeune femme n'épargne guère les autres patients, distribuant des étiquettes à chacun - l'anorexique, la vieille juive allemande, l'homme aux cachets - comme pour ne pas s'y attacher et s'en démarquer alors qu'au fond, elle sait très bien qu'elle ne tourne pas très rond non plus.
    En retraçant à rebours les derniers événements précédant son internement, son journal laisse entrevoir une personnalité déjà fragile et perdue dans l'existence, qu'un rien pouvait faire flancher.
    Gali apparaît comme une femme ado à la personnalité borderline, capable de tenir des raisonnements d'adulte mais prenant le parti de s'exprimer comme une enfant qui ne supporte pas la moindre contrariété.
    C'est cette ambivalence, que l'auteure arrive à maintenir de bout en bout, qui rend le récit aussi émouvant selon moi.
    Contrairement à la plupart des gens qui feraient tout pour se donner les moyens de voler de leurs propres ailes, Gali refuse de se confronter au monde extérieur, occupé par les adultes, un monde exigeant dont, croyez-moi, elle fera tout pour s'en écarter !
    J'ai beaucoup aimé la plume incisive d'Alona Kimhi et la façon dont elle parvient à s'emparer d'un sujet délicat - surfant souvent sur une pente glissante - pour le traiter avec une dérision telle qu'on oscille souvent entre sourire et malaise.
    Un court roman ou une longue nouvelle qui mérite bien qu'on s'y attarde !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/05/journal-de-berlin-alona-ki..
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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 14 juin 2011

    canel
    Gali, jeune Israélienne, a séjourné à Berlin, chez son frère. C'est là qu'elle a rencontré Jay, un Irlandais. Cet épisode de sa vie est consigné dans un journal intime qu'elle cache soigneusement sous son placard. Car désormais, Gali est internée en psychiatrie. Elle souffre, s'auto-mutile, est terrorisée à l'idée de retourner "dehors", de devoir affronter seule ses démons. En réponse, le personnel soignant lui administre neuroleptiques et électrochocs, l'infantilise... faute de mieux.
    Un regard sans complaisance sur l'hôpital psychiatrique, les autres "fous" (sic), les thérapies proposées. Une évocation sans fards, sans "pose" de la dépression.

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    • Livres 3.00/5
    Par Iluze, le 10 décembre 2011

    Iluze
    Journal de Berlin est une nouvelle sur la dépression, sur le mal-être. C'est dans la peau d'une jeune femme que nous découvrirons le calvaire de cette maladie. Loin d'être larmoyante, la patiente a même un humour incisif et n'hésite pas à se moquer des événements que l'on peut retrouver dans un hôpital psychiatrique, ces événements pour lesquels de nombreuses personnes – même les infirmières – préféreraient jeter un voile pudique plutôt que d'en parler.
    Outre son état, la patiente se lamente souvent en pensant à son passé, à son voyage à Berlin et à sa relation avec un Irlandais qu'elle adulait. Et puis la dure réalité prend le dessus et les larmes reviennent.
    Mais qu'ai-je pensé de tout ça au final ? Je trouve l'angle d'approche d'Alona Kimhi assez original. Son style est assez percutant. Mais malheureusement, je ne pense pas garder grand souvenir de cette lecture. Elle est passée trop vite et pourtant, je me suis ennuyée dans de nombreux passages que j'ai parfois trouvé confus.
    Bref, c'est une lecture en demi-teinte que j'ai passé avec Journal de Berlin même si j'ai envie de lire d'autres livres d'Alona Kimhi. Son style grinçant me plait beaucoup, je pense juste que le thème ne m'a pas assez accroché.

    Lien : http://iluze.wordpress.com/2011/12/09/alona-kimhi-journal-de-berlin/
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    • Livres 3.00/5
    Par chroniquesassidues, le 01 juin 2011

    chroniquesassidues
    Dans Journal de Berlin, Gali est une jeune obèse dépressive, internée dans un hôpital psychiatrique, qui trace le portrait des autres patients, des infirmiers, et des docteurs. Elle relate les journées passées dans le service, les cachets à prendre, les séances d'électrochocs, les conversations avec les autres patients... le récit est entrecoupé d'extraits de son "Journal de Berlin", issu d'un cahier caché dans sa chambre et écrit lors d'un séjour à Berlin avec son frère Alon, séjour dans lequel elle a rencontré Jay, un Irlandais, dont elle est tombée follement amoureuse.
    Cette longue nouvelle laisse le temps de développement nécessaire pour la profondeur du personnage principal et recrée une atmosphère particulière au sein du service psychiatrique. Atmosphère différente à Berlin, où l'on trouve l'amour mais aussi la drogue et le début de la dépression. Alona Kimhi a une écriture tranchante, incisive, elle ne mâche pas ses mots (et ses gros mots). Gali n'est pas franchement sympathique et pourtant, on s'y attache au fur et à mesure que l'on suit sa lente mais certaine déchéance, quand elle choisit de se replier sur elle-même, de continuer à se détester et de laisser la dépression l'envahir.

    Lien : http://leschroniquesassidues.blogspot.com/2011/05/journal-de-berlin-..
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 28 mai 2011

    Quand un homme cesse de vous aimer, ses yeux se couvrent d'une couche opaque de poussière. Ca peut arriver pour des tas de raisons. Ennui, usure, une autre femme. Mais ça peut arriver aussi parce que sa vie est dans un tel état de désordre qu'il n'y a pas de place pour vous, que votre présence lui renvoie une image encore plus cruelle de son chaos personnel. C'est ce que je crois. Peut-être y-a-t-il d'autres raisons dont je n'ai pas encore pu identifier la nature. Ou que je ne veux pas identifier. Ou peut-être n'est-ce même pas la peine d'identifier la nature de telle chose ou telle autre. Je suis vide. p.96
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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 24 décembre 2011

    Quand j'étais à l'extérieur, je ne sais plus quand c'était, j'ai compris que je n'avais même plus la force de respirer. C'était une telle fatigue que je me demandais comment je faisais pour être encore vivante. Et je ne parvenais pas à me calmer. La tête travaillait sans cesse. J'étais prête à tout pour me reposer, avec de telles blessures on a le droit de se reposer. Mais c'était pire, et on disait que j'étais folle. Sans cesse j'essayais d'être ce que je souhaitais jusqu'au jour où je n'ai plus eu de désir.
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  • Par Zazette97, le 28 mai 2011

    Ces derniers temps, je me souviens de tout.
    Depuis les électrochocs. Je suis devenue d'un calme incroyable. Je suis même heureuse. Tout le monde l'a remarqué. On me dit "Tu t'améliores, Gali, bravo, chapeau, Gali". C'est vrai, je suis vachement plus heureuse qu'à mon arrivée dans le service. Peut-être même plus heureuse que je ne l'ai jamais été. La douleur s'est arrêtée, et c'est vraiment calme en moi.
    De vrais jours de bonheur que j'aimerais voir durer une éternité. Si je disais que j'en ai toujours rêvé, ce serait faux parce que j'ignorais l'existence de tels lieux pour moi.
    Si je l'avais su, j'en aurais rêvé. Etre toujours ici, protégée et tranquille entre ces murs, ne jamais sortir. p.80
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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 25 décembre 2011

    Combien de couleurs ont les angoisses. Combien de manières d'éclore, les bourgeons de la folie. Combien de nuances, l'obscurité qui tombe. La littérature a réussi à jouer avec des définitions relativement vastes, la psychologie un peu moins. Dépression est le terme officiel. Personnellement je souffre de diverses sensations de douleur, de vide, d'inquiétude, de peur. Chacune revêt mille visages.
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  • Par Zazette97, le 28 mai 2011

    Tout se dissout. Seul Berlin existe. Et la maladie. Qui somnole à l'intérieur. Elle est toujours avec toi, se rappelle à toi dès que tu ouvres les yeux le matin. Elle bruit en toi comme un serpent qui fait son chemin dans les profondeurs des feuilles sèches, se repose dans tes nuits de sommeil et guette la lucidité de tes jours. p.53
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