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ISBN : 2283022312
Éditeur : Buchet-Chastel (2008)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l'on passait en voiture devant les panneaux d'information touristique du Parc régional des volcans d'Auvergne, on est les derniers Indiens. »
Les Santoire, l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 23 mars 2015

    ay_guadalquivir
    Conseil amical, quelqu'un qui me connaît assez pour viser juste (ce que j'aime dans la transmission des livres), Les derniers indiens constituaient mon premier contact avec Marie-Hélène Lafon. Je l'avais écoutée dans une émission littéraire, avais été touché par sa poésie du réel. La lecture des derniers indiens confirme cette impression. Littérature sans artifice, cohérente avec ce que renvoie l'auteure. Marie-Hélène Lafon décrit le quotidien d'un vieux couple (frère et sœur), dans une maison du Cantal. Leur vie, mais aussi le regard qu'ils portent sur leurs voisins, si différents. Leur vie en creux. Des regrets, des nostalgies. Leurs voisins si vivants, agiles et rapides, tandis qu'ils deviennent immobiles, lents. D'un autre temps? Un monde qui change sans eux. Des histoires ombres aussi, non-dits, personnages taiseux. L'écriture est fluide, de mots simples, mais sonne infiniment juste, outil précis (comme un artisan coutelier du centre de la France) au service des personnages.
    A la lecture des derniers indiens, je pense aux Vies minuscules de Pierre Michon.
    Joseph sur ma table, prochain livre de Marie-Helene Lafon...
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    • Livres 3.00/5
    Par charlottelit, le 13 septembre 2012

    charlottelit
    écrit intimiste : nous entrons dans la vie et les pensées de paysans qui résistent à l'effervescence de la modernité.
    Poignant, humaniste, ressenti de l'intérieur : du vécu.
    j'apprécie le style de Marie Hélène Lafon.
    à lire !

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    • Livres 4.00/5
    Par denisarnoud, le 13 décembre 2014

    denisarnoud
    Les derniers Indiens ce sont les Santoire. La mère, le père, Pierre, Marie et Jean. de cette famille ne restent plus que les deux derniers tous les autres sont morts les uns après les autres mais leur présence les hante. Marie et Jean sont à la retraite, la soeur et le frère vivent ensemble dans la maison familiale ou rien n'a changé depuis la mort de la mère. Dans cette famille de paysans auvergnats on a des principes, on vit comme il faut selon des règles ancestrales, on tient son rang. Pas comme ces voisins descendants d'ouvriers journaliers qui croissent et se multiplient, qui s'étendent sous leurs fenêtres. Marie à travers des yeux de laquelle nous revivons l'histoire de la famille passe son temps à les regarder vivre. Car chez les Santoire on ne vit pas, on se contente de travailler et de se conformer au règles édictées par la mère.

    La mère, personnage despotique, vivant dans l'ombre d'un père qui restera à jamais le seul homme de sa vie, ne s'est mariée que pour assurer la descendance, pour asseoir la dynastie. Fière de son rang, elle ne veut être appelée que Madame Santoire, n'acceptant pas le nom de son mari qu'elle considère juste comme un ouvrier, et un géniteur. C'est elle qui possède tout. Elle a trois enfants mais seul Pierre, l'héritier reçoit son amour. La mère dirige son petit monde d'une main de fer. Elle aime que les choses et les gens restent à leur place, pas comme c
    es voisins qui sont sortis du rang. Elle crée ainsi un vase clos ou ce qui se passe à l'extérieur n'a pas sa place. La modernité on ne fait que l'observer chez ces voisins qui ont su s'adapter au monde actuel, mais l'adopter serait déchoir.

    Ce roman est la chronique d'une mort annoncée. La mort d'une famille, la mort d'un monde vivant dans le passé, replié sur lui même et sur son histoire, hanté par ses morts. Ce roman est un huis-clos étouffant, nous ne quittons pas la pièce principale de la ferme des Santoire. Nous ne quittons pas les souvenirs de Marie, cette femme qui ne vit que dans le passé, dont la vie s'est arrêtée à la mort de la mère. Cette mère toute puissante qui l'a empêchée de vivre. Sa vie se passe dans la contemplation du monde qui change, ce monde représenté par ces voisins honnis. Un roman intimiste passionnant servi par la plume envoûtante de Marie-Hélène Lafon.
    "Les expressions faisaient le tour du monde et le mettaient en ordre, elles donnaient les règles, elles prévoyaient tout ; la mère avait régné par leur puissance qui coulait avec son sang, qui était son héritage à l'égal des terres des bâtiments , de la maison et du nom."
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 15 février 2012

    carre
    Ce roman de Marie-Hélène Lafon parle d'un frère et d'une soeur enfermés dans leur silence de vieux paysans regardant par la fenêtre un monde qu'ils ne connaisse pas et qui représente l'avenir (des enfants qui jouent, qui rient, des couples qui vivent). Eux, n'ont rien connu de tout ça, leur vie n'est qu'une longue suite de journées ou rien ne se passe, si ce n'est le temps. Des taiseux, des paysans enracinés dans le passé, la fin d'une époque. Pas d'espoir, pas d'envie, un monde qui se terminera avec leur disparition.Dans un style très sec, qui décrit le quotidien dans ce qu'il a de plus banal, Marie-Hélène Lafon rend hommage à ce monde rural d'un autre temps avec un grand respect et une écriture subtile et juste. A découvrir.
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    • Livres 4.00/5
    Par myriampele, le 18 juin 2013

    myriampele
    dans la famille, la mère s"appelle La Mère, le père le Père et seuls les enfants sont nommés Pierre, Marie et Jean.
    Ces cinq-là vivent sous le même toit, à l'écart du monde mais observant sans cesse "les voisins" qui, eux, vivent avec leur temps, alors ils les critiquent, les détaillent, sans doute les envient-ils?
    Puis Pierre meurt, un cancer généralisé et Marie et Jean ne quitteront jamais la maison familiale, au-delà des deuils des parents, ils ne se marieront pas, ils vieilliront ensemble...
    Curieux roman écrit en phrases serrées, oppressantes, comme l'est la vie de ces "derniers indiens" que le progrès ne touche que de loin.
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Citations et extraits

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  • Par ay_guadalquivir, le 13 mars 2015

    Elle comprenait que les voisins ne les voyaient pas, eux, le frère et la sœur, parce qu'ils étaient vieux, lents et minuscules. Les voisins allaient vite, ils savaient qu'ils auraient des terres, en fermage d'abord, ensuite elles se vendraient, ils les achèteraient, et la maison aussi [...]. (P91)

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  • Par ay_guadalquivir, le 13 mars 2015

    La musique des voisins avait été le dernier bruit du monde que Pierre avait entendu. (P90)

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  • Par ay_guadalquivir, le 10 février 2015

    Longtemps avant la mort de la mère, quand elle ne choisissait rien, elle avait compris que personne ne pouvait l’empêcher de suivre ses pensées. A condition de se taire, tout était possible : on pouvait écarter ce qui ne faisait pas plaisir, ou qui donnait envie de pleurer, ou qui coupait le goût et la force pour le travail. Quand elle était occupée, quand la mère parlait sans poser de questions, elle pouvait décider, ça ne se voyait pas sur sa figure, de penser à ceci ou cela, aux colchiques, au fils de la tante Léontine, aux voisins, à l’affaire de l’Alice, ou à Jeanne cette fille du pensionnat.
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  • Par carre, le 15 septembre 2012

    L’Alice bramait étrangement, la bouche ouverte, rose, le visage enduit de larmes luisantes. La mère avait dit, elle pleure ça connaît pas le vrai malheur, ça pleure pour un chien la vie lui apprendra.

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  • Par ay_guadalquivir, le 22 août 2014

    Elle avait compris que ses prières étaient vides parce qu'elle ne croyait plus. Voilà. C'était tombé d'elle. Comme un fruit, elle avait pensé, et les fruits ne remontent pas sur les arbres. C'est pour toujours. Pas de Dieu pour elle. Vide.

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