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ISBN : 2283022312
Éditeur : Buchet-Chastel (2008)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l'on passait en voiture devant les panneaux d'information touristique du Parc régional des volcans d'Auvergne, on est les derniers Indiens. »
Les Santoire, l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par denisarnoud, le 13 décembre 2014

    denisarnoud
    Les derniers Indiens ce sont les Santoire. La mère, le père, Pierre, Marie et Jean. de cette famille ne restent plus que les deux derniers tous les autres sont morts les uns après les autres mais leur présence les hante. Marie et Jean sont à la retraite, la soeur et le frère vivent ensemble dans la maison familiale ou rien n'a changé depuis la mort de la mère. Dans cette famille de paysans auvergnats on a des principes, on vit comme il faut selon des règles ancestrales, on tient son rang. Pas comme ces voisins descendants d'ouvriers journaliers qui croissent et se multiplient, qui s'étendent sous leurs fenêtres. Marie à travers des yeux de laquelle nous revivons l'histoire de la famille passe son temps à les regarder vivre. Car chez les Santoire on ne vit pas, on se contente de travailler et de se conformer au règles édictées par la mère.

    La mère, personnage despotique, vivant dans l'ombre d'un père qui restera à jamais le seul homme de sa vie, ne s'est mariée que pour assurer la descendance, pour asseoir la dynastie. Fière de son rang, elle ne veut être appelée que Madame Santoire, n'acceptant pas le nom de son mari qu'elle considère juste comme un ouvrier, et un géniteur. C'est elle qui possède tout. Elle a trois enfants mais seul Pierre, l'héritier reçoit son amour. La mère dirige son petit monde d'une main de fer. Elle aime que les choses et les gens restent à leur place, pas comme c
    es voisins qui sont sortis du rang. Elle crée ainsi un vase clos ou ce qui se passe à l'extérieur n'a pas sa place. La modernité on ne fait que l'observer chez ces voisins qui ont su s'adapter au monde actuel, mais l'adopter serait déchoir.

    Ce roman est la chronique d'une mort annoncée. La mort d'une famille, la mort d'un monde vivant dans le passé, replié sur lui même et sur son histoire, hanté par ses morts. Ce roman est un huis-clos étouffant, nous ne quittons pas la pièce principale de la ferme des Santoire. Nous ne quittons pas les souvenirs de Marie, cette femme qui ne vit que dans le passé, dont la vie s'est arrêtée à la mort de la mère. Cette mère toute puissante qui l'a empêchée de vivre. Sa vie se passe dans la contemplation du monde qui change, ce monde représenté par ces voisins honnis. Un roman intimiste passionnant servi par la plume envoûtante de Marie-Hélène Lafon.
    "Les expressions faisaient le tour du monde et le mettaient en ordre, elles donnaient les règles, elles prévoyaient tout ; la mère avait régné par leur puissance qui coulait avec son sang, qui était son héritage à l'égal des terres des bâtiments , de la maison et du nom."
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    • Livres 3.00/5
    Par charlottelit, le 13 septembre 2012

    charlottelit
    écrit intimiste : nous entrons dans la vie et les pensées de paysans qui résistent à l'effervescence de la modernité.
    Poignant, humaniste, ressenti de l'intérieur : du vécu.
    j'apprécie le style de Marie Hélène Lafon.
    à lire !

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 15 février 2012

    carre
    Ce roman de Marie-Hélène Lafon parle d'un frère et d'une soeur enfermés dans leur silence de vieux paysans regardant par la fenêtre un monde qu'ils ne connaisse pas et qui représente l'avenir (des enfants qui jouent, qui rient, des couples qui vivent). Eux, n'ont rien connu de tout ça, leur vie n'est qu'une longue suite de journées ou rien ne se passe, si ce n'est le temps. Des taiseux, des paysans enracinés dans le passé, la fin d'une époque. Pas d'espoir, pas d'envie, un monde qui se terminera avec leur disparition.Dans un style très sec, qui décrit le quotidien dans ce qu'il a de plus banal, Marie-Hélène Lafon rend hommage à ce monde rural d'un autre temps avec un grand respect et une écriture subtile et juste. A découvrir.
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    • Livres 4.00/5
    Par myriampele, le 18 juin 2013

    myriampele
    dans la famille, la mère s"appelle La Mère, le père le Père et seuls les enfants sont nommés Pierre, Marie et Jean.
    Ces cinq-là vivent sous le même toit, à l'écart du monde mais observant sans cesse "les voisins" qui, eux, vivent avec leur temps, alors ils les critiquent, les détaillent, sans doute les envient-ils?
    Puis Pierre meurt, un cancer généralisé et Marie et Jean ne quitteront jamais la maison familiale, au-delà des deuils des parents, ils ne se marieront pas, ils vieilliront ensemble...
    Curieux roman écrit en phrases serrées, oppressantes, comme l'est la vie de ces "derniers indiens" que le progrès ne touche que de loin.
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    • Livres 4.00/5
    Par ides60, le 05 juillet 2010

    ides60
    J'ai vraiment aimé ce livre qui est bien écrit et se lit très rapidement. Certes il est un peu intimiste, mais tout y est si bien raconté. J'aime la façon particulière que l'auteur à de raconter ses histoires. Ici on vit dans des habitudes immuables qui datent de plusieurs générations et on les respecte. Les voisins eux, sont des gens de leur génération, qui ne s'embarrassent pas d'autant de principes, mais qui vivent, eux. Et dans cette léthargie quotidienne où tout semble figé, il y a l'extra-ordinaire, cette fille qui disparaît...
    J'ai préféré ce récit à L'annonce et j'apprécie vraiment M. A. LAFON. Je pense que le livre vaut qu'on lui consacre un moment.
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Citations et extraits

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  • Par carre, le 15 septembre 2012

    L’Alice bramait étrangement, la bouche ouverte, rose, le visage enduit de larmes luisantes. La mère avait dit, elle pleure ça connaît pas le vrai malheur, ça pleure pour un chien la vie lui apprendra.

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  • Par ay_guadalquivir, le 22 août 2014

    Elle avait compris que ses prières étaient vides parce qu'elle ne croyait plus. Voilà. C'était tombé d'elle. Comme un fruit, elle avait pensé, et les fruits ne remontent pas sur les arbres. C'est pour toujours. Pas de Dieu pour elle. Vide.

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  • Par fanfanouche24, le 28 janvier 2014

    ....Il ne parle pas, la télévision dit les mots en quantité, il prononce seulement des paroles utiles, il est posé dans la cuisine, ramassé et rangé à la place qui avait été celle du père, une place d'homme au bout haut de la table, du côté du tiroir à pain...(p.13)

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  • Par ay_guadalquivir, le 07 octobre 2014

    Le goût de se donner en spectacle, de se produire, d'agir, d'entreprendre, de changer, de faire du bruit, d'être vu, et remarqué, et remarquable, n'avait jamais quitté la tribu des voisins.

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  • Par myriampele, le 18 juin 2013

    Les femmes soupiraient à l'épicerie. Il ne venait personne dans nos pays, en plein hiver, on connaissait les voitures, celui ou ceux qui avaient fait ça étaient là, au milieu de tous.

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