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ISBN : 2283024773
Éditeur : Buchet-Chastel (2012)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 61 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Claire, fille de paysans du Cantal, est née dans un monde qui disparaît. Son père le dit et le répète depuis son enfance : ils sont les derniers.

Très tôt, elle comprend que le salut viendra des études et des livres. Elle s'engage donc dans ce travail ave... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 04 novembre 2012

    carre
    Justesse des phrases, un travail d'artisan, d'orfèvre même, Marie-Hélène Lafon aime la langue, chaque mot est pesé, soupesé, elle a ce don de retranscrire les sensations, les odeurs. « Les pays » transpire à chaque ligne ce savoir-faire. Son personnage Claire découvre un monde jusqu'alors inconnu, elle n'y adhère, elle s'en imprègne que petit à petit.
    Mais la terre natale s'éloigne au profit de l'urbanisation, Claire s'en détache tout en gardant dans un coin du cœur, ces valeurs.

    Loin du tumulte et des vaines joute verbales parisiennes, Lafon creuse un sillon, original, atypique. Il y a du Raymond Depardon chez cette femme, sa manière de montrer cette fierté paysanne dur à la besogne, amoureux d'une terre encore préservée (pour combien de temps ?), et puis le choix des jeunes de connaitre autre chose, la ville et ces lumières, le savoir, les rencontres, l'envie d'une vie professionnelle moins dure (l'est-elle ?), autant de chemins que Lafon explore avec un talent et une grâce en tout point remarquable.
    A déguster sans modération.
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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 16 septembre 2012

    nadejda
    Claire vit deux vies dans deux mondes séparés celui du petit village de Neussargues dans le Cantal d'où elle est issue et Paris où elle est «montée» pour poursuivre des études de lettres à la Sorbonne.
    Parfois les deux mondes se rencontrent au hasard d'évènements, d'objets qu'elle croisent sur son chemin...
    «Longtemps Claire avait tu ses enfances, non qu'elle en fût ni honteuse ni orgueilleuse, mais c'était un pays tellement autre et comme échappé du monde qu'elle n'eût pas su le convoquer à coup de mots autour d'une table avec ses amis de Paris. Elle avait laissé parler les choses pour elle, un morceau de frêne à l'écorce grenue, ou une ardoise festonnée de lichens roux qu'elle avait conservée au moment de la réfection du toit de la grange, dix ans après son départ.»
    Mais l'éloignement est là, l'écart se creuse, géographique et dû au temps qui passe et qui sépare.
    «Pays quitté, quitté comme on répudie, comme on déserte. Pour faire sa vie. La vie De Claire s'était faite dans la ville des études, ville foisonnante dont elle ne songeait pas à partir.»
    Elle ne verra plus les choses de la même façon tout en restant attachée à ses deux pays. Devenue professeur, elle s'achètera une maison dans le Cantal et fera des allers et retour entre son appartement parisien et cette maison. Elle a besoin des deux.
    Lors de la visite de son père et de son neveu qu'elle reçoit chez elle on peut mesurer malgré ce qui les lient, l'écart qui s'est creusé entre eux. Chacun a évolué différemment
    au cours des années.
    J'aime la sensualité et la gourmandise de Marie-Hélène Lafon qui sourdent de son écriture précise, ciselée, de ses phrases aux mots choisis qu'elle a dû faire tourner longuement en bouche.
    Elle analyse peu les sentiments, reste à distance, le corps tient une très grande place dans ses livres.
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    • Livres 5.00/5
    Par patatipatata, le 08 décembre 2012

    patatipatata
    Ce livre de Marie-Hélène Lafon éclaire tous les autres. Qu'il s'agisse de «Gordana» à l'accent rauque des pays de l'est, «Mo» à la lisière de l'existance, où Annette qui fait le chemin inverse De Claire, dans «L'annonce», il me semble que tous les livres de Marie-Hélène Lafon ont un point commun. Ils racontent le déracinement (le dé-paysement), le ré-apprentissage d'une langue, l'appropriation difficile de nouveaux codes. Changer de pays, de territoires ou de terroirs relève de la même expérience.
    Mais là où certains restent dans la nostalgie du pays perdu, d'autres dans l'oubli volontaire de leur première vie ; le personnage De Claire dans «Les pays» a su construire des passerelles entre l'ici et le nouvel ailleurs ; partir et revenir sans rien renier du tout ; enrichie d'un nouveau regard où le lisse côtoie le rugueux ; le mot savant, l'expression populaire. L'écriture de Marie-Hélène Lafon est de haute couture, inventive, belle, sensible et possède cette justesse de ton qui émeut au plus profond.
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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 30 octobre 2012

    litolff
    Claire est « montée » à Paris pour faire ses études supérieures de lettres classiques à la Sorbonne.
    Elève studieuse au pensionnat, elle se retrouve solitaire et besogneuse sur les bancs de la fac : son Cantal natal a laissé en elle une empreinte indélébile qui la tient à distance de la légèreté et de la frivolité parisiennes.
    Rien de léger en Claire ; absorbée par des études exigeantes, elle rechigne à se défaire de sa gangue paysanne, alors elle travaille et elle observe ses congénères et la facilité déconcertante avec laquelle ils ont apprivoisé des arts dont elle n'avait jamais entendu parler…
    Et Claire, elle aussi, finit par apprivoiser la ville, ses bruits, ses odeurs, la promiscuité, et prendre une certaine distance avec la ferme, le pays et sa famille ; elle finit, sans devenir une autre, par absorber la ville tout en conservant ses attaches terriennes et paysannes.
    Tout en racontant un monde qui meurt, le monde des paysans, forçats de la terre et esclaves de leurs bêtes, Marie-Hélène Lafon évoque un passage , le sien , qui est aussi celui de beaucoup de provinciaux « montés » à la capitale, je m'y suis également reconnue… et c'est avec une langue virtuose et profondément charnelle qu'elle relate cet arrachement et cette métamorphose.
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    • Livres 5.00/5
    Par groody, le 10 octobre 2012

    groody
    Quel talent! Marie-Hélène Lafon est décidément un grand écrivain! J'avais déjà dit tout le bien que je pensais d'elle après la lecture de son précédent roman: "L'annonce". Mais là, c'est confirmé!
    Tout est beau dans ce livre, le style, le thème, la poésie, les odeurs transpercent les pages.
    Marie-Hélène Lafon raconte l'histoire De Claire, jeune femme qui quitte son Cantal natal, ses meurs, ses silences, ses hivers, pour "monter" à Paris, où elle va étudier les Lettres Classiques à La Sorbonne. Claire, c'est elle, Marie-Hélène Lafon (lors de la conférence chez Mollat, où j'ai eu l'immense honneur de me faire dédicacer le livre et de l'entendre en parler, nous en lire des extraits, elle explique sa pudeur de dire "je", préférant se cacher derrière le personnage De Claire...). Sous la forme d'un roman brut, aux mots si "choisis", aux phrases travaillées, elle décrit cet arrachement à sa terre, aux siens.
    Elle nous raconte en trois volets l'histoire, la sienne, étudiante besogneuse plongée en milieu inconnu: Paris! le livre est empli de métaphores pour illustrer la plongée en ses mondes parfois hostiles, entourée d'étudiants, bourgeois et cultivés, de rencontres d'êtres précieux (Lucie notamment) qui l'initieront à Flaubert, la musique, la peinture. La boursière qu'elle est, va s'employer à tout avec la même assiduité que celle de la traite des vaches pour acquérir cette culture, ces connaissances, s'intégrer. Des cours de grec ancien à son job d'été dans une agence bancaire, elle ne lâche rien.
    Elle mettra un an avant d'oser acheter un nouvel habit, presque une folie : un pantalon rouge. "Elle avait vu ce pantalon en vitrine, dans un magasin du boulevard. Il était à la mode. Les filles dans les rues, certaines filles en cours, plutôt celles qui étudiaient les lettres modernes portaient ce genre de pantalon (..). Pour se récompenser, puisqu'elle était reçue, elle pouvait s'offrir le pantalon rouge, elle avait prévu l'argent pour ça (...).
    Petit à petit, elle se familiarise à cette ville, ses odeurs, sa vitesse, ses rites... et oublie peu à peu d'où elle vient. La distance s'installe. Elle rentre rarement au pays, et la famille vient encore plus rarement la voir. La dernière partie, consacrée à la visite de son père à la capitale est à la fois dure et sublime. Alors qu'il visite le Louvre, le paysan qu'il est, perdu dans ce grand musée et sa pyramide en plexiglas ne cesse de répéter "ils sont beaux les sols, ils sont beaux".
    Jetez-vous dessus, c'est sublime.
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Critiques presse (3)


  • Lhumanite , le 19 novembre 2012
    Acharnée à fouiller le terreau des origines dans 
une écriture d’un rigoureux classicisme, [l'auteur] construit 
un ensemble d’une forte cohérence, en lequel rien 
de moins qu’une œuvre se donne à reconnaître.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeFigaro , le 09 novembre 2012
    Son huitième roman, Les Pays, confirme que [Marie-Hélène Lafon] est un écrivain de haut rang.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Telerama , le 17 octobre 2012
    Ce roman d'initiation ne dit pas seulement l'absence et la transformation, il est aussi un hymne à la langue, du parler régional à la phrase érudite. Les pays de Marie-Hélène Lafon sont ceux de l'écriture, qu'elle nous transmet pour nous ­aider à rentrer chez nous.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 16 septembre 2012

    Elle respire sa ville aimée, sa seconde peau, elle hume le fumet familier qu'elle ne parvient pas tout à fait à démêler ; c'est, tout entassé, machine et chair, rouages et sueurs, haleines suries et parfums fatigués sur poussière grasse, c'est animal et minéral à la fois ; c'est du côté du sale et elle se coule dans cette glu, elle prend place s'insère dans le flot. Son pas résolu claque sur le sol dur, ses bottines à lacets et talon bobine sont lustrées comme de petits sabots de cavale d'apparat. La ville s'apprend par le corps et retrouve par lui, le pas sonne et claque comme il ne saurait le faire sur la terre souple de l'autre pays.
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  • Par jackycaudron, le 14 février 2013

    "Un tel afflux de livres, rassemblés au même endroit, éventuellement sur plusieurs étages, la privait de tout discernement...
    C'était trop de tout , et tout à la fois d'un seul coup.
    Les livres qu'elle n'avait pas lus, ceux qu'elle ne lirait jamais, et ceux, perfides entre tous,qu'elle aurait du avoir lus, auparavant, dans les lointaines années de sa première vie, tous les livres étaient là, en bataillons réglementaires, en régiments assermentés, offerts et refusés, gardés par des créatures minces et bien vêtues, qui faisaient, à l'entrée des rayons, barrage de leur corps policés et dont la carnation distinguée semblait emprunter à la matière même des ouvrages les plus précieux"
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  • Par liratouva2, le 28 février 2013

    Un tel afflux de livres, rassemblés au même endroit, éventuellement sur plusieurs étages, la privait de tout discernement; c’était trop de tout, et tout à la fois, d’un seul coup. Les livres qu’elle n’avait pas lus, ceux qu’elle ne lirait jamais, et ceux, perfides entre tous, qu’elle aurait dû avoir déjà lus, auparavant, dans les lointaines années de sa première vie, tous les livres étaient là, en bataillons réglementaires, en régiments assermentés, offerts et refusés, gardés par des créatures minces et bien vêtues qui faisaient, à l’entrée des rayons, barrage de leurs corps policés. (…)

    Claire, sitôt franchi le seuil fatidique, se défaisait, se liquéfiait, lamentable et démontée. Elle balbutiait des références inaudibles que la créature préposée daignait écouter, laquelle créature se révélait infaillible, élucidait le galimatias et, sans honorer la suppliante d’un regard, désignait d’un geste le livre quémandé qui reposait là, juste là, devant, devant vous, devant elle, là en piles, sur la table des œuvres au programme. Les livres coûtaient cher et elle en achetait le moins possible, se limitant aux manuels fondamentaux et aux textes de littérature française, latine ou grecque. Elle empruntait en bibliothèque les ouvrages de glose auxquels elle n’entendait le plus souvent à peu près rien, en dépit de ses lectures opiniâtres, crayon en main, en dépit des fiches hérissées de citations qu’elle tournait, retournait, triturait, malaxait. …
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  • Par Loutre_des_Rivieres, le 02 octobre 2012

    Claire ne voulait pas de toile cirée; qui était pourtant bien pratique et facile à nettoyer, elle n'aimait pas non plus les bouteilles en plastique sur la table, l'eau était servie dans une carafe bleue, elle tolérait la limonade mais il sentait que cela ne lui plaisait pas, elle faisait l'effort, pour trois jours elle supportait. Elle avait aussi la manie de changer les assiettes pendant les repas, elle disait que le lave vaisselle était là pour ça, se levait, allait, venait [...] C’était des façons, des manières qu'elle avait prises dans sa belle-famille et gardées ; il sentait ça allaient plus ou moins avec les bottines, les manteaux en velours, les gants serrés, le vinaigre marron et l'écrivain italien ; elle avait toujours été un peu comme ça, même petite, déjà, quand elle avait huit ans, il l'avait bien vu, et il le lui disait des fois à table, elle était une bourgeoise, elle faisait pas de bruit en mangeant la soupe.
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  • Par Loutre_des_Rivieres, le 02 octobre 2012

    Ce bâtiment (Le Louvre) aussi, c'était quelque chose, on n'en faisait pas le tour, même avec la pyramide en plexiglas, comme le pare-brise des tracteurs modernes, qui datait aussi de Mitterand et s'arrangeait plus ou moins avec le reste qui remontait aux rois, et même au Moyen Age. Il ruminait et brassait cette fatrasie de dates et de périodes, parka ouverte, écharpe dénouée, tête nue, abasourdi d'idiomes entrelacés, ballotté de salle en salle, assis débout, mains croisées dans le dos, vaillant ; le corps penché, planté, il répétait, ils sont beaux les sols ils sont beaux.
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Vidéo de Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon - "Album" et "Les pays" .
Marie-Hélène Lafon vous présente ses ouvrages "Album" et "Les pays". Parution le 6 septembre 2012 aux éditions Buchet-Chastel. Rentrée littéraire automne 2012.Notes de Musique : 20th Century Classics: Milhaud - 3 Concerto for marimba, vibraphone and orchestra/ Lent








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