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ISBN : 2283024773
Éditeur : Buchet-Chastel (2012)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Claire, fille de paysans du Cantal, est née dans un monde qui disparaît. Son père le dit et le répète depuis son enfance : ils sont les derniers.

Très tôt, elle comprend que le salut viendra des études et des livres. Elle s'engage donc dans ce travail avec énergie et acharnement. Elle doit être la meilleure. Grâce à la bourse obtenue, elle monte à Paris, étudie en Sorbonne et découvre un univers inconnu.

Elle n'oubliera rien du pays pre... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
carre
carre04 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Justesse des phrases, un travail d'artisan, d'orfèvre même, Marie-Hélène Lafon aime la langue, chaque mot est pesé, soupesé, elle a ce don de retranscrire les sensations, les odeurs. « Les pays » transpire à chaque ligne ce savoir-faire. Son personnage Claire découvre un monde jusqu'alors inconnu, elle n'y adhère, elle s'en imprègne que petit à petit.
Mais la terre natale s'éloigne au profit de l'urbanisation, Claire s'en détache tout en gardant dans un coin du coeur, ces valeurs.

Loin du tumulte et des vaines joute verbales parisiennes, Lafon creuse un sillon, original, atypique. Il y a du Raymond Depardon chez cette femme, sa manière de montrer cette fierté paysanne dur à la besogne, amoureux d'une terre encore préservée (pour combien de temps ?), et puis le choix des jeunes de connaitre autre chose, la ville et ces lumières, le savoir, les rencontres, l'envie d'une vie professionnelle moins dure (l'est-elle ?), autant de chemins que Lafon explore avec un talent et une grâce en tout point remarquable.
A déguster sans modération.
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nadejda
nadejda16 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
Claire vit deux vies dans deux mondes séparés celui du petit village de Neussargues dans le Cantal d'où elle est issue et Paris où elle est «montée» pour poursuivre des études de lettres à la Sorbonne.
Parfois les deux mondes se rencontrent au hasard d'évènements, d'objets qu'elle croisent sur son chemin...
«Longtemps Claire avait tu ses enfances, non qu'elle en fût ni honteuse ni orgueilleuse, mais c'était un pays tellement autre et comme échappé du monde qu'elle n'eût pas su le convoquer à coup de mots autour d'une table avec ses amis de Paris. Elle avait laissé parler les choses pour elle, un morceau de frêne à l'écorce grenue, ou une ardoise festonnée de lichens roux qu'elle avait conservée au moment de la réfection du toit de la grange, dix ans après son départ.»
Mais l'éloignement est là, l'écart se creuse, géographique et dû au temps qui passe et qui sépare.
«Pays quitté, quitté comme on répudie, comme on déserte. Pour faire sa vie. La vie De Claire s'était faite dans la ville des études, ville foisonnante dont elle ne songeait pas à partir.»
Elle ne verra plus les choses de la même façon tout en restant attachée à ses deux pays. Devenue professeur, elle s'achètera une maison dans le Cantal et fera des allers et retour entre son appartement parisien et cette maison. Elle a besoin des deux.
Lors de la visite de son père et de son neveu qu'elle reçoit chez elle on peut mesurer malgré ce qui les lient, l'écart qui s'est creusé entre eux. Chacun a évolué différemment
au cours des années.
J'aime la sensualité et la gourmandise de Marie-Hélène Lafon qui sourdent de son écriture précise, ciselée, de ses phrases aux mots choisis qu'elle a dû faire tourner longuement en bouche.
Elle analyse peu les sentiments, reste à distance, le corps tient une très grande place dans ses livres.
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cicou45
cicou4506 novembre 2015
  • Livres 4.00/5
C'est suite à ma rencontre avec Marie-Hélène Lafon à la médiathèque de ma petite ville (eh oui, tout arrive...tout ne se passe pas toujours sur Paris, il y a aussi des événements en Province - trop rares à mon goût certes, mais il y en a !) que j'ai acheté cet ouvrage. le fait de l'avoir rencontré m'a aidé à mieux comprendre sa façon d'aborder l'écriture. le lecteur peut parfois se sentir frustré (ce qui fut mon cas au tout début je dois l'avouer) car il n'y a que très peu d'actions dans ses écrits mais ce qui m'a réconcilié avec ces derniers est cette phrase qu'elle a prononcé lors de notre rencontre " Je ne suis pas une raconteuse d'histoires. Je suis une travailleuse du verbe". Je pense que l'on a compris et accepté cette phrase, on a tout compris de l'écriture de Marie-Hélène Lafon.
Lorsque je dis qu'il n'y a pas d'action, j'exagère bien évidemment et pour cause, en voici un petit aperçu. Claire est une jeune campagnarde (enfin, disons plutôt qu'elle est fille de paysans et qu'elle a toujours vécu à la ferme) jusqu'au jour où elle prend le train pour Paris afin de poursuivre ses études en Lettres à La Sorbonne et là, c'est tout un monde qui s'ouvre à elle. Certes, Claire n'a que peu d'amis et ne sort pratiquement jamais mais ce qu'elle apprend en cours et ce qu'elle découvre dans les livres d'apprentissage va lui être comme une révélation. Claire est faite pour la ville, les grandes études et celui qui va avoir le plus de mal à accepter cette situation dans tout ça, c'est le père, en tant que bon vieux paysan (et fier de l'être) mais là est une autre histoire...
Un livre qui se lit très vite et dans lequel le lecteur se laisse bercer par la poésie qui ressort des phrases de Marie-Hélène Lafon, bien que parfois un peu trop longues à mon goût -ce qui explique le fait que je n'ai mis que 4 étoiles à cette lecture. A découvrir !
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patatipatata
patatipatata08 décembre 2012
  • Livres 5.00/5
Ce livre de Marie-Hélène Lafon éclaire tous les autres. Qu'il s'agisse de «Gordana» à l'accent rauque des pays de l'est, «Mo» à la lisière de l'existance, où Annette qui fait le chemin inverse De Claire, dans «L'Annonce», il me semble que tous les livres de Marie-Hélène Lafon ont un point commun. Ils racontent le déracinement (le dé-paysement), le ré-apprentissage d'une langue, l'appropriation difficile de nouveaux codes. Changer de pays, de territoires ou de terroirs relève de la même expérience.
Mais là où certains restent dans la nostalgie du pays perdu, d'autres dans l'oubli volontaire de leur première vie ; le personnage De Claire dans «Les pays» a su construire des passerelles entre l'ici et le nouvel ailleurs ; partir et revenir sans rien renier du tout ; enrichie d'un nouveau regard où le lisse côtoie le rugueux ; le mot savant, l'expression populaire. L'écriture de Marie-Hélène Lafon est de haute couture, inventive, belle, sensible et possède cette justesse de ton qui émeut au plus profond.
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filippo
filippo14 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
Impossible quand on est un provincial, issu d'une campagne pas si éloignée du Cantal, de ne pas retrouver de souvenirs personnels dans cette belle histoire familiale. Impossible de ne pas être touché par un itinéraire, ce « passage » que l'on a connu soi-même. L'objectivité n'est donc plus de mise dans la mesure où l'on ne peut réagir qu'avec son coeur.
Je ne peux donc que vous dire le plus grand bien de ce livre et je remercie son auteure (que j'ai découverte à cette occasion) de l'avoir écrit.
En nous racontant son enfance à la ferme, les travaux quotidiens, Marie-Hélène Lafon nous fait ici partager l'évolution d'une société rurale qui se meurt et il y a forcément de la mélancolie devant la disparition de ce monde. Un monde , un « pays », où l'on mange sa soupe en faisant du bruit.
Claire, l'héroïne, découvre qu'elle aime étudier et à partir de ce jour, elle sait que, même si elle aime aussi la ferme, elle ne peut pas envisager d'y construire sa vie. Ce sera donc d'abord le lycée avec son internat et les deux heures hebdomadaires de voyage en car. Et puis, la Sorbonne et la vie parisienne. Et là, Claire découvre qu'elle ne sera, malgré tout, jamais une vraie parisienne mais aussi qu'elle n'est déjà plus une vraie provinciale. On se retrouve n'être finalement de nulle part.
C'est juste (je peux confirmer), pudique, touchant, superbe.
Par ailleurs , l'écriture est belle et efficace. Il y a des effets de style, des observations et réflexions perspicaces qui rendent la lecture agréable et enrichissante.
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Les critiques presse (3)
Lhumanite19 novembre 2012
Acharnée à fouiller le terreau des origines dans 
une écriture d’un rigoureux classicisme, [l'auteur] construit 
un ensemble d’une forte cohérence, en lequel rien 
de moins qu’une œuvre se donne à reconnaître.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LeFigaro09 novembre 2012
Son huitième roman, Les Pays, confirme que [Marie-Hélène Lafon] est un écrivain de haut rang.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama17 octobre 2012
Ce roman d'initiation ne dit pas seulement l'absence et la transformation, il est aussi un hymne à la langue, du parler régional à la phrase érudite. Les pays de Marie-Hélène Lafon sont ceux de l'écriture, qu'elle nous transmet pour nous ­aider à rentrer chez nous.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda16 septembre 2012
Elle respire sa ville aimée, sa seconde peau, elle hume le fumet familier qu'elle ne parvient pas tout à fait à démêler ; c'est, tout entassé, machine et chair, rouages et sueurs, haleines suries et parfums fatigués sur poussière grasse, c'est animal et minéral à la fois ; c'est du côté du sale et elle se coule dans cette glu, elle prend place s'insère dans le flot. Son pas résolu claque sur le sol dur, ses bottines à lacets et talon bobine sont lustrées comme de petits sabots de cavale d'apparat. La ville s'apprend par le corps et retrouve par lui, le pas sonne et claque comme il ne saurait le faire sur la terre souple de l'autre pays.
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liratouva2liratouva228 février 2013
Un tel afflux de livres, rassemblés au même endroit, éventuellement sur plusieurs étages, la privait de tout discernement; c’était trop de tout, et tout à la fois, d’un seul coup. Les livres qu’elle n’avait pas lus, ceux qu’elle ne lirait jamais, et ceux, perfides entre tous, qu’elle aurait dû avoir déjà lus, auparavant, dans les lointaines années de sa première vie, tous les livres étaient là, en bataillons réglementaires, en régiments assermentés, offerts et refusés, gardés par des créatures minces et bien vêtues qui faisaient, à l’entrée des rayons, barrage de leurs corps policés. (…)

Claire, sitôt franchi le seuil fatidique, se défaisait, se liquéfiait, lamentable et démontée. Elle balbutiait des références inaudibles que la créature préposée daignait écouter, laquelle créature se révélait infaillible, élucidait le galimatias et, sans honorer la suppliante d’un regard, désignait d’un geste le livre quémandé qui reposait là, juste là, devant, devant vous, devant elle, là en piles, sur la table des œuvres au programme. Les livres coûtaient cher et elle en achetait le moins possible, se limitant aux manuels fondamentaux et aux textes de littérature française, latine ou grecque. Elle empruntait en bibliothèque les ouvrages de glose auxquels elle n’entendait le plus souvent à peu près rien, en dépit de ses lectures opiniâtres, crayon en main, en dépit des fiches hérissées de citations qu’elle tournait, retournait, triturait, malaxait. …
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cicou45cicou4504 novembre 2015
"[...] il n'y avait pas de paradis, on avait réchappé des enfances ; en elle, dans son sang et sous sa peau, étaient infusées des impressions fortes qui faisaient paysage et composaient le monde, on avait ça en soi, et il fallait élargir sa vie, la gagner et l'élargir, par le seul et muet truchement des livres."
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Loutre_des_RivieresLoutre_des_Rivieres02 octobre 2012
Claire ne voulait pas de toile cirée; qui était pourtant bien pratique et facile à nettoyer, elle n'aimait pas non plus les bouteilles en plastique sur la table, l'eau était servie dans une carafe bleue, elle tolérait la limonade mais il sentait que cela ne lui plaisait pas, elle faisait l'effort, pour trois jours elle supportait. Elle avait aussi la manie de changer les assiettes pendant les repas, elle disait que le lave vaisselle était là pour ça, se levait, allait, venait [...] C’était des façons, des manières qu'elle avait prises dans sa belle-famille et gardées ; il sentait ça allaient plus ou moins avec les bottines, les manteaux en velours, les gants serrés, le vinaigre marron et l'écrivain italien ; elle avait toujours été un peu comme ça, même petite, déjà, quand elle avait huit ans, il l'avait bien vu, et il le lui disait des fois à table, elle était une bourgeoise, elle faisait pas de bruit en mangeant la soupe.
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Loutre_des_RivieresLoutre_des_Rivieres02 octobre 2012
Ce bâtiment (Le Louvre) aussi, c'était quelque chose, on n'en faisait pas le tour, même avec la pyramide en plexiglas, comme le pare-brise des tracteurs modernes, qui datait aussi de Mitterand et s'arrangeait plus ou moins avec le reste qui remontait aux rois, et même au Moyen Age. Il ruminait et brassait cette fatrasie de dates et de périodes, parka ouverte, écharpe dénouée, tête nue, abasourdi d'idiomes entrelacés, ballotté de salle en salle, assis débout, mains croisées dans le dos, vaillant ; le corps penché, planté, il répétait, ils sont beaux les sols ils sont beaux.
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Videos de Marie-Hélène Lafon (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-Hélène Lafon
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Avec Christophe André, Alice Zeniter, Yann Queffélec, Marie-Hélène Lafon, Pierre Lemaitre et Jean Teulé.
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