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> Vincent Raynaud (Traducteur)

ISBN : 2221096541
Éditeur : Robert Laffont (2004)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 158 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Tandis qu'un de ses collègues chirurgiens opère sa fille Angela, victime d'un grave accident de la route, Timoteo, fou de douleur, lui raconte la trouble passion vécue des années auparavant et qui, enfouie en lui, a modelé ses relations avec les trois femmes de sa vie: ... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Bellonzo, le 15 février 2015

    Bellonzo

    Que pense Valentyne (Ecoute-moi de Margaret Mazzantini)de ce livre, Ecoute-moi, en lecture commune comme nous aimons tant à le faire quatre fois l'an? Ce premier livre de Margaret Mazzantini a eu pas mal de retentissement en Italie en 2004. Confession d'un chirurgien de renom que le très grave accident de scooter de sa fille Angela, quinze ans, plonge dans une auto-analyse bouleversante, douloureuse, impudique. Timoteo s'adresse ainsi à sa fille, entre la vie et la mort, comme s'il offrait ses aveux pour le salut d'Angela. Ecoute-moi est un roman très fort, certes traversé par un exhibitionnisme qui peut mettre mal à l'aise, mais qui explore les tréfonds de l'âme de cet homme, donc un tout petit peu aussi ceux du lecteur,de tréfonds. du moins c'est ainsi que je l'ai ressenti. Jusque là la parenthèse dans l'existence de Timoteo, quinze ans plus tôt était restée dans un coin de mémoire, comme entreposée, et je suppose que chacun pourra alors se reconnaître en lui. N'avons-nous pas presque tous comme ça un ou plusieurs épisodes de notre vie, comme enfouis mais prompts à nous sauter à la figure à l'occasion d'un choc comme le coma d'Angela? Non que cet évènement ancien soit forcément honteux ou glorieux, mais tellement inhérent et chevillé corps et âme à notre existence. Nos échecs et nos douleurs nous façonnent plus que nos réussites, plus relatives ou ressenties comme telles en général.
    Difficile d'en dire davantage, ce serait trop dire, mais le voyage à l'intérieur de l'âme humaine où nous entraîne Margaret Mazzantini est bouleversant. La rencontre qu'a faite Timoteo il y a quinze ans coïncidait avec la naissance d'Angela. Comment cet homme instruit, cultivé et à l'aise, a-t-il pu s'engloutir dans une relation à première vue incompréhensible? Ce serait ignorer les pas toujours glorieuses incertitudes de l'amour, et les faiblesses, les coups du sort qui guettent les pauvres créatures terrestres que nous sommes. Comme un sentiment de déréliction, de perdition, voire de descente aux enfers flotte au, long de ce beau roman curieusement nommé ici Ecoute-moi alors que Non ti muovere se traduirait plutôt par Ne bouge pas. Mais je me dis aussi que pour une bonne écoute il faut rester là,presque sans bouger. C'est à ce prix que l'histoire de Timoteo se révèle comme très proche car à vrai dire Timoteo...c'est moi, ou peut-être vous, enfin nous tous, en ces moments si douloureux qu'il nous faut consentir à dire l'indicible.

    Sergio Castellito, acteur réalisateur souvent sensible, et accessoirement époux de Margaret Mazzantini, a adapté le livre. le film est sorti en France sous le titre A corps perdu. Je ne l'ai pas vu mais ne suis pas sûr que Penelope Cruz soit le choix idéal pour le rôle d'Italia, qui met la vie de Timoteo sens dessus dessous. Et peut-on aller jusqu'à voir dans le prénom du personnage une métaphore du pays? Questo é il problema.
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    • Livres 2.00/5
    Par Marie-Blanche, le 23 novembre 2014

    Marie-Blanche
    De nouveau, c'était une totale découverte. Je ne connaissais pas l'adaptation cinématographique, je ne connaissais pas l'auteure et ses succès. La littérature est tellement vaste, il y a tant de choses à découvrir !
    Je suis donc entrée dans cette lecture sans préjugé et sans attente particulière.
    Je me suis parfois un peu ennuyée car il y a quelques longueurs, quelques répétitions narratives. Mais globalement j'ai bien aimé ce roman dramatique dont l'écriture est effectivement très cinématographique. C'est peut-être d'ailleurs cette recherche de l'image qui crée quelques longueurs: il faut décrire les odeurs, la moiteur, les sentiments, les couleurs, ...etc.
    Mais on se laisse prendre par l'histoire et le drame.
    Un chirurgien est décroché en urgence d'une opération qu'il est en train de mener car sa fille de 15 ans vient d'être admise en réanimation suite à un accident de scooter.
    Les blessures sont graves, l'opération sera délicate. Il ne peut pas l'opérer lui-même. Ce sera un confrère, ami de longue date qui va s'en charger.
    La maman est rappelée d'urgence. Journaliste, elle est en déplacement à Londres. Elle saute dans le 1er avion. Voilà, la situation dramatique est installée. Ce père seul est condamné à attendre dans ce couloir du bloc opératoire. de longues heures d'angoisse à penser, à avoir peur de perdre son enfant.
    Et cet homme pense à une ancienne liaison secrète qu'il a eu avant la naissance de sa fille. Une liaison passionnée, irrationnelle, physique et en même temps pleine d'amour. Comme beaucoup de lecteurs, sans doute, pendant longtemps, je me suis demandée : pourquoi pense-t-il à cela pendant que sa fille est entre la vie et la mort? Patience lecteur, acceptez d'avancer pas à pas au rythme des souvenirs, de la tristesse et des doutes du narrateur ... vous comprendrez, et vous serez émus !
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    • Livres 4.00/5
    Par lululifat, le 28 juillet 2010

    lululifat
    Ecoute-moi, Non ti muovere en italien (ne bouge pas, convenant bien mieux au livre, je ne sais pas pourquoi ils ont choisi une autre traduction) se lit d'une traite. Je l'ai d'ailleurs lu en une journée. Margaret Mazzantini, tout comme dans son dernier roman Venir au monde, réussit à créer une ambiance lourde, parfois dérangeante, mais qui donne envie de savoir la suite.
    Ce roman est la confession d'un homme qui craint de perdre sa fille, et qui révèle une part sombre de lui-même. Timoteo ne m'a pas parut sympathique. Ce n'est pas le genre d'homme que je fréquenterai dans la vie « réelle ». Il est infidèle, violent et égoïste. Par contre le personnage d'Italia est attachant et émouvant. Sa fragilité transparait dans l'écriture de Margaret Mazzantini. C'est en fait elle la véritable héroïne du roman. Une jeune femme abîmée par la vie.
    Ecoute-moi est également un film, adapté du roman de Margaret Mazzantini et réalisé et interprété par son mari, Sergio Castellitto. Pénélope Cruz y incarne magistralement Italia.
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    • Livres 3.00/5
    Par mireille.lefustec, le 10 août 2013

    mireille.lefustec
    Un jour de pluie et d'étourneaux qui souillent les rues,une voiture qui glisse, une fille de quinze ans,sans casque,qui tombe de sa Vespa. Une course en ambulance vers l'hôpital,ce même hôpital où exerce le père,chirurgien.
    C'est lui qui raconte l'encerclement terrible et minutieux du destin.Il parle à sa fille,(en pensée),il se parle à lui_même, dans un salon contigu à la salle d'opération.
    Ce père qui attend dans sa blouse verte et son angoisse,est un homme qui,depuis des années semble s'être accommodé de son existence paisible de professionnel estimé,
    Ce tiède mari d'une brillante journaliste,ce père distrait et fade d'une adolescente comme il y en a tant, est brusquement mis à nu,décortiqué,contraint à évoquer une vérité étrangère et violente ..Il révèle le secret douloureux d'un autre lui-même,désarmé et obscène.
    Margaret Mazzantini a écrit un roman sur la précarité et l'ambivalence des sentiments,sur la difficulté d'aimer,d'une écriture sensible,capable de noter les nuances psychologiques .
    C'est une histoire dure, crue,mais qui m'a accrochée et fait tourner les pages .
    Toutefois,je partage l'avis de lululifat . J'ai trouvé improbable l'attachement irrésistible du chirurgien pour une femme sans attrait,terne et prématurément flétrie.
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    • Livres 4.00/5
    Par AnaMa, le 08 avril 2014

    AnaMa
    Un texte dérangeant de prime abord mais passionnant ensuite.
    Timoteo remonte le fil de sa vie alors que sa fille adolescente, Angela, se trouve entre la vie et la mort, suite à un accident de scooter. Son récit évoque avec dureté une liaison commencée violemment avec une femme de condition modeste, Italia, rencontrée comme par accident... Au fil du temps, cette histoire âpre, crue, se teinte d'éclat de tendresse, de lucidité, d'interrogation. Ce récit est la mise à nu d'un homme entre deux rives, pris dans les mailles des sentiments, sondant le mystère de l'attachement et de l'attirance sexuelle, évoquant douloureusement cette part obscure de nous-même, là où se niche notre vérité, alors que la vie se montre soudain si fragile...
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Citations et extraits

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  • Par VALENTYNE, le 20 août 2015

    Nous nous assîmes. Le soleil commençait à être plus clément. Elsa allongea les jambes, étira la pointe des pieds jusqu’à l’eau et resta à regarder ses ongles qui apparaissaient et disparaissaient sous le sable humide. Nous étions habitués à demeurer assis, l’un à côté de l’autre, en silence. Cela ne nous déplaisait pas. Mais, après quelques jours d’éloignement, il fallait faire violence à nos intimités corrompues par la solitude. Je trouvai la main de ta mère et la caressai. Elle avait trente-sept ans. Peut-être qu’elle aussi regrettait la fille au manteau de casentino orange qui titubait complètement saoule et riait, pliée en deux sur le môle que le vent éclaboussait de mer. Peut-être la cherchait-elle sur le bout de ses pieds, là où une écume claire allait et venait. Mais non, c’était moi, le desaparecido. Moi, avec mon travail sans horaires. Moi qui donnais avec parcimonie, prenais avec hâte. Mais nous n’allions certainement pas nous mettre à creuser le sable à la recherche de nos manquements respectifs. Le courage n’avait plus sa place parmi nous. Le courage, Angela appartient aux amours nouvelles. Les amours anciennes sont toujours un peu viles. Non, je n’étais plus son mec, j’étais l’homme qui l’attendait dans la voiture quand elle entrait dans un magasin. La main d’Elsa glissait, plus douce, dans la mienne, comme le museau d’un cheval qui reconnaît son avoine.
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  • Par Ludivine, le 09 août 2010

    Et déjà tu es là, entre nous, Angela. M’aurais tu choisis comme père si tu avais su dans quel état d’esprit je t’accueillais ? Je ne crois pas. Je ne crois pas t’avoir méritée. Tu étais déjà là, une mouche glissée dans le ventre de ta mère et je ne t’ai même pas gratifiée d’une pensée tendre, ne crois pas que je l’ai oubliée. Tu es apparue dans cette maison le soir ou j’avais décidé de la quitter et tu n’as fait qu’une bouchée de mon destin. Pour toi, petite mouche innocente, pas même une pensée. Pour toi, égarée dans la poudrière de ces cœurs adultes qui ne sont surs de rien, qui ne savent pas qui ils sont ni ce qu’ils veulent, qui ne savent pas où ils iront.
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  • Par mandarine43, le 17 avril 2011

    Je pourrais te dire, Angela, que les ombres des réverbères semblaient me tomber dessus comme des oiseaux morts et que, dans cette chute sur le pare-brise, je voyais s'abattre tout ce que je n'avais pas. Je pourrais te dire que, tandis que je roulais trop vite et que les ombres plongeaient de plus en plus vite, montait en moi le désir de combler ce manque par un quelconque bouche-trou. Je pourrais te dire beaucoup de choses qui, maintenant, sonneraient juste, mais qui alors ne l'étaient peut-être pas. La vérité, je ne la connais pas, je ne m'en souviens pas. Je sais seulement que je roulais vers elle sans aucune pensée précise. Italia n'était rien. Elle était la petite mèche d'une lampe à pétrole. Le feu était au-delà d'elle, dans cette lumière huileuse qui baignait mes besoins et tout ce qui me manquait.
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  • Par mireille.lefustec, le 11 août 2013

    J'étais heureux,on ne réalise jamais qu'on l'est, Angela,et le me demandai pourquoi le fait de prendre conscience d'un sentiment si bienveillant nous trouve toujours mal préparés ,peu attentifs,si bien que nous ne connaissons que la nostalgie du bonheur, ou son éternelle attente.

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  • Par mandarine43, le 17 avril 2011

    D'une certaine façon, c'est vous qui m'avez protégé de moi-même. Moi je ne me suis jamais senti "naturel". Je me suis efforcé de l'être, tentatives grinçantes tant s'efforcer d'être naturel constitue déjà une défaite. Ainsi ai-je accepté la silhouette que vous avez découpée pour moi dans le papier de soie de vos attentes.

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Deux mères et deux fils que la Méditerranée sépare. Deux rives, deux pays, deux histoires que l'Histoire avec un grand H relie pourtant.











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