> Renée Villoteau (Traducteur)

ISBN : 2070374556
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.86/5 (sur 64 notes) Ajouter à mes livres
Yukio Mishima naît en tant qu'écrivain à partir de l'éclatant succès que reçut Confession d'un masque. Raconté à la première personne, le roman est indéniablement d'inspiration autobiographique. Le jeune garçon qui ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par centrino, le 10 avril 2011

    centrino
    C'est le deuxième livre de Mishima que je lis (après avoir été introduit à son oeuvre via "Dojoji et autres nouvelles").
    Roman que l'on devine aisément fortement autobiographique si l'on compare la vie du personnage principal à celle de Mishima. Une vie sans grand soutien parental, un physique frêle et une santé plus que fragile font sentir dès sa naissance au héros -bien malgré lui- que la vie n'est pas exactement un cadeau (ou un empoisonné alors)... la 'cerise sur la gâteau' étant la découverte de son a-normalité, à savoir son homosexualité combinée à des tendances perverses, voire sadomasochistes. Il s'agit donc de confessions d'un être se sentant obligé de paraître 'normal', et de vivre ce qu'il considère comme une maladie sous les traits d'un masque. D'où le titre du livre ...
    Parler d'un livre aussi dense n'est pas aisé; mais un paragraphe résume assez bien la vision que le héros (et donc Mishima) a de sa vie, ainsi que comment il envisage son (tragique) dénouement : "Les raids aériens devenaient plus fréquents. J'en avais une peur extraordinaire et pourtant j'attendais en même temps la mort avec une sorte d'impatience, avec une espérance pleine de douceur. L'avenir était pour moi un lourd fardeau. Dès le début, la vie m'avait écrasé sous un pesant sentiment du devoir. Bien que je fusse de toute évidence incapable d'accomplir ce devoir, la vie me harcelait, me reprochait ce manquement. C'est pourquoi j'aspirais à l'immense soulagement que sans aucun doute m'apporterait la mort si seulement, comme un lutteur, je pouvais arracher de mes épaules le lourds poids de la vie. J'acceptais avec volupté la conception de la mort en honneur pendant la guerre."
    On l'aura compris, la vie de Mishima n'avait aucune chance de se terminer en conte de fées... Jusqu'au bout il aura tenu à donner à sa vie (et donc à sa mort) un côté théatral.
    Quand j'ai appris que Mishima écrivit ce récit à ving-quatre ans à peine, je fus sidéré par sa maturité à sonder son âme et à analyser avec une telle finesse ses sentiments équivoques.
    En résumé, un livre qui n'est certes pas simple à aborder; mais qui mérite le détour pour qui veut en apprendre plus sur les démons et contradictions qui ont hanté la vie de ce grand écrivain qu'est Mishima.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 juin 2011

    brigittelascombe
    Garçon chétif dans sa jeunesse, tenu à l'écart du monde par une grand mère tyrannique attirée par le théatre Kabuki, élevé à la dure par un père contre lequel il ne s'est jamais révolté, Kimitaké Hiralda est devenu le sublime romancier Yukio Mishima l'un des plus grands de la littérature japonaise contemporaine et a connu une notoriété internationale.
    Il est mort en 1970 par le suicide du 'seppuku' de façon ritualisée comme les samouraïs qui lui étaient chers.
    Le titre "Confessions d'un masque" tirerait son inspiration de "Intentions" d'Oscar Wilde où l'auteur dit:"La forme objective est en réalité la plus subjective. L'homme est moins lui même quand il parle pour son propre compte. Donnez lui un masque et il vous dira la vérité."
    Dans ce roman, paru en1949, sa deuxième oeuvre maitresse qui l'a porté aux nues, le personnage principal s'apparente à sa propre personnalité.Chétif, impressionable,impressionné par une représentation de Saint Sébastien (dont il dira lui même un jour "je ne pus m'empêcher de croire qu'elle était là pour moi,à m'attendre", une image qui symbolise à la foisla mort,la sainteté,le paganisme et la beauté), romantique, il admire à l'école un camarade Omi pour lequel il dissimule son désir sexuel, il apprécie les 'éphèbes' mais a peur de sa propre homosexualité qu'il assumera par la suite dans sa propre vie tout en donnant de lui l'image respectable d'un homme marié avec deux enfants.
    le récit s'ouvre sur un passage des "Frères Karamasov" de Dostoïevski. le héros va fréquenter la soeur Sonoko de l'un de ses camarades car il éprouve des difficultés à dévoiler son attirance pour les hommes.
    La scène finale où Sonoko, la jeune fille qu'il fréquente et dont la mère refuse le mariage, nous montre l'homme dont la lame pénètre le torse, fait jaillir le sang et déclenche le désir, indique bien la libido exacerbée de Mishima liée à la mort et au sang,le désir douloureux,la sensualité impersonnelle,le besoin de devenir l'Autre,l'érotisation de la souffrance du martyre, le nihilisme esthétique,le besoin de tuer la beauté virile car elle est trop belle,la théatralisation de la vie et de la mort, la cruauté aussi.
    Un univers en rouge et noir (à la japonaise!) mais sublimement bien écrit.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Aela, le 07 février 2011

    Aela
    Un roman très autobiographique, complexe et dérangeant par son extrême franchise. L'auteur narrateur évoque son enfance et son adolescence et cet irrésistible penchant qu'il a ressenti dès le plus jeune âge pour les garçons. le livre a fait scandale à sa sortie en 1949.
    Beaucoup de sincérité dans ce récit mais beaucoup de questions restent en suspens surtout parce que le héros vit plutôt mal sa condition..
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par nikitakill, le 09 février 2012

    nikitakill
    des phantasmes de tueur en série. la mentalité d un homme jeune vivant sous les bombes.
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    • Livres 4.00/5
    Par jouve05, le 02 février 2011

    jouve05
    Comment ce jeune garçon vit-il la découverte de son attirance pour les personnes du même sexe ?
    Il cherche d'ailleurs à se prouver le contraire tout au long de sa vie. Encore plus, quand il devient adulte et essaie de se convaincre qu'il est amoureux de la soeur d'un ami.
    Il nous livre dans ces écrits toutes les pensées auxquelles il est confronté.
    Un livre autobiographique ? on le croirait presque.
    Agréable à lire.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 07 février 2011

    L'averse et le soleil couchant éclaira la pièce. Les yeux et les lèvres de Sonoko luisaient. Sa beauté me décourageait, m'obligeant à me rappeler mon sentiment de faiblesse et d'impuissance. Cette pénible impression donnait à Sonoko un aspect encore plus éphémère à mes yeux.
    "Quant à nous, dis-je brusquement, qui sait combien de temps nous vivrons? Supposez qu'il y ait un raid aérien en ce moment même. Sans doute une des bombres tomberait-elle en plein sur nous.
    - Ne serait-ce pas merveilleux?"
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    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 17 juin 2011

    J'eus alors le pressentiment qu'il existe en ce monde une sorte de désir pareil à une douleur aigue. Levant les yeux vers ce jeune homme sale, je me sentis offusqué par le désir en pensant:"Je veux me changer en lui, je veux être lui."
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 17 juin 2011

    Bien que je ne m'en rendisse pas compte à l'époque, il représentait à mes yeux la révélation d'un certain pouvoir, le premier appel que me lançait une certaine voix étrange et secrète.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






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