Garçon chétif dans sa jeunesse, tenu à l'écart du monde par une grand mère tyrannique attirée par le théatre Kabuki, élevé à la dure par un père contre lequel il ne s'est jamais révolté, Kimitaké Hiralda est devenu le sublime romancier
Yukio Mishima l'un des plus grands de la littérature japonaise contemporaine et a connu une notoriété internationale.
Il est mort en 1970 par le suicide du 'seppuku' de façon ritualisée comme les samouraïs qui lui étaient chers.
Le titre "Confessions d'un masque" tirerait son inspiration de "
Intentions" d'
Oscar Wilde où l'auteur dit:"La forme objective est en réalité la plus subjective. L'homme est moins lui même quand il parle pour son propre compte. Donnez lui un masque et il vous dira la vérité."
Dans ce roman, paru en1949, sa deuxième oeuvre maitresse qui l'a porté aux nues, le personnage principal s'apparente à sa propre personnalité.Chétif, impressionable,impressionné par une représentation de Saint Sébastien (dont il dira lui même un jour "je ne pus m'empêcher de croire qu'elle était là pour moi,à m'attendre", une image qui symbolise à la foisla mort,la sainteté,le paganisme et la beauté), romantique, il admire à l'école un camarade Omi pour lequel il dissimule son désir sexuel, il apprécie les 'éphèbes' mais a peur de sa propre homosexualité qu'il assumera par la suite dans sa propre vie tout en donnant de lui l'image respectable d'un homme marié avec deux enfants.
le récit s'ouvre sur un passage des "Frères Karamasov" de
Dostoïevski. le héros va fréquenter la soeur Sonoko de l'un de ses camarades car il éprouve des difficultés à dévoiler son attirance pour les hommes.
La scène finale où Sonoko, la jeune fille qu'il fréquente et dont la mère refuse le mariage, nous montre l'homme dont la lame pénètre le torse, fait jaillir le sang et déclenche le désir, indique bien la libido exacerbée de Mishima liée à la mort et au sang,le désir douloureux,la sensualité impersonnelle,le besoin de devenir l'Autre,l'érotisation de la souffrance du martyre, le nihilisme esthétique,le besoin de tuer la beauté virile car elle est trop belle,la théatralisation de la vie et de la mort, la cruauté aussi.
Un univers en rouge et noir (à la japonaise!) mais sublimement bien écrit.