J'ai beaucoup aimé cette lecture même si certaines longueurs se ressentaient vers la fin. A mon grand plaisir, j'ai été emportée dans un univers onirique et presque baroque.
Ryu Murakami a écrit un roman noir, violent, émotionnellement fulgurant.
Kiku et Hashi ont grandi ensemble dans le même orphelinat et sont liés par un destin similaire : ils furent déposés chacun dès leur naissance dans une consigne automatique, espace exigu comparable à celui d'une boîte à chaussure et, pourquoi pas, à celui d'une matrice. Ayant été abandonnés par leur mère respective dans de si difficiles conditions, ce souvenir est inscrit dans leur mémoire profonde, et il est impossible pour eux de communiquer de manière normale avec les autres. D'autre part, ils ne parviennent pas à se débarrasser de cette immense douleur. Pour eux, tout ce que leur mère leur a transmis comme héritage en les laissant dans une consigne c'est l'enfermement, la mort, la souffrance, la tristesse, la violence, le sexe. Donc, la vie sera pour Kiku et Hashi tout cela à la fois, mais jamais vraiment le contraire. Dans ce livre, les deux frères d'adoption vivront l'enfermement à répétition. Après la matrice, la consigne automatique, et dans leur histoire, cette notion se répétera infiniment. C'est presqu'à chaque page que l'on trouve une référence symbolique à l'enfermement ou à la matrice. A aucun moment, ils n'auront vraiment pied dans le monde qui les entoure. L'oppression qu'ils connaîtront tout au long de leur vie les empêchera de s'épanouir.
La violence parfois inouïe qui vient ponctuer les pages rend la lecture par moments difficile. Cependant, une certaine poésie noire existe aussi ailleurs, splendide. le regard que porte
Ryu Murakami sur l'humanité analyse notre tragédie sociale dans différents domaines : les médias, le monde de la musique, etc. … et surtout, celui des sentiments des enfants abandonniques.