> Bernard Kreise (Traducteur)
> Gilles Barbedette (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070386244
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Ce recueil réunit les premiers textes de prose écrits en anglais par l'auteur de Lolita mais également des nouvelles russes restées inédites, ou bien n'ayant pas refait surface depuis leur publication au début des années vingt, dans différents journaux émigrés de Berlin... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Meduzantic, le 17 mai 2012

    L'air printanier. Légèrement duveteux. Vois-tu ces tilleuls le long de la route ? Les branches noires, dans des paillettes vertes et humides. Tous les arbres au monde se déplacent quelque part. Pèlerinage éternel. Te souviens-tu des arbres qui marchaient le long des fenêtres des wagons quand nous venions ici, dans cette ville ? Te souviens-tu des douze tilleuls qui se concertaient pour savoir comment traverser la rivière ? Et il y a plus longtemps encore, en Crimée, j'ai vu un cyprès penché au-dessus d'un amandier en fleur. Le cyprès avait été autrefois un grand gaillard de ramoneur avec sa brosse en fil de fer et son échelle sous le bras. Il était, le pauvre, fou d'une blanchisseuse, rose comme les pétales de fleurs d'amandier. Ils avaient alors fini par se retrouver, et ils allaient ensemble quelque part. Son tablier rose se gonfle ; il s'est penché timidement vers elle, comme s'il avait encore peur de la tacher avec de la suie. C'est un très joli conte.
    Tous les arbres sont des pèlerins. Ils ont leur Messie, et ils le cherchent. Leur Messie est le royal cèdre du Liban, mais peut-être aussi un tout petit buisson, tout à fait insignifiant, dans la toundra...
    Aujourd'hui, les tilleuls traversent la ville. On a voulu les retenir. On a entouré les troncs de grilles rondes. Mais de toute façon, ils se déplacent...
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  • Par Meduzantic, le 16 mai 2012

    Je compris que tu n'avais pas de pouvoir sur moi, que ce n'était pas toi seule, mais la terre entière qui était ma maîtresse. Mon âme semblait avoir émis d'innombrables antennes sensibles, et je vivais en toutes choses, percevant en même temps le grondement du Niagara quelque part au-delà de l'océan et le chuintement, le crépitement des longues gouttes dorées, là, dans l'allée.
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  • Par Meduzantic, le 16 mai 2012

    Il y a dans l'air une subtile odeur d'essence et de tilleul. Qui sait maintenant quels effluves saisissaient imperceptiblement l'hôte qui entrait dans un atrium de Pompéi ? Dans un demi-siècle les hommes ne sauront pas ce que sentaient nos rues et nos chambres.
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  • Par Meduzantic, le 16 mai 2012

    Ainsi, j'entre dans tes yeux d'intempérie, dans la venelle d'un éclat noir où bruit et murmure la pluie nocturne. (...) Toute la nuit les étoiles ont crié de leurs voix enfantines et quelqu'un sur le toit a déchiré et caressé un violon de son archet acéré. (...) Dans tes yeux la poussière s'est mise à tournoyer : des millions de mondes dorés.
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  • Par Meduzantic, le 16 mai 2012

    Tu ris. Quand tu ris, j'ai envie de transformer le monde entier en ton miroir. (...) Car toi et moi, nous sommes des dieux... Je sens la rotation des univers inexplorables dans mon sang...
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