> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742796312
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 3.15/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres

Depuis 1995, les livres de Yoko Ogawa sont traduits en français. Des nouvelles, des romans courts ou plus longs ces dernières années, nous ont peu à peu révélé les questionnements de la romancière japonaise et la singul... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 21 juillet 2011

    Lune
    Au degré zéro de la création se trouvent les questionnements, les errances, les angoisses, les phantasmes de tout écrivain.
    Yôko Ogawa nous permet avec ce « Manuscrit Zéro » de pénétrer au plus profond de son être abyssal où nous retrouvons ce qui constitue son cheminement créatif et ses interrogations.
    Non seulement la mise en question de sa nature d'écrivain (toutes les évocations des « grandes lignes ») mais aussi celle de ce qui la constitue en tant que femme reliée au monde qui l'entoure.
    L'appel de la petite fille qu'elle ne retrouvera jamais et qu'elle recherche en « pillant » le monde de l'enfance (le stade oral est très présent) comme la recherche difficile de l'autre en tant que complément (l'assistant social R) et tout s'écoule entre les doigts...
    Une volonté puissante de vivre est présente notamment évoquée dans le « musée contemporain » de plein air où d'autres disparaissent sans se défendre.
    Un petit frère enfoui dans un puits par une petite fille de huit ans que l'adulte a perdu à tout jamais : jalousie, perversion de l'enfance, mal être qu'une analyse psychanalytique pourrait éclairer. L'inconscient, à chaque phrase, monte à la surface et offre images et êtres déformés, proches et loin d'une réalité où nous aimons nous accrocher.
    Tel est ce livre, se laisser aller, prendre, laisser les doutes effleurer, laisser la plume courir sur le papier, rire aussi : prouver que le zéro est loin d'être un néant, qu'il se passe tant de choses comme ces vies au fond des mers, vies que l'on ignore, comme ces autres que l'on porte en soi (l'interview en début de livre nous le démontre).
    « Tout se déroule sans tarder » dit l'auteur et le sommeil salvateur viendra peut-être, libérateur et créateur.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge, le 06 décembre 2011

    Lulu_Off_The_Bridge
    Il ne s'agit pas d'un journal intime, d'un document sur l'auteur, mais bien d'une lecture fictionnelle d'un quotidien d'écrivain. On n'apprendra pas comment elle est venue à l'écriture, les études qu'elle a suivies, ses amours ou ses morts – quoique ses morts, un peu quand même. Ce quotidien pourrait être le sien, celui d'une femme célibataire à la mère malade, timide et gauche… Bien plutôt, l'auteur ici mise en scène rejoint son personnage fétiche, la femme ni jeune ni vieille, ni belle ni laide, vaguement déconnectée, timide jusqu'à l'aphasie mais toujours de bonne composition. On ne saura pas grand-chose, d'ailleurs, de l'écrivain ni de ses écrits, sinon qu'elle en vit. Pas très bien. Toute entière soumise aux phénomènes, elle ne quitte le récit de ses déambulations que pour plonger dans l'un ou l'autre souvenirs signifiants. Comment elle a persuadé son petit frère qu'il avait en fait été jeté dans le puits à la naissance et qu'il était donc son propre fantôme, comment ce visage de bébé hurlant la poursuit depuis. Comment les plis des coudes de sa grand-mère laissaient apparaître des visages.
    Au rang des motifs, on retrouve donc des thèmes récurrents chez l'auteur – les hôpitaux, le classement, l'eau, la mémoire – organisés en un grand archi-thème où chaque motif se répond et trouve dans l'autre sa suite logique. Je suis loin d'avoir lu toutes ses œuvres, mais je n'ai pas retrouvé en revanche la froideur clinique d'Hôtel Iris ou La grossesse, pas plus que le désespoir insondable de Cristallisation secrète. C'est dommage, c'est un peu ce que je préfère chez elle. Dans les trois quarts des textes, il ne se passe rien. Mais rien. Tellement rien qu'un se sent bête parce que forcément, on a loupé l'essentiel. le récit du festival de bonzaïs ou de la fête sportive de l'école élémentaire m'ont laissée de marbre – que voilà des thèmes particulièrement peu évocateurs. À côté de cela, il y a de vraies merveilles : le récit du chemin de mousse, la déambulation dans le festival d'art contemporain ou encore un très court texte à propos d'une paire de chaussures – bref et très émouvant parce que totalement inattendu. Ces trois textes donnent un bon exemple de cette littérature du glissement qui semble faire le cœur de Manuscrit zéro. Comment glisser du banal à l'étrange, l'improbable, le merveilleux (l'avant-dernier texte est effectivement écrit comme un conte de fées – sans fée – avec des épreuves, des créatures formidables, un chemin à parcourir, le tout dans le cadre d'une visite guidée. Excellent, excellent texte. Encore une fois : excellent texte).
    Manuscrit zéro souffle des pistes d'écriture. L'écrivain comme un voleur, un usurpateur, quelqu'un qui se faufile là où il n'a pas lieu d'être (à l'instar des resquilleurs de cocktails, de fête d'enfants). L'écrivain comme un microscope humain qui observe d'un regard permanent et sans faille jusqu'aux éléments les plus infimes, jusqu'à ce qu'ils s'étalent et s'épanchent avant de devenir totalement autres et littéralement monstrueux. L'écrivain à mi-chemin entre maintenant et avant, plutôt plus doué pour avant que pour maintenant. Demain n'entre pas vraiment en ligne de compte / conte. Créature ultra exigeante et presque rigoriste (voir à ce sujet le texte sur les « grandes lignes » et son rapport à son correcteur, impressionnant), l'écrivain est un peu ridicule aussi. Fait nouveau, que j'ai peu trouvé dans les romans d'Ogawa, cet humour un peu gêné. Elle se peint souvent comme gauche, souris discrète et déplacée, sans répartie. Elle n'a pas le beau rôle, elle pleure devant des images de bébés et envisage d'en voler un, elle tient la chandelle, elle est toute seule, tout le temps. On la sent bien embêtée, parfois, devant la bizarrerie des autres. Clairement, ce n'est pas une héroïne, pas une « force qui va ». Un œil grand ouvert, plutôt.
    L'un dans l'autre, je ne sais pas si ce Manuscrit zéro est une très bonne porte d'entrée pour l'œuvre d'Ogawa. Je pense qu'il rebuterait un lecteur non acquis à la cause. En raison de cette lenteur, de ces petits riens pas très passionnants si on n'y regarde pas de près. Ce n'est pas vraiment une œuvre exigeante, cela dit – j'évite en général de commenter le style d'une traduction, mais le phrasé est simple, élégant, mesuré, sans pour autant être impersonnel. Il demande d'être attentif. Ce qui n'est pas toujours facile. Mais il se dégage de ces textes une sorte de force tranquille totalement captivante, un tempo particulier, tout en transitions douces, en instants suspendus, en accords friables entre dedans et dehors, soi, le monde, avant, après. Pas de quoi changer votre vie, mais une somme de minuscules secondes intenses, élevées au rang d'univers. Et qui donnent à penser, toujours essentiel...


    Lien : http://luluoffthebridge.blogspot.com/2011/12/book-freak-sessions-yok..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Ce livre est un recueil de textes divers qui sont présentés comme le journal d'une année, chaque entrée étant datée ainsi : « un jour de [mois] ». On ne sait pas toujours où se situe la frontière entre les faits et l'imagination de l'auteur. Par exemple, sa mère est hospitalisée et si certains passages semblent réels, d'autres relèvent de la divagation mais il est difficile de savoir si l'auteur nous confie par ce biais son désarroi ou si elle s'amuse simplement à inventer comme le fait tout écrivain. de même, je n'ai pas très bien saisi certains textes, du moins s'ils faisaient référence à des faits ou à de la fiction (comme le suivi de l'auteur par une sorte d'assistant social ou encore son adhésion au club des cœurs purs qui nécessite d'avoir toujours sur soi un badge représentant une mouffette…).
    Comme toutes les œuvres de cette sorte, il est quasi-inévitable de devoir supporter des inégalités entre les textes : certains sont vraiment de beaux morceaux de littérature tandis que la présence d'autres laisse perplexe. Je reste sur une impression réservée car si certains textes m'ont marquée autant que l'auraient fait des nouvelles « officielles », l'éclatement de l'ensemble empêche de se former une idée claire sur l'œuvre, ses buts, sa qualité, etc.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par wictoria, le 04 novembre 2011

    wictoria
    26 textes (ébauches ou nouvelles) formant un kaleïdoscope de l'univers ogawien : la femme écrivain, le désir d'enfant, les étranges concours des évènements, les expositions (improbables) d'art contemporain, d'étranges nourritures terrestres (les mousses), les clubs (l'association des coeurs simples) ou des concours (le sumo des pleurs d'enfants) tout droit sortis de l'imagination de l'auteur, la maladie, la perte de la mémoire, de la notion des choses, la naissance et la disparition, la fusion avec l'environnement, les fantômes poursuivant leur existance dans le coeur des vivants, les cavités discrètes où se cacher ou d'où observer, la hantise des images de l'Holocauste (ça sent l'homme qui brûle), l'observation du microcosme de la nature, la décomposition des matières ou leur réorganisation..., autant de sujets d'inspiration qui forment un Rubik's Cube de petites histoires à aligner côte à côte, dessus dessous, devant derrière... et qui abordent les thèmes récurrents qui constituent l'univers fantastique de Yoko Ogawa.

    Lien : http://monbiblioblog.blogspot.com/2011/11/manuscrit-zero-yoko-ogawa...
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  • Par Kroustik, le 26 janvier 2012

    Kroustik
    vu chez Flo.
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 16 juin 2011
    Un livre viscéralement personnel sur le métier d'écrivain, écrit à la première personne, très belle personne.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 04 novembre 2011

    Ce que je crains, ce n'est pas de m'égarer, mais que ceux qui étaient près de moi ne s'éloignent.
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