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ISBN : 9782070126163
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 149 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Avec ce roman, Philip Roth poursuit sa méditation sur la vieillesse, la mort et la sexualité , seule capable de rendre à l’être vieillissant un semblant de vigueur. Simon Axler est l’un des acteurs les plus connus et les plus brillants de sa génération : une... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 27 novembre 2011

    Malaura
    Que peut faire un grand acteur célèbre de 65 ans lorsqu'il se rend compte qu'il a « perdu sa magie », qu'il n'est plus capable d'interpréter le moindre rôle, lui qui a joué les plus grands classiques du répertoire théâtral ?
    Que peut faire un comédien naguère plébiscité par le public, encensé par la critique, lorsqu'il constate que son charisme, sa force, la spontanéité avec laquelle il vivait ses personnages, n'ont plus aucun fondement, plus aucune base solide, que désormais tout sonne faux dans son jeu à en être grotesque ?
    Il pourrait, comme d'autres grands acteurs avant lui, noyer son trac dans l'alcool ? Vaincre son stress dans l'absorption de petites pilules grises ? Se faire assister d'un professeur de théâtre comme le lui conseille son agent et ami Jerry ?
    Non, Simon Axler ne fera rien de tout cela car il sait que c'est fini. Son talent à disparu. A l'heure actuelle « le seul rôle à sa portée est celui d'Un homme qui joue un rôle ».
    « le pire c'était qu'il était lucide quant à sa chute, tout comme il était lucide quant à son jeu. » C'est avec ce pénible discernement, cette compréhension aigue de sa lamentable condition, qu'Axler se laisse sombrer dans la dépression.
    Comme si cela ne suffisait pas, sa femme le quitte et il est accablé de douleurs vertébrales.
    Envahi de pensées suicidaires, il se résout à un internement psychiatrique de quelques semaines où l'écoute des patients ressassant leur mal-être et brodant à qui mieux-mieux sur le thème du suicide, semble lui apporter quelque réconfort.
    Son domicile regagné, il s'installe dans une routine solitaire et morose avec le sentiment douloureux d'être un vieil homme fini, lorsqu'apparaît sur la scène de sa vie, Pegeen Mike avec qui, contre toute attente, il entame une relation amoureuse et sexuelle aussi complice qu'intense.
    Pegeen est la fille d'un couple de ses amis. Pegeen à 25 ans de moins que lui. Pegeen, avec ses airs de jeune garçon déluré, est charmante, attachante et ….lesbienne…
    Axler la transforme en parfaite hétéro, jouant son rôle de Pygmalion avec autant d'ardeur qu'il en met à expérimenter les accessoires sexuels (nombreux !) de la belle, le triolisme et autres jeux érotiques.
    La chute n'en sera que plus rude car la charmante Pegeen est également immature, amorale et peut-être pas aussi modifiable dans sa sexualité qu'elle ne le lui avait laissé croire…
    La vie est une grande scène de théâtre où chacun interprète le rôle qui lui est imparti à divers moment de son existence.
    Pour Simon Axler, c'est l'heure du dernier rôle dans une pièce qui se joue en trois actes.
    Dès le départ, Philip Roth ne nous laisse aucun espoir quant à l'issue tragique de cette histoire où dépression, sexe et suicide se donnent la réplique dans une tragi-comédie à la mise-en-scène fringante et enjouée mais au dénouement funèbre.
    C'est le propre du « Cycle Némésis », cette série de courts romans placés sous les lugubres auspices de la déesse de la vengeance et de la mort et dont « Le rabaissement » est le 3ème opus après « Un homme » et « Indignation ».
    Ne comptons pas sur Philip Roth, ce diabolique dramaturge, pour faire intervenir un Deus ex Machina venant dénouer cette situation de déliquescence. L'effondrement se jouera bel et bien jusqu'au baisser de rideau.
    Nul happy end donc, mais encore un texte brillant sapant allègrement les dernières illusions d'Un homme en fin de parcours, Un homme qui - et c'est cela aussi qui est terrible - est le témoin lucide de sa propre chute, en est même pour bonne part responsable, mais grisé par l'ivresse sexuelle d'une relation dont il se doute qu'elle sera la dernière, plonge tête la première dans les mirages d'un amour à la finalité hautement prévisible.
    « Un jour viendra où les circonstances la placeront en position de force pour mettre un terme à la situation, alors que je me retrouverai en position de faiblesse pour n'avoir pas eu la fermeté de rompre maintenant. Et quand elle sera forte et que je serai faible, le coup qui me sera porté sera insoutenable » s'inquiète Simon Axler en regardant Pegeen Mike le chevaucher comme au manège, ce qui ne l'empêche pas de se laisser entrainer par les remous de ce bain de jouvence illusoire et mensonger.
    Et qui pourrait dire non à l'amour lorsqu'il frappe à la porte ? Sauf que l'amour n'est pas un générateur de vigueur lorsqu'on est vieux, l'amour n'arrête pas les aiguilles du temps, ni les dégradations du corps, il n'est ni un rempart contre la dépression, ni un substitut aux problèmes de créativité, ni un personnage que l'on dirige à sa guise.
    Il en est simplement l'illusion, l'espoir, le leurre magique que l'on souhaiterait éternel dans ce théâtre d'improvisation qu'est la vie. Mais comme nous l'assène si bien l'auteur dans ce texte-uppercut, à la fin on est toujours tout seul... le peu d'illusions qu'il nous laisse sur la finalité de toute vie humaine à plus où moins brève échéance, est d'une terrible et douloureuse évidence.
    Ciselant les thèmes qui lui sont chers – le sexe, la vieillesse et la mort - avec ce même regard acéré de diamantaire à qui aucune des facettes de l'individu n'échappe, Philip Roth taille, avec ce trentième roman, une pièce noire et tranchante aux reflets sombres et bruts.
    Non, Philip Roth n'a rien perdu de sa magie.
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    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 15 octobre 2013

    Petitebijou
    C'est le troisième roman que je lis - je devrais dire dévore - de Philip Roth, après "Que la bête meure" et "La tache".
    En 120 pages, Philip Roth m'a de nouveau happée par son art incroyable de portraitiste de l'âme humaine, l'acuité de son regard sans concession : assurément, et nous sommes nombreux à le penser, cet écrivain diabolique est un artiste majeur de notre temps.
    Cela a commencé par un éblouissement : les premières pages, et l'annonce de la déchéance pour cet acteur génial qui soudain perd son talent, mais hélas, pas sa lucidité, sont d'une virtuosité étincelante. Précision du style, sagacité, sobre mais dense, l'écriture est ensorcelante. Pour ma part, j'ai rarement lu un portrait plus juste d'un comédien, ces êtres sans cesse dans l'ambivalence, vivant leur jeu et jouant leur vie. Simon Axler est une sorte de Laurence Olivier, monstre sacré, ego démesuré, sûr de son talent et de sa vocation, jouissant de son succès, n'ayant vécu que pour le théâtre et la gloire, et trouvant naturels les lauriers récoltés.
    Et un jour tout s'arrête. le talent n'est plus là. le désespoir suicidaire s'installe mais même dans ce rôle Simon se trouve mauvais. Ce qui faisait sa richesse, sa raison d'être, ces identités multiples parfaitement assumées, font place à un vide abyssal de l'être qui a perdu tous ses repères. Les acteurs ne cessent de se regarder vivre, agir, narcisses triomphants pour un temps, et le malheur de Simon tient dans le fait que s'il perd son génie, il conserve sa caméra subjective. Non seulement il est devenu une loque, mais il s'observe devenir une loque. Double peine.
    La suite n'est qu'une longue chute. Clinique psychiatrique, isolement, quête amoureuse, errances sexuelles, froidement Philip Roth assassine son héros et nous en sommes fascinés.
    La fascination tient de l'excitation et de la peur, et je ne connais pas d'autre écrivain qui sache aussi bien distiller ces deux ingrédients dans sa prose. Je n'avais pas envie de lire comment cela allait se terminer, mais je n'ai pu m'arrêter dans ma lecture, éblouie par l'art de l'auteur. Je sais que cela est la vie, mais je sais que pour vivre il faut oublier de le savoir.
    Les ravages du vieillissement, la cruauté des sentiments, la part d'ombre de chaque être qui émerge un matin, le mystère du sexe, l'addiction à l'autre qui vous sauve puis vous précipite dans le gouffre, tout cela est inscrit dans chaque phrase de ce court roman. On ne peut en sortir indemne. Les moments de joie ou de plaisir - car il y en a, sont au mieux les illusions que l'on se donne pour continuer à vivre. Même sincère, Simon n'est dupe de rien. Pourtant, dans la catastrophe, ses larmes ne sont pas feintes. Elles le surprennent lui-même. Cet être vieillissant, éternel enfant comme tous les acteurs, voyant s'éloigner celle qui lui a tout donné et tout repris, la forte qu'il croyait faible, affronte une dernière fois son image dans le miroir, sans fard et sans artifice. Aurons-nous tous cette vision sans concession à l'heure de notre mort, cette lucidité implacable qui nous laissera misérables ? C'est ce que nous semble dire Philip Roth, et cette vision pessimiste ne pourra être vérifiée qu'une fois seuls dans nos derniers instants.
    Le génie de Roth est de ne pas nous laisser désespérés, malgré cette noirceur. D'une part, Simon renoue avec son essence et se retrouve enfin lui-même à l'instant ultime, mais alors que ce constat de vanité de l'existence pourrait nous entraîner à notre tour au bord du gouffre, l'écriture de Philip Roth, non pas dans ce qu'elle dit mais dans ce qu'elle transpire de talent nous ramène à la vie par ce émerveillement et cette consolation que seule la création peut engendrer.

    Lien : http://parures-de-petitebijou.overblog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 18 novembre 2011

    mariech
    Roman concis , dépouillé mais pleins de rebondissements qui aborde les thèmes chers à l'auteur : la vieillesse et ses renoncements , le dernier amour , l'évocation des problèmes psychiatriques .
    Simon Axler est un acteur de théâtre célèbre , qui perd son talent , il ne retient plus ses textes et est incapable de jouer , il est tellement mal qu'il demande son internement en hôpital psychiatrique . Là , il fait la connaissance d'une patiente Sybil V qui lui confie son douloureux secret . A peine guéri , il rentre chez lui et la solitude lui semble insurmontable , il rencontre Pegeen , la fille d'un couple d'amis , qui a 25 ans de moins que lui et qui est homosexuelle , Pegeen est en train de vivre une douloureuse rupture et contre toute attente , ils tombent amoureux l'un de l'autre . Simon est aveugle aux signes annonciateurs de la débacle , d'autant plus qu'il ressent confusément que ce sera sa dernière histoire d'amour et qu'il ne pourrait pas se remettre d'une ultime rupture .... Très beau roman où l'auteur a mis beaucoup de lui-même .
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    • Livres 2.00/5
    Par oops, le 16 avril 2013

    oops
    Simon Axler est un comédien d'une soixantaine d'année qui après quarante ans d'une carrière triomphante voit son talent lui échapper. Cette perte de confiance en lui, lui si vaniteux qui n'a jamais connu l'échec, le met face à une épreuve quasi insurmontable. Il réalise qu'au fond toute sa vie l'humain ne fait que jouer un rôle. Sa femme ne le supporte plus, le quitte, il sombre en dépression jusqu'à l'internement pour parer à l'envie de suicide. Là il rencontre Sybil, une femme suicidaire victime d'une histoire familiale qui lui donne l'occasion d'écouter la vie et non juste la jouer ! de retour chez lui, il noue des liens avec Pegeen, une jeune homosexuelle fille d'amis comédiens qui vient de se séparer de sa compagne qui a décidé de devenir Un homme. Désireuse d'une expérience hétérosexuelle, Simon se prête au jeu et devient son amant. Lucide sur son état d'homme vieillissant, Axler donne tout ce qu'il a dans cette relation afin de jouir de ce que la vie veut bien encore lui donner. Pegeen âgé de 25 ans de moins, elle, n'est pas du tout certaine que cette nouvelle orientation sexuelle lui convienne, quand elle lui en fait part il sait que pour lui le dernier acte se joue. L'auteur signe un roman ironique sur la détresse d'Un homme vieillissant qui face à une mort certaine sombre dans une déchéance sexuelle qui ne le sauvera pas ! Un rabaissement un rien pathétique malgré une plume on ne peut plus perspicace.

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 10 novembre 2011

    brigittelascombe
    La vieillesse, tout comme pour La bête qui meurt, est un sujet qui tient à coeur à Philip Roth.
    Dans son nouveau roman, Le rabaissement, il est question de dépression et d'idées suicidaires qui envoient l'acteur connu et reconnu Simon Axler (sur le déclin) à la case hôpital psy et disparaissent miraculeusement, sitôt sa libido reboostée par la fille d' amis "à l'air invulnérable".
    Acte un:"Il avait perdu sa magie. L'élan n'était plus là". "Il s'était retrouvé incapable de jouer"."Son talent était mort"."Même comme fou il manquait de naturel".
    Acte deux: "Il était là.Elle était là.Les perspectives de l'un et de l'autre avaient radicalement changé."
    Acte trois:Qui sera l'élément explosif de cette relation jouissive en diable et déclencheur du rabaissement?
    Le narcissisme blessé est-il un bon remonte-moral?
    Un roman qui se boit cul sec. Une écriture ironique et parfois impitoyable, sujet à reflexions sur l'homme vieillissant, la dépression,le suicide,la deuxième chance,le choix paradoxal du partenaire, le plaisir,le désir et l'amour.
    Un livre qui pousse également à s'interroger sur les manières d'émerger du marasme, différentes pour Simon Axler et Sybil van Buren (rencontrée en thérapie) bien que la vérité de chacun se trouve au bout du fusil.
    Motus et bouche cousue!!!
    ( Philip Roth:auteur américain traduit de par le monde entier dont Pastorale américaine a été couronné en 1998 par le prix Pullitzer)
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Critiques presse (8)


  • Lexpress , le 20 octobre 2011
    Ce trentième livre de Philip Roth est un bref roman d'une noirceur éblouissante, qui porte un regard implacable sur nos illusions, avec autant de sobriété que d'éloquence.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 11 octobre 2011
    Dans Le rabaissement - le trentième roman de Roth -, la mort s'invite à nouveau mais, cette fois, c'est la question du suicide qui le taraude.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeSoir , le 10 octobre 2011
    Rondement mené, le temps d'une représentation, Le rabaissement touche là où ça fait mal, rappelle que la vie est facétieuse et offre des sursis inattendus, mais aussi que personne ne peut empêcher sa propre chute finale. Une leçon morale et littéraire.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • LeFigaro , le 03 octobre 2011
    Les personnages parlent comme dans les livres. Les dialogues sont pâteux, longuets, la prose claire, sobre, corsetée. Ce roman d'une centaine de pages aérées est pauvre, atone, exsangue. Où est l'humour ? Où sont l'inquiétude, la profondeur ? On dirait un chantier abandonné. Il y a la charpente et les fondations, mais le maître d'œuvre a planté les travaux là.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • LeMonde , le 03 octobre 2011
    Le Rabaissement est le trentième livre de Philip Roth. A sa sortie, en 2009, la critique américaine l'a boudé. A tort. De bout en bout, on le savoure comme on garderait en bouche une friandise délicate et subtile. Et qu'on fait durer... Comme au théâtre, on se laisse délicieusement manipuler jusqu'à la chute. Tirera, tirera pas ? Les ficelles en tout cas, Roth les tire jusqu'au bout.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 28 septembre 2011
    De ce combat perdu d'avance entre Eros et Thanatos, Le Rabaissement est une nouvelle et magnifique variation - une admirable composition d'intelligence, d'érotisme et de désolation.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LaLibreBelgique , le 27 septembre 2011
    Philip Roth est de cette race qui jette dans l’écriture et l’imagination toutes ses forces pour nous offrir encore ses magnifiques romans sombres et drôles, ses comédies de mœurs sur nous-mêmes, ses regards sur l’Amérique vue depuis ses chambres à coucher et ses névroses. Nos névroses.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LePoint , le 20 septembre 2011
    Reprenant ici la musique grinçante et funèbre de ses romans du vieillissement et de l'impuissance sexuelle et créatrice […], Roth ajoute un thème nouveau, celui d'un engagement de Pygmalion dans la fabrication d'une femme désirante et désirable […]
    Lire la critique sur le site : LePoint

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Citations et extraits

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  • Par Petitebijou, le 15 octobre 2013

    Il voyait se rapprocher de plus en plus le moment où ce serait à lui de jouer, et il savait qu'il en serait incapable. Il attendait que la liberté lui vienne, et que le moment prenne corps, il attendait d'oublier qui il était pour entrer dans son rôle. Au lieu de quoi il était là bras ballants, complètement vide, jouant comme un acteur qui ne sait plus où il en est. Il ne savait pas donner et il ne savait pas garder pour soi ; il n'avait pas de fluidité et il n'avait pas de retenue. Jouer consistait, soir après soir, à tâcher de s'en tirer le moins mal possible.
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  • Par rogbil, le 04 novembre 2011

    Au cinéma, les gens passent leur temps à tuer, mais la raison pour laquelle ont fait ces films,c'est que 99.9 % des spectateurs sont incapables de passer à l'acte. Et si c'est si difficile de tuer quelqu'un,quelqu'un que vous avez toutes les raisons du monde de vouloir détruire,imaginez la difficulté de réussir à se tuer soi-même.

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  • Par Aela, le 23 octobre 2011

    Et puis, aux alentours de la cinquième année, elle s'est mise à s'éloigner peu à peu en se laissant absorber par l'ordinateur, et moi je n'avais personne à qui parler à part les chats. Jusque-là, on avait tout fait côte à côte. On passait des heures allongées à lire - chacune son livre, et on se lisait des passages tout haut. Pendant vraiment longtemps, le lien fut très fort. Priscilla ne disait jamais aux gens: "J'ai aimé ce livre", mais " Nous avons aimé ce livre."
    Nous. Nous. Et puis, tout d'un coup, plus de "nous", nous c'était fini. Nous, c'était elle et son ordinateur.
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  • Par michelekastner, le 06 septembre 2012

    Sa souffrance était atroce et, en même temps, il n'était pas sûr qu'elle fut authentique, ce qui ne faisait qu'empirer les choses. Il ne savait pas comment il allait passer d'une minute à la suivante, il avait l'impression que son cerveau était en train de fondre. Etre seul le terrifiait, il ne parvenait à dormir que deux ou trois heures par nuit, il mangeait à peine, chaque jour il envisageait de se tuer avec le fusil qu'il avait dans le grenier - un fusil à pompe Remington 870 qu'il gardait dans sa ferme isolée pour se défendre le cas échéant - et tout cela demeurait malgré tout du théâtre, du mauvais théâtre. Quand on joue le rôle de quelqu'un qui craque, il y a une structure, un ordre. quand vous vous observez vous-même en train de craquer, que vous jouez le rôle de votre propre fin, c'est tout autre chose qui est submergé par la peur et l'épouvante.
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  • Par Jevousdisquecestmoi, le 27 octobre 2011

    Le suicide est un thème que les auteurs dramatiques considèrent avec crainte et tremblement depuis le cinquième siècle avant Jésus-Christ, captivés par les êtres humains soumis à des émotions telles qu’elles les poussent à cet acte hors du commun. Il fallait qu’il prenne la peine de relire ces pièces. Oui, il fallait regarder en face tout ce qui vous glace le sang.

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