En pleine ère du féministement correct, lire un texte aussi mysogine, il faut avouer, en toute perfidie, que cela fait plaisir. Certes, cette pensée ne correspond en rien aux femmes libérées de notre temps, et essentialise ou naturalise beaucoup trop la femme en faisant d'elle un être dénoué d'intelligence, ou, pour être plus crédible sans être moins vache, dont l'intelligence ne sert qu'à mentir à l'homme afin qu'elle puisse le séduire et jouer ainsi son seul rôle véritable, celui de la continuation de l'espèce. Certes,
Schopenhauer force un peu le trait lorsqu'il évoque la concurence jalouse des femmes entre elles, dans le but perfide de forcer les hommes au mariage alors qu'ils sont, par nature, polygames. Mais en cassant le mythe de la dame de toute vertu et l'illusion de la beauté de ce qui n'est qu'instinct, il donne à réfléchir, et il aboutit, terrible, à une pensée sombre, qui explique peut-être sa démolition en règle de la femme. le plus grand malheur pour un homme, pense
Schopenhauer, c'est de naître; et ce sont les femmes qui donnent la vie...