> Edmond Jaloux (Traducteur)
> Félix Frapereau (Traducteur)

ISBN : 2253002887
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.2/5 (sur 907 notes) Ajouter à mes livres
Par la magie d'un voeu, Dorian Gray conserve la grâce et la beauté de la jeunesse. Seul son portrait vieillira. Le jeune dandy s'adonne alors à toutes les expériences, s'enivre de sensations et recherche les plaisirs secrets et raffinés. « Les folies sont les seules cho... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 23 mai 2012

    nastasiabuergo
    Ça y est, je me décide enfin, après moult hésitations, à écrire un petit billet virtuel sur ce livre que j'aime tant. Le Portrait de Dorian Gray, bien sûr, c'est une histoire. Mais en regard du nombre impressionnant de commentaires sur ce roman, peut-être n'est-il point besoin d'y apposer ma propre défloraison de l'œuvre. Nonobstant, bien au-delà de l'histoire, Le Portrait de Dorian Gray c'est un ton, c'est une forme, c'est la quasi quintessence de ce qu'Oscar Wilde aura su faire de plus réussi, de plus noble et ciselé, de plus acerbe et aérien et d'ailleurs, dans son immodestie provocante et coutumière caractéristique, lui-même ne s'y est pas trompé dans sa préface : « un livre est bien écrit ou mal écrit, un point c'est tout. »
    Et effectivement, ce livre est une merveille stylistique, avec ce fameux ton dandy et pince-sans-rire de l'époque victorienne qui est devenu la marque de fabrique de l'auteur. le seul de ses contemporains à pouvoir parfois rivaliser avec lui sur ce registre est probablement l'autre grand monstre sacré du théâtre fin XIXème, j'ai nommé, Anton Tchékhov. Je n'insisterai donc jamais assez sur ce volet formel de l'ouvrage qui est une pure délectation.
    Peut-être n'est-il pas vain de rappeler l'origine de ce roman. On sait que ce genre n'est pas le terrain de prédilection de Wilde, lui, le dramaturge dans l'âme. Mais comme Wilde n'a peur de rien, qu'il a un ego digne de faire de l'ombre à Napoléon, César et Louis XIV réunis, celui-ci n'hésite pas, lors d'une altercation verbale avec Sir Arthur Conan Doyle à mettre celui-ci au défi d'écrire un meilleur roman que lui et ce, dans un délai imparti. Ce sera le portrait de Dorain Gray pour Oscar Wilde et Le signe des quatre pour Conan Doyle, vous me direz, des altercations comme ça, on aimerait bien qu'il y en ait plus souvent en littérature !
    Il fallut donc écrire vite, et dans un style non coutumier pour Oscar Wilde. Aussi est-ce peut-être la raison intime pour laquelle Le Portrait de Dorian Gray fait toujours un peu figure d'OLVNI (le l'c'est pour Littéraire), car il y a une spontanéité, un élan et à la fois des « répliques » cinglantes et savoureuses, telles qu'on les désignerait dans une pièce de théâtre. Évidemment, vous me rétorquerez, que Wilde a passablement remanié son texte après que le défi fut terminé, mais il n'empêche que les conditions de sa gestation en font, du moins c'est la thèse que je défends, son intérêt et son originalité. Un Wilde non pris de court, asseyant minutieusement un projet d'écriture romanesque n'aurait probablement pas effectué les choix d'écriture qui furent retenus pour le portrait. À propos, ce « portrait », comme on dit en français, j'ose encore vous ennuyer à mettre le doigt sur l'incomparable supériorité du titre original « The Picture of Dorian Gray » qui joue sur la richesse sémantique du mot « picture », impossible à rendre en l'état en français, désignant à la fois le portrait et l'image, avec toute la connotation du mot « image » sous-jacente, « n'être que l'image de », et tout ce rapport à la forme par opposition au fond, déjà contenu dans le titre.
    Bon, j'arrête ici mes élucubrations, qui d'ailleurs ne représentent pas grand-chose, seule compte l'œuvre, et cette œuvre-là, elle compte.
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    • Livres 5.00/5
    Par Hahasiah, le 02 avril 2012

    Hahasiah
    J'ai eu l'occasion de lire Le portrait de Dorian Gray à deux reprises. La première lecture ne m'a pas vraiment laissée un souvenir impérissable. La deuxième, en revanche, a suscité l'une de plus belles émotions de lectures qu'il m'ait été donné de connaître.
    Au cours d'une discussion qui s'est tenue il y a déjà quelques années, une personne qui m'était très chère m'avoua que sa mère lui avait offert Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde le jour de ses vingt ans. Je tairai les raisons pour lesquelles cette femme avait choisi d'offrir symboliquement ce livre si particulier à son enfant car elles n'appartiennent qu'à eux deux. La personne qui reçut ce cadeau me précisa qu'elle lut ce livre durant un voyage lointain et initiatique effectué lors de sa vingtième année.
    Elle me prêta ce livre car elle connaissait mon goût immodéré pour la lecture. J'étais jeune lorsque je posais mes yeux sur cette œuvre pour la première fois et n'en gardais qu'en souvenir imprécis. J'entrepris donc de la lire à nouveau. Je pensais que, l'âge et la maturité aidant, je verrais ce roman sous un antre angle. Arrivée à la moitié du livre, je trouvai entre deux pages un long cheveu brun qui avait appartenu à cet être qui m'était si cher alors. J'avoue que cette découverte provoqua une émotion très vive en moi. Je réalisais que ce vestige de sa jeunesse passée était resté entre ces pages de nombreuses années et cela me toucha au plus au point. Il me plaît de croire que cette infime partie d'elle attendait patiemment que j'aille à sa rencontre entre ces pages devenues gardiennes d'une époque révolue de sa vie.
    J'aime chiner et j'achète beaucoup de livres d'occasion. Je suis de ces personnes qui sont émues par la découverte d'une dédicace à l'intérieur d'un livre, d'une vieille photographie ou d'une carte postale écornée servant de marque-page. Je suis sensible aux phrases soulignées et aux annotations des lecteurs originels des livres que je choisis.
    Par ailleurs, l'idée de donner une seconde vie à un livre déjà lu me séduit.
    Ce que vous finissez de lire, ami lecteur, est loin d'être une critique littéraire en bonne et due forme ; j'en suis consciente. Je voulais toutefois partager ce souvenir de lecture. Si le Portait de Dorian Gray conserve une place de choix dans ma bibliothèque, c'est à cause du souvenir si particulier que je viens d'évoquer.
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    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 13 février 2012

    Kittiwake
    L'histoire est connue, presque mythique. Basil Hallward peint le portrait d'un jeune dandy, Dorian Gray qui n'a d'autre mérite que d'être particulièrement beau. Au cours d'une séance de pause, Dorian fait la connaissance de Henry Wotton, qui lui fait part de ses théories sur la jeunesse et le plaisir. Dorian est très fortement ébranlé par la prise de conscience du caractère éphémère de la jeunesse, dont témoignera le portrait pour l'éternité. Il émet alors le souhait de vendre son âme pour conserver cette jeunesse.
    Peu de temps après, Dorian s'éprend d'une jeune actrice qui joue dans un théâtre populaire. Une mauvaise prestation suffit à rompre le serment qui l'avait engagé auprès d'elle. La malheureuse met fin à ses jours. C'est à ce moment que Dorian se rend compte que la bassesse de son attitude a produit une dégradation du portrait, en ajoutant une touche de cruauté au visage peint. La mauvaise influence de Lord Henry, ainsi que le manque de discernement du jeune homme le conduira sur des chemins tortueux de méfaits, de trahison, de bassesse, explorant les territoires du plaisir obtenu sans aucune concession, et sans aucune considération pour le mal qui en découle. Si le visage de Dorian reste immuable dans sa beauté juvénile, le portrait porte tous les stigmates de cet avilissement, dans une inexorable dégradation des traits à l'unisson avec sa déchéance morale.
    C'est aussi l'occasion pour l'auteur d'épingler les travers de cette société bourgeoise anglaise, dilettante et oisive. Une sévère diatribe est également exposée à propos des femmes, de leur superficialité, et de la prison que constitue le mariage.
    Ce livre m'a profondément impressionnée : pourtant je connaissais l'histoire, mais est-ce le fait de l'avoir lu en VO et donc avec une concentration particulière, j'en ai même rêvé (et en anglais!). L'écriture est très efficace, très poétique également. C'est une manière adroite et intelligente de traiter le mythe de l'éternelle jeunesse tout en se livrant à une réflexion approfondie sur le bien et le mal, la corruption liée à la vie en société.

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/02/picture-of-dorian-gray.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Sallyrose, le 10 mars 2012

    Sallyrose
    Que dire d'innovant sur ce roman ??
    Je l'avais lu à l'adolescence et m'étais beaucoup attachée à l'histoire.
    Quelques 25 ans plus tard, j'ai eu envie de le relire à la lumière de ce que je connais de l'auteur et de la sagesse acquise au fil du temps (on se console comme on peut).
    Surprise : bien que plus attentive aux Aphorismes bien connus hors contexte et la mise en perspective de la vie d'Oscar Wilde, j'ai été reprise par la force narrative d'autant plus que je ne me souvenais pas de la fin.
    Ce que je prenais pour un prétexte est en fait une interprétation du mythe de l'éternelle jeunesse.
    De ce point de vue, il est à lire effectivement à toutes les grandes étapes de notre vie et permet d'apprécier à leur juste valeur les marques du temps :-))
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    • Livres 4.00/5
    Par carambar31, le 30 janvier 2012

    carambar31
    Il faut croire qu'il y a un moment ou un âge pour tout dans la vie. J'avais essayé à plusieurs reprises, il y a plusieurs années de lire Le portrait de Dorian Gray, vu la réputation dont il jouissait et ce, sans succès: le livre m'ennuyait par son excès de phrases alambiquées et par ses longueurs...
    cependant, et je tiens pour cela à remercier babelio et à plus juste titre bibalice ainsi que les lecteurs du club de lecture de janvier, de m'avoir réconciliée avec Wilde.
    Le portrait de Dorian Gray m'apparait aujourd'hui comme un livre extrêmement riche, tant sur le fond que sur l'intrigue...
    Wilde a une plume enchanteresse avec des tournures de phrase tellement belles et élaborées que l'on se sent totalement idiot et néophyte, quand à l'emploi des mots...
    quand à l'intrigue, c'est foisonnant, avec certes dorian comme personnage central, qui de jeune adolescent immature et innocent se mue progressivement en être frivole, sans coeur et pour qui la moindre émotion, qui plus est si elle est néphaste doit être éradiqué au plus vite. le plus important, étant, de se parfaire dans le culte de la beauté, de l'esthétisme, que ce soit physiquement parlant ou dans la possession d'objets.
    ce n'est cependant à mon sens pas le personnage le pus important du livre puisqu'il est entièrement modelé par lord henry, bien que l'élève dépasse le maître.
    on pourrait écrire un livre entier sur les ressentis qu'inspirent ce livre, tant il y a une multitude de sujets abordés et donc de sujets à développer, dont l'homosexualité suggérée ou avouée des personnages masculins, ou encore la place du culte de la beauté dans l'existence...etc
    mais je ne suis pas romancière ou critique littéraire et vais donc m'arrêter là en vous recommandement simplement et chaleureusement ce livre à la prose magnifique et à l'intrrigue foisonnante!
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Citations et extraits

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  • Par manonisback, le 28 mai 2012

    Le manque de sincérité est-il une chose si terrible ? C'est simplement une méthode qui nous permet de multiplier nos personnalités.
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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Qu'est-ce qu'un rapport humain aujourd'hui? Il afflige par sa pauvreté. |...] Rencontrer quelqu'un devrait constituer un événement. Cela devrait bouleverser autant qu'un ermite apercevant un anachorète à l'horizon de son désert après quarante jours de solitude.
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  • Par nastasiabuergo, le 17 mai 2012

    Vous m'avez jadis offert un livre empoisonné. Je ne devrais pas vous le pardonner. Harry, promettez-moi de ne plus jamais prêter ce livre à personne.

    (NB : il semblerait qu'Oscar Wilde avait à l'esprit le roman "A rebours" de Huysmans en écrivant ce passage)
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  • Par facteur84, le 10 août 2011

    Dorian ne répondit pas. Il passa nonchalamment devant le tableau, puis se retourna. Quand il le vit, il se rejeta en arrière et sa joue se colora un instant de plaisir. une expression de joie surgit dans ses yeux comme s'il s'était reconnu pour la première fois. Il se tenait là, immobile, stupéfait, vaguement conscient que Hallward lui parlait, mais sans saisir le sens de ses paroles. le sentiment de sa propre beauté lui était venu comme une révélation. Il ne l'avait jamais éprouvé auparavant. les compliments de Basil Hallward ne lui avaient semblé être que les exagérations charmantes de l'amitié. Il les avait écoutés, en avait ri, les avait oubliés. ils n'avaient pas influencé sa nature. Et puis était apparu Lord Henry Wotton, avec son étrange panégyrique (discours louangeur) de la jeunesse, dont la brièveté lui inspirait ces terribles avertissements. Cela l'avait ému sur le moment, et maintenant qu'il contemplait l'ombre de se propre beauté, il découvrait en un éclair que la description en était vraie. Oui, un jour viendrait où son visage serait ridé et rabougri, ses yeux faibles et décolorés, sa silhouette gracieuse cassée et difforme. L’écarlate quitterait ses lèvres et l’or disparaîtrait de sa chevelure. La vie qui forgerait son âme abîmerait son corps. Il deviendrait affreux, hideux, insortable.
    Tandis qu’il y pensait un vif élancement de douleur le transperça comme un couteau et fit vibrer chaque délicate fibre de sa nature. Ses yeux s’approfondirent en améthystes et se couvrirent d’une brume de larmes. Il sentait une main de glace posée sur son cœur.

    - Il ne te plaît donc pas ? s’écria enfin Hallward quelque peu blessé par son silence et ne comprenant pas ce qu’il signifiait .
    - Bien sur qu’il lui plait, fit lord Henry. A qui ne plairait-il ? C’est l’un des plus grands chef-d’œuvre de l’art moderne. Je t’en donnerai tout ce que tu voudras. Il faut qu’il m’appartienne.
    - Il n’est pas à moi, Harry.
    - A qui est-il ?
    - A Dorian bien sûr, répondit le peintre.
    - Comme c’est triste ! murmura Dorian Gray, les yeux toujours fixés sur son propre portrait. Comme c’est triste ! Je deviendrait vieux, horrible, hideux. Mais le portrait restera toujours jeune. In en sera jamais plus vieux qu’il ne l’est en ce jour de juin… Si seulement c’était le contraire ! Si c’était moi qui resterais toujours jeune et que ce fût le portrait qui vieillît ! Pour cela… Pour cela je donnerai n’importe quoi. Oui, il n’y a rien au monde que je ne donnerais ! Je donnerais mon âme pour cela !
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  • Par gteisseire2, le 27 juillet 2010

    La beauté, la vraie beauté, s'achève là où l'air intellectuel commence. L'intellectuel est en soi une façon d'exagérer et il détruit l'harmonie de n'importe quel visage. Dès qu'on s'assied pour réfléchir, on ne devient plus qu'un nez, ou qu'un front, ou quelque chose d'horrible. Regarde les gens qui ont du succès dans toutes les professions savantes : ils sont tous parfaitement hideux ! Sauf bien sûr, dans l'Église, mais c'est que, dans l'Église, ils ne réfléchissent pas.
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"Le prince heureux" Livre vidéo. Non sous-titré, non traduit.








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