> Robert Dumont (Traducteur)

ISBN : 2253064602
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1994)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
Dernière oeuvre de Stefan Zweig, non publiée de son vivant, ce véritable testament romanesque nous transporte dans l'Autriche de l'entre-deux-guerres, déjà convoitée comme une proie par Allemagne nazie. Christine, modeste employée des Postes, a vu mourir son père et son... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par chapochapi, le 18 août 2011

    chapochapi
    Très beau texte.
    amateurs de suspense, abstenez-vous ! si on a bien quelques hésitations quant au devenir des personnages, cette maigre attente ne constitue pas l'intérêt du roman.
    Dans cette description de la déchéance de Christine, c'est l'absurdité de la vie, telle qu'elle surgit dans le quotidien de cette employée des postes, qui est intéressante pour la révolte qu'elle crée.
    Christine n'a jamais été heureuse dans sa vie de misère mais, faute de comparaison, elle n'a jamais eu l'idée de se plaindre. Les vacances avec l'oncle et la tante américains vont tout changer : découverte du luxe, du confort, du plaisir, de la vie facile... et de l'injustice et des inégalités. Pourquoi n'aurait-elle pas droit, elle aussi, à cette vie si agréable ? le retour à la vie réelle, dans sa petite ville, dans son petit bureau, l'achève. Elle ne supporte plus sa vie et ne supporte plus que son entourage se satisfasse de cette existence médiocre.
    Lorsqu'elle rencontre Ferdinand, lui même révolté, c'est le déclic : enfin quelqu'un qui la comprend, qui souffre comme elle.
    Mais ce n'est pas une histoire d'amour : la misère les en empêche. C'est simplement l'histoire de deux vies désespérées poussées aux décisions extrêmes.
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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 16 janvier 2012

    zorazur
    C'est pour moi l'une des plus belles oeuvres de Stefan Zweig, et de façon étonnante une de celles dont on parle le moins. Et pourtant on y trouve tant de relief, de douleur,de désespérance, d 'envie. La vie n'a rien donné à l'héroïne, sauf ces quelques jours dans un monde qui n'est pas le sien et où elle n'est pas parvenue à trouver sa place ou à faire illusion. Alors, elle qui veut avoir le droit de vivre, d'aimer, de posséder tout ce que la vie lui interdit, elle va essayer de l'arracher. Et peut-être seulement alors aura-t-elle le droit d'aimer. Hélas, dans ces temps de désespérance, même si l'auteur n'a pas pu terminer son roman, l'issue de l'aventure ne fait aucun doute et les dernières pages retirent au lecteur le droit d'espérer et de rêver.
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Citations et extraits

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  • Par Reka, le 03 juin 2009

    Chaque matin, quand je me rends à mon travail, je vois sortir les autres de leurs demeures, mal réveillés, de mauvaise humeur, les visages éteints, partir pour une tâche qu'ils n'ont pas voulue, qu'ils n'aiment pas, qui ne les concerne pas, et je les vois rentrer le soir dans les tramways, du plomb dans les yeux, tous épuisés par un labeur dénué de sens ou dont le sens leur échappe. Mais ils ne savent pas tous, ils n'en sont pas persuadés, ne la ressentent pas aussi fort que moi, cette épouvantable absurdité. (p. 214)
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  • Par kathy, le 10 mars 2010

    ... ou bien quelque chose de révèle-t-il en moi qui y était attaché et qui ne pouvait encore apparaître? Etais-je vraiment plus belle que je n'osais l'être, et plus intelligente, plus séduisante, et ne me manquait-il que le courage d'y croire? Qui suis-je? Qui suis-je en vérité?
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  • Par Reka, le 03 juin 2009

    On est passé à côté de tout, on n'a jamais rien vu, à peine souhaité de voir, on a végété bêtement dans l'espace le plus restreint, à peine plus large que la main tendue, à peine plus long qu'un bond de vos pieds, et, une nuit, à un jour de distance, commence l'immensité la plus variée. Soudain, pour la première fois, la conscience de tout ce qu'elle a manqué pénètre son esprit jusqu'alors indifférent ; sans désirs, pour la première fois, son être, au contact de la grandeur, découvre la force bouleversante du voyage qui, d'un seul coup, arrache du corps la dure croûte de l'habitude et en rejette l'essence nue, futile dans le flot de la métamorphose. (p. 40)
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  • Par Reka, le 03 juin 2009

    Ne plus voir son visage, ne plus voir personne, partir, partir, ne plus jamais s'humilier devant un de ces êtres orgueilleux, lâches, repus, ne plus rien prendre d'eux, ne plus rien accepter d'eux, ne plus se laisser duper, ne plus se livrer à eux, à personne, à aucun, plutôt crever dans un coin.
    Et tandis qu'elle traverse la demeure adorée, la salle fêtée et passe près des gens comme devant des fresques peintes, elle ne ressent plus qu'une chose : de la haine envers lui, envers chacun d'eux, envers tous. (p. 157)
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  • Par Reka, le 03 juin 2009

    Des confidences sont toujours dangereuses, car un secret communiqué à un étranger le rapproche de vous. On a abandonné quelque chose de soi, on lui a concédé un avantage. (p. 118)
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Zweig, autopsie d'un suicide par Dominique Frischer
Le soir du 22 février 1942, Stefan Zweig et sa seconde épouse Lotte Altman, de 28 ans sa cadette, se donnent la mort dans leur demeure au Brésil. Rien ne laissait présager cette fin tragique, que Dominique Frischer tente d'élucider dans « Stefan Sweig -- Autopsie d'un suicide » (Écriture, 345 p., 21 €). Psychosociologue de formation, auteur notamment de deux essais remarqués, « Les Analysés parlent » (Stock, 1977) et « le Moïse des Amériques » (Grasset, 2002, prix du Livre d'Histoire et de Recherches juives), et de films documentaires, elle met à nu la pensée de l'humaniste autrichien et ses motivations secrètes en se basant sur l'analyse de son journal, de sa Correspondance et de ses ultimes biographies et écrits romanesques, abordant ainsi son suicide sous un angle nouveau. Elle livre ses conclusions devant la caméra de Joseph Vebret











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