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Note moyenne 3.51 /5 (sur 566 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) le : 27 juin 1978
Biographie :

Né en Belgique, Bernard Quiriny vit aujourd'hui en Bourgogne et enseigne le droit à l'université. Il s'est fait connaître par ses papiers à Chronic'Art (et occasionnellement à Epok) dans le domaine de la littérature et dans celui du jazz. Il chronique également pour le Magazine littéraire

Il a écrit deux romans, "L'Angoisse de la première phrase" (2005) et "Les assoiffées" (2010) ainsi que deux recueils de nouvelles "Contes carnivores" (2008) et "Une collection particulière" (2012)

Il a reçu en 2008 le prix Victor Rossel et le prix Marcel Thiry pour "Contes carnivores". Ce recueil est préfacé par l'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas.

Source : /livres.fluctuat.net + Wikipédia
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Entretien avec Bernard Quiriny, à propos de son roman L’affaire Mayerling



15/03/2018


L’affaire Mayerling , récit d’une guerre entre un immeuble malfaisant et ses habitants, est un roman de la modernité, mais on se dit qu’il pourrait se dérouler aussi en bien en 1960 qu’en 2018, dans une ville indéfinie. Est-ce une histoire plus universelle qu’elle en a l’air ?


Cette ville a un nom : Rouvières. Mais vous avez raison, c’est une ville imaginaire, qui pourrait être n’importe quelle métropole régionale. Ca pourrait se passer partout en France, et à la limite, partout en Europe, voire dans le monde, puisque l’habitat moche et mal conçu est partout le même. C’est d’ailleurs pourquoi les villes se ressemblent de plus en plus, alignées sur un standard de laideur universelle...



La dénonciation du béton déshumanisant, vivace dans les années 70, semble faire partie de ces combats d’hier dont on ne sait dans le fond pas trop s’ils ont été gagnés, ou s’ils sont simplement passés de mode (Y a-t-il encore des pluies acides ? Le trou dans la couche d’ozone est-il rebouché ?) Est-elle toujours d’actualité ?


Le fait que les gens protestent moins contre le désastre urbanistique en cours ne signifie pas que ce désastre a cessé, mais qu’ils s’y sont habitués, ou qu’ils sont résignés – la laideur est tellement entrée dans le paysage que nous ne pensons même plus à nous en plaindre. La principale différence entre la critique 70’s des grands ensembles (cf. I.G.H. de Ballard, etc.) et la situation d’aujourd’hui, c’est qu’on n’a plus affaire à des tours de 30 étages ni à des cités délirantes à plan géométrique, utopies abandonnées même par les plus cinglés des modernistes (à regret, les concernant). Le béton s’avance sous des formes plus discrètes, mais tout aussi malfaisantes, celle des résidences moyennes comme le Mayerling du roman, qui poussent partout sans qu’on y prenne garde.



Sur un mode particulier, L’affaire Mayerling renvoie aux codes des récits de manoirs hantés ou d’objets maléfiques (on pense parfois à Christine, de Stephen King.) Est-ce un genre que vous affectionnez ? Souhaitiez-vous le renouveler ?


Je n’avais pas de références en tête mais je me suis rendu compte que le roman, d’une certaine manière, actualisait le motif de la maison hantée, à l’ère de l’habitat collectif. Au lieu d’un manoir, ou d’un château, qui persécute un nobliau, c’est une résidence flambant neuve en béton qui persécute ses copropriétaires. La différence, c’est que dans la tradition gothique du château hanté, le problème ne vient pas du château, mais des fantômes qui l’habitent ; dans « L’Affaire Mayerling », le problème est l’immeuble lui-même, intrinsèquement malfaisant. Il paraît que « L’Affaire Mayerling » rappelle un peu Stephen King. On me l’avait dit déjà à propos du « Village évanoui ». Je suis flatté de l’entendre, tout en étant un peu surpris : je n’ai pas pensé à lui en imaginant l’histoire et, à part le thème des objets malfaisants, les deux univers me paraissent quant même éloignés l’un de l’autre. Mais j’ai trop le nez sur la page pour juger.


Les habitants du Mayerling, malmenés et même torturés par leur immeuble, se mettent en quête d’un architecte qu’ils ne trouveront jamais. Mais l’architecte du livre, c’est vous. L’auteur prend-il un plaisir coupable à cribler ainsi ses pauvres personnages d’aiguilles ?


Je ne devrais pas le dire, mais oui, c’était amusant d’imaginer des catastrophes à leur faire subir.


Votre roman explore des formes littéraires variées : la publicité, l’interview, le journalisme militant, le carnet de bord, l’email, le forum, jusqu’au journal de pesées… En tant qu’écrivain, que trouvez-vous dans les contraintes offertes par ces différentes formes ?


Comme vous savez, je suis plutôt un amateur de formes brèves. Mais l’histoire du Mayerling impliquait un développement long. J’ai donc eu l’idée de « pulvériser » la narration en petits blocs, afin de fabriquer mon roman par addition de formes brèves. Varier l’allure des blocs, en recourant à tous ces formats, m’a paru une bonne façon de procéder. C’était amusant à écrire. Et comme lecteur, j’aime bien les récits basés sur des principes formels insolites (romans par lettres, par entrées de journal intime, par documents, etc.), je me suis donc dit que ça serait plaisant à lire.



Sans indiscrétion, quelle est votre situation immobilière personnelle… locataire, propriétaire, copropriétaire, d’un appartement ou d’une maison ?


Joker.


Bernard Quiriny à propos de ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?


Le passe-muraille


Quel est le livre que vous auriez rêvé d’écrire ?


Le passe-muraille. Ou n’importe quel livre de Jorge Luis Borges

.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?


Vous allez rire : Le passe-muraille. Pour le plaisir, ou pour étudier « comment c’est fait ».


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?


Il y en a trop. Je n’en cite aucun, pour ne pas faire de jaloux.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs?


Une perle méconnue, on la garde pour soi ! Mais allez : Histoires incertaines, d’Henri de Régnier

.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?


Fétiche, non, mais j’avais mis ceci en exergue de Contes carnivores : « Si ces faits stupéfiants sont réels, je vais devenir fou. S’ils sont imaginaires, je le suis déjà ». Ambrose Bierce

.

Et en ce moment que lisez-vous ?


Des essais de Friedrich A. Hayek, un récit de Jacques Perret et un recueil d`André Dhôtel sur les fleurs.



Découvrez L’affaire Mayerling de Bernard Quiriny aux éditions Rivages :





Entretien réalisé par Guillaume Teisseire.


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Vidéo de
- "Vies conjugales", Bernard Quiriny, Rivages https://www.librest.com/livres/vies-conjugales-bernard-quiriny_0-5625680_9782743647384.html
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Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
nadejda   10 décembre 2015
Monsieur Spleen : Notes sur Henri de Régnier, suivi d'un Dictionnaire des maniaques de Bernard Quiriny
p 93

Deux temps se font concurrence en nous : le temps social, imposé, le même pour tous ; et le temps intime, imaginaire, qui nous est propre. Le premier est fragmenté en unités minuscules qui condamnent à papillonner (on trouve chez Montherlant l’expression «  vie déchiquetée », dans « Va jouer avec cette poussière » p 151) ; le second est continu, propice à la méditation. On le redécouvre quand on a de la liberté, qu’on ne pense plus à regarder sa montre, qu’on ne s’oblige plus à suivre les rites sociaux (lire le journal, attraper un bus, voir du monde). On vit selon soi, et on est surpris alors par les accélérations et les ralentissements du temps, qui semble ne plus couler normalement, plié qu’il est aux périodes aléatoires de notre imagination.

(…) Le temps libre — c’est-à-dire libéré — est, après le silence et l’ennui, la troisième condition pour écrire : « Ce qui empêche de travailler, c’est notre servilité à la division arbitraire du temps en jour et en heures, dont l’antique et héréditaire accoutumance influe sur nous. Lutter pour détruire en soi l’idée nuisible du temps » ( Régnier, cahiers inédits p 169)

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Bernard Quiriny
genou   09 juin 2016
Bernard Quiriny
Le jour où on rééditera Régnier, il faudra commencer par les Histoires incertaines. Le fantastique connaît ces temps-ci un petit retour en grâce, qui s’explique peut-être par les mêmes raisons que sa vogue au XIXe siècle – dégoût du matérialisme, envie de réenchanter le monde, etc.
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Luniver   07 mars 2015
L'angoisse de la première phrase de Bernard Quiriny
Miyazawa mentait comme il respirait – presque mieux, d'ailleurs, compte tenu de son asthme.
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olololol   21 juillet 2009
Contes carnivores de Bernard Quiriny
Les Yapous sont une société de poètes-nés, qui ont inventé le surréalisme avant l'heure et font des cadavres exquis chaque fois qu'ils ouvrent la bouche. Tandis que nous autres Occidentaux, avec nos contes et nos poèmes, tentons de rendre du mystère à notre monde désenchanté, eux baignent naturellement dans l'invention littéraire - probablement ne s'en rendent-ils d'ailleurs pas compte, puisqu'ils ont toujours vécu comme ça.
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hcdahlem   22 mai 2018
L'affaire Mayerling de Bernard Quiriny
Une assemblée générale de copropriétaires, quel spectacle passionnant! C’est un chaudron, une arène, un ring où l’on règle ses comptes, publiquement, avec tous ses voisins qu’on déteste; mais il faut continuer de cohabiter ensuite avec eux, d’où la difficulté: frapper fort pour soulager son cœur, mais pas trop, pour éviter la guerre. C’est aussi une épreuve de stratégie. Il faut passer des alliances diverses, en fonction des sujets; tel voisin insupportable sur le chapitre du bruit peut se révéler un partenaire précieux dans une coalition visant à faire obstacle à telle autre décision.
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saigneurdeguerre   11 juillet 2019
Histoires assassines de Bernard Quiriny
"N'oublie pas que chaque minute qui passe, c'est une minute de ta vie."
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fannyvincent   09 avril 2018
L'affaire Mayerling de Bernard Quiriny
- Jadis, remarqua M. Lefebvre, les noms des architectes étaient gravés en gros sur les façades. Coutume abandonnée : ils n'assument plus.
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tynn   19 février 2014
Le village évanoui de Bernard Quiriny
La plupart des gens n'ont au fond aucune raison d'être malheureux, pensait-il; ils ne le sont que parce qu'ils regardent au loin, apprenant ce qu'ils ne devraient pas savoir. Une cause du malaise contemporain était le ressentiment et l'envie qu'inspirait aux humbles le spectacle télévisé de la richesse et du luxe.
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saigneurdeguerre   12 juillet 2019
Histoires assassines de Bernard Quiriny
A un rédacteur en chef



Cher Christian,

Au sujet de mon article élogieux sur le roman de M***, que je t'ai envoyé la semaine dernière: je viens entre-temps de lire le livre, qui est archinul. Je voudrais du coup récrire mon papier. Est-il encore temps?

Amicalement.

H.
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Kittiwake   25 avril 2012
Contes carnivores de Bernard Quiriny
Pierre Gould écrivit un roman intitulé" Histoire d'un dormeur" qui était selon lui le lipogramme le plus contraignant du monde : il s'était interdit toutes les lettres de l'alphabet, sauf le z. Cela donnait : "Zzzzz, zzzz,zzzz" et ainsi de suite sur trois cents pages
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