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ISBN : 2070369617
Éditeur : Gallimard (01/03/2000)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 828 notes)
Résumé :
Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75bis de la rue d'Orchampt, un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire et il était employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement. En hiver, il se rendait à son bureau par l'autobus, et, à la belle saison, il faisait le trajet à pied, sous son chapeau melon. Dutilleul venait d'entrer... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
gill
12 novembre 2012
En 1943, c'est un savoureux recueil d'une dizaine de nouvelles que Marcel Aymé offre, en pleine période d'occupation allemande, à ses lecteurs.
Dans le premier texte, qui donnera son titre au volume, Dutilleul, modeste employé de bureau, possède la faculté de traverser les murs, il use d'abord de ce don pour se venger de son sous-chef de bureau M. Lécuyer, puis il devient, par un goût soudain de l'aventure, le fameux cambrioleur nommé Garou-Garou. Mais n'est pas Arsène Lupin qui veut...
Dans "Les Sabines", l'héroïne Sabine possède le mythique don d' ubiquité et en profite pour vivre plusieurs vies parallèles auprès d'Antoine Lemurier, son mari, sous-chef du contentieux au SBNCA, auprès de Théorème un jeune peintre débauché aux yeux noirs, auprès d'un vieillard, distingué, monoclé et riche nommé Lord Burbury ! Mais écoeurée par cette vie dissolue elle reviendra à son premier amant pour disparaître en même temps que lui et ses 67000 doubles...
"La carte", le troisième texte prend acte de la drôle de décision du gouvernement de réduire le droit de vie des improductifs à un certain nombre de jours par mois, Raconte le marché noir qui s'ensuivit et ses conséquences inattendues pour le narrateur, amoureux d'Élisa qui ne s'en doute pas...
Avec "Le décret" Marcel Aymé Raconte comment, par l'entremise du Vatican, au plus fort de la guerre, un accord international fut conclu entre les belligérants pour avancer le temps de dix sept ans sans modifier pour autant l'issue normale des hostilités...
"Le proverbe" pose un problème à Lucien qui a eu 3 à son devoir de composition française, il va devoir l'expliquer à M. Jacotin son père, qui est proposé pour les "palmes académiques" mais qui est aussi l'auteur du fameux devoir....
L'ensemble des textes, signés dans ce recueil par Marcel Aymé, est à mi-chemin entre le "Fantastique" et le "Philosophique". Sa plume amusée et moqueuse fait merveille dans ces contes modernes qui brocardent nos travers et la société.
La meilleure, peut-être de toutes les nouvelles de l'ouvrage "Les bottes de sept lieues" sera reprise dans "Enjambées".
Les enfants de Montmartre rêvent tous devant la vitrine d'un vieux brocanteur d'acheter une paire de bottes, trop chère pour eux. Mais le vieux commerçant, sentimental et original, baisse son prix pour permettre à Germaine de l'acheter...
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kathy
17 novembre 2012
Le Passe-muraille, nouvelle publiée en 1943, met en scène « un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire, et était employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement. »
La nouvelle a donné son nom au recueil où l'on trouve également d'autres nouvelles :
Les Sabines, sur le don d'ubiquité ;
La Carte, journal de Jules Flegmon sur la création de carte de temps et de tickets de vie ;
Le Décret, un saut dans le temps est décrété pour en finir avec la guerre ;
Le Proverbe, un père tyrannique aide son fils à faire un devoir ;
Légende poldève, l'arrivée d'une vieille bigote au paradis ;
Le Percepteur d'épouses, où des maris paient leurs impôts avec leurs femmes
Les Bottes de sept lieues, bottes magiques qui permettent à un enfant de sortir de la misère ;
L'Huissier, sommé pour entré au paradis de retourner sur terre pour aider les pauvres ;
En attendant, où des personnes évoquent leur vie difficile pendant la guerre.
Dans ce recueil qui se déroule pendant l'Occupation, Marcel Aymé évoque la misère, les malheurs, les atrocités, les bassesses qui frappent les Français. Il témoigne de leur agacement face à une guerre qui s'éternise...
Au final, dix nouvelles fantastiques, humoristiques ou surréalistes. Un classique incontournable…
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filippo
24 avril 2017
Dutilleul peut traverser les murs! C'est bien étonnant et cela énerve beaucoup son patron qui cherche à le mettre en prison mais Dutilleul ne se laisse jamais prendre! A Montmartre, il existe une jeune femme qui a la faculté de se décupler...
Une Sabine princesse, une Sabine bourgeoise, une Sabine pauvre! Un extrait du journal de Jules Flegmon, drôle bonhomme! Un homme se retrouve dans le passé! le proverbe, qui parle d'un enfant! Une légende poldève! Un percepteur d'épouses! Des bottes de sept lieues qui sont bien pratiques! Un étrange huissier! Et la dernière nouvelle qui s'intitule "en attendant".
Ces quelques phrases résument chacune des 10 nouvelles. Ce sont des nouvelles fantastiques, agréables à lire et à comprendre. Elles sont plutôt courtes et pas ennuyeuses. Elles sont mêmes plutôt amusantes et on se demande où Marcel Aymé a pioché ses idées!!! Car le tout est assez inattendu!! Conseillé pour se divertir!
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lecassin
15 juin 2012
« le passe muraille » est sans aucun doute la nouvelle la plus connue de Marcel Aymé. C'est aussi le titre du recueil publié en 1943, qui comprend, outre la nouvelle éponyme, neuf autres textes, mais commençons par le commencement :
« le passe muraille » : l'histoire d'un fonctionnaire employé au Ministère de l'enregistrement, Dutilleul, dont la vie va se transformer en enfer avec l'arrivée d'un nouveau « chefaillon ». Il utilisera son don de passe-muraille pour harceler celui-ci, apparaissant à travers le mur de son bureau… mais l'amour le perdra.
« Les Sabines » : point d'enlèvement ici... Simplement Dame Scenna, dotée du don d'ubiquité qui lui permettra d'être à la fois l'épouse Métivier, la maitresse de Théorème, jeune peintre montmartrois et Lady Burburry en épousant un riche Anglais…
« La carte », où le journal intime de Jules Flegmon : on traite ici des cartes de rationnement pendant l'Occupation.
« le décret »… et si on décidait d'un saut dans le temps pour « atterrir » la guerre terminée ?
« le proverbe » où l'histoire d'un père tyrannique qui apprend le même jour qu'il vient d'obtenir les palmes académiques et que son fils n'a pas fait son devoir de français pour le lendemain…
« La légende poldève », une espèce de conte fantastique, où l'on tourne en dérision la guerre, les belligérants et les bigots à travers l'entrée au Paradis de la demoiselle Marichella Borboïé.
« le percepteur d'épouses » ; un percepteur obtient de l'avancement de la part du ministre pour avoir « mis en recouvrement » les épouses de ses contribuables…
« Les bottes de sept lieues » : une histoire de bottes magiques qui permettront à un jeune garçon de sortir de la misère.
« L'huissier » : l'histoire de l'huissier Malicorne, mort et ressuscité pour faire le bien avant une deuxième tentative d'entrée au Paradis.
« En attendant » : pendant la guerre de 1939-1972, devant une épicerie, quatorze personnes sympathisent et décident pour des raisons diverses et variées de ne plus se quitter.
Dix nouvelles qui témoignent, sous la plume de Marcel Aymé, de l'exaspération des français pendant l'Occupation, face à une guerre qui n'en finit pas ; des français soumis à des tracasseries administratives aussi diverses qu'idiotes, voire condamnables…
Une langue, certes un peu désuète, mais tellement attachante.
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sylvaine
20 janvier 2017
il faut parfois admettre que ce qui plait à la grande majorité ne semble pas vous convenir! Est-ce parce que ce sont des nouvelles et que j'ai depuis toujours beaucoup de mal avec ce type d'écriture? Est-ce parce que la langue est un peu vieillie mais pas autant que cela à vrai dire ? Non, en réalité je n'ai pas accroché à ces nouvelles de Marcel Aymé j'en suis toute confuse mais le constat est là . J'ai ramé , peiné comme pas possible , failli abandonner c'est vous dire!
Bien sur le Passe muraille , la nouvelle la plus connue est superbe mais battue ,rebattue ... L'atmosphère pesante de l'occupation allemande est bien présente, la parution de ce recueil en 1943 a sans doute permis à beaucoup de se retrouver entre les lignes . Dommage moi qui me réjouissait tant ...
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Citations & extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Lys_bleuLys_bleu27 juillet 2017
On en voulut à Lemurier de n'être pas mort.
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LydiaBLydiaB04 décembre 2010
Un jour, le sous-chef fit irruption dans le réduit en brandissant une lettre et il se mit à beugler :

- Recommencez-moi ce torchon ! Recommencez-moi cet innommable torchon qui déshonore mon service !

Dutilleul voulut protester, mais M. Lécuyer, la voix tonnante, le traita de cancrelat routinier, et, avant de partir, froissant la lettre qu'il avait en main, la lui jeta au visage. Dutilleul était modeste, mais fier. Demeuré seul dans son réduit, il fit un peu de tem­pérature et, soudain, se sentit en proie à l'inspiration. Quittant son siège, il entra dans le mur qui séparait son bureau de celui du sous-chef, mais il y entra avec prudence, de telle sorte que sa tête seule émergeât de l'autre côté. M. Lécuyer, assis à sa table de travail, d'une plume encore nerveuse déplaçait une virgule dans le texte d'un employé, soumis à son approbation, lorsqu'il entendit tousser dans son bureau. Levant les yeux, il découvrit avec un effarement indicible la tête de Dutilleul, collée au mur à la façon d'un trophée de chasse. Et cette tête était vivante. A travers le lorgnon à chaînette, elle dardait sur lui, un regard de haine. Bien mieux, la tête se mit à parler.

- Monsieur, dit-elle, vous êtes un voyou, un butor et un galopin.

Béant d'horreur, M. Lécuyer ne pouvait détacher les yeux de cette apparition. Enfin, s'arrachant à son fau­teuil, il bondit dans le couloir et courut jusqu'au réduit. Dutilleul, le porte-plume à la main, était installé à sa place habituelle, dans une attitude paisible et laborieuse. Le sous-chef le regarda longuement et, après avoir balbutié quelques paroles, regagna son bureau. A peine venait-il de s'asseoir que la tête réapparaissait sur la muraille.

- Monsieur, vous êtes un voyou, un butor et un galopin.
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN06 novembre 2016
Les six écoliers se retrouvèrent quelques pas plus loin, devant le bric-à-brac. C'était une boutique étroite, dont la peinture semblait avoir été grattée et qui ne portait aucune inscription. En revanche, il y avait dans l'étalage de nombreuses pancartes. La plus importante était ainsi rédigée : "Occasions pour connaisseurs." Une autre : "La maison ne fait crédit qu'aux gens riches." Chacun des objets en montre était accompagné d'une référence historique des plus suspectes, tracée sur un rectangle de carton. "Bureau champêtre de la reine Hortense" désignait une petite table de cuisine en bois blanc, rongée par l'eau de javel. Il y avait le moulin à café de la du Barry, le porte-savon de Marat, les charentaises de Berthe au grand pied, le chapeau melon de Félix Faure, le tuyau de pipe de la reine Pomaré, le stylographe du traité de Campo-Formio, et cent autres choses illustrées dans le même esprit - jusqu'à l'enveloppe de cuir d'un ballon de football qui était donné comme un "faux semblant ayant appartenu à la papesse Jeanne". Les écoliers n'y entendaient pas malice et ne doutaient nullement que le marchand eût réuni dans son bric-à-brac les modestes dépouilles de l'histoire. Le stylographe de Campo-Formio les étonnait vaguement, mais les lueurs qu'ils possédaient sur ce fameux traité étaient incertaines. Surtout l'idée ne leur fût pas venue qu'un commerçant pouvait se livrer à des facéties dans l'exercice de son négoce. Toutes ces références écrites de sa main étaient nécessairement vraies, aussi vraies qu'une chose imprimée, et constituaient une garantie d'authenticité. Mais ce n'était pas pour admirer des souvenirs historiques que la bande organisait ses lointaines expéditions. Un seul objet au milieu de la vitrine retenait l'attention passionnée des six écoliers. C'était une paire de bottes qu'accompagnait également une petite pancarte sur laquelle on lisait ces simples mots : "Bottes de sept lieues" et auxquelles le traité de Campo-Formio, les Marat, Félix Faure, Napoléon, Louis-Philippe et autres grandes figures de l'histoire conféraient une autorité presque incontestable.
("Les bottes de sept lieues", pp. 160-161)
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filippofilippo05 février 2016
M. Mouron, son sous-chef de bureau, appelé à d'autres fonctions, fut remplacé par un certain M. Lécuyer, qui avait la parole brève et la moustache en brosse. Dès le premier jour, lé nouveau sous-chef vit de très mauvais œil que Dutilleul portât un lorgnon à chaînette et une barbiche noire, et il affecta de le traiter comme une vieille chose gênante et un peu malpropre. Mais le plus grave était qu'il prétendît introduire dans son service des réformes d'une portée considérable et bien faites pour troubler la quiétude de son subordonné. Depuis vingt ans, Dutilleul commençait ses lettres par la formule suivante : « Me reportant à votre honorée du tantième courant et, pour mémoire, à notre échange de lettres antérieur, j'ai l'honneur de vous informer ... » Formule à laquelle M. Lécuyer entendit substituer une autre d'un tour plus américain : « En réponse à votre lettre du tant, je vous informe ... » Dutilleul ne put s'accou­tumer à ces façons épistolaires.
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN05 novembre 2016
Antoine Lemurier, qui avait manqué mourir, sortit heureusement de maladie, reprit son service au bureau et, tant bien que mal, pansa ses plaies d'argent. Durant cette épreuve, les voisins s'étaient réjouis en pensant que le mari allait crever, le mobilier être vendu, la femme à la rue. Tous étaient d'ailleurs d'excellentes gens, des cœurs d'or, comme tout le monde, et n'en voulaient nullement au ménage Lemurier, mais voyant se jouer auprès d'eux une sombre tragédie avec rebonds, péripéties, beuglements de proprio, huissier et fièvre montante, ils vivaient anxieusement dans l'attente d'un dénouement qui fût digne de la pièce. On en voulut à Lemurier de n'être pas mort. C'est lui qui avait tout foutu par terre. En représailles, on se mit à plaindre sa femme et à l'admirer.
("Les Sabines", pp. 48-49).
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Vidéo de Marcel Aymé
Générique du dessin animé "les contes du chat perché" datant des années 1990.
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