AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.29 /5 (sur 72 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Romans-sur-Isère , le 14/07/1980
Biographie :

Jessica Louise Nelson est une romancière et éditrice.

Après un bac ES (mention Très Bien), elle se rend à Paris pour étudier. Admise à Sciences Po, elle suit un cursus qui la conduit notamment à se spécialiser en journalisme et image de marque (publicité). Parallèlement, et puisqu'elle est passionnée de littérature, elle crée avec un petit groupe d'amis le site www.zone-litteraire.com.

Elle commence à travailler dans la critique littéraire (Magazine Littéraire, Citizen K, Sofa), l'édition (service des manuscrits puis éditrice chez Balland) et dans la production audiovisuelle (recherche de romans à adapter chez Kuiv Prod).

En 2005, elle publie son premier roman chez Fayard, "Mesdames, souriez" (bourse Lagardère, prix du premier roman du Doubs, laurier de la Forêt du Livre). Quelque temps après, elle participe à l'écriture d'un recueil de nouvelles collectif chez Ramsay, "Plumes et dentelles" ; de même qu'elle fait l'ouverture d'un cadavre exquis pour le journal du Salon du Livre de Paris en mars 2006.

Elle fut un temps conseillère littéraire pour l'émission "Vol de nuit", aujourd'hui disparue, et membre du comité de lecture des éditions Plon. Elle a collaboré avec des marques de grand luxe pour l'écriture de textes publicitaires.

En 2008, elle a publié un essai sur l'anorexie : "Tu peux sortir de table" chez Fayard. En 2010 elle publie "L'ombre de Thésée", premier tome de la série de romans pour la jeunesse "Les conjurés de Niobé".

En 2012, elle fonde avec Nicolas Tretiakow les éditions des Saints Pères, maison d'édition qui propose la reproduction (séries limitées et numérotées) de manuscrits d’œuvres littéraires reconnues.

Rédactrice en chef de l'émission "Au Field de la nuit" présentée par Michel Field pendant 7 saisons, elle intervient également à titre de chroniqueuse en plateau. Entre 2015 et 2017, elle est chroniqueuse dans l'émission "Au Fil des Mots", présentée par Christophe Ono-dit-Biot (TF1).

Elle est critique littéraire pour le magazine "Point de Vue" depuis 2014 ; cofondatrice et membre permanent du jury du prix de la Closerie des Lilas depuis 2007.
+ Voir plus
Ajouter des informations

Quelques questions à propos de votre roman Brillant comme une larme  


07/04/2020

Disparu aux portes de la vingtaine après avoir publié deux romans, Le Diable au corps et Le Bal du comte d`Orgel, Raymond Radiguet a traversé le ciel des lettres françaises comme une étoile filante. Dans son dernier roman, Brillant comme une larme, Jessica L. Nelson lui redonne vie, et nous plonge dans le théâtre vibrant de la vie culturelle parisienne de l’après-Première Guerre mondiale, où défilent aux côtés de cet enfant prodige Cocteau, Max Jacob, Picasso, Coco Chanel, André Breton et tant d’autres. Elle a répondu pour nous à quelques questions sur ce roman biographique et ses lectures.

Quelle est votre histoire personnelle avec Raymond Radiguet ? Comment avez-vous fait sa connaissance ?

J’ai lu, comme beaucoup, Le Diable au corps puis Le Bal du Comte d’Orgel lorsque j’avais une quinzaine d’années… Il me paraissait déjà incroyable qu’un garçon de quasiment mon âge ait écrit de pareils romans. Et puis je dois admettre que je l’ai un peu oublié. Ce sont les manuscrits et les dessins de Jean Cocteau, exécutés quelques mois après la mort de Radiguet, en 1924, rassemblés sous le titre Le Mystère de Jean l`oiseleur, qui m’ont donné envie de percer à jour le mystère Radiguet…

Il existe plusieurs biographies de Radiguet, citées dans la bibliographie qui clôt Brillant comme une larme. Pourquoi avez-vous fait le choix du roman pour parler de lui ?

Au départ je n’étais pas tout à fait certaine de la forme que prendrait ce texte, qui est en réalité un hommage vibrant à cet écrivain exceptionnel. La fiction s’est petit à petit imposée à moi parce qu’elle me permettait de le mettre en scène, de rester évidemment très fidèle à son histoire tout en comblant les zones d’ombre avec mon imagination et mes intuitions.

Qu’on l’ait lu ou pas, on a en tête l’image d’Épinal de Radiguet : l’enfant prodige des lettres à la carrière météorique. Comment avez-vous travaillé pour lui donner chair, pour insuffler de la vie dans cette silhouette réductrice ?

J’ai beaucoup lu et me suis imprégnée de l’ambiance bouillonnante qui régnait en ce début de siècle, siècle qui se remettait tout juste de la Première Guerre mondiale et qui a vu se croiser, à Paris, tous ces grands artistes ayant laissé leur nom et leur empreinte dans l’histoire. Documents, mémoires (ceux de Jean Hugo par exemple), essais et même romans… Et puis je connais bien l’œuvre de Jean Cocteau, qui m’a beaucoup épaulée dans ce processus.

Radiguet puise dans sa vie la matière de ses romans. Sa relation avec Alice Saunier pour Le Diable au corps, ses fréquentations parisiennes pour Le Bal du comte d’Orgel. Ses romans ont-ils nourri en retour le récit que vous faites de sa vie ? Comment s’est opéré ce jeu de miroirs ?

Il m’a semblé judicieux en effet de dessiner un parallèle entre les deux romans et ces 6 années que je mets en scène dans ce livre : d’une part, il y a cette histoire d’amour qui lui a inspiré Le Diable au corps et cette maturité dans le sentiment et la psychologie de la séduction qu’on lui a immédiatement reconnue ; et ensuite, il y a son immersion dans le monde des artistes et des écrivains, ses rencontres avec Max Jacob, André Salmon et bien sûr Jean Cocteau, qui ont nourri Le Bal du Comte d’Orgel.

Votre roman témoigne de la folle richesse de la vie de Radiguet. Et pourtant, on est surpris de voir les dates qui ouvrent chaque chapitre si rapprochées : tout tient en moins de sept ans. On pourrait presque faire défiler les pages comme celles d’un flip-book pour voir Radiguet et les Années folles s’animer comme par magie. Qu’est-ce qui vous a intéressée dans ce concentré de vie ?

Cette intensité, cette soif de vivre, d’aimer, de laisser son empreinte dans la postérité… Comme s’il avait su qu’il avait un destin, mais que ce destin serait très court.



Raymond l’adolescent se vieillit de quatre ans et écrit comme un adulte. Mais l’éditeur du Diable au corps le rajeunit pour en faire un coup d’édition. Ses traits lui valent le surnom de « sage chinois ». Et sa vie s’achève à l’âge où l’on quitte l’adolescence. Pourquoi semble-t-il échapper ainsi aux calendriers ?

Je crois qu’il s’en défiait et en jouait tout à la fois… Il avait très certainement compris que son jeune âge pouvait être à la fois un inconvénient et un atout. Donc il n’était pas d’accord qu’on s’accorde à lui trouver du génie sous prétexte qu’il écrivait avant même d’avoir atteint la vingtaine mais avait sans doute conscience que sa fougue et sa vitalité étaient les piliers de son succès.

André Salmon, Max Jacob, Coco Chanel, Picasso, Cocteau évidemment… Les fées se sont penchées sur le berceau de Radiguet. Mais l’on comprend à vous lire qu’il a tressé lui-même ce berceau, et attrapé les fées par la cravate pour qu’elles s’y penchent. Comment s’explique ce mélange d’ambition et de séduction qui le caractérise ?

Il me semble qu’il avait un rapport à la mort tout à fait particulier. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi d’ouvrir le roman sur cette scène très étonnante, où Jean Hugo et son épouse Valentine, Georges Auric, Jean Cocteau et Raymond, font tourner le guéridon ayant appartenu à Victor Hugo, grâce auquel il « parlait » à sa défunte fille Léopoldine. Lors de cette séance de spiritisme, qui a réellement eu lieu, un esprit se manifeste et dit à Raymond qu’il vient chercher sa jeunesse. Cela se passe en avril, et en décembre, Raymond s’éteint d’une fièvre typhoïde mal diagnostiquée. Je crois que dès l’enfance, Raymond Radiguet a été en présence, volontairement ou non, de la mort – quelques épisodes sont relatés dans le roman – et qu’il l’a défiée. Jusqu’au moment où elle lui a répondu…

Qu’est ce qui fait la singularité de Raymond Radiguet ? Qu’est ce qui le distingue des jeunes phénomènes de foire dont semble accoucher chaque rentrée littéraire, et que la rentrée suivante chasse dans l’oubli ?

Il suffit de (re)lire Le Diable et Le Bal pour le savoir et être convaincu que, quelle qu’ait été la promotion orchestrée par son éditeur à l’époque, ce sont deux romans qui devaient traverser les âges…

Quelques questions à propos de vos lectures

 

Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Ce sont surtout des auteurs. Jean Cocteau, évidemment. René Barjavel et Robert Merle, Anne Golon, pour les romans populaires du XXe siècle.

Quel est le livre que vous auriez rêvé d’écrire ?

La Nuit des temps, de René Barjavel.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Solal, et les autres romans d’Albert Cohen. A peu près à la même période, vers 18 ans, Moon Palace et l’œuvre de Paul Auster.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

La Difficulté d`être, de Cocteau.  

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Ulysse de James Joyce.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Il y en a tant ! En fait, je crois que je rêve de la découvrir : un vieux manuscrit qui n’aurait jamais été publié, et qui dormirait dans une malle dans un grenier, patientant d’être mis à jour…

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Aucun, si un livre est devenu un classique c’est qu’il a su toucher le cœur des lecteurs.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

"Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi" (Le Potomak, Jean Cocteau).

Et en ce moment que lisez-vous ?

Le Livre des morts tibétain (Pocket, 2011) et le nouveau roman de Jean-Christophe Rufin.

Découvrez Brillant comme une larme de Jessica L. Nelson aux éditions Albin Michel.


Entretien réalisé par Guillaume Teisseire


étiquettes
Videos et interviews (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de
Jessica Nelson pour 233 Degrés : les écrivains dans le rétroviseur
Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
Bookycooky   24 août 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
Je suis estomaquée par tant de malveillance de la part d’un être avec qui je n’ai pas échangé et à qui je n’ai pu causer aucun tort, hormis celui d’exister. Internet, meilleur allié des libertés et du savoir, porte ouverte à mille dérives et harcèlements moraux. Ce qu’écrit cet homme est diffamatoire, infondé, voilà, j’en frissonne car une rumeur aujourd’hui se répand plus vite et salement qu’une épidémie. Quarantaine pour celui qui en est le centre.
Commenter  J’apprécie          240
Gwen21   27 octobre 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
Ce sont les gens qui ne crachent pas qui sont recouverts de dégueulis à la fin. Les gentils, les discrets, ceux qui restent dans les clous et qui veillent à "bien faire" et bien se comporter, style papa, on leur écrase la gueule. Les divas, les condescendants et les tapageurs, ceux qui vocifèrent et savent magouiller, on les respecte. Je veux qu'on me respecte.
Commenter  J’apprécie          220
Gwen21   23 octobre 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
Qui n'aime pas séduire ? Lire dans les prunelles face à soi que l'on compte, que l'on plaît, que l'on vaut, qu'on peut respirer le sel de l'existence et le mériter, n'est-ce pas délicieux ?
Commenter  J’apprécie          200
Gwen21   22 octobre 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
L'enveloppe charnelle, un véhicule dont il faut prendre soin, un costume à bichonner, une façade à ravaler.
Commenter  J’apprécie          202
Ydamelc   20 décembre 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
Un enfant a besoin d’un amour exprimé avec les bras, des mots, une berceuse ; et pas d’une tendresse de carte postale.
Commenter  J’apprécie          180
Gwen21   23 octobre 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
Je refuse les demandes en mariage, nombreuses ; me produire à moitié dévêtue, avec plumes et paillettes, maquillage outrancier, m'attire des moues offusquées, voire des ennemis, et ça m'amuse. Seigneur, que c'est bon de choquer les petits-bourgeois et d'afficher la latitude de s'en foutre ! L'opinion des autres m'indiffère. J'ai toujours eu cette conscience qu'il faut jouir, là, sous peine de mourir vite vieux et ennuyeux. Scandale ou cercueil, j'ai fait mon choix.
Commenter  J’apprécie          161
Bookycooky   25 août 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
« Il est en nous des moments d’excès : ces moments mettent en jeu le fondement sur lequel notre vie repose ; il est inévitable pour nous de parvenir à l’excès dans lequel nous avons la force de mettre en jeu ce qui nous fonde. C’est bien au contraire en niant de tels moments que nous méconnaîtrions ce que nous sommes. »George Bataille.
Commenter  J’apprécie          160
Gwen21   22 octobre 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
Si en revêtant un masque, on en disait plus sur soi parce que, enfin, on se sent libre ? Protégé par une fiction ?
Commenter  J’apprécie          160
fanfanouche24   05 février 2020
Brillant comme une larme de Jessica L. Nelson
Les rêves les plus fous ne sont-ils pas les meilleurs moteurs de l'existence ? (p. 32)
Commenter  J’apprécie          150
Gwen21   22 octobre 2015
Tandis que je me dénude de Jessica L. Nelson
Mais la nudité est jugée, à travers les âges et quel que soit le degré de tolérance de mise, comme une forme de primarité impudique. Parce que la nudité, c'est le sexe. La nudité n'est pas la norme. Tantôt elle choque, tantôt elle séduit : elle n'est pas et ne sera jamais banale.
Commenter  J’apprécie          137
Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

LNHI-45381

Faux-jumeaux, ils sont les fils de Léda et du roi Tyndare. Comment sont nés Castor et Pollux?

l'un dans un chou, l'autre dans une rose
chacun dans un oeuf
par césarienne

10 questions
10 lecteurs ont répondu
Thèmes : jumeaux , mythologie , magie , prisonniers , canards , inceste , caïn et abelCréer un quiz sur cet auteur
.. ..