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EAN : 9782253062714
187 pages
Le Livre de Poche (01/03/1993)
3.76/5   70 notes
Résumé :
Cocteau le fabuliste, l’esthète, le moraliste. Un ludion, toujours partout et nulle part, insaisissable, virevoltant joyeusement dans tous les styles et tous les genres. Avec La Diffculté d’être se découvre un homme qui, mieux que beaucoup de ses contemporains, a éprouvé le sens du tragique. Confessions, anecdotes, réflexions sur les choses de la vie ordinaire, confidences sur l’époque, témoignages : autant de tableaux superbes qui composent les variations, à la foi... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique

Dans ce petit essai de 1947, Jean Cocteau, la cinquantaine, malade, livre sa difficulté d'être, avec la pertinence et l'esprit d'un esthète doublé d'un homme du monde. Comme Montaigne en son temps, il égrène les aphorismes, mais, se reprochant d'avoir trop dit de choses à dire et pas assez de celles à ne pas dire, illustre chacun en quelques mots sensibles et compacts, quelques pages intimes et désenchantées, entre Musset et Alain.

De la conversation, de l'enfance, du travail, des évasions, de l'amitié, de la mesure, de la douleur, du gouvernement de l'âme au rire, d'être sans être au mimodrame, son âme vagabonde, "intrépide et stupide" se confesse en autant de tableaux à l'élégance morbide.

Lecture courte, difficile dans les premières pages du fait d'un phrasé travaillé, mais qui ouvre l'âme à des réflexions pleines de pertinence et d'intelligence.

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« Je sais fort bien ce qu'on dira de ce livre. L'auteur nous exaspère avec sa personne. Qui donc fait autre chose? À commencer par les critiques, lesquels ne jugent plus objectivement, mais par rapport à eux. Phénomène d'une époque liguée contre l'individu, qui ne s'en individualisera que davantage, par cet esprit de contradiction qui mène le monde et singulièrement la France. »

C'est par cette note en bas de la dernière page que Cocteau termine en juillet 1946 « La Difficulté d'être » alors qu'il est en convalescence à Morzine.

Note où l'on pointe à la fois une défense anticipative, mais aussi lucidité et prémonition (voyez le monde aujourd'hui!).

La belle formule « La Difficulté d'être » serait, selon Linda Lê qui présente le livre, empruntée à Fontenelle.

Elle est juste.

Car ici, Cocteau, le génial touche-à-tout, le mondain, le poète (pour lui, seule la poésie compte) … se livre.

Trente et un textes se succèdent sans plan apparent, trente et un textes au travers desquels Cocteau se dévoile, se confesse, se confie, raconte, témoigne, fait part de ses réflexions sur des sujets qui touchent la vie de tout être humain.

Cocteau, un homme ordinaire en somme, qui, comme il l'écrit « ne cherche qu'à se faire entendre le plus brièvement possible » et « veut qu'on le reconnaisse - non pas à son style - mais à ses idées ou mieux à sa démarche. »

Tout Cocteau est là. Unique, tragique, mais, comme tout le monde, il vit et veut vivre malgré la difficulté d'être.

Comme tout le monde? Pas tout à fait.

Les outils intellectuels et le talent en plus font toute la différence.

Cantus

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Recueil de réflexions sur des thématiques diverses et variées, La Difficulté d'être interroge l'amitié, la mort, l'art, la frivolité et j'en passe tout en nous faisant revivre de manière désordonnée des instants précieux de la vie de Cocteau, qui esquisse les ruelles parisiennes aux alentours du Palais royal et se remémore ses échanges avec Picasso, Genet, Colette, Radiguet, Diaghilev, Apollinaire, Gide et bien d'autres, tout en convoquant les auteurs plus anciens qui firent impression sur lui.

Au-delà des réflexions philosophiques et des anecdotes historiques, La Difficulté d'être traite également des arts, et particulièrement du ballet, que je ne connaissais jusqu'alors que très peu, mais qu'il me tarde de mieux découvrir.

A mon avis, il est possible de lire cet ouvrage sans en respecter la chronologie des chapitres; piocher ci et là en fonction de l'intérêt de chacun ne me semble rien enlever de l'intérêt des propos qui y sont tenus.

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"La frivolité, dit Cocteau [et il en va de même de ses multiples avatars], déjà odieuse lorsqu'elle opère dans un registre superficiel (...) devient monstrueuse lorsqu'elle prolifère jusqu'au drame et, par le charme facile qu'elle exerce sur tout esprit paresseux, entraîne le monde sur un terrain où la véritable gravité semble un enfantillage qui doit céder la place au cercle des grandes personnes.

On assiste alors, avec impuissance, à cette ivresse de catastrophes, de paperasses, de controverses, de meurtres, de procès, de décombres, de joujoux assassins, au bout de quoi l'affreuse frivolité des hommes se retrouve, hébétée, stupéfaite, au milieu d'un désordre comparable à celui de l'enfance lorsqu'elle crève les tableaux, fait des moustaches aux bustes, jette le chat dans le feu et renverse le bocal de poissons rouges.

Il est vrai que la frivolité relève vite la tête [Je suis Charlie], ne se voulant coupable sous aucun prétexte. C'est le stade où la famille se dispute dans un coin du salon pendant qu'on emporte les meubles et que la fièvre des griefs empêche ses membres de s'apercevoir que les meubles disparaissent l'un après l'autre et qu'il ne leur reste même plus une chaise pour s'asseoir. [Tafta].

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je suis passée hier,habitant depuis peu à Milly,devant sa dernière demeure, j'attends le mois de mai pour découvrir son jardin,et je m'offre le plaisir de découvrir cet artiste protéiforme principalement mais non exclusivement en lisant ses livres et les témoignages à son sujet. " La difficulté d'être" nous dévoile son intelligence vive et sa sensibilité exacerbée. Son esprit est léger comme l'était sa ligne( son coup de crayon), il va à l'essentiel mais englobe tout . Sa philosophie est très personnelle mais emplie d'une sagesse mature . Ce que j'en retiens,outre bien sûr la place primordiale de l'Art dans son existence, c'est la primauté de l'amitié fidèle et son extrême exigence envers lui même.

J'aurais aimé un jour me promener chemin de la garenne , derrière chez lui,en l'écoutant parler.

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Citations et extraits (135) Voir plus Ajouter une citation

De la lecture.

Je ne sais ni lire ni écrire. Et quand la feuille du recensement me le demande, j'ai envie de répondre que non.

Qui sait écrire ? C'est se battre avec l'encre pour tâcher de se faire entendre.

Ou bien l'on soigne top sa besogne ou bien on ne la soigne pas assez. Rarement on trouve l'entre-deux qui boite avec grâce. Lire est une autre affaire. Je lis. Je crois lire. Chaque fois que je relis, je m'aperçois que je n'ai pas lu. C'est l'ennui d'une lettre. On y trouve ce qu'on y cherche. On s'en contente. On la range. Si on la retrouve, à la relire on en lit une autre qu'on n'avait pas lue. (p.83)

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Le verbe aimer est difficile à conjuguer:

son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel.

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Je ne suis ni gai ni triste. Mais je peux être tout l'un ou tout l'autre avec excès. Dans la conversation, si l'âme circule, il m'arrive d'oublier les chagrins que je quitte, un mal dont je souffre, de m'oublier moi-même, tant les mots me grisent et entraînent les idées. (p.21)

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La France est un pays qui se dénigre. C'est tant mieux car sinon ce serait le pays le plus prétentieux du monde. (...) Drôles sont ceux qui la veulent grande en paroles. "Grandeur, pureté, oeuvres constructives." C'est le refrain moderne. Pendant ce temps, la grandeur, la pureté, les oeuvres constructives se produisent sous une forme qui leur demeure invisible et qui leur apparaîtrait comme une honte pour leur pays. (...) Qu'est ce que la France, je vous le demande : un coq sur un fumier. Otez le fumier, le coq meurt. C'est ce qui arrive lorsqu'on pousse la sottise jusqu'à confondre tas de fumier et tas d'ordures.

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Nous ne pouvons courir de lieu en lieu sans perdre quelque chose, passer vite d'un endroit à l'autre toute notre marchandise et changer de travail en une minute comme il nous plait. Rien n'est plus long à voyager que l'âme, et c'est lentement, s'il se déplace, qu'elle rejoint le corps. AInsi s'embrouillent ceux qui se croient rapides, mal regroupés à force que l'âme, les joignant peu à peu et les ayant rejoints lorsqu'ils partent, ils lui imposent le même exercice à rebours. A la longue ils finissent par croire qu'ils sont et ne sont plus.

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Videos de Jean Cocteau (150) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Cocteau
Même au format timbre-poste, on reconnaît le trait espiègle de Cocteau.
#art #patrimoine #franceculture _____________
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