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EAN : 9782824610993
Éditeur : City Editions (02/11/2017)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 36 notes)
Résumé :
En cet hiver 1791, la France est au bord du chaos. Depuis sa fuite à Varennes, Louis XVI est totalement discrédité. Royalistes et nouveaux députés se menacent, armes à la main et la tension est extrême. C'est dans ce contexte explosif qu'Anne-Louise Ferrières disparaît. La belle et mystérieuse fille d'aristocrates désargentés, encore célibataire à trente ans, n’a pas été vue depuis une semaine. Et une semaine, avec ce froid polaire... Plus personne ne s'attend à la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Clubromanhistorique
  03 novembre 2019
Très riche en événements, l'année 1791 est une nouvelle fois au coeur de la série des enquêtes de Victor Dauterive avec ce troisième tome qui se déroule plus précisément entre la fin du mois de novembre et la fin du mois de décembre.
Depuis l'arrestation de Louis XVI à Varennes le 21 juin 1791, la situation politique est tendue alors que, dans le même temps, le pays s'enfonce de plus en plus dans la crise économique. Les différents groupes politiques siégeant à l'Assemblée législative tentent de s'imposer par tous les moyens possibles... complots, coups bas, trahisons, tout est bon pour s'emparer du pouvoir ! Aux frontières, l'inquiétude est également grande : depuis quelque temps, nombre d'émigrés, avec parmi eux des officiers nobles, intriguent pour obtenir une intervention militaire et se rassemblent pour former une armée d'appoint. le pays se trouve ainsi au bord du chaos, menacé en son sein-même et à ses frontières.
C'est dans ce contexte explosif que notre jeune héros, l'officier de gendarmerie Victor Dauterive, est chargé d'enquêter sur la disparition d'Anne-Louise Ferrières, une jeune aristocrate résidant avec sa famille à Saint-Maur. Fugue, enlèvement, meurtre, suicide... aucune piste n'est écartée et l'enquête se révèle d'autant plus difficile que Victor se heurte immédiatement à l'hostilité des proches qui souhaitent étouffer l'affaire. Réaction pour le moins étrange... Et comme si cela ne suffisait pas, le marquis De La Fayette, qui s'était retiré en Auvergne, refait son apparition ; ayant décidé de se présenter aux élections municipales de Paris, il demande à Victor, toutes affaires cessantes, d'espionner Pétion, son principal adversaire dans la course à l'investiture, pour identifier ses points faibles afin de le décrédibiliser et de gagner l'élection.
DEUX ENQUÊTES BIEN DISTINCTES
Dans le tome précédent, nous avions affaire à deux enquêtes menées en parallèle, qui finissaient par se rejoindre à un moment donné. Ici, nous avons de nouveau deux enquêtes menées de front, mais l'originalité vient du fait qu'elles ne sont pas dirigées par le même personnage, sauf au début du roman, et qu'elles sont totalement distinctes l'une de l'autre.
D'un côté, un fait divers, à savoir l'affaire de la jeune femme disparue de Saint-Maur et, de l'autre, une enquête politique autour du rôle de Pétion et de celui de l'Angleterre dans la Révolution française. Autant vous dire que j'ai cherché jusqu'au bout du roman à savoir si ces deux intrigues pouvaient être reliées entre elles, imaginant des passerelles plus improbables les unes que les autres, tant j'étais persuadée que l'auteur allait suivre le même schéma que dans le tome précédent. Eh non ! Mais cette recherche incertaine m'a tenue en haleine pratiquement jusqu'au bout du roman !
Ce schéma – deux enquêtes menées en parallèle mais n'ayant aucun rapport l'une avec l'autre – me semble assez inhabituel et plutôt risqué en ce sens où l'auteur doit conduire et maîtriser deux intrigues en même temps et veiller au bon équilibre et aux bonnes transitions entre les deux, sous peine de voir le lecteur décrocher à tout moment. Mais ces deux enquêtes, menées de main de maître et au même rythme, m'ont vraiment passionnée du fait qu'elles étaient vraiment différentes l'une de l'autre : la première, liée à un drame familial, relève de l'humain, de l'individu, de la société tandis que la seconde relève du politique et de l'Histoire. Mais ne croyez pas que l'intrigue à caractère politique soit dépourvue d'émotions et de sentiments !
UN HÉROS SOUMIS À RUDE ÉPREUVE ET UNE ENQUÊTRICE DE CHOC !
Autant j'avais trouvé Victor un peu falot et insipide dans le tome précédent, se tirant un peu trop facilement d'affaire, autant notre héros se trouve confronté ici à des périls bien réels, voire à une avalanche impressionnante de dangers. Car il a beau tenter de mener ses deux enquêtes de front, désobéissant ainsi au marquis De La Fayette, il est rapidement obligé de céder devant l'intransigeance de ce dernier et de se consacrer exclusivement à l'enquête qu'il lui a confiée. Ce qu'il ignore, c'est que son amie et écrivaine Olympe de Gouges a pris le relais à son insu et elle non plus ne se ménage pas pour faire éclater la vérité, et son statut de femme joue même un rôle important dans la résolution de l'affaire. Deux enquêtes distinctes, deux enquêteurs, un homme et une femme... mais une amitié trouble, des affinités évidentes même si elles restent inavouées ! Cela promet pour la suite de la série !
En découvrant ce beau portrait de femme en couverture ("Portrait de la Baronne de Crussol", Élisabeth-Louise Vigée-Lebrun, Musée des Augustins, Toulouse), je me suis dit que ce tome allait mettre davantage à l'honneur les femmes – dans le précédent tome, Olympe de Gouges était restée trop en retrait à mon goût. Mais je pensais surtout à la disparue, Anne-Louise Ferrières, supposant dans un premier temps qu'elle serait un personnage central du roman... elle le fut un certain temps mais surtout en raison de son absence ! Son personnage permet surtout de mettre en avant le difficile statut de la femme au XVIIIe siècle, qui se doit d'être soumise, obéissant à son père puis à son mari... Mais la belle surprise est venue d'Olympe de Gouges, quel beau personnage ! Une femme déterminée, en avance sur son temps, avec du caractère, intelligente, une enquêtrice idéale qui nous permet de bien mesurer la place de la femme dans la société d'alors, son statut, ses droits, le regard qu'on portait sur elle, ses peurs, etc. Car, oui, elle aussi m'a procuré de belles frayeurs à s'aventurer comme ça en dehors de Paris, dans des quartiers malfamés, à des heures tardives, par un temps exécrable, mais notre Olympe est tenace, têtue, elle ne lâche rien ! Et j'ai adoré le fait qu'elle n'en fasse qu'à sa tête et mette un peu le bazar dans l'enquête initialement menée par Victor !
Ceci étant, même si je me suis naturellement davantage identifiée à Olympe, le personnage de Victor ne m'a pas laissée indifférente dans ce tome. En effet, l'auteur lui a réservé une série d'épreuves bien carabinées qui, tel un parcours de vie rempli d'obstacles, vont lui permettre en un temps très court de s'affirmer, de s'endurcir et de devenir, au terme de ce roman, un adulte prêt à affronter de nouveaux défis. Il va ainsi passer par toutes sortes d'émotions parfois contradictoires, nous le rendant d'autant plus attachant car réaliste, bien loin du personnage naïf et idéaliste du tome précédent : il va souffrir, il va espérer, il va se tromper, il va avoir peur, il va s'inquiéter... Un personnage qui doute aussi, qui se sent parfois manipulé comme une marionnette par La Fayette et dont il aimerait bien se défaire comme il s'est défait de la tutelle paternelle.
Mais j'ai bien cru qu'on allait perdre notre petit Victor ou qu'il allait nous revenir mais pas entier… ceci dit, pour un peu, il aurait pu perdre un doigt, voire plus ! En effet, après l'hostilité de la famille Ferrières, le voici confronté au retour du marquis De La Fayette, son mentor, dont il pensait s'être libéré et qui lui impose une mission qu'il doit mener avec son grand ennemi Charpier ! de là, il se retrouve en Angleterre, en situation plus que précaire puisqu'il ne maîtrise pas la langue anglaise, pour finir très vite dans un cachot, soumis à la torture. Son retour en France est rocambolesque. D'un sombre cachot à des courses-poursuites sur les toits ou dans la campagne, Victor est partout ! On pourrait croire que la coupe est pleine et que plus rien ne peut arriver… Eh bien non, que reste-t-il ? Les problèmes familiaux... je ne vous en dirai pas plus, mais ils seront loin d'être résolus à la fin de ce roman, bien au contraire, et cela crée un sacré suspense pour la suite de la série !
VICTOR-JOSEPH TURPIN, UN PERSONNAGE QUI PREND DE L'AMPLEUR MALGRÉ SON ABSENCE
L'autre personnage qui commence à s'imposer dans cette série est celui du jeune orphelin boiteux recueilli par Victor, Victor-Joseph Turpin, et pourtant il est absent durant la majeure partie du roman, et pour cause : dès le début du récit, les relations entre lui et Victor sont tendues, ce dernier souhaite lui donner une instruction et une éducation tandis que Victor-Joseph ne rêve que de liberté et d'être aimé.
Face à l'impatience, à l'irritation et à l'exigence de Victor, le jeune garçon est déstabilisé, il ne se sent plus à sa place et son mal-être va grandissant jusqu'au jour où il décide de fuguer. Pour Victor, cette fuite va agir comme un révélateur : il comprend qu'il a été bien trop dur avec cet enfant qui a tout perdu et qui a besoin avant tout d'amour, et qu'il est en train de reproduire le comportement que son père a eu à son égard !
C'est ainsi à travers les yeux de Victor, alors qu'il part à la recherche de Victor-Joseph pour réparer ses erreurs, que l'on découvre la vie quotidienne de ces enfants orphelins, démunis et livrés à eux-mêmes, qui se regroupent sous la coupe d'un chef pour commettre des vols et des menus larcins. Là encore, je pense que ce personnage est promis à un bel avenir dans la série.
UNE DESCRIPTION PRÉCISE ET VIVANTE DE PARIS ET DE LONDRES
En suivant Victor et Olympe de Gouges dans leurs enquêtes respectives, on découvre une nouvelle fois un portrait époustouflant de véracité de Paris sous la Révolution française, le tout dans un style fluide mais précis, sans descriptions interminables. Paris mais aussi sa banlieue, et la carte reproduite en début d'ouvrage est là pour nous le rappeler : la capitale à la fin du XVIIIe siècle n'était pas aussi étendue qu'aujourd'hui, et les faubourgs n'étaient pas toujours faciles d'accès et rassurants.
Ceci étant, Victor se promène également dans certains quartiers parisiens peu sûrs, comme le quartier Saint-Marcel qui, aujourd'hui, n'est plus du tout une zone dangereuse !
Mais l'on découvre également la topographie, la géographie et la vie quotidienne à Londres à la fin du XVIIIe siècle, la comparaison entre les deux capitales est d'ailleurs fort intéressante.
C'est une chose que d'enquêter dans des quartiers parisiens ou dans des villes de banlieue peu sûres, c'en est une autre de le faire au XVIIIe siècle quand le temps est exécrable ! Certes, on est fin novembre, mais la lumière est particulièrement faible, le ciel est plombé, les températures sont glaciales, le vent souffle par rafales, la pluie glacée ne cesse de tomber...
Ces conditions climatiques particulières contribuent à créer une atmosphère vraiment inquiétante, pesante et très sombre, très "fin du monde", à l'image de certains personnages...
DES PERSONNAGES GLAUQUES...
Au cours de leurs pérégrinations dans cette atmosphère lourde et glaciale, Victor et Olympe vont croiser différents personnages, soit réels (La Fayette, Jérôme Pétion, marquis de Travanet, Edward FitzGerald...), soit fictionnels, qui coexistent sans aucun problème. Bien qu'il n'y ait pas pléthore de personnages, l'auteur a eu tout de même la bonne idée d'en dresser la liste au début du roman. Qu'ils soient réels ou inventés, il n'y a pas un protagoniste qui échappe à la plume acérée de l'auteur, et ce pour notre plus grand plaisir ! Entre l'irascible et l'hostile baronne Ferrières, l'indifférence et le mutisme du baron Ferrières, Victor et Olympe se trouvent confrontés à des personnages vraiment étranges, tant sur le plan psychologique que physique – je vous laisse découvrir les quelques descriptions ci-après :
- Marguerite Perret de Bauchamps, mère abbesse du couvent des Pénitentes : "C'était une petite personne en cape noire et robe de nonne, la figure enserrée dans une coiffe blanche. Même à demi dissimulé, son visage était dépourvu de toute grâce, avec ses yeux noirs sans éclat, son teint couperosé, et son petit nez quelconque. Sa silhouette évoquait irrésistiblement celle d'un tonneau."
- le marquis de Travanet : "Une grosse tête à la bouche large et gourmande comme celle d'un batracien, les yeux mobiles, le menton fort et les cheveux en crinière."
- le juge de paix Gruchet : "Pierre-Antoine Gruchet, vieux grison haut comme trois pommes, était à demi bossu, la tête grosse et la barbe blanche très fournie, ses cheveux épais maigrement poudrés, la cravate crasseuse sous son habit à la française en gros drap."
- La baronne Ferrière : "C'était le genre de femme à n'avoir jamais été belle. Il devinait une enfant sans grâce, aux traits quelconques. Même les yeux en mande, assez grands, ne reflétaient rien d'autre que l'inquiétude. Par avance, ils repoussaient tout sentiment, toute tendresse et toute ironie. Les autres étaient des ennemis, la vie un champ de bataille."
- Beauvisage : "Son nom lui convenait assez mal : la quarantaine, il avait les traits rustiques et la maigreur solide d'un paysan."
- Charpier : "Âgé d'une cinquantaine d'années, le visage ascétique marqué de deux longs plis d'amertume aux joues, il portait comme toujours un habite sombre de belle facture, une cravate blanche et des bas de soie. [...] Son regard bleu, entouré de longs cils noirs qui lui donnaient l'air d'être maquillé, était toujours le même. Dur, scrutateur, calme et cynique."
De par leurs caractères atypiques voire inquiétants, ces personnages sont difficiles à cerner : sont-ils des "gentils" ou bien des "méchants" ? Pour certains d'entre eux, le doute est permis jusqu'au bout du roman. Certains nous étonnent, comme Charpier que je n'ai pas réussi à détester et que j'ai fini par apprécier tout en continuant à me méfier de lui, d'autres nous déçoivent, voire nous énervent, comme La Fayette...
UNE CHRONOLOGIE PAS TOUJOURS RESPECTÉE
Le contexte historique est certes abordé en début de roman, permettant au lecteur de bien situer l'action du roman dans un champ plus vaste et d'avoir les clés pour bien comprendre l'enquête à venir, mais je le trouve trop rapidement brossé. C'est plutôt à travers l'histoire de certains de ces personnages qu'on prend connaissance de certains faits historiques, par l'exemple l'application de la Constitution civile du clergé avec le personnage de la mère abbesse.
La présence d'une note au lecteur en fin de roman dévoilant les éléments fictionnels et la réalité est très intéressante et judicieuse car c'est là que l'auteur peut justifier certains de ses choix. Et c'est là que j'aurais aimé qu'il parle de la chronologie des événements qu'il n'a pas toujours respecté pour des motifs liés notamment à l'intrigue.
En effet, Pétion a été élu maire de Paris en novembre et non en décembre. Cela n'a aucune conséquence sur le déroulement de l'intrigue, mais j'avoue que cela m'a un peu perturbée car je lis des romans historiques certes pour m'évader, mais également parce que j'aime L Histoire et apprendre par le biais de ce type de lecture. Et le respect de la chronologie des faits est pour moi essentielle. Or du fait que l'élection de Pétion nous est présentée en décembre dans le roman sans qu'il soit précisé dans la note au lecteur qu'il s'agit d'une interprétation, le doute a commencé à me tarauder, au point de questionner directement l'auteur qui m'a gentiment répondu pour me rassurer. Oui, il ne faut pas oublier que nous sommes dans le cadre d'un roman et l'auteur a le droit de laisser libre cours à son imagination. Cependant, autant cela ne me gêne pas quand le récit se situe dans les zones d'ombre de l'Histoire – quand une période ou un personnage sont mal documentés –, autant cela me perturbe quand les faits et les dates sont avérés, quand les actions des personnages sont vérifiées. Dans tous les cas, il me semble qu'il est important d'aborder cette question dans la note au lecteur car c'est bien là que l'auteur peut expliquer ses choix.
Lien : http://romans-historiques.bl..
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Franckync
  11 mars 2018
Titre : La disparue de Saint-Maur
Auteur : Jean-christophe Portes
Editeur : City éditions
Année : 2017
Résumé : Hiver 1791, Victor Dauterive officier de la gendarmerie nationale est appelé à enquêter sur la disparition d'une jeune aristocrate dans la commune de Saint-Maur. le comportement étrange de la famille de la victime trouble le jeune enquêteur qui se voit contraint d'abandonner l'affaire lorsque son mentor, le fameux marquis De La Fayette, l'envoie en Angleterre pour déjouer un complot. Courant deux lièvres à la fois Victor n'aura de cesse de faire éclater la vérité et préserver son honneur dans cette période post révolutionnaire empreinte d'injustices, de violences et de complots de toutes sortes.
Mon humble avis : Avant d'avoir été contacté par l'auteur j'avais déjà entendu parler des romans de Jean-Christophe Portes. En effet le fameux libraire Gérard Collard n'a eu de cesse d'encenser ces romans et même si nos avis sont souvent discordants je ne peux ici que m'incliner devant cette réalité : oui cette disparue de Saint-Maur est une réussite totale. Réussite dans la forme : une écriture fine, fluide, sans fioritures ni prétention, une érudition rare mais toujours au service du texte évitant l'écueil de la démonstration permanente. Et puis sur la forme avec deux enquêtes menées de front par notre jeune héros épaulé par Olympe de Gouges, illustre femme de lettres, féministe avant l'heure qui finira sur l'échafauds quelques années plus tard. Mêlant les personnages de fiction et les personnages historiques avec maestria l'auteur tisse une toile précise, passionnante et fatale pour son lecteur dont le seul souhait est de pouvoir s'isoler au plus vite pour replonger dans ce chaotique Paris du XVIII ème. Vous l'aurez compris j'ai beaucoup aimé ce roman et son jeune héros Victor dont la naïveté et l'idéalisme (surtout au début du bouquin) forcent l'empathie et la bienveillance. Personnage attachant, marquant, Dauterive est campé de manière réaliste par Portes et l'évolution de son caractère notamment la perte de ses illusions au cours de ses aventures sont aussi l'une des grandes qualités de ce roman historique bien ficelé, addictif et passionnant. Sur une toile de fond post-révolutionnaire l'auteur parvient à traiter de thèmes actuels (Inégalités sociales, tensions familiales, place de la femme dans la société, culpabilité) avec acuité et sans jamais paraître ennuyeux, c'est superbement réalisé et moderne mais c'est surtout un tour de force. Décidément je n'ai que des louanges à adresser à Jean-Christophe Portes !
J'achète ? : Bien sur. Que tu sois adeptes de romans d'enquêtes ou féru d'histoire ce roman t'es destiné. Passé l'académisme un peu désuet de sa couverture (mais ce n'est que mon humble avis) ce bouquin est une jolie réussite.
Lien : https://francksbooks.wordpre..
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Titoune45
  07 janvier 2020
Plongée en apnée dans la Révolution française. Oui, il faut retenir son souffle. Ce thriller/polar est puissant. C'est un fragment de l'Histoire racontée avec puissance, mais aussi beaucoup de sentiments, qu'ils soient de haine ou d'amour.
Il est difficile de refermer le livre avant de l'avoir terminé. Jean-Christophe Portes est un écrivain avec un vrai et réel talent.
N'hésitez pas à le lire.
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Herve-Lionel
  04 décembre 2017
La Feuille Volante n° 1191
La disparue de Saint-Maur– Jean-Christophe Portes – City éditions.
Nous sommes en novembre 1791 et la Révolution redouble, surtout après la fuite manquée du roi à Varennes et la menace que fait peser l'armée des émigrés massée à la frontière allemande.. Plus que jamais la Nation est en danger. Cela n'empêche pas la vie de continuer et à Saint-Maur une jeune aristocrate, Anne-Louise, fille du baron Ferrières, un noble désargenté, a disparu. Fugue, meurtre, ou suicide… le jeune lieutenant de gendarmerie, Victor Dauterive est chargé par sa hiérarchie d'enquêter mais ses investigations se révèlent difficiles malgré des aides parfois inattendues dont certaines ne manquent ni de courage ni d'imagination. Ce qu'il découvrira sera bien éloigné de ce qu'on peut légitimement attendre de gens qui se consacrent en principe à la prière. La société est secouée par des luttes de pouvoir et La Fayette, à qui Victor doit tout, revient à Paris dans l'espoir de conquérir la Mairie et charge l'officier d'enquêter discrètement sur un des candidats à ce poste. Telle est l'intrigue de ce roman historique où l'auteur, une nouvelle fois, mêle fiction, réalité, rencontres de personnages historiques et ambiance d'époque (les notes de bas de pages avec leurs références sont un repère intéressant pour qui souhaite s'immerger dans l'action).
Le paradoxe de ces deux affaires, qui apparemment n'ont rien à voir l'une avec l'autre, est que l'officier mène alternativement ses investigations d'une manière officielle et officieuse, La Fayette, dont le rôle dans le déroulement de la Révolution est controversé, n'est en effet plus au pouvoir, ce qui complique sa tâche surtout dans le contexte politique agité de la capitale, l'ombre de Robespierre, de la guerre qui menace et celle de la Terreur qui s'annonce. Les temps changent et avec eux les hommes qui donnent libre court à leurs ambitions entre louvoiements, palinodies, trahisons, violences. Au milieu de tout cela notre gendarme doute et vacille quelque peu, torturé par des difficultés familiales, se demandant qui il sert en réalité et s'il n'est pas simplement manipulé comme un vulgaire pion, dans une ambiance de complots où chacun espionne l'autre. Malgré son jeune âge, on le transforme en espion sans l'y avoir préparé. Dans cette mission périlleuse, il croise des agents doubles parfois improbables, des nostalgiques de l'Ancien régime désireux de détruire la République qu'il a décidé de servir, des arrivistes sans scrupules, ce qui se transforme en une traque de conspirateurs, sur fond d'agents anglais, de rumeurs de guerre, de ventes de biens nationaux, d'opportunistes, d'omniprésence policière...Il connaît la torture, la mort qui rode, les rebondissements inattendus, les luttes d'influence de factions politiques opposées où chacun avance masqué de peur du lendemain, les hommes politiques corrompus, la délation, la jalousie, les secrets de famille inavouables, tout un panel d'humiliés qui profitent de cette pagaille pour se venger des vexations subies sous les aristocrates, bref tout un tableau peu reluisant de l'espèce humaine qui ne se révèle jamais autant qu'en des temps troublés et ce d'autant plus qu'on s'éloigne de l'esprit des Lumières et des idéaux humanistes de la Révolution.
Tous ces rebondissements ont pour cadre ce Paris du XVIII° siècle dont une carte permet au lecteur de s'y retrouver. Décidément l'année 1791 passionne Jean-Christophe Portes puisque ses deux précédents ouvrages [ « L'affaire du corps sans tête » - « L'affaire de l'homme à l'escarpin » La Feuille Volante n° 1004 et 1090] se déroulaient déjà au cours de cette année. Ici, il en choisit le dernier mois, décidément très froid, pour plonger son lecteur dans une France au bord du chaos mais toujours dans les pas de Victor Dauterive. Cela donne un roman policier historique bien écrit et bien documenté, plein de suspense, dépaysant et passionnant jusqu'à la fin.
© Hervé GAUTIER – Novembre 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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talou61
  19 novembre 2018
En cet hiver 1791, Victor Dauterive sera envoyé par son mentor, Lafayette en Angleterre afin d'espionner et résoudra l'énigme de la disparue de Saint-Maur grâce à l'aide de son amie fidèle Olympe de Gouges.
On plonge avec beaucoup de bonheur dans ce nouveau tome des aventures de Victor Dauterive, où les descriptions des lieux et des personnages sont splendides, notamment l'atelier de Louis David.
Les enquêtes sont très bien menées.
Une "Note au lecteur" très appréciée par les amoureux de la période, où l'auteur décrit les lectures inspirantes pour ce nouvel opus.
A lire sans modération, avant la sortie du 4e tome ces jours-ci.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   03 novembre 2019
Mais quand donc pourrons-nous, nous, les femmes, décider de notre propre sort ? Quand pourrons-nous quitter notre mari s'il nous bat ? Quand donc cessera-t-on de nous interdire le divorce, au motif qu'il serait sacrilège, et qu'il rompt les liens sacrés du mariage? Est-il sacrilège de vouloir vivre sa vie ? Est-il sacré de vivre sous le joug d'un mari ou d'un père, de subir l'injustice et de devoir se taire toute sa vie durant ? Ces messieurs de l'Assemblée et des clubs nous parlent sans cesse de liberté et d'égalité. La liberté et l'égalité, oui, mais pour eux uniquement.
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polacritpolacrit   05 avril 2019
Elle a lu je ne sais quoi, elle s'est enflammée, elle s'est laissé prendre à ces idées. Mais la vie, Monsieur, ce ne sont pas ces divagations de rimailleurs. La vie n'est pas un rêve! Quand on rêve trop, la vie n'est jamais assez belle. Non, la vie n'est pas un rêve!" (Page 54).
"Je n'ai reçu mes titres de noblesse qu'à l'âge de trente ans, mais rien n'y faisait. Plus je m'élevais, plus ils me méprisaient. Ils venaient à mes fêtes, ils buvaient mon champagne mais je savais ce qu'ils disaient de moi quand j'avais le dos tourné
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Herve-LionelHerve-Lionel   01 décembre 2017
Il avait trop lu Voltaire pour ne pas penser comme lui que ces femmes (les moniales) étaient plus prisonnières de leurs superstitions que de hauts murs en pierre, eussent-ils trente pieds de hauteur.
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morinmorin   22 juillet 2018
Cette fois, elle pleurait pour de bon. Il se passa du temps puis un sourire finit par percer ses larmes et ils s'étreignirent. Et lorsqu'ils se séparèrent, leurs lèvres se frôlèrent à nouveau, mais cette fois ce n'était plus pareil.
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talou61talou61   19 novembre 2018
Il déplia lentement son papier avant d'entamer son discours. Sa voix ne portait pas loin, comme chez Danton ou d'autres habitués aux effets de manche. Il n'était que simplicité, rigueur, et détermination. Un feu brûlait en lui, le feu de la Révolution.
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