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3 bis, rue Riquet
  24 mai 2018
3 bis, rue Riquet de Frédérique Le Romancer
Certains lecteurs peuvent se sentir quelque peu perdus dans la masse de livres, romans, documents qui sortent chaque année en librairie. Il n’est pas toujours évident sans certains conseils avisés de s’y retrouver, de faire le bon choix. Pour les gros lecteurs compulsifs, c’est peut-être un brin plus facile car ils se laissent plus facilement convaincre par une belle couverture, un pitch sympathique, voir juste un titre accrocheur.

Pour ce roman, je l’avoue, mon choix s’est fait après la lecture de la quatrième de couverture, mais aussi à cause de son titre. La rue Riquet évoque bien des souvenirs pour moi, même si celle à laquelle je pense ne se trouve pas à Toulouse.

Bref tout cela pour dire que se retrouver embarquer dans une nouvelle lecture tient à des détails insignifiants pour beaucoup. Mais je n’ai pas regretté d’avoir été faible avec mon côté émotif. Le contenu de ces pages m’en a donné également. C’est sans doute le principal et assurément le moteur qui pousse chaque lecteur à prendre un nouveau titre une fois le précédent terminé.



Immeuble banal, pour décors de base, nous dit-on ? Possible, on en trouve dans chaque centre-ville des comme lui. Idem en fait pour ses quatre occupants qui sont tous différents, mais qui pourraient être votre voisine, l’habitant de la rue en face… Rien de très original au départ sauf qu’à bien y regarder, cette normalité est attachante. On regarde les protagonistes avec un œil plus bienveillant car on se sent proche d’eux tout en étant sans nul doute différent. Il y a là des ingrédients d’un roman facile à lire, des personnages qu’on va aimer détester ou au contraire vouloir défendre. On flirte avec le genre feel good, mais sans y plonger totalement. Il y a aussi des passages plus sombres, qui font mal car vraiment ancrés dans un réel qui remue. La vie, la vraie n’est pas forcément celle que l’on montre aux autres à travers des prismes. Il y a tout ce qui est tut, caché, omit, pas glorieux, peu reluisant, tout sauf vendeur… Le hasard distribue les cartes et heureusement, il a quelques beaux atouts de temps à autre.



J’ai été émue, j’ai rigolé, j’ai vécu un peu la vie de chacun des personnages et c’était facile car c’étaient des gens ordinaires, mais le récit bien fait a rendu leurs existences moins fades et plus prenantes, plus impliquantes.

Venez passez un moment avec Madeleine, Cécile, Marc et Lucie. Leurs vies sont à la fois ordinaires et peuplées de faits, remarques, idées surprenants. C’est tellement mieux et plus intéressant que n’importe quel programme de télé-réalité. Vous ressentirez de véritables émotions grâce à des personnages plus vrais que natures.



Un roman qui ne paie pas de mine, mais qui cache une petite pépite.
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L'Ombre du Shrander
  24 mai 2018
L'Ombre du Shrander de M. John Harrison
Je suis un grand lecteur de SF, MULLHOLLAND DRIVE est l'un de mes films préférés. Je ne suis donc pas contre perdre pied. Ne pas tout saisir, ne pas tout comprendre n'est pas rédhibitoire. Mais comme aurait dû se dire Silvio à la veille de son trente huitième lifting : il y a une limite à tout.

Ce n'est pas barré L'OMBRE DU SHRANDER, ni intriguant, ni dérangeant, juste illisible.

Commençons par le style,

"En cet instant, annoncèrent les mathématiques, nous résolvons l’équation de Schrödinger pour chaque point d’une matrice de dix dimensions spatiales sur quatre dimensions temporelles. Personne d’autre ne peut le faire"

Heu... Et bien c'est à dire que... Je suis censé dire un truc ?

Harrison nous balance ce genre de sentences à tout bout de chou, et à force... Ça pique un peu.

"Un peu plus tard, elle aligna sa vitesse sur celle de l’épave et se stabilisa tandis que les débris tournaient lentement autour d’elle : plaques de coque pliées, articles monolithiques de propulseurs dynaflux et ce qui ressemblait à des kilomètres d’un câble en lent déroulement"

Bon John, tu commences à franchement augmenter le volume de mes gonades...

Ce livre était annoncé comme LE livre, difficile à lire à cause de son contenu mais une oeuvre en soi.

Il faut vraiment invoquer quelque force obscure pour finir ce bouquin.

Nul. Pire, prétentieusement nul.

On s'accroche pour connaître la fin. De dénouement il n'y a point. Je n'ai rien compris. LOST HIGHWAY de David Lynch est un hymne à la simplicité en comparaison, le TRACTATUS LOGICO-PHILOSOPHICUS de Ludwig Wittgeinstein un conte pour enfants...

Non, je vous le dis , j'aurais dû suivre ce précepte : "la vie est bien trop courte pour qu'on s'encombre".
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La Main gauche de la nuit
  24 mai 2018
La Main gauche de la nuit de Ursula Le Guin
En lisant La Main gauche de la nuit, on comprend mieux pourquoi ce livre est célèbre, et aussi mieux pourquoi il n'a jamais été à l'écran.

C'est de la science-fiction dans son versant peut-être le moins accessible: moins de pistolasers et plus de réflexions sur l'Homme, renvoyées par le miroir de l'Autre. Je l'ai dévoré, j'ai pleuré, j'ai souri, j'ai tremblé pour l'Envoyé et pour Estraven, le plus passionnant des personnages de ce roman, et je ne sais en fait pas trop quoi en dire sinon qu'il s'agit bien là d'un des monuments du genre!



A découvrir sans tarder!
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Baroque sarabande
  24 mai 2018
Baroque sarabande de Christiane Taubira
Sans parler de politique, puisqu'il n'en est nullement question ici, je peux vous confier que j'ai toujours apprécié Christiane Taubira pour son humanité, son érudition, son éloquence. Et j'ai retrouvé tous ces traits sous sa plume dans Baroque Sarabande.



Bien que le fil rouge de cet essai soit la littérature, l'érudition de Christiane Taubira ne s'arrête pas là et elle n'a de cesse de créer des liens entre la littérature et la peinture, la musique, la chanson, la photographie, la sculpture, le cinéma, la danse et même le sport !

Ses références sont nombreuses et variées même si l'on devine où vont ses préférences (Césaire, les auteurs créoles et surtout les poètes de tous bords ne sont jamais très loin).



Les livres dont elle nous parle mettent aussi en lumière son humanisme : il y est question de la condition féminine, d'esclavage et de colonialisme, de régionalisme et des DOM-TOM...



Christiane Taubira est aussi éloquente et efficace à l'écrit qu'à l'oral. Sa plume peut parfois paraître un peu complexe mais toujours très poétique et musicale.

Dans Baroque Sarabande, il est souvent question de la langue (ou devrais-je dire des langues), une langue mouvante qui s'enrichit inlassablement. Il y sera donc aussi question de traduction, de linguistique...



Un ouvrage donc fort intéressant, qui a emmené ma curiosité vers de nombreux auteurs qui m'étaient inconnus.
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Je t'aime
  24 mai 2018
Je t'aime de Abel Barbara
Cette famille pourrait être la mienne, la vôtre, composée de gens normaux, sans casier judiciaire, sans repris de justice et non violents. Juste un évènement imprévu, impensable et tout s'écroule. L'amour, la haine se côtoient alors sous toutes leurs formes et sans concessions, tellement forts que la folie n'est jamais loin.



C'est vers ce cheminement que Barbara Abel entraîne le lecteur. D'une situation simple et ordinaire, elle fait un roman psychologique addictif et passionnant où le mot "je t'aime" prend tout ses sens.



D'autres personnages viennent agrémenter l'histoire, et feront partie de cette spirale infernale :



Nicole greffière et mère d’un garçon de dix-neuf ans qui est sa raison de vivre et qui ne voit pas d'un bon oeil les relations de son fils avec sa petite amie Alice, pas assez bien à ses yeux pour son fils.

Solange, agent immobilier heureuse et épanouie depuis la naissance de son fils Thibaut. Avec son mari Samuel ils n'espéraient plus être parents et pourtant la vie leur a fait ce cadeau !

Tous ces personnages vont aimer, souffrir, détester et haïr, chacun à leurs façons.

Il y a tout ce que j'aime dans ce roman, une écriture fluide et qui entraîne le lecteur à travers de multiples rebondissements, des revirements de situations, de la tension et un final, un vrai.
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L'héritage des espions
  24 mai 2018
L'héritage des espions de John le Carre
L'ESPION QUI VENAIT DU FROID est une sommité du roman d’espionnage et a fait advenir ce sous genre, bim bam boum Bond James Bond, au rang de littérature générale qui pignonise on the street. 20 millions d'exemplaires et un bouleversement complet de l'image d'Epinal de l'agent secret au chapeau mou. L'action a peu d'importance dans les romans de Le Carré, pas de coup de feu, pas de poursuites en voitures, pas de cascade. Des héros bedonnants, mais d'une intelligence aiguë, à l'image de son alter ego Georges Smiley, architecte espion, grand maître de l’échiquier mondial.

La fin de la guerre froide n'a pas tari la productivité de John, il a produit encore de bons romans, de très beaux même, LA CONSTANCE DU JARDINIER pour l'un de ses plus connus et réussis.

Mais je l'avoue, je préfère ses romans des années 60-70-80. Ces intrigues tortueuses qui se marient si bien à son style précis, légèrement suranné, qui prends son temps, pour nous déposer exactement là où il comptait le faire. C'est peu dire que les manigances de Le Carré sont labyrinthiques. C'est pourquoi le fait qu'il ne se prenne jamais les pieds dans son tapis épais, qu'il ne soit jamais pris en défaut, est une sacrée performance.

John Le Carré est un monument qui revisite l'un des siens. Le roman emblématique de l'espionnite est-ouest, Berlin et son mur la cisaillant en toile de fond. C'est un exercice pour le moins inédit. Certes, Stephen King avait lui aussi écrit la suite d'un de ses édifices fondateurs (SHINING) avec son (très bon) DOCTEUR SLEEP, mais John Le Carré va plus loin. Il insère son HÉRITAGE dans la trame de L'ESPION QUI VENAIT DU FROID, en fait un prequel, une suite, un accomplissement et un testament mélancolique. Le tout sans que l'on soit obligé de (re)lire le roman de 1963 pour s'y retrouver, tout en donnant envie de le faire.

Et toujours avec cette plume désabusée, ce ton nostalgique doux amer qui sied si bien à son avatar de papier, Georges Smiley, aux portes de la mort, du même âge cacochyme que son créateur (John a 86 ans, bientôt 87). Georges Smiley qui se demande bien à quoi a servi toutes ses opérations minutieusement, amoureusement, agencées au vu du résultat.

Impressionnant.
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Veux-tu dîner avec moi ?
  24 mai 2018
Veux-tu dîner avec moi ? de Maxime Morin
Un très bon roman policier ! Maxence Verlomme, ancien inspecteur de police, vit une journée difficile ; le jour même de l'enterrement de sa femme il est enlevé et se réveille, en tant qu'otage, dans un bus avec huit autres otages et deux ravisseurs… Maxence ne se souvient pas comment il est arrivé dans ce bus et les prochaines heures vont être très longues, sauf pour le lecteur…



Le cocktail proposé par l'auteur canadien Maxime Morin est habilement dosé et celui-ci fait preuve d'un allant narratif qui nous conduit hardiment du début à la fin du roman. Il assemble les unes après les autres les nombreuses pièces de son puzzle et la charge émotionnelle liée à l'histoire est constante.



Ce roman tourne essentiellement autour du personnage principal, ex-policier et narrateur, résolu et captivant. Le lecteur, qui est sans cesse surpris par la tournure des évènements, a continuellement l'impression qu'il partage son expérience et ses pensées les plus intimes, sans toutefois le percevoir comme un personnage attachant.



Maxime Morin ne propose pas un roman policier classique et les rebondissements sont constants. Il sait adroitement décrire l'atmosphère angoissante et pousser le lecteur à souhaiter atteindre les dernières pages le plus rapidement possible, dernières pages qui proposent un dénouement inattendu… Difficile d'en dire plus sur ce livre sans en gâcher la lecture…

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J'ai choisi la bienveillance: Comment la co..
  24 mai 2018
J'ai choisi la bienveillance: Comment la compassion peut transformer le monde de Lizzie Velasquez
Lizzie Velasquez est une américaine qui aurait pu voir sa vie ruinée de bien des façons. Déjà, il faut savoir que son existence tout entière est déjà perturbée par des soucis de santé depuis sa naissance. Elle souffre d’un syndrome rare qui ne fut identifié qu’après de longues années et qui transforme son apparence physique puisqu’il l’empêche entre autre chose de stocker le moindre gras. Les moqueries et les regards furent lourds à porter dès son plus jeune âge (enfin depuis sa scolarisation car jamais dans sa famille, elle ne fut traitée différemment), mais le pire est survenu alors qu’elle était au lycée. Une très courte vidéo sur elle a fait le buzz à son insu avec un titre qui veut tout dire : « La femme la plus laide au monde ». Elle fut une victime de harcèlement au niveau mondial et c’est devenu son cheval de bataille : la lutte contre le cyber-harcèlement avec maintenant d’autres cordes à son arc.



Ce livre n’est pas son premier, mais il me semble que pour nous si. Les deux autres n’ayant pas été traduits, ni publiés en France.

La méchanceté aurait très bien pu la détruire. Beaucoup de victimes de harcèlement mettent fin à leurs jours. Lizzie Velasquez a beaucoup souffert, mais elle a été plus forte car bien entourée. Elle le souligne souvent au fil des pages et sans l’amour des siens, de ses amis, jamais elle n’aurait pu se construire une personnalité aussi solide.

Elle nous raconte dans ce titre pourquoi la bienveillance est en réalité la seule véritable bonne alternative à son sens. C’est elle seule qui peut faire que la méchanceté ne triomphe pas. J’ai conscience que formulé ainsi, on pourrait se croire dans un film de Disney, mais force est de reconnaître que dans son cas et dans bien d’autres, cela fonctionne vraiment.



Evidemment, il ne s’agit pas d’être simplement sympa, mais surtout honnête, soi-même sans jamais vouloir blesser quiconque. C’est aussi en cela, même si je trouve que le livre, le discours reste trop politiquement correct, trop policé, trop lisse sans doute et indéniablement très américain dans la façon de faire, que toute la démarche de Lizzie Velasquez force le respect. On peut trouver que c’est un peu trop ou pas assez, chacun peut penser ce qu’il veut, mais quand même, quelle force de caractère, quel courage, quelle personne c’est Lizzie Velasquez !



Elle est comme nous. Sa différence est aussi sa chance comme elle aime le croire.

Je pense qu’elle a raison. Sans elle, elle serait noyée dans une masse trop compacte et se faire entendre serait plus compliqué à mon sens. Mais nous sommes tous différents, nous avons tous des forces et des faiblesses. A nous de les exploiter, de les surmonter et si possible avec bienveillance. Elle nous donne des pistes, des idées, elle nous guide sur le chemin sans jamais dénigrer la moindre action car même les plus insignifiants des gestes/paroles ont un pouvoir énorme.



Pour compléter cette lecture, tentez de visionner le documentaire qu’elle a réalisé sur sa vie : « A brave heart ». On arrive à le trouver sur le réseau et s’il n’est disponible qu’en VO (anglais), les images restent très parlantes d’elles-mêmes ainsi que les expressions des intervenants. Vous comprendrez d’autant plus sa démarche.


Lien : https://espace-temps-libre.b..
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L'ange et la mort
  24 mai 2018
L'ange et la mort de Franck Morrisset
En l'an de grâce 2044, le 4 mars pour être précis, A. Gabriel, détective amateur, est contacté par son ami le flic O'Malley qui lui demande de participer à un coup de main contre des importateurs de Z33, une drogue particulièrement nocive.



Le même jour, un inconnu le joint par son système de visiophone et le met au défi. Il avoue avoir trucidé une dizaine de prostituées, allégation confirmée par O'Malley peu après. Gabriel n'est pas un détective privé ordinaire. Il ne court pas les enquêtes pour l'argent. C'est un esthète qui préférerait regarder les lumières de San Francisco, assis sur le toit de son immeuble. Seulement les démêlés de sa conscience, sa vision de la justice et de la morale judéo-chrétienne investie par un maître dont il a contesté les faiblesses, les actes, les renoncements, le libre arbitre, l'obligent à se pencher sur les avatars de ses concitoyens.







Franck Morrisset, dont on avait lu avec un certain plaisir le précédent roman, Alice qui dormait, confirme ses dispositions pour intégrer Polar et SF, dans cette histoire de tueur en série, fort bien documentée, et les affres de la conscience d'un personnage atypique. Il utilise les ingrédients du roman noir, urbanité pourrie, drogue, etc. pour y faire évoluer un détective qui sans être manichéen n'en joue pas moins avec le feu du Bien et du Mal.



Un ouvrage découpé en cinq livres qui reprennent en exergue le poème de Baudelaire : Réversibilité. Humour et psychologie sont au rendez-vous dans ce roman dont la transposition SF ne sert qu'à mieux mettre en scène une histoire quasi classique de privé.
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la rivale
  24 mai 2018
la rivale de Mathilde CHELIEU
Ce roman m’a beaucoup plu.

Rapide à lire, il m’a fait rire autant qu’il m’a rendue triste.



Claire, le jour de ses 45 ans, apprends que son mari l’a trompée pendant un an.

Blessée, elle ne veut pas le pardonner. Elle se concentre donc encore plus dans son travail, qui consiste à sauver la vie des autres en lui faisant oublier la sienne. Mais entre son mari, son fils, sa belle-sœur et la petite-fille d’une de ses patientes, sa vie devient de plus en plus improbable.



L’écriture est fluide, et on prend autant de plaisir à rire de ces aventures improbables que de peine à retenir de tristes leçons sur la vie.



Ce livre, trouvé dans une boite à livre, m’a fait passer un très bon moment.

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Le Chardonneret
  24 mai 2018
Le Chardonneret de Donna Tartt
... ma critique n'est pas totalement "acceptable" dans la mesure où je n'ai lu que les 70 premières pages mais vraiment le bouquin m'est tombé des mains . Je l'avais choisi après avoir lu sa quatrième de couverture et les citations dithyrambiques qu'on pouvait y lire "un tour de force éblouissant patati patata" ... Pour ma part j'ai été assommée par le style ( lourd, dense, volontairement confus, plein d'anecdotes qui sans doute doivent prendre un sens 400 pages plus loin mais là dès le départ on a juste envie de les sauter, etc ) dès la première page et je n'ai pas eu le courage de m'enfoncer davantage dans le pavé ... une erreur sans doute mais bon ...
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Armadillo
  24 mai 2018
Armadillo de Boyd William
Lorimer Black, expert en sinistres auprès d'une compagnie d'assurance.
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La faucheuse, tome 2 : Thunderhead
  24 mai 2018
La faucheuse, tome 2 : Thunderhead de Shusterman Neal
« Thunderhead » fut une lecture mitigée penchant vers la déception. On est clairement dans un tome de transition qui, malheureusement, manque de rythme et de consistance. Je lirais tout de même la suite, car la fin a titillé ma curiosité…
Lien : https://truebloodaddict.net/..
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Les Pilleurs de sarcophages
  24 mai 2018
Les Pilleurs de sarcophages de Odile Weulersse
Nous sommes à l'époque des pharaons, Hyksos contrôle encore la moitié de l'Egypte.

Tétiki a quinze ans, fils de nomarque et originaire de l'île Elephantine il empeche l'invasion de sa contrée. Accompagné de son singe Didiphor et de son nain Penou il mettent tout en oeuvre pour que les pilleurs ne dérobent pas les bijoux du sarcophage du pharaon.



Difficile d'être séduit par un livre "historique" et pourtant "les pilleurs de sarcophages" se lit très vite. L'univers est facilement prenant, il y a cet esprit égyptien de Papyrus.



Ce livre est vraiment abordable meme pour ceux et celles qui boudent l'histoire.
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Sous nos yeux
  24 mai 2018
Sous nos yeux de Cara Hunter
Daisy, 8 ans, a disparu. Pire, personne ne lui a parlé durant cette soirée. Juste quelques vagues souvenirs de l'avoir vu gambader dans son costume de fleur.

L'enquête s'annonce ardue. Les enquêteurs sont sous tension, davantage encore quand il est question d'un enfant car on sait que les statistiques sont terribles: plus le temps passe et moins grande est la chance de retrouver l'enfant en vie...



Ces derniers mois, j'ai eu l'occasion de lire plusieurs romans sur un enlèvement d'enfant. Et à chaque fois, ce même thème "classique" censé faire pleurer dans les chaumières parce qu'on touche à un enfant, susceptible de servir du réchauffé et du "déjà lu", me surprend encore!

Les auteurs ont de l'imagination à revendre et c'est un régal!



Alors on le sait, quand un enfant disparaît, les cibles ne sont pas légion: femme en mal d'enfant, règlement de compte en famille ou un pervers. À partir de là, il faut le talent de l'écrivain pour balader son lecteur!



Et Cara Hunter réussit sans conteste à nous balader!

Une mère qu'on a envie de claquer dès les premières lignes, à vérifier sa coiffure dès qu'un journaliste montre le bout de son nez, qui prend le temps du tri sélectif des reliefs de la petite fête avant l'arrivée des policiers. Euh... M'dame... je crois que ta fille a disparu, non?!? Vous l'aurez compris, c'est avec ce genre de portrait qu'on en viendrait à souhaiter une Loi pour stériliser certains spécimens humains!



Le père en fait trop, il s'effondre, il en verse des torrents de larmes, il en sort des noms d'oiseaux et il transpire l'agressivité envers les enquêteurs.



Et que dire de ce pauvre Leo, guère plus âgé que sa sœur disparue, fermé, mutique et effrayé? 



Quels sont les secrets abrités par cette famille? Daisy avait le chic pour laisser discrètement traîner ses oreilles, écouter, espionner, entendre ce qui ne regarde pas une petite fille de 8 ans... A-t-elle surpris le mot de trop?



Et l'affaire se corse lorsque les enquêteurs identifie, dans l'entourage de Daisy, un jeune homme mêlé dans une récente affaire criminelle dont les victimes étaient ... de jeunes enfants... 



Le tout est émaillé du relevé de quelques publications sur les réseaux sociaux qui commentent l'événement. Juste effrayant mais guère étonnant quand on connaît la rapidité avec laquelle la haine et le mépris humains s'expriment avec emphase et bêtise sur les réseaux sociaux et attisent le moindre événement venu apporter quelque récréation à des vies mornes et sans intérêt, ou quand les planqués de l'ordi vomissent avec délectation insultes et jugements à l'emporte-pièce! 



L'intrigue est bien ficelée, le suspens est présent, les rebondissements sont discrets jusqu'au dénouement inattendu et surprenant. Au fil des pages, l'antipathie pour les uns ne cesse de grossir quand les doutes que l'on avait sur un des personnages s'effacent pour compatir sincèrement à son malheur, on craint le pire, on s'horrifie et on se résigne... Mais il ne faut jamais être trop sûr de soi avant la dernière page...



Alors je pourrais ergoter sur quelques détails restant obscurs, sur quelque personnage transparent qui occupe soudainement une place cruciale. Oui, je pourrais séquestrer la petite bête pour vous l'exhiber. Mais je lui laisse sa liberté car le dénouement est juste parfait!



Le deuxième volet des enquêtes d'Adam Fawley, In the Dark (titre original), ne devrait pas tarder et j'ai hâte car Sous nos yeux a été une bien agréable surprise pour un premier roman!



À suivre! 
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Le Lion et le Pelican
  24 mai 2018
Le Lion et le Pelican de Gropapa Gropapa
Je tiens à remercier Babelio qui, dans le cadre de la dernière Masse Critique Jeunesse, m’a permis de découvrir un nouvel auteur, un nouvel illustrateur, et surtout une toute jeune maison d’édition, Evalou, que je remercie également et à qui je souhaite longue vie.

« Le Lion et le Pélican » est l’histoire d’un lion (le pélican est un personnage tout à fait secondaire) qui, comme il se doit, est majestueux, fort, plein d’assurance ; bref, il cumule toutes les qualités associées au Roi des animaux. Dès les premières lignes, le lecteur entrevoit la ligne éditoriale d’Evalou pour qui Lire rime avec Rire. Vous en voulez un exemple ? « Sa Majesté se pavanait chaque jour dans la savane, le sourire parfait, la mèche au vent, le torse bombé. » Et encore, vous n’avez pas vu l’illustration !

La première double page s’ouvre sur notre ami le lion dans un décor coloré, ensoleillé, mais la seconde nous plonge brutalement dans un paysage nocturne gris-bleuté à l’image de l’humeur de Diego (oui, il a un nom !). Le pauvre n’est pas aussi parfait que le laissait supposer le début de l’histoire ; il a un secret dont il a honte et qui va surprendre le petit lecteur : il ne sait pas nager ! Un détail, me direz-vous, mais quand on est le Roi, on se doit, du moins Diego le croit-il, d’être le plus fort, le meilleur, le premier en tout, si l’on veut conserver le respect de ses sujets.

Malgré ses diverses tentatives pour apprendre à nager à l’abri des regards, il n’est parvenu qu’à couler comme un caillou. Alors, plutôt que d’avouer cette lacune, il a toujours préféré se tenir à l’écart lorsque les autres animaux s’ébrouaient dans l’eau en invoquant divers prétextes.

En désespoir de cause, Diego s’adresse à Monsieur Pélican et lui intime l’ordre d’échanger ses pattes palmées contre ses griffes. Pas facile de marcher avec ses nouvelles « chausses » mais parfait pour nager ! Voilà de quoi impressionner tous les habitants de la savane ! Mais…. Car bien sûr, il y a un « mais »…. Comment chasser avec des palmes ?? Il lui faut alors choisir entre manger et nager. Je vous laisse découvrir le choix de Diego et ses conséquences.

Cette histoire traite avec humour un sujet important chez les enfants (et apparemment chez les lions aussi !), à savoir l’acceptation de soi. La ligne éditoriale de cette toute nouvelle maison d’édition, je l’ai dit, c’est de traiter les questionnements de l’enfance avec humour et légèreté. Le résultat dans « Le Lion et le Pélican » est réussi, aussi bien grâce au texte qu’aux illustrations qui donnent à Diego des postures humaines et l’enfant lecteur/auditeur ne manquera pas de voir la ressemblance avec sa propre personne. La leçon à tirer de l’histoire, c’est qu’il faut s’accepter tel que l’on est et ne pas chercher à tout prix la perfection, à être toujours le meilleur, le premier, le plus fort. Nos faiblesses ou nos défauts font partie de nous et n’empêchent pas que nous soyons appréciés.

Un livre sympathique et bourré de bonnes intentions, mais auquel je vais faire deux petits reproches : je suis personnellement un peu réticente à l’utilisation d’un langage trop familier, dont le but était peut-être ici de se mettre au niveau des enfants. En voici quelques exemples : alors voilà - c’était du lourd- ça la fichait mal – il faut l’encaisser. Ma conviction, c’est que le texte doit être de qualité et par ailleurs, il l’est, à l’exception des exemples donnés ci-dessus.

Le second point : je trouve dommage d’avoir conclu l’histoire avec un enseignement (type morale de Jean de La Fontaine) écrit noir sur blanc (« L’important est de s’accepter tel que l’on est, au lieu de vouloir être parfait.») ne laissant pas à l’enfant le loisir d’en tirer sa propre conclusion qui peut d’ailleurs être autre, par exemple : il ne sert à rien d’envier ce que possède autrui, cela ne nous rendra pas nécessairement plus heureux. Il faut savoir apprécier ce que l’on a.

J’ai un petit-fils de 5 ans (tranche d’âge annoncée pour ce livre) et je testerai cette histoire sur lui, à l’occasion. Je suis sûre qu’il va en apprécier l’humour, ressort qui fonctionne toujours bien et bon antidote à la peur et au chagrin, et qu’il va être sensible au message.

Je vous en recommande également la lecture (tant pis si vous n’êtes pas dans cette tranche d’âge) et je serais curieuse de découvrir l’autre titre déjà paru chez Evalou «Le Chasseur et le Lézard ».

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22/11/63
  24 mai 2018
22/11/63 de Stephen King
"La plupart de mes romans racontent des histoires simples à des gens simples, l'équivalent littéraire d'une grande frite ou d'un Big Mac chez McDonald. "

L'a pas tout à fait tort sa majesté... Ah ! Stephen King. J'ai commencé au lycée : CARRIE adoré, CA dévoré, SIMETIERRE 'tin ! SIMETIERRE ! Faut être tordu quand même...

Stephen King écrit beaucoup. Vraiment beaucoup. La bibliographie de Stephen King fait autant de pages que le dernier Nothomb... à l'aise. Alors, forcément, il y a un certain déchet. J'ai décroché pendant INSOMNIE il me semble, pas terrible ce bouquin. Les Big Mac c'est sympa. Un temps. A force, ça écoeure.

Le temps passe. On délaisse Stephen King. On ne s'en fait pas pour lui. Il continue à écrire et vendre. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Mais, quand même, un Big Mac avec des frites. Vraiment ? A ce compte là, Marc Lévy c'est du tofu.Qu'est ce qui se passe quand tu manges du tofu ? Ou quand tu lis du Marc Lévy ? Rien. Il ne se passe rien.

Stephen King, juste du Fast Food, du Fast Reading ? CARRIE, SHINING, LA TOUR SOMBRE, tudieu LA TOUR SOMBRE ! Stephen King est un foutu écrivain si vous voulez mon avis.



Et si et si... Ho là là quelle histoire. Et si tu pouvais tuer Hitler hein? Ou un autre grand classique : si tu pouvais empêcher l'assassinat de Kennedy ah ah !!!

Jake Epping est un prof de littérature. Pas super heureux mais pas trop malheureux non plus. Jake a un bon copain al qui tient une gargote , tout en longueur; genre roulotte ou wagon. Et dans sa réserve, il y a une porte qui donne en 1958... Et voilà Jake embarqué, débarqué plutôt en 1958 avec une mission : empêcher Oswald de tuer Kennedy.



Comme souvent chez King, le fantastique n'est qu'un prétexte. du reste, les romans ratés de King, à mon sens, c'est quand le fantastique prend le pas et le garde. le voyage temporel de Jake va l'emmener en 1958 et on le sent, King adore les années 50, les petites villes, le rock'n'roll, le folklore américain : les matchs de football américain le dimanche, les barbecues. Mais King aime beaucoup moins le Texas (saisissant portrait de Dallas).

Point de nostalgie chez King : "« les Américains éprouvent beaucoup de nostalgie. Peut-être parce qu'ils ont oublié à quel point le passé puait, commente son héros. Ou parce qu'ils n'ont jamais envisagé cet aspect-là des Pimpantes Années 50 ». Les années 50 puent le sexisme, la pudibonderie, la ségrégation raciale (un détour par des toilettes de station-service suffit : une porte pour les messieurs, une pour les dames, et une planche pourrie pour les gens « de couleur »)".

King est profondément américain, il a toujours eu une relation ambigüe avec son pays. Cela se sent terriblement dans ce livre

King prend son temps comme toujours. Comme toujours, il croque merveilleusement ses personnages. Il est un formidable conteur et il nous conte l'épopée de Jake Epping. Si vous n'avez pas lu 22 / 11 / 63 je vous envie. Ferez-vous comme moi ? j'aurais pu lire ce livre d'une traite, engloutir cet énorme pavé comme une gaufre au Nutella un soir de novembre. Mais j'ai ralenti le rythme. Je ne voulais pas quitter Jake, pas tout de suite.

Comme c'est un post garanti sans spoiler je vais m'arrêter là, mon enthousiasme pouvant faire fourcher ma plume. "Un Big Mac avec des frites" King ? C'est bien possible. Mais un bon Big Mac après une cure intensive de tofu est un pur délice.
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L'appel de la forêt
  24 mai 2018
L'appel de la forêt de London Jack
La force de "L'appel de la forêt" réside surtout dans sa capacité à se mettre à hauteur d'animal, à évoquer (peut-être avant l'heure?) la sensibilité, les émotions que seul un amoureux et un fin observateur des chiens peut déceler chez eux, sans pour autant faire de l'anthropomorphisme. Le fil conducteur du livre est, quant à lui, plus léger, ... mais là n'est peut être pas le propos du livre, moins livre d'aventure que livre d'observation.
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La fille qui avait bu la lune
  24 mai 2018
La fille qui avait bu la lune de Kelly Barnhill
Ce livre est le plus original que j'ai lu jusqu'à date! Oui c'est vrai, il y a le Protectorat, la sorcière, le monstre du logh ness (Nessi) et il ya même un DRAGON MINIATURE!!:)
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Le Désert de l'amour
  24 mai 2018
Le Désert de l'amour de François Mauriac
Je me suis laissé emporter par ce livre bouleversant où l'amour sous toutes ses formes, incompris, avili, rêvé, tient une place centrale.



D'abord l'amour du docteur Courrèges pour Maria Cross, qui est un amour rêvé et sans avenir. le docteur fait partie de ces hommes qui peuvent mourir, dépérir d'amour pour des êtres aux vertus plus imaginaires que réelles. Il souffre d'une « passion toute-puissante, capable d'enfanter jusqu'à la mort d'autres mondes vivants, d'autres Maria Cross dont il deviendra tour à tour le satellite misérable ... » Cette passion est dépeinte comme héréditaire par l'auteur puisque Raymond, le fils du docteur, est voué à souffrir du même mal.



Le docteur est un être imaginatif. II vit sans vivre réellement, et on peut se demander si sa vie n'est pas plus intense et vraie dans son esprit que dans le quotidien. Tout un chacun le prend pour un saint homme car il commet ses péchés en pensée, avec son imagination débridée. On le croit aimable et patient quand il a en fait la tête ailleurs : « Son ordonnance une fois signée, il était encore dans l'escalier du client que déjà, comme un chien retrouve l'os enterré, il revenait à ses imaginations dont parfois il avait honte et où ce timide goûtait la joie de plier les êtres et les choses selon sa volonté toute-puissante. Dans le domaine spirituel, ce scrupuleux ne connaissait aucune barrière, ne reculait pas devant d'affreux massacres -jusqu'à supprimer en esprit toute sa famille pour se créer une existence différente. » Ou encore « Sa visite terminée, il rentrait dans son rêve, plein d'une avidité secrète, se répétait : « Je suis un fou... et pourtant... » »



Le rêve est dangereux, car il fait souhaiter aux individus une vie tout autre, alors qu'il n'apporte que des aspirations inatteignables au point d'en faire négliger le réel, le quotidien, la famille et les enfants.



L'enfance elle-même est malmenée. L'auteur se penche sur l'évolution d'un être et de son devenir en fonction de son entourage. Raymond a été rejeté par sa famille et n'a pas été sauvé par son père trop occupé à ses rêveries : « Nous avons tous été pétris et repétris par ceux qui nous ont aimés et pour peu qu'ils aient été tenaces, nous sommes leur ouvrage, - ouvrage que d'ailleurs ils ne reconnaissent pas, et qui n'est jamais celui qu'ils avaient rêvé. Pas un amour, pas une amitié qui n'ait traversé notre destin sans y avoir collaboré pour l'éternité. »



Raymond est devenu l'image que l'on s'est faite de lui : « A dix-sept ans, il arrive que le garçon le plus farouche accepte bénévolement l'image de soi-même que les autres lui imposent. »



Est dépeinte l'influence du regard des autres, des premières expériences de la vie qui peuvent avoir un impact décisif sur le devenir d'un être sans que l'on puisse s'en douter : « Elle ignorait que, sur cet informe enfant, son regard avait suffi pour qu'il devint un homme dont beaucoup d'autres allaient connaitre les ruses, subir les caresses, les coups. Si elle l'avait créé par son amour, elle achevait son œuvre, en le méprisant : elle venait de lâcher dans le monde un garçon dont ce serait la manie de se prouver à soi-même qu'il était irrésistible, bien qu'une Maria Cross lui ait résisté. [...] Ce seraient les larmes de Maria Cross que toute sa vie il ferait couler sur des figures étrangères. Et sans doute était-il né avec cet instinct de chasseur, mais, sans Maria, il l'eut adouci de quelque faiblesse. »



La famille apparaît ainsi avec ses torts et ses travers. Les membres ne parviennent pas à écouter leurs besoins mutuels, à se comprendre et sont soumis au désert affectif.



Les rapports père-fils sont encore plus compliqués que les autres. Raymond et son père se cherchent mais ne se trouvent pas, se rapprochent, se fuient. Ce sont parfois les circonstances qui les rapprochent ou les séparent. Maria Cross, ce même amour qu'ils partagent, leur permettra de se découvrir très proches, eux qui se croyaient si différents. Raymond semble vouloir se rapprocher du docteur à la fin de l’œuvre ; alors qu'il rejoint son père à la gare, ce dernier lui demande de descendre de voiture de peur que les portes se referment. Raymond le rassure en lui disant qu'il pourrait descendre au prochain arrêt, mais le docteur refuse et l'exhorte à sortir. Cette scène me parait symbolique du désir qu'éprouve le docteur de ne pas voir son fils souffrir de la même passion que lui, à descendre du train tant qu'il en est encore temps. Il l'invite à avoir une vie rangée, comme lui finalement... Sans doute le docteur veut-il aussi rester seul avec ses rêves. le docteur a toujours éprouvé des difficultés à trouver les mots justes pour parler à son fils, à savoir qu'elle attitude adopter avec lui : « L'homme et la femme, aussi éloignés qu'ils puissent être l'un et l'autre, se rejoignent dans une étreinte. Et même une mère peut attirer la tête de son grand fils et baiser ses cheveux ; mais le père, lui, ne peut rien, hors le geste que fit le docteur Courreges posant sa main sur l'épaule de Raymond. »



Leur attirance pour Maria Cross parait bien surprenante, puisqu'il s'agit d'une femme entretenue, dont le désir sensuel semble inexistant. Ses sentiments vis-à-vis de son fils décédé semblent ambigus. Jusqu'à la fin, elle demeure mystérieuse pour les personnages comme pour le lecteur. Peut-être est-ce dû à la variation des points de vue adoptés au cours du récit. Le roman s'ouvre sur une narration impersonnelle. Puis alternent les souvenirs de Raymond du docteur et de Maria. Le tumulte de la vie bouillonne au cœur de cette œuvre où l'art du romancier a consisté à l'ordonner de manière harmonieuse.



Mais ce que les personnages ne trouveront jamais, c'est « Celui qui à leur insu appelle, attire, du plus profond de leur être, cette marée brûlante ». Cette phrase nous rappelle que Mauriac était un écrivain catholique, ou plutôt « un catholique qui écrit des romans » et que ses préférences sont toujours allées aux âmes passionnées et égarées. Le «journal » et le « livre » que propose Raymond à son père pour passer le temps rappellent l'opinion énoncée par le docteur sur la lecture : « Un bouquin bouleverse la vie d'un homme quelquefois, et encore !ça se dit...mais d'une femme ? Allons donc ! Nous ne sommes jamais troublés profondément que par ce qui vit - que par ce qui est sang et chair. Un bouquin ? Il secoua la tête. Bouquin éveilla dans son esprit le mot bouquetin ; et il vit se dresser, auprès de Maria Cross, un chèvre-pied. » Au-delà d'une certaine misogynie, le docteur ne voit pas dans les nourritures spirituelles de quoi le satisfaire. Terre-à-terre, seul le matériel est pour lui digne de passion et d'intérêt.

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