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EAN : 9782757854785
256 pages
Points (10/09/2015)
3.81/5   8 notes
Résumé :
Puisant dans l’œuvre tardive de Rilke (1907-1926), Philippe Jaccottet fait surgir dans ces Poèmes épars les ultimes conquêtes poétiques de l’auteur des Élégies de Duino. Des textes d’une clarté nouvelle, figurant parmi les plus purs et les plus accomplis de l’œuvre du poète. « Il est merveilleux de voir ce poète arrivé à la maturité et qui, jeune, n’avait su dire que le soir et l’automne, tout envahi à présent d’images d’aube et de printemps. »

Rainer... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
C'est toujours un bonheur que de retrouver les vers de R. M. Rilke, ici soigneusement choisis et traduits par Philippe Jaccottet, mis en forme avec tout autant de soin par les éditions Fata Morgana.
Un recueil à déguster perle après perle comme toujours avec de tels poètes - auteur et traducteur.
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Pour le lecteur curieux, j'évoque sur le blog (voir le lien) le poème "Le magicien" qui se trouve à la p.124 du recueil, en revenant notamment sur les influences françaises de Rilke.

Le poète Philippe Jacottet a ici sélectionné et traduit les poèmes du recueil, et il remarque dans sa préface que Rilke "devient plus léger, plus poreux, presque absent [...], le voilà qui, enfin, accueille et célèbre le "Simple"".

On trouvera dans ces poèmes ce désir d'envol si caractéristique de Rilke, entre ange et oiseau, porté ou enlevé par le souffle du poème vers un espace plus pur.
Lien : https://thomasspok.blogspot...
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Viens, toi dernière…



Viens, toi dernière, que je reconnais,
incurable douleur dans le tissu du corps :
comme j’ai brûlé en esprit, vois, je brûle
en toi ; le bois s’est longtemps refusé
à dire oui à la flamme que tu embrases,
mais maintenant je te nourris et brûle en toi.
Ma douceur d’ici devient dans ta rage
une rage d’enfer qui n’est pas d’ici.
Entièrement pur, sans plan, délivré du futur
je suis monté sur le bûcher compliqué de la souffrance
si sûr de n’acheter, nulle part, d’avenir
contre ce cœur où les réserves ont fait silence.
Est-ce encore moi, qui là méconnaissable brûle ?
Dans ce feu, je n’emporte pas de souvenirs.
Ô Vivre, Vivre : être dehors.
Et moi dans le brasier. Personne qui me connaisse.

[Renoncement. Ce n’est pas comme était la maladie
autrefois dans l’enfance. Sursis. Prétexte pour
devenir plus grand. Tout appelait et murmurait.
Ne mélange pas à cela ton étonnement des premiers temps]

                                                       Val-Mont, mi-décembre 1926
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La panthère

Jardin des Plantes à Paris

Son regard à force de parcourir sans cesse les barreaux

est tant devenu si las, qu’il ne retient plus rien.

Pour elle il semble qu’il n’existe que mille barreaux

et au-delà aucun monde.

La démarche si douce aux pas souples et fermes

qui s’épuise à tourner en cercles étroits,

est comme danse de forces autour d’un centre,

dans laquelle est tapie une volonté puissante.

Parfois seulement se lève sans bruit

le rideau des pupilles – alors une image passe à l’intérieur,

Parcourt le silence déployé dans les membres -

et ne s’entend plus arrivant au cœur.

Rainer Maria Rilke, 6.11.1902, Paris
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Battement de coeur

Nous ne sommes que des bouches. Qui chante le cœur lointain
qui existe en toute sécurité au centre de toutes choses ?
Son battement de cœur géant est dévié en nous
en petites pulsations. Et sa peine géante
est, comme sa jubilation géante, bien trop
grande pour nous. Et ainsi nous nous arrachons
à lui maintes et maintes fois, ne restant que
des bouches. Mais de manière inattendue et secrète,
le battement de cœur géant entre dans notre être,
de sorte que nous crions ——,
et sommes transformés en être et en visage.


Traduit par Albert Ernest Flemming
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Jour d’automne

Seigneur il est maintenant temps.

L’été fut très grand

Repose ton ombre sur les cadrans solaires

et détache les vents sur les plaines.

Ordonne aux derniers fruits d’être pleins

accorde-leur encore deux jours du sud

Force-les à la plénitude et chasse

les dernières douceurs dans le vin lourd.

Qui maintenant n’a point de maison, n’en bâtira plus

qui maintenant est seul, le restera longtemps

il veillera, lira, écrira de longues lettres

et inquiet, fera les cent pas dans les allées

quand les feuilles tournent en rond.

Rainer Maria Rilke, 21.9.1902, Paris

Souvenir

Et tu attends, et tu attends l’unique,

qui amplifie à l’infini ta vie ;

La puissante, l’extrême,

le réveil des pierres,

profondeurs, qui t’appartiennent.

S’assombrissent dans les bibliothèques

les volumes en or et bruns ;

et tu songes en ces pays traversés,

à des tableaux, aux robes

de femmes à nouveaux perdues.

Et alors tu sais enfin : c’était bien cela.

tu te redresses, et devant toi se tient

une année écoulée

peur et figure et prière.

Rainer Maria Rilke, 1902-06,
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Les astres de la nuit que je découvre hors du sommeil
ne couvrent-ils que mon visage d'aujourd'hui
ou le visage tout entier de mes années,
ponts bâtis sur des piles de lumière ?

Qui veut là-bas marcher ? Pour quoi suis-je abîme et ravin,
qui me franchit ainsi dans le plus vaste cercle,
me prend comme aux échecs on prend un fou,
me sautant par-dessus, et insiste sur sa victoire ?

"Du cycle des nuits"
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