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ISBN : 202028927X
Éditeur : Seuil (15/11/1995)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 195 notes)
Résumé :
Jeune poète danois, Malte Laurids Brigge arpente le pavé parisien à la recherche de la réalité. Une réalité crue, qui sent "l'iodoforme, la graisse de pommes frites, la peur". Autour de lui, on meurt dans l'anonymat et le vacarme de la métropole, on se déchire au détour d'une ruelle sans même prêter attention à sa présence. Qu'elle est loin, la douce harmonie d'une enfance passée dans un château bordant la mer Baltique... Chaque visage déformé par la misère s'imprim... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
JacobBenayoune
  25 octobre 2013
C'est en lisant un ouvrage de Blanchot que je découvre ce livre de Rilke. Blanchot lui même qualifie ce livre de "mystérieux". En effet, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge est un livre étrange. Sous forme de notes (dans un journal intime) il est plutôt un recueil de fragments, parfois de poèmes en prose. On sait tout le travail effectué par l'auteur pour écrire ce livre, et pour nous donner l'impression qu'il s'agit de feuilles trouvées dans un tiroir (un livre sans fin auquel peuvent s'ajouter d'autres feuilles; des feuilles écrites de la main de Malte, comme ces contes interminables des mille et une nuits). Malte est une voix, une âme, une pensée et une mémoire plus qu'un corps ou un visage. L'une des idées que j'ai beaucoup aimée, celle que l'homme porte sa mort en lui, l'emmène partout et cette idée je l'ai retrouvée lorsque j'ai lu ces vers de Pavese dans le poème "La mort viendra et elle aura tes yeux" (on trouve cette idée aussi chez Blanchot) :
"Cette mort qui est notre compagne
du matin jusqu'au soir, sans sommeil,"
La deuxième idée que j'ai retrouvée aussi chez maints grands écrivains est celle que le fait d'aimer ou la condition de celui qui aime est la plus belle, la plus importante, peu importe si "l'objet" aimé (pour employer cette expression classique) partage cet amour ou non.
Pour les scènes que j'ai appréciées, je pourrai citer celle des cheveux du lecteurs qui ressemblent à un homme qui vient de se réveiller, et toute la scène à la bibliothèque, la scène où il observe ce fou, la scène d'enfance où il avait peur des fantômes... etc
A mon avis, c'est un livre majeur qu'il faut lire et relire.
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jsgandalf
  29 mai 2012
Ce n'est pas un ouvrage facile à appréhender que ces « cahiers de Malte Laurids Brigge ». Ouvrage poétique en forme de récit de promenade dans la ville, dans les souvenirs, dans la vie, il en ressort un sentiment de tristesse et d'enferment, on sens l'épaisseur des murs comme ceux des sentiments. Traité à la façon de pensés, le propos est fort décousu.
Comme en musique et en peinture, il y a en littérature des oeuvres plus difficile que d'autre à aimer, mais une fois le but atteint le plaisir en est décuplé. Je pense que je vais m'accrocher et le relire pour m'en imprégner.
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brigetoun
  01 décembre 2011
Livre merveilleux.
Quête de soi, de l'enfance, de la mort, de la peur, de Dieu, de l'amour, de la poésie, à travers des souvenirs recréés, l'histoire, les mythes.
En une langue admirable de sensibilité
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cicou45
  20 juillet 2011
Il m'est quasiment impossible de qualifier cet ouvrage avec un genre précis puisque ce dernier n'est ni un roman ni un journal intime à proprement parler. Il est en réalité composé de pensées et de réflexions du jeune poète danois, Rainer Maria Rilke, venu s'installer à Paris dans le but d'écrire une monographie sur le célèbre sculpteur Auguste Rodin et ainsi de devenir écrivain.
Ce roman aborde des thème très variés tel que la fragilité de la condition humaine que le poète lui-même connaît bien puisqu'il est fragile de nature, ceux de la solitude, la mélancolie ou encore l'amour et de la mort.
Admirable ouvrage du poète qui nous confie, à travers cette fiction, des sentiments qui lui sont propres et des idées qui lui sont chères. A découvrir !
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NMTB
  29 décembre 2015
Malte Laurids Brigge est un jeune homme qui vit à Paris et tout en relatant quelques évènements de son quotidien, il se replonge dans ses souvenirs.
Rilke a quasiment écrit une autobiographie sentimentale. Je ne connais rien de sa vie et il est probable qu’il a beaucoup imaginé les aspects extérieurs de celle de Malte Laurids, mais en ce qui concerne les sentiments il ne fait aucun doute qu’ils sont conformes à ceux de l’auteur. On retrouve les mêmes interrogations, les mêmes angoisses, la même personnalité qu’il a disséminées partout dans son œuvre. Lui-même a vécu à Paris au début du vingtième siècle, il y a écrit des lettres lumineuses dans sa magnifique correspondance avec Lou Andreas-Salomé (qu’il faut lire dans son ensemble, traduite par Philippe Jacottet et parue chez Gallimard, parce que c’est un très beau et très grand livre). Il n’y a globalement pas été heureux, marqué par la découverte de la pauvreté moderne, citadine. La pauvreté dans toute sa plénitude, matérielle, physique, spirituelle. C’est cela qu’il relate au début des Cahiers.
Puis, peu à peu, le livre devient de plus en plus introspectif, se tourne vers l’enfance et une vaste réflexion sur l’amour. Autour du souvenir d’une mystérieuse Abelone, il est question des difficultés de l’amour, non seulement les difficultés d’aimer, bien aimer ou aimer idéalement, mais aussi les difficultés d’accepter d’être aimé. Et le rôle de la solitude dans tout ça, des tricheries inévitables ou de l’impossibilité de connaître l’autre totalement.
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Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   27 novembre 2010
Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.
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UnityUnity   12 janvier 2013
Il y a une quantité de gens, mais il y a encore plus de visages, car chacun en a plusieurs. Il y a des gens qui gardent un visage pendant des années ; naturellement, il s’use, se salit, se casse à l’endroit des rides, il se détend comme des gants qu’on a portés en voyage. Ce sont des gens simples et économes ; ils n’en changent pas, ils ne les font même pas nettoyer. Ce visage est encore assez bon, prétendent-ils, et qui leur démontrerait le contraire. On se demande évidemment, puisqu’ils ont plusieurs visages, ce qu’ils font des autres. Ils les mettent de côté. En réserve pour leurs enfants. Mais il arrive aussi que leurs chiens sortent avec. Et pourquoi pas, d’ailleurs ? Un visage en vaut un autre.
Il y a d’autres gens qui changent terriblement vite de visages. Ils les essaient les uns après les autres et les usent. Ils ont d’abord l’impression qu’ils en ont pour toujours ; mais ils ont à peine quarante ans qu’ils n’en ont plus. Cela comporte naturellement sa part de tragédie. Ils ne sont pas habitués à ménager leurs visages ; leur dernier est percé en huit jours ; en plusieurs endroits, il est mince comme du papier et on voit peu à peu le dessous, le non-visage, et ils sortent avec cela.
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agnescaagnesca   19 octobre 2011
Il m'arrive de passer devant de petites boutiques, dans la rue de Seine par exemple. Des brocanteurs, ou de petits bouquinistes, ou des marchands de gravures, dont les vitrines sont pleines à craquer. Jamais personne n'entre chez eux, ils ne font pas d'affaires, visiblement. Mais si l'on regarde à l'intérieur, ils sont assis, ils sont assis et ils lisent, insouciants ; ils ne se font pas de souci pour le lendemain, ne vivent pas dans l'angoisse de la réussite, ils ont un chien qui est assis devant eux, de bonne humeur, ou un chat, qui amplifie encore le silence en effleurant le dos des rangées de livres comme pour en effacer les noms.
Si cela suffisait, hélas ! J'ai parfois envie de m'acheter une de ces vitrines bien remplies et de m'asseoir derrière pour vingt ans, avec un chien.
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WozniaksandyWozniaksandy   25 août 2017
Est-il possible, pense-t-il, qu’on n’ait encore rien vu, reconnu et dit de vivant ? Est-il possible qu’on ait eu des millénaires pour observer, réfléchir et écrire, et qu’on ait laissé passer ces millénaires comme une récréation pendant laquelle on mange sa tartine et une pomme ?

Oui, c’est possible.

Est-il possible que, malgré inventions et progrès, malgré la culture, la religion et la connaissance de l’univers, l’on soit resté à la surface de la vie ? Est-il possible que l’on ait même recouvert cette surface – qui après tout eût encore été quelque chose – qu’on l’ait recouverte d’une étoffe indiciblement ennuyeuse, qui la fait ressembler à des meubles de salon pendant les vacances d’été ?

Oui, c’est possible.

Est-il possible que toute l’histoire de l’univers ait été mal comprise ? Est-il possible que l’image du passé soit fausse, parce qu’on a toujours parlé de ses foules comme si l’on ne racontait jamais que des réunions d’hommes, au lieu de parler de celui autour de qui ils s’assemblaient, parce qu’il était étranger et mourant.

Oui, c’est possible.

Est-il possible que nous croyions devoir rattraper ce qui est arrivé avant que nous soyons nés ? Est-il possible qu’il faille rappeler à tous, l’un après l’autre, qu’ils sont nés des anciens, qu’ils contiennent par conséquent ce passé, et qu’ils n’ont rien à apprendre d’autres hommes qui prétendent posséder une connaissance meilleure ou différente ?

Oui, c’est possible.

Est-il possible que tous ces gens connaissent parfaitement un passé qui n’a jamais existé ? Est-il possible que toutes les réalités ne soient rien pour eux ; que leur vie se déroule et ne soit attachée à rien, comme une montre oubliée dans une chambre vide ?

Oui, c’est possible.

Est-il possible que l’on ne sache rien de toutes les jeunes filles qui vivent cependant ? Est-il possible que l’on dise : « les femmes », « les enfants », « les garçons » et qu’on ne se doute pas, que, malgré toute sa culture, l’on ne se doute pas que ces mots, depuis longtemps, n’ont plus de pluriel, mais n’ont qu’infiniment de singuliers.

Oui, c’est possible.

Est-il possible qu’il y ait des gens qui disent : « Dieu » et pensent que ce soit là un être qui leur est commun. Vois ces deux écoliers : l’un s’achète un couteau de poche, et son voisin, le même jour, s’en achète un identique. Et après une semaine ils se montrent leurs couteaux et il apparaît qu’il n’y a plus entre les deux qu’une lointaine ressemblance, tant a été différent le sort des deux couteaux dans les mains différentes.
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SachenkaSachenka   28 décembre 2012
Toujours l’aimante surpasse l’aimé, parce que la vie est plus grande que le destin. Son don d’elle-même peut être infini ; c’est là son bonheur. Mais la misère sans nom de son amour a toujours été celle-ci : qu’on lui ait demandé de limiter ce don.
Aucune autre plainte n’a jamais été exprimée par des femmes. Les deux premières lettres d’Héloïse ne contiennent que celle-là, et cinq siècles plus tard elle s’élève encore des lettres de la Portugaise ; on la reconnait comme un appel d’oiseau. Et soudain le clair espace de cette reconnaissance est traversée par la forme la plus lointaine de Sappho, que les siècles ne trouvèrent pas, parce qu’ils l’ont cherché dans le destin.
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Videos de Rainer Maria Rilke (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rainer Maria Rilke
L'écrivain Colum McCann donne, à travers son livre "Lettres à un jeune auteur" une sorte de guide pour tout aspirant auteur et, plus généralement, pour tout lecteur intéressé par l?écriture : 52 conseils, encouragements ou mises en garde, s?inscrivant ouvertement ainsi dans la tradition des "Lettres à un jeune poète" de Rainer Maria Rilke.
En savoir plus sur "Lettres à un jeune auteur" : https://bit.ly/2L0rMZW
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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