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Nicolas Richard (Traducteur)
EAN : 9782702434574
230 pages
Éditeur : Le Masque (23/02/2011)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 60 notes)
Résumé :
A partir de faits divers des années 50, Abbott met en scène, dans ce roman comme dans les suivants, des relations perverses entre femmes. Ici, une jeune personne ordinaire raconte comment, lasse de son petit job et d’avoir à s’occuper de son père, elle est repérée par la reine du Milieu, célèbre pour ses jambes et le sang froid avec lequel elle règle différentes opérations criminelles (jeu, alcool, courses) pour le compte de la Mafia. Gloria Denton "pygmalionne" la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
diablotin0
  29 juillet 2018
Adieu Gloria est un livre qui est dans ma bibliothèque depuis un certain temps, cadeau du livre de poche, je l'ai choisi un peu comme livre de transition après voir lu Bakhita de V. Olmi. Je ne m'attendais pas à beaucoup plus qu'une transition et j'ai été agréablement surprise.
Je suis rentrée très facilement dans le milieu de la mafia…
L'histoire est celle d'une jeune comptable qui s'ennuie dans son travail mais son ambition va lui permettre de rencontrer et devenir l'assistante, « la pouliche » de Gloria Denton, femme fatale ayant main mise sur tout ce qui est illégal dans le domaine des courses et casino. Tout se déroule bien jusqu'au jour où elle va tomber amoureuse d'un certain Vic, joueur invétéré. Par passion pour lui, elle enfreindra les règles et trahira Gloria. de là, tout bascule et on assiste à un duo très bien amené.
Le scénario est très bien construit, Megan Abott nous livre un roman noir dans la pure tradition du roman noir américain. le lieu et l'époque restent flous, ce qui permet aux lecteurs de placer l'action où il le désire et à l'époque qui lui convient, c'est très bien fait.
Ce petit livre se lit très vite et nous transporte dans le monde de la mafia , mais contrairement à nos représentations, ici il s'agira d'un monde féminin.
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nadiouchka
  27 janvier 2017
Ayant vu que certains lecteurs avaient pratiquement raconté l'histoire (heureusement pas la fin), je vais essayer de contourner ce problème pour faire une petite chronique de ADIEU GLORIA (un roman noir) de Megan Abbott, et sans donner de détails ou du moins, pas trop.
L'histoire commence avec cette phrase : Je veux ces jambes. Ce fut la première chose qui me vint à l'esprit (page 9).
On comprend que la narratrice, une petite comptable dans une boîte de nuit, est une grande admiratrice de Gloria Denton (et de ses jambes qu'elle trouve superbes). Et lorsque la fameuse Gloria remarque notre héroïne, très douée pour le maquillage des cahiers de comptes, la jauge pour évaluer son potentiel (surtout physique), c'est parce qu'elle pense pouvoir en faire sa « pouliche ».
Il faut préciser que Gloria évolue dans un milieu très particulier, celui de bookmakers et qu'elle est très redoutée pour sa violence et un sang-froid extraordinaire. Donc, tomber entre ses mains est bien dangereux. Mais notre narratrice, très ambitieuse, se laisse prendre au jeu de l'argent facile et va se tenir aux ordres de Gloria. Quels sont-ils ? C'est à découvrir ...
Ici, les femmes sont très fortes aussi bien en jouant de leur séduction que par leur ascension, en arrivant à tenir tête à des malfrats. Mais elles font aussi preuve d'une grande force physique quand le moment est venu de passer à l'action. Où est passé le mythe de la faible femme ?
D'ailleurs, Gloria Denton est surnommée « La Caïd en talons aiguilles », mais elle sait très bien se salir quand c'est nécessaire.
Elle montre une grande patience dans sa formation de la narratrice. Elle est certaine de pouvoir en devenir le pygmalion et avoir, ainsi, une digne héritière.
Mais pendant cette initiation, de nombreux événements vont se dérouler et le travail n'est pas toujours facile ni agréable. Loin de là.
Heureusement pour la narratrice, elle connaît enfin le luxe (auquel elle rêvait tant) et elle sait très bien jouer de son charme pour faire taire les hommes mal-intentionnés.
Ces deux femmes fatales vont donner beaucoup de fil à retordre à leurs adversaires et le futur lecteur sera bien étonné de voir jusqu'où elles vont.
Face à celles-ci, les autres personnages paraissent presque insignifiants, ils n'ont qu'à obéir.
Avec cette lutte de pouvoir, Megan Abbott nous offre un bon roman noir, facile à lire et pour lequel elle a reçu le Prix Edgar Allan Poë en 2008 : un prix bien mérité !
J'ai relevé une critique qui résume parfaitement tout ce livre :
Christine Rousseau, le Monde des Livres : « A ceux qui penseraient encore que le roman « noir » est une affaire d'hommes, de flics paumés, de malfrats retors et de jolies « pépées » potiches, Megan Abbott offre un parfait démenti avec ce roman aux charmes vénéneux ».
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MARINENKA
  27 octobre 2020
Ce n'est pas un livre récent que j'ai choisi aujourd'hui mais il m'avait tentée pour trois raisons :
- le nom de l'écrivaine : Megan Abbott. Née dans le Michigan, cette auteure américaine a écrit sur des romans policiers, des romans noirs.
- le titre : »Adieu Gloria » (aux Éditons LE MASQUE), un livre qui a reçu des Prix. Il n'en fallait pas plus pour m'y intéresser. Livre petit mais tant pis.
- La couverture du livre : une photo de femme en noir et blanc, une femme certainement fatale avec des formes généreuses, vêtue d'une robe en drapé…. Une couverture qui attire l'oeil tout de suite car elle intrigue.
L'intérêt de l'histoire réside dans le fait qu'elle est bâtie sur des faits divers réels, ayant eu lieu durant les années 1950 avec la mafia en toile de fond ainsi que les bookmakers. Et puis cette femme, Gloria Denton qui évolue dans ce milieu trouble. Un surnom a été donné à Gloria, celui de « Caïd en talons aiguilles. »
L'histoire est racontée par une femme qui admire cette Gloria et ses jambes, oui, ses jambes qui troublent bien des personnages. Il faut reconnaître qu'elles sont parfaites. Et justement, un jour, Gloria voit l'héroïne (une petite comptable) et lui propose de travailler pour elle.
On assiste à des relations plutôt « perverses » parmi des femmes. On dit : «C'est la pouliche de Gloria Denton. Elle travaille pour Gloria.
Et s'ils ne savaient pas qui était Gloria, tant pis pour eux…. « (p.58)
On trouve également un certain Vic Riordan qui, pas bien futé, propose à « la pouliche » de Gloria, de détourner l'argent de la pègre … Pas bien malin car Gloria veille au grain et règle son compte en ni une ni deux à Riordan. Voilà qui est fait. Il n'avait qu'à rester tranquille...
Ah, au fait, il ne faudrait pas oublier l'inspecteur Clancy : « Exactement comme on l'aurait imaginé. Une bouille rougeaude d'Irlando – Écossais. »
Voici donc le fond de l'histoire mais je ne cite pas les événements. Quand on voit le Milieu concerné et le fait qu'une femme donne du fil à retordre, croyez-moi, c'est très engageant à lire (et puis c'est vite fait car le livre est plutôt court).
Megan Abbott y fait bien preuve de son talent pour nous entraîner à sa suite ; c'est rapide ; on y lit de l'argot ; on trouve de l'horreur ; pour une fois le monde est surtout féminin (cela ma rappelée « La Daronne » de Hannelore Cayre où c'est une femme qui tire les ficelles) ; mais que lit-on en page 186 ? : « Je croyais être sa pouliche. Je croyais être sa pouliche et elle est prête à me balancer. Si ça sent le roussi, me balancera-t-elle vraiment ?
Sas hésiter une seule seconde. « 
Ça sent le roussi ? Alors comment tout cela va-t-il finir ? A découvrir car je n'en dirai pas plus sinon trop facile !
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Woland
  20 juin 2015
Queenpin
Traduction : Jean Esch
ISBN : 978-2253161509
"Adieu Gloria" où l'amère tragédie d'une double trahison, l'une esquissée et qui n'a pas le temps de s'achever, l'autre accomplie comme un acte de légitime défense - ou alors en représailles. Mais toutes deux préméditées, pourtant. Ah ! ce n'est pas simple du tout de démêler les sentiments qu'éprouvent l'une pour l'autre les deux héroïnes. Gloria, l'aînée, prend sous son aile une jeune fille en qui elle flaire un potentiel comparable au sien et cette jeune fille sera notre narratrice jusqu'à la fin. Un potentiel spécial, cela va de soi : celui d'une femme capable d'effectuer, sans faiblir, sans moufter, sans être tentée, des "tournées d'encaissement" pour la pègre américaine des années cinquante, entreprise comme chacun sait gérée à l'image d'un commerce pyramidal, avec des chefs qui ont eux-mêmes des supérieurs hiérarchiques, lesquels, à leur tour, etc, etc ...
Avec Megan Abbott, on le sait désormais, le roman noir n'est plus exclusivement une affaire d'hommes. Pour Gloria Denton, figure incontournable et respectée dans le milieu où, entre autres, elle encaisse paris truqués aussi bien chez les bookmakers que dans les casinos, la narratrice, une petite comptable sans nom mais ambitieuse en diable, qui se contente pour l'instant d'aider deux malfrats de bas étage à truquer leur petite comptabilité à quatre sous, est une sorte d'investissement. Elle va lui confier tout d'abord de toutes petites missions, la mettre à l'épreuve ... Mais avant cela, elle va lui apprendre à s'habiller, à marcher, et même à parler. Elle va faire de la petite un reflet presque parfait d'elle-même.
Enfin, tel est son rêve car il lui faudra bien, un jour - le plus tard possible, évidemment - transmettre le flambeau. La narratrice a bien conscience des projets de son Pygmalion féminin, tout comme elle n'ignore rien des avantages que cela lui rapportera. Mais elle est jeune, un peu trop et la voilà qui commet l'incroyable sottise de tomber raide amoureuse d'un bon-à-rien, d'un joueur invétéré, qui s'obstine à placer tout son argent (et aussi celui des autres) sur des chimères qui jamais ne gagnent. Vic Riordan, un physique de beau mâle irlandais, des tendances sadiques au lit et tout ce qu'il faut pour plaire à une femme comme notre narratrice, laquelle, malgré son assurance, a encore beaucoup à apprendre ...
Mais un jour, Riordan tire trop sur la corde et convainc notre petite pouliche trop sûre d'elle de parier avec l'argent de la pègre ... Alors, Gloria décide de régler le compte de celui qui a osé s'en prendre à "sa" pouliche - et la mettre en danger puisqu'il va bien falloir rattraper le coup sans qu'elle reçoive la "punition" qu'elle mérite.
Pouf ! Plus de Vic Riordan.
On ne peut pas dire que ce soit une grande perte . Mais pourquoi la narratrice découvre-t-elle, cachée dans la penderie de Gloria, la robe qu'elle portait ce soir-là, tachée du sang de Riordan non parce qu'elle avait participé à son assassinat mais au contraire parce qu'elle avait tenté d'arracher Denton à sa folie meurtrière qui la faisait frapper, frapper, et encore frapper ... ? Cette robe que Gloria lui avait promis justement de brûler dans l'incinérateur ? ...
Et de son côté, pourquoi la narratrice, alors qu'elle ne savait encore rien pour la robe, a-t-elle conservé le coupe-papier et le revolver qui ont servi au meurtre et dont Gloria lui avait ordonné de se débarrasser ? ...
C'est un duel de femmes, un duel de Mère à Fille, et un duel aussi - je le répète encore au risque de choquer mais lisez le livre et vous comprendrez ce que je veux dire - un duel d'amante et de maîtresse même si la relation des deux héroïnes reste platonique et si rien n'est dit, à peine suggéré. L'une cherche à dominer l'autre - et vice versa. C'est plus fort qu'elles : elles sont bien de la même espèce et cela ne peut se terminer que par un drame.
Les femmes ou les jeunes filles prises par Abbott pour héroïnes sont toutes des femmes fortes, des guerrières qui savent se battre et sont faites pour ça. Il arrive qu'elles le découvrent au cours du roman mais, parfois, elles le savent dès le début. le monde dans lequel elles évoluent, même s'il n'est pas toujours lié à la pègre, est une jungle et, si les hommes y pullulent, le lecteur (et plus encore la lectrice) est souvent amené à se demander si ces hommes ont autant d'importance qu'ils se l'imaginent. le "hard-boiled" au féminin, en somme mais avec autant de noirceur qu'au masculin, beaucoup plus de subtilité dans le message et infiniment plus de venin. Les hommes sont brutaux et sanguinaires, certains sont tordus, oui mais, comme ils ne sont pas conditionnés dès l'enfance à subir, il leur manque souvent ces réflexes glauques, ces raisonnements qui plongent incroyablement loin dans la psyché de l'autre et qui sont le lot, force ou faiblesse, des héroïnes vénéneuses - déjà femmes ou en devenir - de Megan Abbott.
Si vous aimez le roman noir et si vous êtes une femme, vous aimerez Megan Abbott. Si vous êtes un homme aussi, d'ailleurs, en principe ... Mais il n'est pas sûr que vous ne vous retrouviez pas plus troublé qu'à la lecture d'un Chandler, d'un Chase ou même d'un Ellroy. Ces auteurs-là ne vous font pas de cadeaux : Abbott, elle, vous en fait tout plein - tous plus empoisonnés les uns que les autres. ;o)
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Mimeko
  10 juillet 2017
Gloria Denton, femme fatale et accessoirement au service de la pègre pour l'encaissement des paris (courses et cercles de jeux) repère une jeune comptable pour la former et lui transmettre le flambeau. Pour ce faire, elle la relooke, lui révèle les façons de se comporter en femme fatale, lui explique les dessous du business, lui présente ses contacts et son réseau.....Sa pouliche apprend vite, d'autant plus qu'elle est en admiration devant Gloria, ambitieuse également jusqu'au moment où elle s'amourache d'un tocard qui l'entraîne dans un coup tordu...ce que n'aurait jamais fait une femme de tête comme Gloria...
Megan E. Abbott propose avec Adieu Gloria un roman très court mais terriblement efficace, on est de suite immergé dans les dessous peu glorieux des cercles de jeux, du blanchiment d'argent, un monde de la nuit où il faut naviguer habilement entre des propriétaires de bars ou autres établissements servant de couverture à des trafics louches où à des activités pas toujours claires, où l'alcool coule à flot....Elle propose une galerie de personnages dans la lignée des films noirs américains des années cinquante, les dialogues qui font mouche et une intrigue qui tient bien la route....
Une très bonne lecture et une mention spéciale pour le traducteur Nicolas Richard.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   21 juin 2015
[...] ... La première semaine, je fis de la voiture. Elle me confia les clefs d'une Impala bubbletop, et me donna les indications nécessaires pour aller sur un quai à Deacon City, puis, en fin de semaine, dans une série d'entrepôts, de l'autre côté de la frontière de l'Etat.

- "Si tu te fais arrêter," dit-elle, "explique-leur que tu rends visite à ta soeur à Titusville. Elle s'appelle Fern Waxman. S'ils veulent fouiller ta voiture, ce qui ne sera pas le cas si tu assures un minimum, tu n'auras qu'à dire : "Bien sûr, monsieur l'agent, mais je vais être en retard, et ma soeur vient juste d'accoucher."

Personne ne m'arrêta. Je surveillai ma vitesse pendant tout le trajet. Jamais de ma vie je n'ai conduit aussi prudemment.

J'ignorais ce que je livrais, en tous cas elle ne m'en disait rien. A chaque fois que j'arrivais à destination, il y avait toujours deux ou trois types sur place. L'un d'eux me demandait les clefs, puis ouvrait le coffre. Jamais je ne l'ai ouvert, pas une seule fois.

Au début, la marchandise était déjà dans le coffre quand elle me remettait les clefs de la voiture. Une fois, je risquai un coup d'oeil au moment où les gars déchargeaient. Ils relevaient un double fond et en sortaient de petits sacs. Au bout de quelques virées, je pus voir un peu mieux de quoi il s'agissait : cartouches de cigarettes, médicaments fourrés dans de longs tubes. Une fois c'était des boîtes de caviar russe, d'autres fois des boîtes et des boîtes d'étoiles de David en pendentifs.

La deuxième semaine, je me rendis dans une banque, munie d'une pièce d'identité au nom de Coral Meeker, et je vidai un coffre-fort rempli de cailloux comme je n'en avais jamais vu : broches incrustées de gros saphirs, grappes de perles brillantes, une opale montée en bague grosse comme une balle de golfe. Ce jour-là, elle me fit emballer les bijoux dans un sac rempli de couches et de vêtements pour bébé "pour le nouveau-né de ma soeur." En d'autres occasions, j'utilisai le double fond. Une fois, elle me fit glisser une pile de passeports dans la doublure d'un d'attaché-case. Une autre fois, c'était je ne sais quelles devises étrangères compactées dans le sac d'un aspirateur tout neuf que j'apportais à cette fameuse soeur, la plus veinarde des soeurs de trois Etats.

Je procédais exactement comme elle le voulait. Bientôt elle vit que j'étais irréprochable et pas cruche. J'étais prête pour davantage. Je voulais davantage. ... [...]
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nadiouchkanadiouchka   27 janvier 2017
J’eus l’impression d’être le quarterback vedette de l’équipe.
- Alors j’y retourne ?
- Demain, dit-elle en me lançant une épaisse liasse de billets tenus par un élastique. Mais la prochaine fois, laisse tomber le plan drague. Harry ne parle plus que de toi et de tes chevaux.(…)
Mais j’avais réussi le test, pas vrai ? J’avais réussi le test. La prochaine épreuve, ce n’est pas elle qui l’organiserait. Elle se déroulerait au grand jour, et alors de deux choses l’une, je coulerais ou je surnagerais.
P.42
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LydiaBLydiaB   13 mars 2011
L'inspecteur Clancy était exactement comme on l'aurait imaginé. Une bouille rougeaude d'Irlando-Ecossais, des mains rudes, toujours collées à ses hanches, une barre de cheveux bouffants qui flottaient au-dessus de son front comme un écolier. des yeux mauvais, des cils longs où se nichait quelque chose de froid et de fourbe.

Il me regarda comme s'il me connaissait. Comme s'il savait tout de moi. Ça, j'avais l'habitude. Les perdreaux, on en trouvait de toutes tailles, les cicatrices n'étaient pas les mêmes, mais ils étaient fabriqués sur le même modèle. Ils vous dévisageaient tous comme si vous sortiez d'une chaîne de montage pour poupées en plastique moulé dont le lustre s'était estompé à force d'avoir été tripotées par trop de doigts rugueux. Juste bonne pour la trombine et les combines.

Les pires étaient ceux qui ne tendaient pas la main pour réclamer. Les vrais croyants. Mais Clancy ne semblait pas être de ceux-là. Il y avait une lassitude, une usure qui tirait les traits de son visage. Le feu sacré l'avait abandonné. A la vérité, je n'en avais jamais rencontré, de vrais croyants.

Mais j'étais nerveuse, bien sûr. D'avoir vu le zozo à la casquette, en bas, les trucs qu'il m'avait sortis, son regard pressant et désespéré. Et puis, j'avais aussi l'impression de sentir encore la terre grumeleuse sous mes ongles, après le pillage de tombe de la veille au soir. Sans la forte dose de médocs que j'avais absorbée, j'aurais tremblée comme une vierge la veille de la nuit de noces.
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nadiouchkanadiouchka   24 juillet 2020
- Écoute, poupée, si quelqu’un te fait mal, dit-elle, cela ne se reproduira pas deux fois. (…)
- Tu es à moi, ajouta-t-elle en posant un doigt ganté sur ma cuisse jusqu’à ce que je tressaille. Te faire du mal, c’est me faire du mal. Tu es à moi, et si quelqu’un pose ses sales pattes sur toi, c’est comme si c’était sur moi. Tu es ma pouliche. Je n’hésiterai pas un instant.
Et je savais qu’elle le pensait vraiment.
P.85
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PecosaPecosa   23 mai 2012
Alors, eh bien, oui, je lui servis mon plus beau déhanché, à la fois grande classe et poule à vendre. Quand on arrive à mêler intimement les deux, les gars ne comprennent pas ce qui leur tombe dessus. Ils n'arrivent pas à vous cataloguer. ça les rend dingues -du moins les plus futés. Ils vont tout faire pour vous mettre le grappin dessus. Vous êtes à la fois leur petite amoureuse de l'école maternelle et leur première pute, le tout dans un seul et même emballage torride.
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