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ISBN : 2211237711
Éditeur : Globe (10/10/2018)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 46 notes)
Résumé :
L'auteure raconte son parcours et sa rébellion contre l'éducation musulmane sunnite qui lui a été imposée en Arabie Saoudite. Contrainte de porter le hijab à 9 ans et le niqab à 13 ans, elle découvre le monde par la biais d'Internet puis des livres et de la science. Menacée en raison de son engagement pour les droits de l'homme et de la femme, elle se résout à quitter son pays et sa famille.
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  25 septembre 2018
Rana Ahmad qui s'est enfuie de son pays, l'Arabie saoudite, depuis deux ans, appelle finalement chez elle pour parler avec son père qui lui manque tant, en lui cachant l'endroit où elle se trouve car ce serait trop dangereux.
« Je me trouve au centre de Cologne, dans le pays qui est devenu mon nouveau logis, parce que dans mon ancien chez-moi, je n'avais pas le droit d'être celle que je suis. » (p.17)
Un roman coup de poing ou une grande claque à nous qui sommes éloignés de ce pays mais dont on connaît les problèmes de femmes, soumises aux volontés des hommes, obligées d'obéir non seulement à leurs familles mais aussi aux ordres du Gouvernement. Des soumissions pas sans danger et dont nombreuses sont celles qui n'en réchappent pas ou qui en restent traumatisées à vie.
Il faut un réel courage à celles qui décident de fuir cette « barbarie » et c'est ce qu'a fait l'auteure, Rana Ahmad qui nous relate son autobiographie, son évasion, dans « Ici, les femmes ne rêvent pas. »
Elle nous raconte dans un ouvrage très dense mais passionnant, TOUT son parcours – Tout son vécu - ses humiliations – ses relations avec sa propre famille où seul le père se montre toujours affectueux et l'aidera jusqu'au bout et même dans les moments les plus difficiles ou dangereux. D'ailleurs, de lui, Rana écrit : « Pendant toute mon enfance et toute ma jeunesse, mon père sera le seul homme qui compte dans ma vie. Auprès de lui, je me sens à l'abri et en sécurité. » (p.71/72)
Dans les moments heureux de son enfance, figure celui où son père lui offre une bicyclette :
« Qui cela peut-il être, et pourquoi est-ce à moi d'aller ouvrir la porte ? Mais devant la maison, c'est mon père qui attend, un petit sourire aux lèvres. Je suis tellement confuse que je ne vois pas l'objet tout de suite. (…) - c'est une bicyclette ! Un vélo pour filles, blanc et argenté. Pour toi, Rana ! » (p.24) Mais elle n'aura le droit de s'en servir que lors de vacances passées chez les grands-parents.
Malheureusement, un jour, au retour d'une de ses promenades, son grand-père, d'un air très sérieux, en lui ouvrant la porte, lui dit qu'elle n'a plus le droit de faire du vélo et le donne à un de ses oncles : « Quelque chose n'est pas comme d'habitude. Il a les yeux sombres et brillants. (…) Rana, tu cours sans arrêt les rues avec ta bicyclette. Tu es beaucoup trop âgée pour ça. » (p.34) En plus de cette grande désillusion, vient s'ajouter un autre gros problème, pendant le repas : « Et puis il est temps qu'elle porte un voile. » (p.36). Fin de l'enfance insouciante ?
On juge que tout ce qu'elle fait est « haram » (mauvais). A présent qu'on la considère comme « un petit bout d'adulte » il va aussi falloir qu'elle porte des « abayas, ces tenues que les femmes portent au-dessus de leurs vêtements normaux quand elles quittent la maison, des niqabs, ces voiles qui masquent le visage, et des tarhas, ces foulards qui recouvrent les cheveux, les oreilles, le cou et les épaules. » (p.38).
Sa vie va alors se transformer du tout au tout. Victime d'humiliations de la part de sa famille (ses frères, ses oncles…) mais le soutien de son père reste infaillible.
Une solution possible lui vient à l'idée : quitter le foyer familial pour épouser Wisam, amoureux d'elle et ils quittent Riyad pour Damas en Syrie. Les premiers temps sont heureux mais bien vite la famille de son époux s'impose à eux et rendent vite la vie impossible. Des gestes (que l'on ne peut pas décrire) sont effectués envers Rana mais son mari ne veut pas la croire.
Si bien que la seule issue, après une tentative dramatique, et avec l'aide toujours de son père, le divorce est envisagé. Elle retourne pour un temps dans sa famille où sa mère l'accueille très mal en lui disant qu'elle n'apporte que des problèmes ! Comme accueil on aurait pu rêver mieux…
Je vais abréger ma chronique car il y aurait beaucoup trop de choses à dire. Ce livre est incroyable et penser que Rana est passée par là (comme d'autres femmes d'ailleurs) paraît difficile à admettre et pourtant…
Grâce aux réseaux sociaux Facebook et Twitter, elle va entrer en contact avec « Atheist Republic ». Pour Rana, la révélation suprême s'impose : elle est athée et adhère entièrement au groupe.
Mais une épreuve s'impose encore à elle dans sa famille. : ils vont aller à la Mecque pour un pèlerinage, devoir tourner autour de la Kaaba, recouverte d'un drap noir, l'édifice le plus sacré de l'Islam ; une torture pour l'auteure car elle fait semblant alors qu'elle est à ses yeux « une pécheresse, une mécréante, la lie de la terre. »
Enfin, elle décide de s'évader et là aussi ce sera une grande épreuve et demandera beaucoup de courage car il y aura bien des obstacles à franchir. Et va-t-elle y arriver ? « Au cours des semaines qui précèdent ma fuite, je suis une autre personne. Je n'ai plus rien à voir avec la Rana que connaît ma famille, la petite fille qu'ont élevée mes parents. Je ne crois plus en Dieu, je ne fais plus que jouer le rôle de la brave musulmane. » (p.190)
Je suis obligée de passer sur le reste car ce serait spolier un si beau récit émouvant, plein de tension extrême, d'attente de savoir ce qui arriver et comment.
« Ma grande chance est l'existence de ce réseau mondial d'athées qui font tout pour s'entraider. Un ami du Koweït m'envoie plus de mille dollars quand il entend parler de mes problèmes d'argent. Armin Navabi, le fondateur du site Web « Atheist Republic » m'écrit un mail. Il me demande comment je vais et si j'ai réussi à m'enfuir. Il dit que ma photo de la Kaaba l'a tellement impressionné qu'il aimerait garder le contact avec moi et m'aider. » (p.216)
Rana Ahmad nous livre un beau témoignage en nous décrivant tout ce par quoi elle est passée.
Cela a fait que, une fois le livre terminé, contrairement à mes habitudes, j'ai laissé passer un jour pour tenter de mettre de l'ordre dans mes idées - de réfléchir à ce que j'allais pouvoir écrire sans en dire trop - de taire les ignominies, les scènes de violence – les moments d'espoir et ceux de découragement et surtout ne pas dévoiler la centaine de dernières pages.
Mais on l'a vu au début, le récit commence à Cologne ce qui est une indication et puis Rana est l'auteure, donc une déduction s'impose.
Je voudrais féliciter Rana Ahmad pour un si beau livre et j'ai vu que dans les « Remerciements » elle a bénéficié de belles aides.
Par contre, une émotion encore avec ces dernières lignes : « Je prends une décision : je me sens suffisamment forte à présent pour appeler mon père au téléphone le lendemain. C'est la première fois que j'entendrai sa voix depuis que je suis montée dans l'avion qui allait me conduire à Istanbul, deux ans plus tôt. C'est avec cette pensée que je tombe dans mon lit ce soir-là, épuisée, mais heureuse. »
Ce bonheur-là, Rana, vous l'avez mille fois mérité et puisse ce livre ouvrir les yeux un peu plus sur le sort de toutes ces femmes encore prisonnières de leur statut de femme-esclave dans votre ancien pays. Je souhaite également qu'il permette, justement à de nombreuses autres femmes, d'oser franchir le pas et d'avoir votre courage ainsi que la possibilité de le faire.
Petite indication : j'ai eu la possibilité de publier cette critique car, n'ayant pas obtenu ce livre par l'intermédiaire de Babelio, aucun embargo ne m'avait été imposé, cet ouvrage devant paraître le 3 octobre 2018 (ou le 10 suivant les informations).
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fanfanouche24
  30 octobre 2018
Flânerie... buissonnière qui m'a emmené vers ce récit autobiographique d'une jeune saoudienne; les thèmes m'intéressaient, ainsi que l'illustration de la couverture des plus réussies, et explicites qui ont capté mon regard !
Interpellée comme chaque femme peut l'être en voyant ses congénères bafouées, asservies aux quatre coins du monde...
Toujours tétanisée, effarée, révoltée par la masse d'interdictions, de contraintes incessantes... faites aux femmes comme aux jeunes filles à travers le monde, et plus particulièrement dans les pays arabes !... Un récit vivant, alerte, regorgeant d'anecdotes sur les usages, les règles de tout bon musulman...en Syrie comme en Arabie -saoudite...
On accompagne le parcours d'une petite fille adorée par un père bienveillant...qui lui offre une bicyclette qui l'enchante, ...mais elle ne peut l'utiliser qu'à Damas chez ses grand-parents, jusqu'au jour où son grand-père lui enlève brusquement en lui interdisant désormais d'en faire, devenant trop grande..pour que cela reste décent !!
Son père, attristé , se plie à l'autorité de son propre père... c'est la fin de l'enfance et de l'insouciance pour Rana...Elle ne comprend pas pourquoi les libertés se réduisent au fur et à mesure qu'elle grandit !
Combien de femmes bafouées, exploitées à travers le monde... et l'Arabie saoudite semble un territoire des plus effrayants pour ses travailleurs émigrés comme pour sa population féminine.
Les premières échappées de notre narratrice ne se feront pas comme elle l'espérait au début, par son mariage (qui sera un échec violent), mais par un 1er travail dans un hôpital, avec le soutien paternel, puis
par les fenêtres ouvertes sur le monde offertes par Internet [Se retrouvant recluse et enfermée chez ses parents; sa meilleure amie , bannie par sa famille...]
Nara parvient à rompre son isolement grâce aux réseaux sociaux... où une "révolution" surviendra lorsqu'elle découvrira un groupe "Atheist", qui va chambouler toute son existence ainsi que sa structure mentale formatée par son environnement social et géographique...Elle se mettra à dévorer des livres qui sont interdits en Arabie saoudite, dont "L'Origine des espèces" de Darwin...
"On dirait presque qu'il (son père) devinait déjà à cette époque que je ferais un jour le grand bond vers une nouvelle existence-car même si je suis satisfaite de mon travail à l'hôpital, même s'il m'arrive d'apprécier certains moments de ma vie, je ne me défais pas de ce sentiment accablant d'être en cage, une sensation qui m'accompagne jour après jour, moi et beaucoup d'autres jeunes femmes et filles saoudiennes. Chaque fois que je passe le niqab, le matin, je sais que je vis dans un pays où les femmes et les hommes ne sont pas traités de la même manière. (p. 115)"
Dans ces persécutions permanentes et infantilisation imposées aux jeunes femmes, il reste une petite lumière constante pour Rana: l'amour et le soutien de son père, qui est toutefois ligoté par la pression de son milieu, son pays ainsi que de sa religion... !
Sinon les difficultés , les interdictions ne cessent jamais: Difficulté d'aller à l'université, difficulté pour exercer une profession, impossibilité de s'exprimer... Une mise sous tutelle masculine, et cela pour la vie entière !

Une lecture coup de poing... Chapeau bas à Rana Ahmad pour sa détermination et son immense courage: partir, s'exiler loin de son pays où les femmes n'ont pas droit de cité !!... Apprendre une nouvelle langue, s'adapter à d'autres valeurs, d'autres usages, recommencer ailleurs, loin de sa famille et de ce père qui lui manque tant...
Le début du récit débute par un appel poignant de Nara à son père, qu'elle n'a pas vu depuis deux longues années, ayant fui son pays...et ne voulant pas mettre ses parents en danger, vis à vis du régime saoudien !
Un récit aussi terrifiant que courageusement passionnant... Souhaitons à Rana Ahmad toute la réussite possible dans sa nouvelle patrie; qu'elle soit récompensée pour sa volonté , son talent et ce premier ouvrage rempli de promesses... et pour finir un lien pour rappeler que la barbarie commence là où on maltraite les femmes....
J'ai eu subitement envie d'écouter le texte d'Aragon, interprété par Jean Ferrat : "La Femme est l'avenir de l'homme "...
https://www.youtube.com/watch?v=VuLWhwzmgZo
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isabelleisapure
  30 septembre 2018
Je viens de lire un document douloureux mais ô combien nécessaire pour ne jamais oublier que le plus beau cadeau qui puisse être fait à un être humain est la liberté.
Rana Ahmad a fui son pays l'Arabie Saoudite lorsqu'elle a pris conscience qu'elle n'avait plus la foi. Fuir pour ne pas mourir.
La mort dans l'âme et la peur au ventre, la jeune femme se réfugie en Allemagne ou elle vit désormais.
Tout au long de son récit, nous découvrons les brimades qu'elle subit quotidiennement comme des millions de femmes au nom de la religion.
Des femmes sans visage, cachées sous un niqab, courbées sous le poids d'un fardeau énorme que leur imposent les hommes au nom de la religion.
A travers le témoignage de cette femme courageuse, on assiste à un choc des cultures entre l'Europe des libertés et une société islamique verrouillée par la religion.
Même si le style littéraire assez basique m'a dérangée au début de ma lecture, je l'ai rapidement oublié pour me consacrer à ce récit dont la force et le tragique m'a profondément émue.
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mumuboc
  03 février 2019
Lire ce genre de récit permet de prendre conscience que, même s'il y a encore du travail à faire concernant la place des femmes dans notre pays, il est des pays où celle-ci n'est même pas existante.
Les femmes saoudiennes n'iront pas en enfer, il y a longtemps qu'elles y vivent. (p281)
Voilà une phrase, tirée d'un commentaire d'un journaliste saoudien repris par l'autrice qui résume totalement ce témoignage.
Naître fille est une malédiction qui va imprégner toute leur vie. A l'âge où une fillette ne songe qu'à jouer, à découvrir le monde qui l'entoure, et pour Rana il s'agit de le faire à bicyclette, elle va se voir confisquer cet objet de liberté et va entrer à 10 ans dans les méandres des règles et obligations qu'elle devra observer toute sa vie afin d'être une « bonne » femme saoudienne musulmane…..
Elle va devenir un objet qui sera transporté, car elle ne peut sortir qu'accompagner d'un homme, se verra maltraitée, battue et mise au silence dès qu'elle transgressera les règles. Et des règles il y en a : que ce soit des règles de vie mais aussi des règles religieuses.
Au fur et à mesure des pages, on réalise à quel point leur vie (si on peut appeler cela une vie) est entravée, brimée, annihilée….
Rana d'origine syrienne, est une jeune fille comme il en existe des millions, qui rêve de liberté, d'apprendre, d'aimer et tous ces droits auxquels chacun humain a, normalement, la légitimité, elle, elle se les voit refuser parce que femme et musulmane. L'homme, le père, le mari, le frère ont tous les droits mais aussi, aussi surprenant que cela puisse paraître, certaines femmes qui ont tellement intégré ces règles qu'elles les appliquent implacablement, sans souci de filiation, d'amour maternel.
Sa prise de conscience des entravements qu'elle subit dans sa vie de tous les jours, des abus, des gestes, de la peur et de la violence des hommes qui l'entourent sera l'étincelle qui fera jaillir ses doutes sur la religion, sur sa vie et sa soif de liberté.
Grâce aux réseaux sociaux elle va découvrir qu'il y a un autre monde que celui qu'on lui impose, ce monde où les femmes n'ont aucune existence, aucune présence, elles ne sont que des ombres noires qui planent dans les rues surchauffées et qui doivent toujours être accompagnées d'un homme. Comment arriver à imaginer que le moindre de nos gestes, la moindre activité ou désir que nous ayons soit pour elles un parcours du combattant.
Pas de liberté, pas d'autre choix possible, elles doivent accepter, subir et se taire.
Quelle force et quel courage il faut pour endurer cela mais aussi pour tout quitter : sa famille mais surtout, dans le cas présent, ce père tant aimé, cette mère dure, sèche et intransigeante, un frère violent et extrémiste, qui peut aller jusqu'à vouloir la tuer de ses propres mains, quitter un pays pour l'inconnu avec tous les risques que cela comporte.
Partir sans se retourner, partir avec 200 dollars, un sac, un ordinateur, quelques adresses trouvées sur les réseaux sociaux. J'ai été étonnée mais aussi réconfortée de découvrir la solidarité et l'humanité qu'il existe et qu'elle a trouvées pour sortir du calvaire qu'elle vivait et pouvoir s'enfuir. Faire confiance, ne pas trop réfléchir parfois aux conséquences, aux risques.
Et puis il y a l'espoir, l'attente, le choix du pays où l'on va tenter de se reconstruire, de trouver enfin une liberté de vivre, de penser, d'aimer, de croire ou de ne pas croire.
Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à la lecture de ce témoignage, je dois l'avouer mais il faut sortir de sa « zone de confort » parfois et je ne le regrette pas dans le cas présent.
Rana Ahmad livre ce témoignage avec franchise, partageant avec le lecteur ses joies, ses rêves, ses désillusions et ses espoirs, dans une écriture fluide, sans pathos, un simple constat et j'ai particulièrement apprécié son chemin de réflexion sur la religion…..
Egoïstement, on ne peut s'empêcher de penser à sa propre vie, à la chance que nous avons d'être malgré tout libres, libres de notre vie, de nos choix, de notre religion, de nos loisirs, d'aimer, simplement de pouvoir dire oui ou non.
Ce type de témoignage permet de redonner de la valeur à des actes de la vie de tous les jours, que nous avons tellement intégrés et dont nous n'avons plus parfois conscience. Vivre libre de sortir, de parler, de prier ou pas, d'aimer ou pas, d'apprendre, de choisir…… cela n'a pas de prix et c'est ce que Rana a choisi.

Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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litolff
  15 janvier 2019
Saoudienne et athée, menacée de mort dans son pays, elle s'est réfugiée en Allemagne et raconte son histoire... On ne dira jamais assez la chance qu'ont les femmes nées en occident d'échapper à l'obscurantisme qui règne dans certains pays et de bénéficier (mais si, mais si !) des combats féministes menés par nos aînées.
Rana Ahmad n'a pas eu cette chance, elle est née en Arabie Saoudite, à 11 ans on lui a interdit de faire du vélo, à 14 ans on l'a voilée puis on l'a mariée avant que ses oncles aient eu le temps de la violer...
Mais un jour Rana a décidé qu'elle ne voulait plus être une femme abusée et elle s'est enfuie, sachant que si son frère la rattrapait, elle était morte.
Au moment où je referme ce livre, j'apprends qu'une autre jeune saoudienne a trouvé refuge au Canada après avoir fui son pays.
On ne peut que s'incliner devant un tel courage.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   29 octobre 2018
On dirait presque qu'il (son père) devinait déjà à cette époque que je ferais un jour le grand bond vers une nouvelle existence-car même si je suis satisfaite de mon travail à l'hôpital, même s'il m'arrive d'apprécier certains moments de ma vie, je ne me défais pas de ce sentiment accablant d'être en cage, une sensation qui m'accompagne jour après jour, moi et beaucoup d'autres jeunes femmes et filles saoudiennes. Chaque fois que je passe le niqab, le matin, je sais que je vis dans un pays où les femmes et les hommes ne sont pas traités de la même manière. (p. 115)
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nadiouchkanadiouchka   29 septembre 2018
J’ai vingt-neuf ans. Une femme divorcée à Riyad, avec un diplôme d’anglais, quelques années d’expériences professionnelles et un ordinateur portable dans son sac. Je quitte mon domicile sans bagages ni certitudes, je marche vers l’inconnu. J’ai du mal à comprendre que ce sera ce jour pourrait être le dernier à me voir enveloppée de tissu noir et contrainte de respecter les règles rigoureuses de ma religion (…) pire : le dernier jour de ma vie tout court.
P.195/196
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fanfanouche24fanfanouche24   29 octobre 2018
En Islam, il existe une formule de remerciement spécifique que l'on adresse aux femmes non mariées. Elle signifie littéralement : "Je te reverrai quand tu seras épouse". Elle est aussi naturelle que l'expression "Dieu merci" en français et l'on ne réfléchit pas à son contenu littéral quand on l'utilise. Il n'empêche que le fait qu'on la prononce devant une femme qui n'a pas encore de mari pour lui exprimer une profonde reconnaissance en dit long sur la situation de ces pays. (p; 69)
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fanfanouche24fanfanouche24   29 octobre 2018
Nona a été auscultée par une femme médecin légiste qui a vérifié sa virginité. Comme elle n'est plus vierge, elle a été condamnée à cinquante coups de fouet et trois mois de prison. (...) Lorsqu'elle est libérée de prison, sa soeur m'appelle au téléphone. Son père doit signer une lettre garantissant qu'il ne tuera pas sa fille. Cela permet à la police religieuse de se couvrir et de se dégager ainsi de toute responsabilité, car, après ce type d'arrestation, beaucoup de femmes sont tuées par leurs familles soucieuses de sauver leur honneur. (p. 123)
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nadiouchkanadiouchka   27 septembre 2018
La liste de liens qu’Arab Atheist a établie constitue une sorte de bibliothèque interdite sur l’athéisme, dans laquelle on peut se promener en cliquant sur sa souris. L’un de ses tweets contient un lien vers un film documentaire sur les théories de Charles Darwin. (…)
Ce ne sont que dix minutes mais elles vont tout changer. P.135
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Videos de Rana Ahmad (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rana Ahmad
Échos du monde – Rana Ahmad se dévoile…
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