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ISBN : 2742797769
Éditeur : Actes Sud (04/05/2011)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 54 notes)
Résumé :
S’arracher à son pays est un chemin difficile. Ce livre est le récit de cette sorte de souffrance. Le héros, un jeune Badawi, un homme du désert, blessé par sa famille, lassé de la vie de misère et des humiliations, écartelé entre l’existence qu’on lui impose et celle qu’il voudrait vivre, part pour la France réaliser son rêve: devenir quelqu’un, quelqu’un d’autre. Désirant à tout prix oublier son passé, croyant être devenu cet “autre”, il reviendra pourtant sur les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
TRIEB
  24 août 2012
A quel prix se paye la conquête de la liberté ? Cette dernière doit-elle passer par l'effacement de sa vie, de ses origines, de ses racines ?
Mohed Altrad, dans son roman : « Badawi » pose cette question, sans que celle-ci ne revête jamais un caractère inactuel ou passéiste.
Un jeune bédouin, Maïouf, est en butte aux contraintes imposées par sa famille, qui lui interdisent l'accès à l'école, une liberté de mouvement minimale, le libre choix de sa conjointe.
Pour conquérir cette liberté, Maïouf fréquente l'école presque clandestinement, se joue de l'influence néfaste exercée par sa grand-mère, personnage habité par la volonté de nuire et de répandre le mal autour d'elle .Cette libération passe pour le jeune Maïouf , par l'excellence scolaire .Il l'atteint , se fait remarquer par ses enseignants, qui lui offrent une place dans un pensionnat , à Raqqah, localité de Syrie pas comparable à Damas ou Alep dans ses dimensions , mais qui lui ouvre les portes vers le monde extérieur . Sa situation de fils d'une femme répudiée entretient également sa révolte intérieure.
A Raqqah, il fait la connaissance d'une jeune fille, Fadia, dont il peine à reconnaître la nature des véritables sentiments qu'il éprouve à son égard : il en est amoureux, un peu comme le personnage principal du Grand Meaulnes d'Alain Fournier, promettant à cette jeune fille de l'attendre, de réaliser avec elle une union aboutissant à la naissance d'un enfant, le tout situé dans un futur indéterminé.
Après avoir obtenu une bourse du gouvernement syrien, Maïouf, qui a changé son prénom pour se faire appeler Zaher, « le victorieux » fait des études en France, y devient ingénieur en pétrochimie, et obtient un poste à dans les Emirats du Golfe Persique. Durant son séjour, il est fasciné par la puissance de ces infrastructures, puissance dont il croit, un instant, être une composante : « Il n'était plus à Raqqah, il n'était plus le petit Badawi dont on pouvait se moquer .C'est juste, la puissance le fascinait .Mais déjà, lorsqu'il était enfant, elle l'avait fasciné, et intimidé aussi, surtout parce qu'elle lui paraissait inaccessible. »
Le mérite de ce livre est de poser les questions relatives au danger, toujours omniprésent, de se renier pour épouser la modernité, d'oublier et de délaisser des éléments constituants de nos identités .C'est un roman d'apprentissage, doublé de la description d'un amour impossible car trop absolu, entre Zaher et Fadia.
C'est aussi un hommage discret, mais pertinent et actuel, à la maîtrise de l'esprit critique pour un être humain digne de ce nom .Une allusion est faite dans le livre à des contacts que Zaher, alias Maïouf, a avec les Frères Musulmans : « IL avait puisé dans leurs exhortations une force nouvelle, celle des certitudes. Mais tout ne l'avait pas convaincu dans ce qu'ils affirmaient .Il avait eu l'occasion de connaître quelques juifs, et l'idée que le judaïsme était le mal lui était apparue bien étrange .Il ne les avait pas rejoints, mais avait pris chez eux un regard critique sur le monde et les moeurs qui l'entouraient. »
Peut-on mieux dire ? Roman à découvrir, en raison de sa tonalité générale, alliant sincérité, justesse, et profondeur.
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ancoline
  18 novembre 2012
Quel plaisir de lire ce livre certainement une bibliographie. Un départ dans la vie difficile mais il s'extrait du misérable chemin qu'on lui infligeait. Sa mère obtient le divorce mais est répudiée de sa famille. Son fils devient après sa mort le fils de la celle qui a apporté la honte. Il est hébergé chez sa grand-mère qui en veut pas qu'il apprenne à lire encore moins aller à l'école. Les gens comme lui deviennent de misérables bergers de chèvres. Mais lui par la ruse malgré son jeune âge résiste et fini par sortir de se carcan qu'on lui infligeait.
J'ai adoré ce livre, rapide à lire et plein de courage. Les questions existentielles sont pertinentes et ne se résolvent pas en tout blanc ou tout noire.
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Acerola13
  07 septembre 2015
Badawi raconte l'histoire d'un jeune bédouin orphelin dont la mère décédée a été répudiée par son père. Fardeau de la famille, il est très vite laissé à lui-même, et, doué d'une volonté sans bornes, décide d'être le meilleur à l'école, qu'il fréquente contre l'avis de tous.
Cumulant les "tares", l'adolescent grandit dans la rancoeur et le besoin de dépasser sa condition, sa naissance, son identité, qu'il ira jusqu'à changer lors de ses études en France.
De retour au pays, il ne parvient à renouer avec son amour de jeunesse pour lequel il n'éprouve plus rien, avant de se rendre peu à peu compte qu'il n'éprouve plus grand chose du tout.
Récit d'une aventure humaine, d'un enfant qui décide de se construire tout seul, Badawi est un roman très dur, puisqu'il montre l'isolement d'un homme qui ne parvient à s'extraire de sa condition d'homme du désert, quoiqu'il fasse. Finalement très noir, cet ouvrage permet de mettre en partie en exergue le mépris qu'on la plupart des habitants des pays du Moyen-Orient pour les Bédouins ; mais aussi de montrer comment on peut se rendre compte, après une vie, de toutes les erreurs que l'on a commises, et de toutes les opportunités que l'on aurait dû saisir.
À ne pas lire si vous êtes dans une période mélancolique !
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clairejeanne
  17 septembre 2016
Syrie, le désert, et un grand fleuve, l'Euphrate ; dans un village isolé, un petit garçon est né d'une très jeune femme, répudiée et chassée de son foyer à cause des manigances de la première épouse ; la jeune mère meurt alors que l'enfant est encore petit et celui-ci est élevé par sa grand-mère qui le destine à devenir berger.
"Nous, les badawis, les Bédouins" dit l'auteur ; le petit garçon qui s'appelle Maïouf est très conscient d'être un bédouin et ne renie pas ses origines ; ce qu'il veut, c'est aller à l'école. Il en a entendu parler par les autres enfants, mais la grand-mère ne veut pas, il doit travailler, s'occuper des troupeaux. Alors, il se sauve, il suit les autres de loin, il marche pieds nus le matin sur la terre gelée ; et un jour enfin il est accepté, il entre dans la classe et il travaille très bien. Malgré sa pauvreté, la jalousie des autres enfants qui supportent mal que Maïouf, le fils d'une femme répudiée, soit le meilleur, et surtout malgré l'indifférence ou l'opposition de sa famille, il s'obstine et réussit à faire des études. Cette première partie du livre est très belle et émouvante.
Avant de partir en France avec une bourse, il a fréquenté plusieurs années, à Raqqah, une jeune fille dont il est tombé amoureux, Fadia. Mais rejoindre l'occident, laisser le désert et Fadia pour de longues années, ne va pas être sans conséquence pour sa vie personnelle...
C'est un parcours incroyable que l'ascension de ce petit bédouin qui devient ingénieur en pétrochimie ; une histoire hors norme, mais ne risque-t-on pas de se perdre dans cette quête de liberté ? de devenir quelqu'un d'autre que soi ? C'est ce que semble dire l'auteur et la deuxième partie du livre est bien sombre : si l'enfant était malmené, il se battait pour sa survie et une certaine revanche ; arrivé à ce qu'il a ardemment souhaité, l'adulte lui, a beaucoup de regrets.
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Claire45
  03 mai 2014
Histoire d'un jeune bédouin, orphelin de mère et rejeté par son père et sa seconde épouse, qui, avec détermination, lutte contre les préjugés de son peuple. Il va à l'école, au lycée, obtient une bourse pour finir ses études à Montpellier et devient ingénieur dans les puits de pétrole aux Emirats. Beau parcours pour celui que le narrateur nomme d'abord "l'enfant" puis "Maiouf", l'abandonné, prénom qu'il rejettera bientôt pour "Qaher" le vainqueur.
Durant ses quatre ans d'exil, il laissera se distendre les liens qui l'attachaient à sa jeune promise, Fadia, et à son pays, la Syrie.
Beaucoup d'évènements rythment le récit dans la première moitié, dont le procès pour meurtre de son jeune oncle, accusé à tord. La seconde est davantage centrée sur les états d'âme du jeune homme et sa difficulté à réconcilier son désir d'occident et son passé d'amoureux du désert.
Très belle histoire racontée simplement et qui éclaire les évènements récents en Afrique.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
19chantal19chantal   26 août 2014
En France, il avait acquis, en quelque sorte, les manières d'être et de penser des Occidentaux, et de retour sur sa terre, c'est elles qui lui parlaient à l'oreille, lui murmuraient qu'il y était étranger. Il pensait à tous les immigrés qu'il avait rencontrés en France, aux illusions qu'ils avaient pu entretenir, à leurs rêves aussi.Il n'en connaissait pourtant pas beaucoup qui avaient envie de revenir dans leur pays d'origine.
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Acerola13Acerola13   06 octobre 2015
Au sud du fleuve vivait jadis de nombreuses tribus. Elles possédaient des chevaux, dressaient des tentes pour la nuit, et se déplaçaient au rythme des troupeaux en quête d'herbe rare. Parfois elles se regroupaient pour se protéger du froid cinglant de la nuit, ou de la violence de la pluie qui se déverse en quelques heures et fait reverdir les collines. Alors les tentes faisaient comme un village invisible au voyageur.
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TRIEBTRIEB   24 août 2012
Il n’était plus à Raqqah, il n’était plus le petit Badawi dont on pouvait se moquer .C’est juste, la puissance le fascinait .Mais déjà, lorsqu’il était enfant, elle l’avait fasciné, et intimidé aussi, surtout parce qu’elle lui paraissait inaccessible
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Claire45Claire45   03 mai 2014
A ses moments de doute, Qaher se demandait s'il trouverait jamais cette place qui lui échappait : Badawi à Raqqah, Syrien en France, travailleur étranger dans les Emirats, sans cesse, il était un étranger parmi les siens ! p.171
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sibullesibulle   04 décembre 2012
Il n'avait pas oublié mais il avait changé. Ou plutôt, il préférait dire qu'il avait grandit. Il savait, à présent, tout ce que vivre impliquait d'âpreté et d'efforts et que les rêves de jeunesse n'y avaient pas leur place.
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